Et si... part 2.
A un moment, je me suis demandée si je ne devrais pas faire passer cette histoire de "en cours " à "complète". Surout quand je vois quand j'ai publié la première partie…J'ai honte lol
Pour être honnête, j'ai vraiment beaucoup hésité avant de poster ce chapitre:Ne serait-il pas de trop? Est-il suffisamment intéressant pour éveiller votre intérêt ? Puis je me suis rappelée que j'avais déjà annoncée son édition (zut^^) et que ça serait triste que seule moi sache ce qui se passe après le 1er chapitre. Ce chapitre n'était clairement pas nécessaire dans le sens où mon idée du "et si" avait déjà été exploitée dans le 1er chapitre, donc si vous ne voulez pas gâcher l'impression mélancolique de ce dernier, je vous déconseillerais de lire ce chapitre, il est juste comme une annexe, une manière de compléter et d'achever ce One shot de base en donnant ma version des conséquences de ce "Et si…". Je sais que certains pensaient que c'était peut-être une vraie histoire, qui raconterait réellement tout ce qui se passe après cette confession mais…je suis pas douée pour les longues histoires… je suis trop dissipée, et je me perds facilement dans mes idées, donc jamais plus de 2-3chapitres…(suffit de voir mon édito…pourquoi je raconte tout ça ? ^^)
Bon, je n'ai plus qu' à vous souhaiter bonne lecture ! N'hésitez pas à me faire part de vos remarques et critiques !
Quelques mois plus tard:
« - Hermione?
Hum?
- Tu veux bien lâcher ce livre? »
Espérant probablement que l'absence de réponse le pousserait à abandonner la partie, Hermione continua à garder ses yeux baissés sur l'épais volume qui reposait sur ses genoux croisés. Malheureusement, sa ruse ne fonctionna pas, ayant été bien trop utilisée, et il l'appela une nouvelle fois, la voix chargée d'une once d'amusement. Définitivement, il allait falloir lui trouver une nouvelle tactique, il la connaissait trop bien.
« - Je peux pas finir ce chapitre au moins? Ce sort devrait nous être utile pour...
- C'est ce que tu m'as dit les trois dernières fois où je suis venu te chercher? Je savais que je n'aurais jamais du te laisser t'occuper de ça! Tu es incapable de leur résister.» plaisanta Harry alors qu'il attrapait agilement son imposant grimoire sur les charmes domestiques et plaçait le marque-page dedans avant de le reposer sur l'une des énormes piles de livres qui les entouraient.
Hermione lui lança un regard qu'elle voulait noir mais ne résista pas à la main tendue pour l'aider à se relever. Une fois debout, elle étira ses jambes et sa colonne vertébrale endolories, signes qu'elle avait du effectivement passer beaucoup plus de temps à étudier le manuel plutôt qu'à le ranger, également avec les autres, sur les étagères installées sur tous les murs de la pièce hormis le coin où un âtre de cheminée siégeait et le pan où une unique mais imposante porte- fenêtre perçait.
« - Je suis désolée. En les sortant de la boîte, celui-ci est tombé et s'est ouvert sur cette page et ce sort… J'ai jeté un coup d'œil et c'est vraiment pile ce qu'il nous faut!
- Hum...c'est fou comment les livres semblent te tomber des mains ces temps-ci, et ça tombe toujours sur des sorts ''parfaits pour nous''...
- Serais-tu en train d'insinuer que je fais tomber intentionnellement mes livres? » demanda Hermione en croisant ses bras, la moue boudeuse.
« - Ce n'est pas vraiment une insinuation...plus un constat.» répondit Harry en souriant avant de l'attirer vers lui et de décroiser gentiment ses bras pour pouvoir l'enlacer à son tour.
« - Enfin, maintenant que tu es libérée de cette tentation, ne voudrais-tu pas m'accompagner dans le salon? J'y ai déjà ouvert tous les cartons mais je n'ai aucune idée où mettre quoi...
- Par Merlin Harry, je suis désolée! Je t'ai laissé tout faire! Pourquoi n'es-tu pas venir me chercher plus tôt? Je t'aurais aidé !» s'écria mortifiée Hermione. Comment pouvait-elle se plonger tellement dans un livre qu'elle en oubliait ses alentours et ses tâches ?
« - Hermione, c'était pas grand chose, le charme de poids léger que tu as posé sur les cartons et le sort de lévitation m'ont été très utiles. Et t'avais l'air si tranquille.
- Mais encore...
- Hermione, si j'avais eu besoin d'aide, je t'aurais appelée. Allez, maintenant, viens. » lui dit-il gentiment, la prenant par la main et la dirigeant vers le salon.
« - Ne t'avais-je pas promis de te laisser décorer le salon ? » lui rappela-t-il tout en la poussant à travers ce qui allait devenir leur foyer à tous les deux pour les années à venir, de longues années si tout allait comme il l'espérait.
Il avait encore du mal à y croire. À peine plus d'un an auparavant, lors d'une discussion à cœurs ouverts, ils avaient enfin reconnu leurs sentiments et même s'ils n'avaient pas agi dessus avant la fin de la guerre, la connaissance de ces sentiments leur avait donné la force nécessaire pour poursuivre leur quête. Celle-ci n'avait pas été facile, et encore régulièrement, des cauchemars le hantaient et le réveillaient en sueurs froides, les pires lui rappelant leur captivité au Manoir Malfoy. Ça avait été une véritable horreur pour lui d'entendre Hermione crier à l'agonie et de ne rien pouvoir faire pour alléger sa douleur, encore plus de taire ses sentiments de peur de la mettre encore plus en danger. Pendant sa période de guérison au Shell Cottage, il avait à peine quitté son chevet, bien trop effrayé qu'elle disparaisse une nouvelle fois s'il s'absentait ne serait-ce qu'une seconde. Cela avait plus qu'agacé un certain roux qui était revenu quelques semaines plus tôt, des paroles pleines de repentance dans la bouche. Mais il n'en avait pris cure. Certes, Hermione et lui avait décidé de manière tacite de ne rien avouer à Ron sur l'évolution de leur relation, mais cela ne voulait pas dire qu'Harry allait lui laisser la moindre chance de reconquérir la jolie brune, ou en tout cas, de croire cela possible. C'est probablement à ce moment-là qu'une brèche profonde s'était entrouverte entre les membres du Trio d'or et qui n'avait cessé d'accroître depuis. Harry savait qu'Hermione s'en était longuement voulue, et s'en voulait encore parfois, ayant l'impression d'être la cause de cette fracture, « La fille qui avait détruit une forte amitié». Mais Harry lui répétait à chaque fois que c'était de toute façon inévitable et essentiel, car ils avaient tous grandi, et ils devaient apprendre à faire des choix qui ne seraient pas toujours compris, acceptés, mais primordiaux pour leur futur.
Ils avaient annoncé leur décision à la fin de la guerre, après la triste succession d'enterrements qui avait inévitablement eu lieu. Ça avait été dur de jouer le support d'une fille qu'on n'aimait plus tout en voyant celle qu'on aimait être étouffer dans l'étreinte de son alors futur ancien meilleur ami.
Ils savaient que frère et sœur le prendraient mal, leur mère aussi, mais jamais ils n'avaient pensé que ça serait si violent et dur. Les mots qu'ils avaient entendus, les larmes qu'ils avaient vues couler, les coups qu'il avait reçu de l'un, la gifle qu'elle avait reçue de l'autre. Non, ils savaient que ça serait difficile mais en voyant la rancœur et la colère, la déception et la tristesse, envahir ces visages généralement si joyeux et pleins de vie, leurs avaient fait douter de leur propre décision. Mais ces doutes avaient été rapidement balayés par une certitude : la connaissance d'une promesse faite un matin d'hiver dans une clairière de forêt. La promesse d'une vie heureuse et paisible. Ils avaient puisés leur force dans leurs mains jointes, dans leur foi et confiance en l'un l'autre, et ils avaient tenus devant les menaces, les suppliques, les implorations. Ils avaient tenus et maintenant, ils se trouvaient au cœur de leur salon, au cœur de leur nouveau foyer, prêt à avancer vers leur futur. Ensemble.
Quelques années plus tard.
Un bruit se fit entendre, de plus en plus fort, de plus en plus braillant. Hermione gémit et remua dans le lit, les pleurs commençant à l'extirper de son sommeil profond. La soudaine sensation de froid qui l'entoura finit le travail et elle ouvrit les yeux. La chambre était plongée dans le noir mais la fenêtre laissait entrer les rayons de la lune, lui permettant de distinguer les alentours. Elle sentit le matelas s'affaisser derrière elle et cela la décida à se retourner pour voir son mari depuis deux ans se redresser et s'adosser à la tête de lit avant de se frotter les yeux et d'y apposer ses lunettes. Il apparut avoir senti son mouvement puisqu'il tourna la tête et la gracia d'un sourire franc quoiqu'un peu fatigué.
« ⁃ Harry...?
⁃ Rendors-toi, il est encore tôt », lui souffla-t-il.
« ⁃ Merci » marmonna-t-elle, ne le quittant pas des yeux
« ⁃ À votre service milady » plaisanta-t-il se penchant vers elle pour l'embrasser sur le front. Il tira les draps et jeta ses jambes hors du lit puis se pencha pour ramasser le t-shirt qu'elle avait négligemment jeté là la nuit dernière. Le passant rapidement, il fit son chemin silencieusement vers la porte.
Sans la chaleur réconfortante de son mari, Hermione ne cessait de se retourner dans le grand espace vide que représentaient désormais ses draps. Le sommeil l'avait peu à peu quittée et elle se voyait mal y retourner. Soupirant un grand coup, elle se glissa hors du lit et fit son chemin vers la porte également, passant par sa causeuse pour y attraper sa chaude robe de nuit, cadeau qu'Harry lui avait fait lors de leur deuxième hiver dans cette maison. Elle avait beaucoup ri quand elle avait ouvert son paquet. Ce n'était pas vraiment le genre de cadeau que l'on offrait à sa petite amie à Noël. Son rire s'était cependant tu lorsqu'elle l'avait dépliée et enfilée. Il y avait quelque chose dans l'une des poches. Elle avait au début présumé qu'il s'agissait d'un oubli, peut-être même de l'étiquette, oubli typique de la part d'Harry, mais quand sa main était ressortie, c'était un écrin qui était apparu dans sa paume ouverte. Elle avait levé un regard fébrile à son compagnon qui l'observait silencieusement. Elle n'avait pas besoin d'ouvrir la boite pour savoir ce qu'elle contenait, le visage d'Harry était tout ce qui lui suffisait pour confirmer ses doutes, ou devrait-elle plutôt dire espoirs ? Elle rebaissa les yeux vers l'écrin de velours bleu nuit et doucement l'ouvrit. À l'intérieur se trouvait une splendide bague, un anneau en or vieilli serti d'un diamant au centre d'un hexagone de petits diamants.
Cette pensée la fit regarder sa main gauche sur laquelle cohabitaient joyeusement sa bague de fiançailles et son anneau de mariage. Cependant, Hermione dut abandonner ses souvenirs à l'appel de son prénom par Harry. Elle traversa le couloir pour entrer dans la pièce qui était rapidement devenu le centre de leur petit univers, la chambre de leur petite fille. À l'intérieur, elle y trouva son mari gentiment berçant leur petite merveille tout en se promenant en rond et marmonnant une chanson. La première fois qu'elle l'avait surprise à chanter une berceuse, elle avait été au bord des larmes, de rire ou d'émotions, elle n'était pas sûre, ses hormones lui jouant alors encore des tours. Mais elle était sûre d'une chose, elle avait adoré l'image qu'elle avait vue alors et elle ne pensait pas pouvoir s'en lasser un jour. Aujourd'hui ne faisait pas exception et malgré l'heure bien trop matinale, le manque de sommeil, elle ne put s'empêcher de sourire et de s'approcher des deux êtres qui étaient devenus sa vie. Toute cela grâce à un rêve, à une possibilité. Grâce à un « Et si... ».
