Titre : Les histoires d'amour finissent mal

Disclaimer : Les personnages et l'univers de Neverwinter Nights ne m'appartiennent pas, sauf les personnages que vous ne connaissez pas, qui sont ma création. Merci de ne pas les emprunter sans permission! (copyright Bioware, Wizard of the Coast etc). Et comme d'habitude, je ne me fais pas un rond!

Résumé : Il était une fois, dans les profondeurs d'Ombreterre*, un petit drow qui avait du cœur. Peut être un peu trop, d'ailleurs.

* = L'Outreterre / Tréfonds Obscurs selon les traductions et œuvres tournant autour de D&D, les Royaumes Oubliés.

Continuité : Se passe durant Hordes of Underdark, chapitre un/deux [One shot]

Note: Merci à Lord Akos pour sa relecture!


Deuxième partie: Peut être que non, finalement.

Ils pouvaient dire adieu à Menzoberranzan.

Andraste regarda attentivement autour de lui. Il toussa un peu à cause de la poussière soulevée par leur atterrissage brutal, maudissant ses yeux trop sensibles, irrités eux aussi. Cela le rassura quelque peu de voir que les mages auprès de lui n'étaient guère en meilleur état. Il aperçu Zesyyr qui se tenait non loin de la mère matrone, toujours aussi droite malgré la fatigue qu'elle éprouvait sans doute. La première semblait excédée par les questions de sa fille, puisque sa main fine se trouva soudainement sur la joue de la drow. Andraste la vit reculer, peut-être effrayée. Mais comme toutes les personnes ici réunies, elle n'était pas sans savoir que sa mère ne pouvait décemment plus rien contre elle, puisqu'elle était désormais son unique héritière.

Elle resta d'ailleurs à distance prudente de la matrone, sans pour autant la laisser seule avec son garde personnel. En effet, toutes ses sœurs avaient périt dans la bataille...du moins, c'est ce que supposait notre jeune ami. Peut-être certaines s'étaient-elles livrées à la Valsharesse, mais dans tout les cas, rien ne garantissait que l'impératrice, la reine, comme elle se nommait elle-même, ait daigné leur laisser la vie sauve. Quand bien même ce serait le cas, elles ne pourraient pas venir réclamer ce qui leur revenait de droit -ou non-.

Zesyyr était donc la deuxième personne réellement importante si l'on exceptait le haut-mage Gulhrys. Mais, malgré son pouvoir toujours bien présent -contrairement aux prêtresses de Lolth- il restait un mâle et devait s'incliner. Ce dernier n'étant pas très loin d'Andraste, l'elfe noir pouvait donc l'observer à loisir. Gulhrys avait les traits tirés, et se massait les tempes, au bord de l'épuisement. Cependant, il ferma à nouveau les yeux, se concentrant pour lancer un énième sortilège.

Le jeune mage entendit alors un gémissement provenant de sous sa cape. Durant toute la durée du voyage magique, il avait fermement tenu l'enfant contre lui, presque par réflexe, jusqu'à lui en faire mal. Le trajet avait dû l'effrayer, même si il avait eu la chance de ne rien voir, tout caché qu'il était. Mais ce dont Andraste ne se doutait pas, c'était que le petit avait pu imaginer, et quelque part, c'était sans doute plus terrifiant pour un jeune enfant de ne pas savoir ce qui se passe au dehors.

L'elfe relâcha peu à peu sa pression, la peluche s'échappant de ses bras, tout comme le petit drow. Celui-ci trouva néanmoins la force nécessaire et s'accrocha plus fermement à la tunique de son sauveur, récupérant son Nestor au passage. Le mage profita de ce qu'il avait désormais un bras libre pour écarter un pan de sa cape, lui laissant un peu d'air.

Le trajet avait été éprouvant pour tous, mais l'enfant n'avait pu voir les étonnants éclairs noirs qui parcouraient le vortex tourbillonnant d'énergies magiques furieuses et par trop lumineuses. Andraste pouvait être certain que le voyage avait eu des répercussions sur les non initiés, d'ailleurs même les prêtresses ne semblaient pas si assurées qu'elles l'auraient été autrefois. D'autant plus que la destination était inconnue pour un bon nombre, qui n'était jamais venu ici, tout comme l'issue du sortilège, finalement incertaine.

Après tout, personne n'avait été dans les dispositions idéales pour un tel effort sur quelque chose d'aussi complexe. Mais ils étaient parvenus à maintenir le cap à travers cette espèce de tempête magique qui charriait les drows comme de simples fétus de paille.

Ceci dit, ils avaient survécu. Déjà les gardes et serviteurs qui occupaient la demeure d'ordinaire, se précipitaient au devant de la mère matrone, afin de l'accueillirent comme il se devait.

Tout absorbé dans sa contemplation de la caverne, plus petite que celle qui abritait sa cité natale, le jeune mage ne vit pas venir Gulrhys, pour l'instant inoccupé.

Celui-ci, venait en effet de remarquer le nouveau fardeau qui encombrait le drow, et s'approchait donc.

Andraste, vous m'aviez caché que vous aviez un fils, dirait-on, commença le vieil elfe noir. A en juger ses origines, je peux aisément comprendre pourquoi. finit-il en jetant un regard dédaigneux au "fils" en question, qui lui renvoya un regard quelque peu apeuré.

-Non, ce n'est pas mon fils, réplique l'interpellé très calmement, presque désinvolte. Il avait quasiment oublié ce colis d'un genre nouveau, qui se rappelait à lui d'une bien étrange manière.

-Dans ce cas, pourquoi l'avoir emmené? questionna son interlocuteur. Croyez-vous que nous pouvons nous permettre d'avoir un morveux dans les jambes, avec tout ce qu'implique cette retraite précipitée?

Andraste choisit alors de mentir effrontément, puisqu'à vrai dire, il n'avait tout simplement pas eu le temps de réfléchir aux répercussions de son geste. Prévoir la réaction de ses pairs était cependant facile, mais inconsciemment ou non, il choisit d'aller jusqu'au bout de son acte, même si il avait été totalement inconsidéré.

- A vrai dire, je suis tombé sur lui par hasard -ce qui était bel et bien le cas-. Intrigué par sa présence, il m'a semblé déceler une étincelle de magie chez lui, alors je l'ai arraché aux bras de sa mère, qui comptait fuir avec -ça par contre, c'était terriblement faux-. Avec le nombre effarant de mages que nous avons déjà perdus dans cette...bataille, j'ai jugé judicieux de, comment dire...sauver une jeune pousse? Peut être pourra-t-il faire un apprenti acceptable, une fois le calme revenu.

L'enfant sembla comprendre que l'on parlait de lui, puisqu'il tourna son petit visage émacié vers Andraste, ouvrant de grands yeux craintifs et quelque peu implorants. L'elfe l'ignora purement et simplement.

-Si je n'avais pas tant à faire, je lui ferais passer les tests dès à présent, mais comme cela m'est de toute évidence impossible, vous vous en occuperez jusqu'à nouvel ordre répondit le vieux mage, à moitié convaincus par les dires du plus jeune .

Le haut-mage parti, Andraste se permit un regard dubitatif vers l'enfant.

-Eh bien, on dirait bien que nous allons nous tenir compagnie un moment.

Pour être honnête, cela ne l'ennuyait pas franchement. Il savait parfaitement que le garçon n'oserait jamais rien faire qui puisse le contrarier ou à peine l'irriter. Andraste considéra donc ceci comme une nouvelle distraction voire un familier d'un tout nouveau genre. De toute façon, on n'avait plus besoin de lui pour l'instant.

C'est ainsi qu'il reparti s'installer dans la chambre qu'on avait prévu pour lui, emmenant l'enfant demi-drow avec lui.

Sa chambre était loin d'être spacieuse, mais on avait prit soin d'ajouter un lit pour l'enfant. Quelques étagères couvraient les murs, les habillant d'un bois sombre. Mais cela paraissait bien vide aux yeux du drow, qui n'avait pu emmener que le strict nécessaire avec lui (c'est-à-dire ce qu'il transportait habituellement sur lui). De toute façon, ce manque d'espace ne le dérangeait pas, puisqu'il prenait ses repas à l'extérieur.

Ainsi, depuis leur arrivée, on pouvait souvent voir l'elfe noir aux yeux gris se promener dans la caverne contenant la demeure, examinant avec intérêt ses failles et recoins. Comme le petit refusait de le quitter, il se trouvait donc toujours à trottiner sur ses talons. Parfois il agrippait un pan de la robe du magicien afin de ne pas le perdre. Ce dernier avait finit par se faire à cette présence silencieuse et discrète; le demi drow sachant parfaitement se faire oublier, d'autant plus qu'il ne parlait pas. Andraste ne s'était pas soucié de savoir si cet état était permanent ou non.

Sans doute lui faudrait-il du temps avant de se défaire entièrement de son héritage d'esclave. Ne sachant pas son nom, Andraste l'avait prénommé arbitrairement Siolan, quant au chat en peluche, c'était Nestor.

Perché sur son rocher, le gamin a ses côtés, le mage avait vu l'arrivée des fidèles d'Eilistraée, bientôt suivis par d'autres Maisons en déroute, qui avaient trouvés refuge ici.

La dirigeante des fidèles, qu'il ne connaissait absolument pas, avait proposé son aide à la matrone Myrune, qui avait accepté, n'ayant sans doute guère le choix si elle voulait tenter de survivre à la menace constante de la Valsharesse, qui traquait ceux qui ne se soumettaient pas avec une ténacité et une hargne digne des plus grandes servantes de Lolth. Ironie du sort, ces infidèles avaient tranquillement prit place dans le temple abandonné de la Reine Araignée, ce qui ne plaisait pas à la plupart des drows.

Ce qu'Andraste ne savait pas, c'était que la Prophétesse était loin de ressembler aux prêtresses de Lolth. Elle ne commandait pas à ses serviteurs comme à des esclaves, mais les traitait avec le respect qu'ils méritaient. D'ailleurs, ces hommes et femmes ne composaient pas sa suite, mais étaient des alliés et des amis.

Mais le mage ne s'en souciait guère. Tout ce qui lui importait à présent était sa survie, et qu'importe si elle devait passer par une bande de misérables naïfs! Il acceptait donc son sort avec beaucoup moins de ressentiment que la plupart des drows qui avaient été forcés de trouver refuge ici.

Tandis qu'il se baladait tranquillement en attendant qu'une stratégie soit mise en place, et qu'on requiert peut être son aide, Andraste se trouvait être l'objet de maintes attention dont il n'avait que faire. De toute façon, il ne pouvait malheureusement pas le voir...Ayant perdu de précieux ingrédients dont il se servait pour un sort quotidien, son acuité visuelle était revenue à la normale. Elle était donc...très basse, surtout pour un drow. Inutile de préciser que c'était là sans doute sa plus grande honte, et donc qu'au fil des années, il avait apprit à cacher cette faiblesse qui aurait pu se révéler fatale. Ainsi il ne fit pas attention aux fidèles d'Eilistraée qui le couvaient d'un regard bienveillant, lui et l'enfant.

Admirant une stalactite particulièrement impressionnante, il se heurta violemment à quelque chose et sous le choc, tomba à la renverse. Ce "quelque chose" était en réalité une jeune drow, apparemment plus agile que lui puisqu'elle était resté sur ses pieds, elle.

Aimablement, elle lui tendit la main pour l'aider à se relever. Main qu'il s'apprêtait à refuser, mais voyait le sourire engageant de la jeune femme, il ne put s'empêcher de la saisir.

Enfin debout, celle-ci, plutôt amusé par cette rencontre fortuite, engagea la conversation:

Eh bien, je ne pensais pas que nous nous rencontrions ainsi! Je suis Nathyrra, se présenta-t-elle. Le drow tenait toujours la main de la jeune elfe, que cela ne sembla pas gêner. Andraste se trouvait face à face à l'une des plus belles elfes qu'il ait jamais rencontré.

Ses longs cheveux blancs retombaient librement sur ses épaules, encadrant un visage fin à la peau obsidienne. Elle esquissa un sourire, mais conserva une lueur dangereuse dans ses beaux yeux sombres.

Le drow mit un un certain temps à réagir, troublé par la jeune femme. Il avait l'impression que son cœur battait trop vite, comme si il était serré par la peur.

- Je suis Andraste, mage de la maison Maéviir. Que me voulez-vous? questionna-t-il, sur la défensive, tout en lâchant la main de l'elfe noire.

- Moi? Vous vous trompez, fit-elle, apparemment amusée par la réaction du mage. Je ne vous veux rien de particulier. Cela dit, il se trouve que la Prophétesse aimerait vous rencontrer, poursuivit-elle.

- La Prophétesse? répéta Andraste en fronçant les sourcils, perturbé. Il ne voyait (et c'était plus que la cas de le dire) absolument pas de qui elle pouvait bien parler. Nathyrra, comprenant qu'il ne savait pas de qui il s'agissait, daigna lui expliquer:

- Il s'agit de la grande prêtresse d'Eilistraée, en quelque sorte. Elle reçoit des visions de la déesse, c'est pourquoi elle a reçut le titre de prophétesse.

Andraste ne fit aucun commentaire, mais ne comprenait toujours pas pourquoi une telle personne pouvait bien s'intéresser à lui. Son mutisme poussa Nathyrra, un peu hésitante, à lui faire part de certaines choses.

- Vous savez Andraste, vous êtes un des rares membres, peut-être même le seul, de la maison Maéviir -ou même des autres maisons, d'ailleurs- à ne pas nous chercher des noises. Nous avons pensé que vous serez plus enclin à discuter avec nous, de choses et d'autres, disons....

Le magicien haussa les sourcils. Il apparaissait que son indifférence pour les fidèles aient été accueillit avec joie parmi toutes les injures et autres sous entendus qu'ils devaient recevoir.

Cependant, ils devaient bien savoir qu'Andraste n'éprouvait pas non plus de la sympathie pour eux, d'ailleurs, en avait-il déjà éprouvé un jour? Réfléchissant, il plissa les yeux. Siolan leva la tête vers lui, lui attrapant la manche pour attirer son attention. Surpris, il tourna la tête vers le petit qui ne se manifestait guère d'habitude.

- Elle est jolie, non? murmura-t-il d'une petite voix fluette, à peine rendue rauque par l'absence de pratique du langage. Andraste écarquilla les yeux, ébahi par cette remarque ma foi tout à fait hors contexte, mais particulièrement digne d'un enfant de cet âge.

La drow eut un sourire, et s'accroupit pour être à hauteur de Siolan.

- Je ne crois pas avoir eut l'honneur de t'être présenté. Je suis Nathyrra, et toi?

Le petit, quelque part apeuré par la drow qui lui rappelait sûrement les maîtresses de sa mère, recula et se cacha derrière son sauveur, agrippant sa robe.

Ce dernier était consterné. La jeune femme se releva, confuse.

- Je crois que je lui fait peur...bredouilla-t-elle en rougissant, ce qui ne se remarquait pas beaucoup, c'est vrai, mais donnait à ses joues une teinte plus soutenue. Elle était encore plus jolie ainsi, songea-t-il distraitement, avant de chasser cette pensée de son esprit aussi vite qu'elle y était apparue.

- Il s'appelle Siolan...Enfin, c'est le nom que je lui ai donné, rajouta-t-il tout en le regrettant un peu après. Cela dit, bien qu'il refusait de l'admettre, il était vexé que le gamin lui adresse pour la première fois la parole à cause d'une drow, fidèle d'Eilistraée qui plus est. Il ne mentionna donc pas que l'enfant n'avait pas prononcé une seule parole auparavant, pas même pour dire son nom. L'elfe noir s'apprêtait à tourner les talons, coupant court à la conversation. Nathyrra sembla un peu déçue mais reprit bien vite:

- En tout cas, si jamais vous voulez voir la Prophétesse, n'hésitez pas à venir me voir, je vous mènerais à elle.

Andraste se dit que pour une fois, sa mauvaise vue avait du bon, il n'était pas prêt de retomber sur la drow par hasard. Et bien entendu, il ne comptait absolument pas la chercher. Ce sur quoi il se trompait mais le mage n'était pas devin, lui. Là dessus, il retourna à sa chambre, d'humeur plutôt massacrante il est vrai. De quel droit ces pauvres naïfs, pathétiques naïfs, venaient l'aborder?

Sans doute aurait-il dû faire comme les autres, et médire sur leur passage, ce qui aurait pu s'avouer fort distrayant, si l'elfe noir n'était pas en réalité de nature solitaire. Voire peut être, asocial. Ce qui était rudement exagérer, tout de même. Mais il n'y avait bien que les mauvaises langues pour dire une chose pareille de lui. Et comme chez les drows, critiquer son voisin était devenu un sport national...On trouvait beaucoup d'elfes pour le dire, parmi ceux qui le connaissait.

Cela faisait longtemps qu'Andraste n'avait pas été aussi énervé. Lui qui d'ordinaire, passait tout son temps libre à plonger son nez dans d'épais volumes poussiéreux, ne demandant rien à personne! Seulement cette fichue guerre, en plus d'être sacrément meurtrière tout de même (comme toute les guerres chez les drows) avait semé la pagaille dans son quotidien. Il ne pouvait même plus engager de nouveaux contrats auprès des démons et autres créatures infernales, ni même se promener tranquillement.

A ce moment là, Andraste aurait donné n'importe quoi pour revenir quelques mois, voire quelques années en arrière.

Seulement le monde étant en perpétuelle évolution, sa vie était sur le point de basculer sur une nouvelle voie qu'il ne pouvait qu'à peine pressentir.

Il entra dans sa chambre et claqua violemment la porte derrière lui. Andraste s'allongea sur son lit, à présent plus calme. En vérité ses colères ne duraient jamais bien longtemps, et la rage le quittait aisément, lui permettant de garder la tête froide. Il était toujours énervé, mais cela tenait plus de l'agacement. Andraste soupira tout en étendant les bras devant lui, se laissant choir dans une position peu digne.

Siolan s'approcha doucement de lui et resta là, sagement à ses côtés, sans oser cependant se blottir contre lui. Cela dit, nulle doute qu'il aurait bien aimer profiter de cette source de chaleur. Et puis, sa maman lui manquait...

Perdu dans ses pensées, le drow ne l'entendit par renifler. Il ne saisissait pas vraiment la cause de cette soudaine colère. Bien sûr, il n'appréciait guère les familiarités, surtout de la part de blasphémateurs. Il ne se souciait pas vraiment de Lolth, d'autant plus qu'elle était "portée disparue" mais par principe ou par habitude, fustigea mentalement les fidèles de l'autre déesse.

Peut être aurait-il dû faire ravaler ses paroles aimables à la jeune drow tout au fond de sa gorge. Mais il ne disposait pas des composants pour une sort pareil, et de toute façon, il ne le pourrait pas. Contrairement à ses frères, Andraste avait bien saisi que l'implication des fidèles de la Vierge Noire, comme on la nommait parfois, augmentait leurs chances de survie face à la Valsharesse. Il serait donc idiot de les provoquer plus que de raison, d'autant plus que cette Nathyrra semblait plus que capable.

Sans doute qu'à peine quelque temps plus tôt, elle était la digne fille d'une puissante maison, complotant contre ses sœurs pour s'emparer du pouvoir.

Pendant qu'il réfléchissait aux tenants et aboutissant de cette catastrophe sur sa propre position, songeant vaguement à fuir pour rallier les troupes ennemies, l'enfant l'observa d'un œil triste, et quitta la chambre silencieusement, l'abandonnant à ses pensées confuses.

Andraste, totalement absorbé par ses réflexions, ne s'aperçut pas de son départ Ce ne fut que tard le soir (bien que la notion du temps dans ces cavernes soit difficiles à intégrer) qu'il s'en rendit compte alors qu'il allait prendre son repas. Ce fut d'ailleurs Zesyyr qui lui en fit la remarque, son sourire dévoilant des dents pointues.

Tiens Andraste, tu as perdu ton animal de compagnie? Comme tu dois te sentir seul! Et ces cavernes sont si grandes et si dangereuses! fit-elle moqueuse. Elle s'approcha de lui de sa démarche sinueuse, susurrant presque à son oreille:

Je me demande qui pourrait bien vouloir d'un tel animal, hormis quelqu'un comme toi....Mais peut être ces fous qui servent la Vierge Noire lui trouveront-ils une utilité? finit-elle dans un rire froid. Elle s'éloigna avant que le drow n'ai pu répliquer quoi que ce soit. Il ne comprenait pas bien ses intentions, mais si elle avait voulu l'énerver, c'était réussi. Il détestait cordialement sa cousine, qui le lui rendait plus que de raison d'ordinaire. Bien entendu, ces derniers temps elle n'avait guère eut le loisir de venir l'ennuyer. Si elle en avait eut l'occasion, cela ferait longtemps, pensait-il, qu'il ne ferait plus parti de la maison Maéviir. Du moins, c'est ce qu'il croyait. Peut être aurait-elle trouvé plus divertissant de l'humilier.

Andraste, qui sentait décidément la moutarde lui monter au nez bien trop souvent ces derniers temps, décida de partir à la recherche de Siolan, le petit demi drow.

Et s'il se trouvait chez les disciples de la Prophétesse, il en profiterait pour leur signifier sans équivoque possible qu'il n'était pas tolérant envers eux. Le magicien les détestait, comme tout drow qui se respecte. Quel idée ridicule de chercher le salut à la surface! Ils ne faisaient que fuir la réalité de l'Outreterre, un monde cruel qui ne tolérait que les plus forts. Il leur ferait comprendre enfin, qu'il n'était pas de leur côté. Mais pouvait-on réellement dire qu'il était un véritable drow, fidèle à Lolth? Peut être pas. Mais Andraste était loin de se rendre compte de ses propres travers, si l'on peut dire.

Cela dit, les paroles acérées de Zesyyr, qui avait dû être une vipère dans une autre vie, portèrent suffisamment leurs fruits pour que le magicien se rende sans attendre au temple de la déesse disparue, où résidaient désormais les disciples de la Vierge Noire. Devant l'imposante porte noire, il hésita cependant un instant, puis l'ouvrit, et se retrouva face à un drow qui s'apprêtait à en sortir. Le jeune mage ne l'avait pas croisé auparavant, il fut assez surpris et recula d'instinct. L'autre n'était pas spécialement impressionnant, mais possédait une certaine stature.

Il portait de longs cheveux et une barbe, et de toute évidence, c'était un vétéran qui avait parcouru les champs de bataille.

-Que voulez-vous? commença le drow plus âgé sans préambule. Le lieutenant Imloth faisait partie de la troupe qui gravitait autour de la Prophétesse depuis un certain temps, et il garantissait sa sécurité tout autant que le tieffelin, quand il n'était bien sûr pas occupé à tout autre chose.

-Je...Commença le plus jeune. Il me semblait que votre prêtresse souhaitait s'entretenir avec moi, continua-t-il avec plus d'assurance. Imloth le détailla, puis, se souvenant en effet d'une telle discussion, le laissa entrer sous la surveillance des gardes rebelles.

Le drow entra donc dans un bâtiment qui, bien que fort semblable à tous les temples dédiés à la déesse maléfique Lolth, lui fit forte impression, étant donné qu'il n'avait jamais eu le loisir d'en visiter ne serait-ce qu'un seul. La décoration était sombre et à l'image des animaux favoris de la déesse, qui portant, tout comme elle, avaient désertés les lieux. Par ailleurs, il nota, à sa stupéfaction la présence de quelques torches qui jetaient une lumière vive sur les pierres et teintures sombres, ce qui l'éblouit dans un premier temps.

Et c'est ainsi qu'il rencontra pour la seconde fois la charmante Nathyrra, qui le remarquant, s'avança vers lui très vite.

-Bonjour Andraste. Je ne pensais pas vous revoir de si tôt, lui confia-t-elle. Elle se retourna et lui désigna ce qu'il était venu chercher d'un geste élégant de sa belle main obsidienne. L'enfant se tenait près d'un grand guerrier qui portait une armure dont les écailles vertes luisaient doucement grâce aux torches justement.

Un fléau d'arme lourd pendait le long de sa jambe gauche, ce qui ne semblait nullement le gêner. Andraste, à cause de la lumière, bien plus forte que ce à quoi il était habitué, eut du mal à distinguer le visage du personnage. D'autant plus que sa vue déficiente ne l'aidait guère...Cela dit, il nota tout de même les cornes qui désignait sans conteste l'homme comme quelqu'un possédant du sang de démon.

L'homme aux cheveux roux semblait pour l'instant indécis quant à la réaction à adopter face à Siolan. Le petit paraissait admirer de ses grands yeux vifs la prestance du guerrier.

La jeune femme reprit, amusé une nouvelle fois par la situation quelque peu improbable.

-Je suis désolée si vous vous êtes inquiété, j'ai trouvé le petit qui errait dans la cité, j'ai jugé bon de l'emmener ici....On dirait qu'il aime bien Valen, conclut-elle avec un sourire.

Andraste était estomaqué. Les mots lui échappaient, fuyant et ricanant loin de lui, ce qui était inhabituel. Encore une fois, la situation lui échappait. Il poussa un profond soupir.

Décidément...C'est peut être à ce moment là qu'Andraste cessa de lutter contre lui même. Non pas contre les pulsions propres aux drows, mais bien contre ce petit cœur qui s'emballait de plus en plus ces derniers temps.

Et c'était parti pour durer!

OoOo



Une petite question pour finir: comment avait vous trouvé l'introduction de Nathyrra et Valen? Cela vous a-t-il paru inapproprié? Merci de vos réponses :)