Depuis toute petite, j'aimais lire les livres de la Bibliothèque Rose, de la Verte, et bien d'autres en grandissant. Mais il y en a un livre qui a grandi avec moi, de la petite fille à la femme que je suis aujourd'hui.

Ce livre c'est le Hobbit, la Terre du Milieu, les personnages, l'aventure, enfin vous la connaissez aussi bien que moi.

Je m'appelle Marie-f, j'ai été adoptée par une famille aimante, je n'ai manqué de rien mon père était militaire, il m'inculqua des valeurs comme la droiture, la rigueur, le courage. Quant à ma mère, elle était douce, patiente et empathique une vrai mère poule. Je fis des études classiques et je n'avais pas beaucoup d'amis, j'avais un caractère plutôt réservé. Mon père, qui aurait aimé avoir un garçon, ne s'empêcha pas de me faire faire le service militaire une fois l'âge requis il me voulait plus forte, moins chochotte. Il me disait : ce que tu va apprendre ici te servira toute ta vie, même si ça va être dur, je veux que tu sois la meilleure. Il avait toujours un œil sur moi, il ne me passait rien, et quand j'avais de mauvais résultats, il me faisait faire des tours de cours par tous les temps.

Enfin, le temps passa et je suis devenue une femme, je me suis mariée avec un homme gentil. Nous étions heureux jusqu'à que nous apprenions que je ne pourrai pas avoir d'enfants. Ce fût un choc pour certains couples cela renforce les liens, mais le nôtre vola en éclat, j'empêchais tout espoir d'avoir une famille nombreuse. On ne se parlait plus, tout était prétexte aux disputes, nous vivions chacun de notre côté pourtant j'aimais mon mari malgré tout, mais pour lui c'était clair, notre mariage était fini. Il voulait entamer une procédure de divorce. J'étais malheureuse, je n'étais pas prête à l'accepter.

Pour m'évader de toutes ces tensions, je relisais mon livre fétiche : "Le Hobbit". Les aventures de Bilbo, Thorin et la compagnie des nains en Terre du Milieu me paraissaient bien plus simples que ma propre vie.

C'était la pause déjeuner, je m'étais installée sur un banc pour prendre mon repas à l'ombre des arbres par cette belle journée d'été. Quelqu'un se racla la gorge, je levais les yeux de mon repas, un homme au costume gris très élégant se tenait face à moi.

- Bonjour, puis-je m'assoir à côté de vous ? Vous n'attendez personne j'espère, car j'ai un voyage à vous proposer.

- Pardon, mais on se connaît ? Votre visage me dit vaguement quelque chose, mais je ne sais plus où.

- Ce n'est pas grave, je ne suis pas vexé, on me le dit souvent.

- Vous dites que j'ai gagné un voyage mais pour où ?

- Ça ma chère c'est une surprise, je sais que vous avez des problèmes dans votre vie et que vous auriez bien besoin de vivre autre chose.

- Je ne vous connais pas, comment savez-vous tout ça de moi ?

Il se leva et me dit avant de partir : « Si une aventure ne vous fait pas peur, je peux vous assurer qu'elle changera votre vie. Réfléchissez, et je vous retrouve ici dans deux jours, Marie-f, ne vivez pas avec des regrets. » Et il me planta là.

Vivre avec des regrets, c'est vrai il avait raison, mais faire un voyage avec quelqu'un que je ne connaissais pas me posait un gros problème… Que faire ? Cette question me taraudait toute la journée "Ne pas vivre avec des regrets "… Le soir venu, mon mari, comme d'habitude, n'était pas encore rentré sur la table du salon je trouvais des papiers officiels pour une procédure de divorce. Cette nouvelle me fit l'effet d'une bombe dans ma tête, il me quittait, mes premiers parents m'avaient abandonnée et mes parents adoptifs étaient morts peu de temps après notre mariage, je m'écroulais sur le sol de notre salon et je me suis mise à pleurer sans pouvoir m'arrêter.

C'est ce que je redoutais le plus : me retrouver toute seule encore une fois.

Le lendemain, je posais un jour de congé je n'avais pas le moral et la proposition du vieil homme me revint à l'esprit, je suis folle mais pourquoi pas après tout, qu'est-ce que je risquais ? Des coups de soleil, des piqûres de moustiques, me faire enlever ? Non, je savais me défendre, et puis il était trop vieux pour être dangereux.

Je fouillai dans mes placards, je tombai sur mon sac de l'armée que mon père m'avait offert finalement je pouvais m'en servir. Je retrouvai aussi mon arbalète en carbone que mes sœurs d'armes (j'étais dans un bataillon où il n'y avait que des filles) m'avaient offerte le jour de mon départ. Il faut dire que mon père voulait que je me perfectionne dans le tir de précision avec toutes sortes d'armes. J'hésitais un instant et la pris pour la fourrer au fond de mon sac. Je pris toutes sortes de vêtements chauds, froids, une robe (on ne sait jamais), des chaussures à talons, une trousse de soins, du maquillage, et bien sûr du vernis à ongle : on est jamais trop féminine. Je pris également le chargeur de mon portable et sa batterie solaire pour les endroits où je n'aurai pas de prises. Je bouclai enfin mon sac plein à craquer, j'étais fin prête.

Je jetai un coup d'œil à ma montre, le parc allait bientôt fermer avant de fermer la porte, je regardai une dernière fois mon appartement avec tristesse, sur la table du salon se trouvaient les papiers du divorce, je les avais enfin signés, et dans un murmure je dis " Adieu ".

Je me retrouvais devant le banc où j'avais rencontré le vieil homme en gris deux jours plus tôt.

J'avoue que je suis plutôt excitée pour ces vacances improvisées, et en plus sans savoir où je pars, je suis vraiment folle, pensais je une fois de plus. Une main se posa sur mon épaule, ce qui me fit sursauter c'était l'homme en gris, je ne l'avais pas entendu venir, il avait un large sourire lorsque je me retournai pour lui faire face. Dans sa main droite il avait une canne dont le pommeau représentait une tête de dragon.

Il me dit : « Je suis heureux de vous retrouver Marie-f, je n'ai jamais douté de vous. Je savais que vous feriez le bon choix, vous êtes prête pour partir ? »

Je lui répondis : « Oui, mais je ne connais même pas votre nom et la destination où nous devons aller. »

Il me dit tout en me prenant la main : « Dans tous les cas, ne me lâchez pas la main, compris ? Et ne fermez pas les yeux, tout ira bien, en général on me nomme "Gandalf le gris " et nous partons pour la Terre du Milieu. »

Il brandit sa canne pour taper très fort le sol, ce qui produisit une lumière aveuglante, et avant que je puisse dire ou faire quoi que ce soit, nous avions disparu.