Merci à nanou62, Audearde et AuroreAthena pour vos reviews ! Petites questions : Préférez-vous un petit chapitre tous les jours ou un gros tous les deux ou trois ?
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Expirant profondément afin de calmer les battements désordonnés de son cœur, Ilta s'avança sur la scène et s'arrêta à l'endroit indiqué au sol. Des cris retentirent aussitôt, des exclamations de surprise lorsqu'elle leva les yeux. Sans savoir exactement où elle puisait la force de se tenir fièrement devant eux, la jeune femme balaya la salle de son regard fiévreux.
Peut-être y avait-il quelqu'un ici qui la connaissait ? Elle chercha désespérément un visage familier mais aucun ne retint son attention. La seule personne qui l'interpella fut un homme au premier rang. De grande taille, il dépassait la plupart des personnes autour de lui. Ses cheveux très courts étaient poivre et sel, son visage aux lignes dynamiques et régulières lui donnait un charme qui ne pouvait qu'attirer l'attention et son regard brun semblait la transpercer. Mais ce ne fut pas son physique agréable qui l'attira de prime abord, non, mais son comportement. En effet, parmi cette foule bruyante et agitée, il était le seul à rester immobile et silencieux. Lorsqu'il croisa son regard, il hocha légèrement la tête et lui lança un sourire qu'elle aurait pu définir comme… encourageant. Mais rien de plus. Pas un geste. Pas un signe particulier. Rien.
Elle finit donc pas se détourner et attendit.
Les enchères montèrent rapidement pour atteindre des sommes qu'elle-même ne pouvait comprendre, faute de connaître la valeur des choses. Lorsque le montant sembla stagner, Nolan vint la rejoindre. Surprise, elle se tourna vers lui et sursauta violemment lorsqu'il lui ôtait d'un geste vif sa longue tunique.
Rouge de honte, elle se retrouva bientôt seulement vêtue d'une brassière cachant à peine sa poitrine et d'une jupe légère et fendue de chaque côté de ses cuisses, dévoilant ses interminables jambes nues.
Les cris redoublèrent aussitôt et les enchères reprirent. Serrant les dents, Ilta retint courageusement le sanglot qui manquait de s'échapper de sa gorge et baissa la tête. Elle avait juste eu le temps de croiser le regard de l'homme au premier rang. L'espace d'un instant, elle y avait lu la même chose que dans les yeux des autres. Le même désir. Et puis il avait fini par se détourner, la mâchoire crispée et elle n'avait su pour quelle raison il semblait si gêné et irrité à la fois.
Mais quelle importance. Ils étaient tous les mêmes, au fond d'eux.
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D'un pas rageur, Jack parvint enfin à sortir de la salle. Il était furieux ! Furieux contre tous ces types hystériques bavant sur Carter… mais aussi et surtout furieux contre lui-même. Comme un imbécile, il était resté scotché, les yeux écarquillés, incapable de se détourner du spectacle qui s'offrait à lui et lorsqu'il avait croisé le regard de Sam, jamais il n'avait eu aussi honte de toute sa vie. Elle était en position de faiblesse et il en avait rajouté.
Dans un soupir, il rejoignit sa cache et récupéra ses affaires.
Une chose cependant le tracassait. Elle avait semblé tellement perdue et l'avait regardé d'une façon si impersonnelle, comme si elle ne le reconnaissait pas… Certes, il s'agissait certainement d'une stratégie afin d'éviter qu'il ne soit repéré mais… son instinct lui disait qu'il en était tout autre.
Un grésillement familier le sortit de sa torpeur. Il empoigna aussitôt sa radio :
- O'Neill
- Jack ! On arrive. Vous êtes où ?
- Aux abords du marché, à l'Est de la ville.
- Avez-vous vu le Major Carter ? demanda Teal'c.
- Oui… Elle va bien. Mais il faut se dépêcher. La vente est terminée et elle ne devrait plus tarder à sortir.
- Entendu. Terminé.
Quelques minutes plus tard, ils se rejoignirent et Jack tiqua légèrement en croisant le regard brun de Daniel.
- Petit scarabée, le chocolat ne vous va pas du tout !
Imperturbable, le docteur Jackson rajusta ses lunettes mais ne releva pas. Tous les trois cachés dans les fourrés, ils observèrent quelques minutes l'agitation et les préparatifs du départ des pompeux seigneurs.
- C'est lui qui a acheté Carter, déclara brusquement Jack en désignant un homme dans la foule.
De taille moyenne, celui-ci était richement vêtu. La quarantaine environ, les cheveux châtains, il dégageait une assurance et une oisiveté dont la naissance était responsable en parti. Entouré de sa cour, il se dirigea sans attendre jusqu'à son équipage et disparut à l'intérieur.
- Il y a trop de monde pour pouvoir intervenir ici, O'Neill, déclara Teal'c sans surprise.
- Oui, je sais… On va devoir attendre qu'ils sortent du village.
- Ils sont à cheval, Jack… Comment voulez-vous qu'on les suive ?
Celui-ci grimaça.
Il y avait déjà songé. Il leur fallait des chevaux. Mais le problème et pas des moindres, c'était que Teal'c ne savait pas monter.
- Ne vous inquiétez pas pour moi, O'Neill, intervint le Jaffa semblant lire dans ses pensées. Je saurai me débrouiller.
Jack hésita encore un instant puis acquiesça avant de se lever discrètement.
- Très bien. On trouve quatre canassons et on les suit !
Après s'être mis d'accord, les trois hommes se séparèrent. Pendant que Teal'c et O'Neill recherchaient des chevaux, Daniel faisait le guet près du marché en attendant la jeune femme. Quelques minutes plus tard, le docteur Jackson actionna sa radio et attendit. En effet, Sam faisait son apparition sous bonne escorte.
- O'Neill, répondit celui-ci au bout d'un instant.
- Jack, elle arrive.
- Ils l'ont mise où ?
- Attendez…
Daniel observa l'avancée de la jeune femme qui finalement fut installée dans la voiture de son nouveau maître.
- Elle vient de monter avec le type qui l'a acheté.
- Ok… On arrive. Terminé.
Lorsque le Jaffa et Jack revinrent, en plus des chevaux qu'ils avaient attachés un peu plus loin, ils portaient dans leurs bras des habits divers. Désireux de passer inaperçus et de pouvoir se fondre dans le décor, ils se changèrent rapidement et quelques minutes plus tard, l'équipée se mit en branle. S'enfonçant dans les fourrés environnants, les membres de SG1 finirent par se mettre en selle. Teal'c eut quelques difficultés mais en homme plein de ressources, il n'eut aucun mal à se familiariser rapidement aux rudiments de l'équitation.
Ils ne mirent pas longtemps à rejoindre le cortège mais restèrent à distance raisonnable. Jack n'avait réussi à voler que trois chevaux au lieu de quatre, ce qui ralentirait sérieusement leur fuite en cas de problème. Il allait leur falloir beaucoup de patience pour récupérer Carter et surtout une excellente occasion.
Or, la voiture où la jeune femme se trouvait était la mieux gardée...
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A peine venait-elle de monter dans le carrosse que l'homme à l'intérieur prit sa main de force et l'attira à ses lèvres. Ilta accepta ce baise-main avec docilité mais ne put réfréner un frisson de dégoût.
- Je suis le Seigneur Aldraban, se présenta-t-il sans la lâcher du regard un seul instant. Vos yeux sont absolument... magnifiques...
Il avait murmuré ces quelques mots en se rapprochant un peu plus et Ilta eut un geste instinctif de recul. Loin de le surprendre, l'homme sourit d'un air satisfait.
- D'où venez-vous ? C'est la première fois que je vois une femme telle que vous.
Hésitante, elle déglutit péniblement sous le regard sombre de son maître. Cet homme lui faisait peur. Il l'effrayait à un point inimaginable. Et pourtant, de tels sentiments n'étaient pas dus à une nature particulièrement mauvaise ou à un vice qu'elle aurait lu dans ses yeux, non... mais simplement parce qu'il avait tout pouvoir sur elle. D'un signe, d'un geste, d'un caprice, il pouvait la mettre à mort sans que nul n'ait à redire à cela. Elle lui appartenait, qu'elle le veuille ou non.
- Je ne sais pas d'où je viens... finit-elle par répondre. Je ne me souviens de rien depuis que je suis réveillée.
L'homme acquiesça simplement.
- On vous a droguée, dit-il sans en paraître particulièrement choqué, plongeant cependant la jeune femme dans la perplexité. Je serai curieux de connaître votre véritable nature... Quoiqu'il en soit, on a du vous donner un nom. Quel est-il ?
Ilta ouvrait déjà la bouche pour répondre lorsqu'un prénom lui revint brusquement à l'esprit.
- Jolinar... répondit-elle alors. Je m'appelle Jolinar.
- Jolinar, répéta Aldraban en souriant. C'est un nom peu courant. Je crois même ne l'avoir jamais entendu. Ce Nolan a beaucoup d'imagination.
L'homme poursuit son monologue tandis que la jeune femme tentait de regrouper méthodiquement les dernières données.
On l'avait droguée. Une drogue qui semblait lui avoir fait perdre tout souvenir. De plus, elle était quasiment persuadée de s'appeler Jolinar. C'était une grande découverte ! Maintenant, elle connaissait son nom ! Et enfin... Aldraban semblait sous-entendre malgré lui qu'elle venait d'un pays lointain, un endroit où, des femmes portant ce nom lui étaient inconnues.
Bien... Peu à peu, les pièces du puzzle se mettaient en place. Tout cela restait encore très flou mais dans quelques temps, tout finirait bien par lui revenir.
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SG1 continuait leur lente avancée lorsque le Jaffa leur imposa d'un geste l'arrêt.
- Qu'y a-t-il ? demanda Jack en s'approchant de lui.
- A couvert ! s'exclama Teal'c en descendant sans plus tarder de sa monture pour se mettre à l'abri dans la forêt.
Ni une ni deux, ses deux compagnons firent de même et quelques secondes plus tard un groupe assez conséquent d'individus se jetèrent sur le cortège. Un combat acharné s'en suivit et O'Neill y vit de suite une excellente occasion de récupérer Carter.
- Profitons-en !
D'un même mouvement, ils attachèrent leurs montures et prirent leurs armes.
- N'utilisez vos Beretta qu'en cas d'extrême urgence. Il n'est pas dit qu'on arrivera à sortir Carter de là. Autant éviter de montrer toutes nos cartes dès maintenant.
- On fait comment alors ? demanda le docteur Jackson, perplexe.
- Vous avez un couteau, Daniel ! Utilisez-le.
Le jeune homme fit aussitôt la grimace. Il avait déjà tué des hommes pour se défendre... mais jamais avec un couteau, toujours à distance...
- Restez près de moi, Daniel Jackson, intervint alors le Jaffa.
- Merci Teal'c, répondit-il aussitôt, reconnaissant.
Et sans plus attendre, les trois hommes s'élancèrent dans la forêt afin de contourner le champ de bataille et parvenir directement jusqu'à la voiture de Sam.
Le bruit métallique des épées résonnait autour d'eux et, tandis qu'ils plongeaient enfin dans la cohue, Jack et Teal'c commencèrent à jouer des poings. La bataille était rude et incertaine, leur avancée lente et périlleuse. Ils mirent plusieurs minutes pour atteindre les abords bien gardés de la voiture.
- Couvrez-moi ! s'exclama alors Jack, avant de s'élancer vers elle.
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Jolinar serrait les poings, aux aguets. Le bruit d'une bataille enragée lui parvenait et le carrosse était sans arrêt ballotté de droite à gauche sous les impacts de corps projetés contre lui. Aldraban tenait dans sa main une épée et dans l'autre un poignard, prêt à occire le premier maraud qui ouvrirait la portière de la voiture.
- Monseigneur ! s'exclama alors une voix de l'extérieur. Nous avons quelques difficultés à les repousser !
Dans un grognement rageur, Aldraban se tourna vers la jeune femme.
- Il faut tout faire soi-même ici ! Tenez ! dit-il finalement en lui tendant le poignard. Pour vous défendre Madame.
Et sans un mot de plus, il sortit de sa voiture et son rugissement s'éleva au-dessus de la cohue. Lorsque la portière fut refermée, Jolinar observa l'arme dans ses mains, l'esprit en ébullition. C'était sa chance ! Elle pouvait fuir !
Certes, elle risquait gros s'ils la rattrapaient mais une partie d'elle se refusait à rester inactive, à attendre qu'un autre décide de son sort. Le coeur cognant à se rompre dans sa poitrine, elle empoigna le manche du poignard et ouvrit la portière à l'opposé de celle par laquelle était sortit son maître. A peine venait-elle de faire un pas que des cris lui parvinrent.
- Eh toi !!... Ilta !
Elle se tourna aussitôt et découvrit au loin plusieurs femmes qui avaient été séquestrées avec elle au marché et certainement vendues à Aldraban. Elles s'apprêtaient à fuir.
- Viens ! Nous t'aiderons !
Hésitante, elle finit par se décider mais tomba brusquement nez à nez avec un homme qu'elle reconnut aussitôt comme étant l'inconnu de la vente.
- Carter ! s'écria-t-il en lui attrapant déjà le poignet. Qu'est-ce que vous foutez !?
Dans la cohue, elle parvint facilement à se dégager et le repoussa violemment. Incrédule, il resta immobile quelques instants, son regard brun accroché au sien, puis sans crier gare, il s'avança de nouveau vers elle. Alors, d 'un geste instinctif, Jolinar leva le bras et lacéra le ventre de son agresseur du revers de son poignard.
Une myriade de sentiments déferla aussitôt sur le visage de l'homme tandis qu'il reculait, les jambes soudain faibles, la main déjà appuyée sur sa plaie ensanglantée. L'incompréhension et la souffrance dominaient cependant. Jolinar sentit aussitôt son coeur se serrer et une sueur froide glisser le long de son dos.
Elle venait de tuer un homme ! Elle l'avait tué ! Certes, il n'était pas encore mort mais c'était tout comme.
La gorge nouée, elle lâcha le poignard et recula à son tour. Puis son agresseur s'effondra en arrière et une voix puissante retentit, couvrant le bruit assourdissant de la bataille.
- O'Neill !!
Soudain tremblante, Jolinar balaya le paysage de son regard perdu. Les femmes qui l'avaient appelée s'enfuyaient déjà et plusieurs hommes lui barraient à présent le passage. Elle était bloquée. Dans un grognement frustré, elle se décida à rebrousser chemin et pénétra de nouveau dans l'abri du carrosse, insensible à l'homme à terre qui tentait en vain d'attirer son attention.
- Carter...
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Jack regarda son second disparaître à l'intérieur de la voiture avec un mélange de stupeur et d'angoisse. Que s'était-il passé ? Pourquoi avait-elle fait ça ? Pourquoi ne semblait-elle pas le reconnaître ?
Instinctivement, il jeta un œil à sa blessure et grimaça lorsque le tissu de sa manche se décolla de sa plaie ensanglantée. C'est ce moment que choisirent Teal'c et Daniel pour parvenir à sa hauteur.
- Jack ! s'exclama le jeune homme, une pointe de panique dans la voix.
- Ça va ! râla aussitôt O'Neill en cherchant à se redresser. C'est pas profond, j'ai juste été surpris et n'ai pas eu le temps d'esquiver totalement l'attaque.
Teal'c, le regard en mouvement, profita de la proximité d'un homme un peu trop téméraire pour l'assommer sans ménagement avant de se tourner vers son ami à terre.
- C'était bien le Major Carter qui vous a frappé, O'Neill ?
- Ouais… grogna Jack qui se mettait péniblement debout, refusant avec humeur l'aide de Daniel.
Certes, il avait eu le temps d'éviter en partie le coup mais il allait certainement avoir droit à quelques points de suture. Ce n'était pas la première fois qu'il devait se recoudre au beau milieu d'une mission mais ce n'était décidément pas ce qu'il préférait !
- Qu'est-ce qui lui a pris ? demanda Daniel abasourdi.
Il n'avait pas vu l'attaque et ne s'était retourné qu'en entendant le cri de Teal'c.
- Je ne sais pas… Elle n'a pas semblé me reconnaître.
Le Jaffa, toujours très réactif, assomma un nouvel audacieux et fit fuir d'un regard son acolyte.
- Que fait-on ?
Au même moment, des cris se firent entendre à quelques mètres d'eux.
- Les renforts arrivent ! s'exclama l'un des gardes du Seigneur Aldraban.
Tous se tournèrent vers la colline qui surplombait la forêt et en effet, quelques hommes à cheval se dirigeaient dans leur direction. Ils n'étaient pas très nombreux mais feraient certainement la différence dans ce combat incertain.
Jack pesa un instant le pour et le contre, sentant qu'il serait inutile de tenter d'enlever Carter contre sa volonté, pas dans ces conditions en tout cas. Finalement, se penchant en grimaçant, il attrapa une épée qui traînait par terre et se tourna vers ses amis.
- On les aide.
Et sans un mot de plus, il s'élança sur le premier brigand venu, le désarmant avec une dextérité étonnante pour quelqu'un peu habitué à l'utilisation d'arme blanche autre que le poignard, et commença à faire le tour du carrosse pour rejoindre Aldraban. Ses deux amis le suivirent sans un mot.
Aidé de Teal'c, ils ne mirent pas longtemps à rejoindre leur cible. O'Neill continua de se battre avec une fougue redoublée et ce, malgré sa blessure qui continuait de saigner. Daniel lui jetait de fréquents coups d'œil inquiets mais se taisait. Lorsque Jack avait cette expression butée sur le visage, il valait mieux ne rien lui dire.
Leur aide fut rapidement remarquée et appréciée par Aldraban. O'Neill, voulant faire bonne impression, ne ménageait pas ses efforts, quant au Jaffa, il abattait à lui seul le travail de plusieurs hommes. Même Daniel parvint à se débarrasser de quelques gêneurs, déjà passablement abîmés par Jack. Lorsque les renforts arrivèrent, les brigands commençaient déjà à fuir. Leur intervention avait renversé le cours des choses et donné un sérieux avantage aux troupes de Aldraban.
O'Neill regarda avec soulagement les derniers assaillants disparaître dans la forêt et, le souffle court, il planta son épée dans le sol avant de se pencher en avant, cherchant à atténuer la douleur qui lacérait son abdomen. Il savait que sa blessure n'était pas grave mais elle saignait beaucoup et il se sentait brusquement vidé.
Percevant des pas se rapprochant de lui, il se redressa cependant tout en essuyant son front du revers de sa manche, et tomba nez à nez avec Aldraban.
L'homme semblait être à peu près de la même taille que Carter, mais ils étaient tous assez petits sur cette planète. Jack hésita à se montrer humble mais balaya cette idée en redressant les épaules. Il espérait au contraire que sa grande taille attirerait son attention.
- Merci pour votre aide, étranger ! s'exclama Aldraban, un sourire sur les lèvres, passablement échevelé par le combat.
Comment avait-il seulement deviné qui dirigeait l'équipe, c'était un mystère… La couleur de Teal'c lui faisait peut-être croire qu'il était un esclave et Daniel n'étant pas le meilleur combattant, il en avait certainement déduit qui était le meneur du groupe. Quoiqu'il en soit, Jack acquiesça sobrement.
- Mais de rien.
Aldraban sourcilla légèrement devant le manque de courbette et de titre pompeux mais il n'en prit pas ombrage. Il jeta un coup d'œil sur les deux hommes qui se rapprochaient de Jack, et fut visiblement très impressionné par la stature du Jaffa.
- Comment vous appelez-vous ? D'où venez-vous ?
Comme O'Neill semblait hésiter, Daniel prit le relais.
- Voici Jack, Teal'c et moi c'est Daniel. Nous venons d'une contrée assez éloignée, dans le sud du continent, dit-il, corroborant ainsi, sans le savoir, les spéculations de Aldraban au sujet de Teal'c.
- Et nous cherchons du travail, rajouta Jack brusquement.
Daniel haussa les sourcils mais ne dit rien.
Le lord acquiesça, satisfait.
- J'ai perdu quelques hommes dans cette bataille et vous êtes les bienvenus.
- C'est parfait, répliqua O'Neill, avant de rajouter à contre cœur : Monseigneur.
Aldraban approuva cet effort d'un sourire et se détourna sans plus de cérémonie afin de remonter dans sa voiture.
Les trois hommes se regardèrent un court instant puis partirent récupérer leurs chevaux.
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Jolinar avait vite compris que la bataille tournait en la faveur de son maître et lorsque la porte du carrosse s'ouvrit sur lui, elle serra les dents, se sentant piégée. Elle observa avec inquiétude l'homme pénétrer dans la voiture et s'asseoir en face d'elle, l'air particulièrement satisfait. Cette bataille l'avait mis de bonne humeur et peu importait qu'il ait perdu des hommes et même ses nouveaux esclaves.
Il ne ressemblait plus au Lord propre sur lui et presque maniéré qu'elle avait rencontré quelques minutes auparavant. Son visage était à présent couvert de poussière et de sang, ses habits déchirés à certains endroits et ses cheveux en bataille lui donnaient un côté chien fou.
Il lui sembla brusquement moins dangereux… Plus abordable.
Un sourire sur les lèvres, Aldraban la détailla tranquillement avant de hausser les sourcils.
- Qu'avez-vous fait de mon poignard ?
La jeune femme blêmit aussitôt, resongeant à l'homme qu'elle avait tué ou, tout du moins, blessé.
- Je… Je m'en suis servie pour me défendre.
Surpris, il fronça les sourcils.
- Comment ont-ils pu entrer ? La portière de l'autre côté était fermée de l'intérieur.
- J'ai entendu des cris de femmes et je l'ai ouverte quelques secondes pour voir ce qui se passait… Je suis désolée, c'était idiot de ma part… bredouilla-t-elle, préférant jouer les sottes.
Aldraban se détendit.
- Vous avez bien fait d'utiliser mon arme. Mais la prochaine fois, en espérant cependant que ça n'arrive jamais, restez dans la voiture. Je ne voudrais pas qu'il vous arrive quelque chose.
D'un geste vif, il tapa deux coups à la paroi du carrosse et celui-ci se mit en branle.
Les mains crispées sur ses genoux, Jolinar resongea de nouveau à l'homme qu'elle avait frappé.
Etait-il mort ?
N'y tenant plus, elle ouvrit le volet de protection et tira le rideau afin de jeter un œil dehors. Il y avait de nombreux hommes à terre. Les gardes de Aldraban tentaient de rassembler leurs morts et blessés afin de les ramener avec eux. Mais aucune trace de l'inconnu. Peut-être s'en était-il sorti…?
Dans un soupir, elle releva les yeux et son cœur bondit brusquement dans sa poitrine.
Il était là, juste à trois mètres d'elle, monté sur un cheval qu'il tenait fermement par la bride afin de rester à sa hauteur. Son regard brun était posé sur elle, indéchiffrable et Jolinar resta hypnotisée par la virilité incroyable qui se dégageait de ses traits. De tous les hommes qu'elle avait rencontré depuis qu'elle s'était éveillée, il était sans conteste le plus beau et surtout le plus… troublant. Les yeux de la jeune femme glissèrent sur lui et s'arrêtèrent sur sa tunique. Son cœur se serra en découvrant le vêtement souillé par son propre sang. Et pourtant, il restait droit, menant sa monture sans paraître le moins du monde gêné par sa blessure.
Lorsque leurs regards se croisèrent de nouveau, il n'avait pas bougé d'un millimètre et continuait de l'observer avec cette même expression indéchiffrable. Mal à l'aise, Jolinar finit par détourner les yeux et rajusta le rideau avant de s'appuyer de nouveau sur son siège.
Et s'il disait à Aldraban qu'elle avait voulu fuir ? Il faisait parti de sa garde, il pourrait très bien la dénoncer.
Serrant les dents, elle sentit sur elle le regard pesant de son maître et sa colère enfla brusquement. La jeune femme ne supportait plus d'être détaillée ainsi, comme une bête de somme. Tous ces hommes qui semblaient n'avoir qu'une envie, disposer d'elle sans se soucier de son avis, lui étaient insupportables.
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Jack regarda la jeune femme disparaître dans le carrosse avec inquiétude. Elle ne l'avait pas reconnu.
Que lui avaient-ils fait pour qu'elle ne se souvienne de rien ? Elle était allée jusqu'à le poignarder sans état d'âme et, sans ses réflexes, elle l'aurait même probablement tué.
La récupérer n'allait pas être une mince affaire. Le faire déjà avec une Carter consentante n'était pas simple mais si en plus elle refusait de les suivre, ils n'étaient pas rentrés. S'il n'avait pas été aussi surpris par son geste de défense tout à l'heure, il l'aurait bien assommé illico pour l'emmener de force avec lui…
Mais bon, rien n'était perdu. Dès qu'ils en auraient l'occasion, ils tenteraient de la sortir de là. Qu'elle le veuille ou non !
Il n'aimait pas du tout la façon dont Aldraban regardait Carter. Les femmes, et encore plus les esclaves, ne semblaient pas avoir leur mot à dire. Comment réagirait ce type si elle s'opposait à lui ?
Et lui… Que ferait-il si, au contraire, elle ne s'y opposait pas ?...
Sentant l'appréhension et une jalousie mal venue lui nouer l'estomac, Jack tenta de balayer cette idée de son esprit. Après tout, c'était en voulant fuir qu'elle l'avait blessé. Elle ne voulait donc pas rester avec Aldraban.
Avec agacement, O'Neill essaya de faire prendre à ses pensées un tour moins dangereux et surtout plus professionnel.
Jetant un rapide coup d'œil sur la tâche grandissante de sa tunique, il fouilla dans l'une des sacoches de sa monture et en ressortit une chemise qu'il avait dérobée en plus des habits qu'il portait à l'instant. Il fit une boule du vêtement et la pressa durement contre son ventre afin de compresser sa plaie.
Il grimaça aussitôt sous la douleur.
Dès qu'elle aurait retrouvé la mémoire, il comptait bien lui rappeler qu'il lui devait une nouvelle cicatrice et par la même occasion qu'elle allait devoir se montrer très gentille avec lui pour se faire pardonner !
Enfin, gentille… dans les limites de la légalité… évidemment, songea-t-il dans un soupir.
A SUIVRE…
