Chapitre 2 : Amitié inattendue

Lukas n'arrivait pas à dormir, il était en plein cauchemar quand son père l'entendit hurler de sa chambre. Bo se précipita dans la chambre de son fils, qui s'agitait brusquement dans son lit tout froissé.

- Luke ! Luke ! Calmes-toi !

Bo secoua son fils pour qu'il revienne à la raison. Lukas ouvrit les yeux, il était essoufflé, il s'accrocha à son père comme si sa vie en dépendait, mais il se retint de pleurer devant lui. Bo n'avait jamais été très à l'aise pour ce genre de situation, il avait toujours pensé que si sa femme avait été encore en vie, elle aurait su comment gérer ce genre de situation. Il laissa cependant son fils reprendre ses esprits et lui donna un verre d'eau froide. Lukas prit le verre d'une main tremblante et bu d'une traite .

- Merci, P'pa.

Bo répondit par un son grave :

- Tu veux en parler ?

Lukas le regarda surpris, d'habitude son père sortait ou lui demandait de vite se rendormir.

- Je sais pas trop…

- Je suis ton père Lukas, saches que tu peux tout me dire fiston.

Bo tenta de parler avec une voix qui se voulait rassurante, il aimait son fils et il avait décidé de faire des efforts depuis qu'un tueur était à la recherche de son fils. Il savait aussi que Lukas lui cachait quelque chose mais il n'arrivait pas à voir ce qu'il pourrait lui cacher, il ne voulait pas l'agresser avec des questions. Il ne pensait pas que Lukas se droguait.

Lukas avait rapproché ses jambes contre son torse, son regard était lointain.

- Hum... J'étais près d'un lac, et Philipp était avec moi, puis un homme dont le visage était flouté par du noir était face à nous, il avait une arme, il a levé son arme et il a tiré trois coups sur Philipp, et moi j'étais paralysé par la peur, j'ai même pas pu le sauver…

Cette fois-ci, Lukas ne put retenir ses larmes, il sentit les bras fermes de son père l'entourer.

- Ça va aller, fiston, ça va aller. Ce n'était qu'un cauchemar, la police vous protège toi et ce garçon, ne t'inquiète pas, moi et la police, nous le laisserons jamais te faire du mal

Ils s'écartèrent, Lukas renifla un peu.

- Va prendre une douche froide ça va te faire du bien, si tu veux on ira se promener tout à l'heure ? Je vais pas tarder à préparer le déjeuner.

- Ok, P'pa

Lukas se leva pour prendre sa douche. Bo descendit, il faisait des progrès, ça c'était grâce à un livre qu'il avait repéré dans un magasin près de la route « La relation père-fils pour les nuls ». Il l'avait discrètement acheté et depuis il suivait les conseils de ce livre. Il était assez content que Lukas se confesse à lui. Il entra dans la cuisine, prit deux bols, il versa le lait et du cacao dans celui de son fils et dans le sien il y versa du café. Il avait acheté des croissants. Il resta un moment pensif, si ce connard de tueur n'était pas entré dans leurs vies, ils auraient été tranquille et Lukas se serait concentré sur la motocross. De plus, il y avait cet autre garçon, Philipp, au début il ne l'appréciait pas, il pensait que le jeune brun entrainait son fils dans des trucs louches mais il s'était avéré que c'était un bon garçon. Les deux garçons étaient devenus très proches. Quand, Bo entendit les pas de son fils descendre de l'escalier, il ramassa le journal du matin et fit mine de le lire.

Lukas avait enfilé un jean noir déchiré et un t-shirt blanc. Il remercia son père pour le petit déjeuner. Il mangea ses céréales au chocolat en soupirant. Il savait que son rêve n'était pas réel mais il avait l'impression d'être inutile à tout le temps avoir peur, il voulait s'endurcir pour lui et pour pouvoir protéger Philipp. Philipp… Il lui manquait déjà tellement, il avait encore envie de pleurer mais il se retint, il était ridicule. Bo remarqua l'air triste sur le visage de son fils mais il ne fit aucune remarque.

- Allez manges tes céréales, on va pas tarder à partir, si tu veux on peut passer prendre Philipp ? J'appelle Gabe.

- Heu… ok merci P'pa

Lukas était à nouveau surpris, son père lui proposait d'inviter Philipp alors qu'il savait qu'il ne l'appréciait pas vraiment, mais il avait envie de le voir et il savait que si ça venait de lui Philipp l'aurait rembarré. Il devait parler à Philipp. Bo attrapa son téléphone et composa le numéro de Gabe

- Oui, Gabe ? Bonjour c'est Bo. Non, non tout va bien, je voulais juste savoir si Philipp et toi, vous voulez venir nous promener avec nous ? Ah d'accord, aucun problème, ça sera pour une autre fois alors.

Lukas sentit son cœur se serré à l'entente de la conversation. Philipp ne voulait vraiment pas le voir. Il demanda quand même avec un air nonchalant :

- Alors ?

- Ils vont pêcher ensemble et ensuite Philipp va voir sa mère.

- Ah d'accord…

Gabe sourit en raccrochant, finalement Lukas tenait peut-être encore à Philipp. Il rejoint sa femme et Philipp dehors avec deux tasses fumantes. Helen embrassa Gabe sur le front pour le remercier et porta la tasse de café noir à ses lèvres. Philipp le remercia en hochant la tête et trempa une biscotte avec du chocolat dans son cacao. Gabe versa du jus d'orange dans sa tasse. Le soleil brillait déjà, les oiseaux chantait la vue sur le paysage naturel était magnifique. Gabe jeta un coup d'œil à Philipp. Philipp sentit le regard insistant de Gabe sur lui.

- Quoi ?

- J'ai eu Bo au téléphone à l'instant.

Le jeune homme grimaça, il savait que le père de Lukas ne l'appréciait pas.

- Je n'ai rien fait.

- Philipp, Bo m'a proposé de venir avec lui et Lukas se promener dans la forêt.

Helen et Philipp se regardèrent surpris.

- Oui vous avez bien entendu.

- Mais on avait qu'on irait voir pas mère aujourd'hui !

- Oui, oui j'ai dit à Bo qu'on était pas dispo. Ne t'inquiète pas. N'empêche je me demande si c'est Lukas qui lui a demandé ou si c'est Bo. Dans les deux cas, il y a du progrès.

- Mouais, bah cette fois va falloir qu'il fasse plus que ça…

Helen passa un bras autour des épaules de Philipp pour l'encourager. Elle aimait bien Lukas mais Philipp avait raison, s'il souffrait, il fallait que Lukas fasse des efforts. Helen se leva et lava les trois tasses. Elle embrassa Gabe.

- Bon moi j'y retourne, à ce soir.

Gabe répondit goulument à son baiser et lui chuchota :

- Et ne t'inquiète pas pour Phil, je te raconterai tout ce soir. Je t'aime.

- Je t'aime.

Une fois Helen partit, Gabe pris sa voiture et il conduit jusqu'à la clinique. Pour rire, Gabe passa une radio de rap et augmenta le volume de la radio. Philipp finit par se prendre au jeu. Gabe était vraiment quelqu'un de bien, il faisait tout pour qu'il se sente bien et à sa place. Comme c'était le weekend, Gabe trouva une place facilement, juste devant la clinique. Gabe resta dans la voiture, il savait que les moments qu'avait Philipp avec sa mère lui était précieux, il ne voulait pas les déranger.

Anne savait que son fils viendrait lui rendre visite, c'était un bon garçon. Elle savait qu'il ne la laisserait jamais tomber. Parfois, elle se griffait quand elle pensait au malheur qu'elle avait causé à son fils quand elle se droguait. Depuis, qu'elle était à la clinique, elle se promettait chaque jour d'aller mieux pour Philipp. Et quand elle sortirait, elle serait une bonne mère. Elle emmènerait Philipp en cours avec une jolie voiture qu'elle aurait acheté avec l'argent qu'elle aurait durement gagner en tant que caissière au supermarché du coin. Elle lui offrirait de beaux cadeaux. Il lui raconterait sa journée à l'école. Il emmènerait Lukas à la maison et ils s'amuseraient tous ensemble comme dans une famille normale sans soucis. Elle prendrait des cours de cuisine. Puis, elle fut interrompue dans ses rêveries par la douce voix du jeune homme.

- Maman !

Il s'empressa de la prendre dans ses bras. Ils restèrent un moment comme ça. La clinique n'était pas ce à quoi il s'était imaginé. Elle ressemblait à un grand bungalow. Il y avait des plantes vertes un peu partout. Seule la chambre était blanche.

- Alors comment ça se passe, ils te traitent bien ?

- Oui c'était plutôt difficile au début, mais je commence à m'habituer, Philipp je pense que cette fois ça ira, tout ira bien.

Philipp savait que sa mère était sincère mais il ne put empêcher la douleur qui lui piquait le cœur. Il avait comme un pressentiment. Il préféra rester silencieux, toujours dans les bras de sa mère. Tout ce qu'il voulait pour le moment, c'était de passer un peu de temps avec elle. Il avait le droit à deux heures de visites chaque jour grâce aux efforts de sa mère. Sa mère lui raconta sa journée. Elle avait peint un joli paysage, elle peignait parce que son psy le lui conseillait cette activité lui permettait de penser à autre chose que son addiction. Anne se leva et replaça comme à son habitude, une longue mèche de cheveux derrière son oreille, signe qu'elle était nerveuse. Elle semblait soudainement agitée.

- Il y a un problème maman ? Tu veux que j'ailles chercher quelqu'un ?

Anne soupira.

-Non, non mon chéri, ce n'est pas ça, j'ai un cadeau pour toi.

- Oh ? Un cadeau ?

Elle farfouilla sous dans sa commode en bois et en sortit une toile de taille moyenne. Elle la tendit à son fils. Philipp sourit en voyant ce joli cadeeau. Sa mère les avaient peint enlacés.

- Alors elle te plait ?

Anne se tripotait les cheveux, elle était nerveuse. Mais elle fut vite rassurée en voyant le sourire éclatant de son fils.

- Elle est magnifique ! Merci maman.

- Posons ça là, on reviendra la chercher, que dirais tu de te promener un peu dans le parc ? J'ai vu qu'il faisait beau dehors.

- D'accord, aller on y va.

Philipp alla prévenir une infirmière qu'ils étaient dehors. Ils marchèrent côte à côte en discutant de tout et de rien.

- Au fait, comment va ton petit ami ?

- Bah… disons que c'est compliqué, comme je te l'avais dit l'autre fois, il ne veut pas qu'on nous voit ensemble, du coup j'ai réfléchis et j'en ai eu marre de son comportement à la con.

- Philipp je sais que tu supportes beaucoup de choses en ce moment mais je pense que tu devrais lui laisser une chance, tu sais la première fois que je vous ai vu vous sembliez si heureux tous les deux. C'est comme si tu étais sur ta planète.

- Je n'ai pas dit que je ne lui laisserai pas sa chance, je le fais juste un peu mariner, Gabe et Helen disent que s'il tient réellement à moi, il reviendra à moi.

- Je comprends mais parfois il ne faut pas abandonner pour autant. Mais si tu veux faire comme ça saches que je te soutiens.

- Merci, maman.

- C'est moi qui te remercie d'être là mon chéri.

La visite était terminée, il embrassa une dernière fois sa mère et fut accompagné par une infirmière jusqu'à la sortie.

A sa grande surprise, il croisa Rose qui elle aussi le dévisagea. Que pouvait-elle bien faire ici. Rose prit son courage à deux mains et le salua. L'infirmière qui l'accompagnait le laissa.

- Salut Philipp

- Heu…salut Rose

- Oui je connais ton prénom, je sais qui tu es enfin et j'ai compris qui tu étais.

Philipp fronça les sourcils. Voyant qu'il ne lui ferait pas confiance, elle inspira un coup et lui expliqua pourquoi elle se trouvait dans cet endroit :

- C'est vrai qu'on ne s'est jamais réellement parlés toi et moi. Je vais rendre visite à mon père. Il a des soucis d'addictions. Si ça pouvait rester entre nous, s'il te plait.

Philipp était surpris, il ne s'attendait pas à ça.

- Non t'inquiète, les secrets sont bien gardés avec moi.

- Ça J'en doute pas, je sais qu'on me prend souvent pour une nunuche mais ce n'est pas réellement mon cas. Je suis quelqu'un de réfléchis.

Elle lui fit un petit clin d'œil pleins de sous-entendus.

Philipp ne put s'empêcher de pouffer ainsi c'était pour ça qu'elle avait rompu avec Lukas, elle avait compris que son copain préférait les mecs.

- Comment tu l'as su ?

- Hmm pas difficile, il te jetait des regards désespérés tout le temps, vous vous retrouviez souvent après les cours alors que vous êtes sensés ne pas vous fréquenter depuis que vous vous êtes battus. J'ai voulu lui faire avouer mais il n'est pas possible.

- Et ça ne te fait rien…

- Au début, j'avais un peu les boules mais finalement vous êtes mignons tous les deux. Et je le trouve ridicule, je ne sais pas comment tu fais, je trouve son comportement irrespectueux autant pour moi que pour toi.

- Totalement d'accord…

- Wahou, cette peinture est superbe

- Merci, c'est ma mère qui l'a peint…

- Enfin je te laisse, je vais voir mon papa, si tu veux je te laisse mon numéro.

- Heu… Comme tu l'as remarqué je préfère les grands blonds aux yeux bleus au masculins.

Ils éclatèrent de rire, une infirmière passa en les fusillant du regard tout en leur réclamant le silence.

Ils s'échangèrent leurs numéros et se firent signe de la main. Philipp haussa les épaules en sortant, alors comme ça Lukas lui jeta des regards désespérés, si Rose l'avait remarqué d'autres aussi, sûrement. Enfin au moins, il s'était fait une nouvelle amie. En plus, il en apprendrait un peu plus sur Lukas, comment il se comportait quand il n'était pas là. Il était à la fois curieux et excité. Il rejoint Gabe dans la voiture, il lui montra son tableau et lui raconta les deux heures de visites puis sa rencontre inattendue avec Rose, l'ex de Lukas.

Pendant ce temps, près de la cabane de Bo, il y avait un silence insoutenable. La scène de crime était barrée par les bandes jaunes de zone interdite qui flottaient dans l'air à cause du vent qui soufflait.

Ryan Kane observait sa victime sur le sol en bois. Il caressait de ses mains la peau porcelaine de la jeune fille, il se pencha pour humer son doux parfum à la cerise. La poitrine de la jeune fille se soulevait lentement, elle était encore en vie. Elle était coriace celle-là. Et pourtant, Ryan Kane lui avait injecté une bonne dose de méthane. Il regarda la lueur de ses yeux s'éteindre. Il n'était pas fier de lui mais il ne pouvait pas s'empêcher de tuer les personnes de cette ville. Il ressentait une sorte d'addiction mais intérieurement il se sentait de plus en plus mal. Mais il n'arrivait plus à se contrôler, il avait tant de pouvoir désormais il ne se permettrait pas de reculer. Il repensa au soir ou tout avait débuté. Un sentiment de rage l'envahit, si ces sales gamins ne l'avaient pas surpris à tirer sur ses gars, il aurait été tranquille pendant un moment mais heureusement pour lui, le FBI et la police n'était que des incompétents. Un mauvais rictus apparu sur son sourire. Il devait retrouver ses deux gamins et leurs tirer une balle dans la tête chacun. Il se souvenait de la peur dans le regard du jeune brun, il ne savait pas trop pourquoi mais il souhaitait revoir cette frayeur.

Ryan Kane était comme un prédateur chassant ses proies. Il faisait des recherches sur internet, il se promenait en voiture de rue en rue et il observait et analysait chaque personne vivante dans cette ville. Puis, un matin, alors qu'il entrait dans un café du coin, une jeune fille qui avait l'air d'avoir 17 ans le rejoint, il savait qu'elle le matait depuis qu'il avait franchis le seuil du café. Au premier abord le parfum de la jeune fille lui agressa les narines, elle sentait la cerise. Elle avait de longs cheveux roux et sa peau était aussi pâle que de la porcelaine. Elle était plutôt mignonne. Elle lui adressa un sourire pleins de sous-entendus. Il le lui rendit. Ryan Kane n'était pas étonné, il était habitué à ce que des jeunes filles flirtent avec lui. Ryan Kane aimait leur innocence. Voilà comment il procédait, il l'écouta parler un peu et il l'emmena avec lui dans sa voiture. Ils s'arrêtèrent dans la cabane de Bo. La jeune fille avait froncé les sourcils en s'apercevant ou ils étaient mais Ryan Kane rassurait toujours ses victimes d'un sourire charmeur. Elle finit par l'embrasser, ça commençait toujours comme ça, elles l'embrassaient toutes, certaines essayaient même d'aller plus loin. Et lui, se laissait faire et quand il sentait le plaisir et l'adrénaline le dominer, il leur injectait discrètement le produit. Il aimait voir hoqueter de surprise ses victimes, certaines commençaient pas pleurer voire crier, plusieurs avaient tenter de s'enfuir mais le méthane gagnait toujours et elles n'allaient jamais bien loin.

Il soupira d'aise en voyant la jeune fille étendue sur le sol. Comment s'appelait-elle déjà ? Zoé.

Il avait hâte que la police trouve son corps, il aimait tellement se foutre de leur gueule…