Et dire qu'il y a longtemps je m'étais juré de ne jamais toucher à la famille de mon Pingoléon (donc mon tout premier starter que je me trimballe depuis décembre 2007 c'est pour vous dire), c'est raté... J'ai pas pu m'en empêcher !

On va dire que c'est de la faute à Cersei et Jaime Lannister, voilà. Voici donc les frasques d'Utatane, l'aîné Tiplouf de mon starter chéri.


Je suis quelqu'un d'horrible. Je suis contre-nature. Ça a toujours été comme ça, je crois, maintenant que je repense à l'intégralité de ma vie depuis que mon petit frère est né, ça a toujours été comme ça. Mais tu sais, Alisa, je crois vraiment que je t'ai aimé. Sincèrement. J'ai besoin que tu le saches avant que je ne me rappelle que ce que je suis est juste dégueulasse.

Tu vois, quand mon petit frère est né, je n'étais pas bien grand, j'avais deux ans. Et même a cet âge j'ai eu l'impression que j'étais grand et que je devais le protéger – il n'était qu'un tout petit et très fragile Tarsal ! C'était mon devoir de protéger Hatori. Ça l'est toujours, d'ailleurs. Mais maintenant je me pose des questions. Je me pose des questions depuis que j'ai compris que je suis contre-nature. Mais, à cette époque, je m'en fichais bien. Hatori, c'était mon petit frère fragile – il l'était vraiment, en plus – et je devais le protéger de tout ce qui était mal. Au bout d'un moment, j'avais environ sept ans, mes parents m'ont engueulé parce que je le couvais trop. Ils disaient que ça allait l'étouffer. Mais moi j'étais jeune et con, et j'ai pensé qu'ils étaient bêtes de ne pas voir qu'Hatori avait besoin de moi. Et puis, j'étais tellement petit qu'ils ont pensé que ça passerait vite. Quand Garance est née, ma jolie petite sœur chromatique, j'ai ressenti le même besoin de protection qu'avec Hatori – mais je sentais au fond de moi que c'était vraiment différent, qu'il y avait quelque chose en plus avec mon frère. Pourtant, j'aime Garance, je l'aime vraiment beaucoup.

Mon envie de couvage d'Hatori n'est pas passée. Au fur et à mesure, Hatori grandissait, et il n'a jamais essayé de se sevrer de moi. Je crois même que c'est ma faute s'il était aussi timide. C'était tellement flagrant qu'il ne m'a pas fallu l'aide d'Andreï pour m'en rendre compte. Il faut dire que ce Skitty de malheur commençait à beaucoup empiéter sur mon territoire – au sens où il était devenu très naturel pour nous de nous embrasser à tout-va. Quand on a commencé à agir comme un heureux couple de gay, on avait onze ans. Ça a juste commencé par un bisou, on a trouvé ça drôle, on a continué. Hatori disait qu'il serait content qu'on finisse ensemble, mais Andreï et moi on savait que c'était juste pour le fun et que ça n'irait pas plus loin. Et quelque chose dans le fait que ce soit Hatori qui dise ça me dérengeait.

Au final j'ai essayé d'arrêter d'étouffer mon petit frère chéri, et il l'a plutôt bien prit. Il est resté très timide, mais il s'est franchement amélioré. Tout allait bien, jusqu'au moment où papa a décidé d'héberger le trio de glandus de la Team Rocket parce qu'ils avaient deux-trois soucis. Tu sais, Jesse, James et Miaouss. Ce sont de vieilles connaissances, apparemment, mais j'ai trouvé que James s'approchait trop de mon petit frère. Vraiment trop. Je me suis tû j'était juste son grand frère, je n'avais pas à intervenir, je ne devais rien faire, le laisser vivre sa vie, s'il voulait devenir proche de James, qu'il fasse. C'est ce que je me suis répété en boucle pendant plusieurs jours, mais tu me connais, ça n'a pas fonctionné. Merde, c'est vrai quoi, Hatori n'avait que quinze ans ! James est franchement plus âgé, fallait bien qu'il arrête de lui tourner autour !

Je crois que même notre relation n'a rien altéré à cette jalousie – puisque c'en était, en fait – intempestive. Et pourtant, ce n'est pas faute d'être tombé amoureux de toi, je te le promets, Alisa. Sincèrement, je crois que notre couple aurait pû durer plus longtemps si je n'étais pas tombé sur cette scène qui m'a laissé une espèce de goût horriblement acide dans la bouche. C'était peu de temps avant qu'on se sépare, on avait dix-huit ans. J'avais passé une bonne partie de la journée avec Andreï, et Hatori en bon Gallame était allé s'entraîner seul – c'était une semaine après le grave accident de mon parrain Muku, tu sais l'Étouraptor, et on ne voulait pas le déranger en lui demandant de nous entraîner. Quand je suis rentré, on m'a dit que mon frère était toujours dehors, je suis donc allé le chercher.

Ça m'a littéralement tétanisé. James était en train d'offrir un collier à Hatori. C'était une méga-gemme montée en pendantif. Même pas une Gallamite, en plus, c'était une Blizzarite. L'instant d'après ils s'embrassaient. Ils s'embrassaient ! Ça m'a tellement mit hors de moi que j'ai réussi à crier sur mon petit frère – la prunelle de mes yeux, tu saisis ? Bien sûr, je m'en suis voulu, mais la jalousie qui m'a rongé après ne s'est jamais tarit. Hatori est mon petit frère, il n'a pas le droit d'aller vers d'autres hommes que moi, aucun ne serait assez bien pour lui ! C'est ce que je me répétais sans cesse. Et je m'énervais à chaque fois que je voyais ce foutu collier. Ça a fini par énerver Hatori qui m'a dit ce qu'il pensait en long et en large. Au fond, ça m'a fait plaisir, j'aime quand mon frère se confie. J'aime aussi quand ma sœur se confie à moi, bien sûr, mais Hatori c'est différent. Ça a toujours été différent avec lui.

Je m'en suis bien rendu compte quand il a laissé sous-entendre qu'il n'était pas insensible aux charmes de ce raté de Rocket. Je n'avais jamais ressenti une aussi grande colère. Et j'ai déballé des trucs que je n'avais jamais mis en mots, ni même organisé en pensées auparavent. Plein de choses sont sorties de ma bouche que je ne comprenais que lorsqu'elles étaient dites mais à chaque fois je me rendais compte que c'était exactement ce que je pensais depuis si longtemps. Tu es mon frère, peut-être, mais moi je te considère comme plus, et je n'accepterait jamais que tu ailles vers quelqu'un d'autre, parce que je t'aime, je t'aime comme papa aime maman, je t'aime comme Muku aime Nyasu, je t'aime comme Lou aime Lloyd, et tu n'as pas le droit d'aller vers d'autres hommes. Il est resté totalement tétanisé. Moi aussi.

Je veux dire, j'étais censé être en couple avec toi. Je t'aimais. Et je suis son grand frère. Je n'étais pas censé éprouver ce genre de choses. Je ne suis pas censé être amoureux de mon propre frère. Sauf que voilà, c'était fait, et surtout c'était dit. En fait, Alisa, je dois t'avouer que je ne sais pas comment les choses se sont déroulées après. J'ai vu Hatori pleurer, toute la colère que j'éprouvais est retombée, je l'ai prit dans mes bras en m'excusant, en répétant sans cesse « je suis désolé, pardon, c'est de ma faute », et je l'ai embrassé sur le front, comme je le faisais d'habitude. Il a passé ses bras autour de mes épaules et m'a embrassé.

Il m'a embrassé. Je savais très bien que ce n'était que la seconde fois de sa vie qu'il embrassait quelqu'un. Mais il y a mit toute sa ferveur. Bien sûr que je l'ai repoussé. Je ne comprenais pas. Ce n'était pas normal. Je n'étais pas normal, mais lui devait l'être. Il ne devait pas m'embrasser juste pour me faire plaisir ou pour ne pas me blesser. C'est ce que je lui ai dit. C'était la meilleure chose à dire, non ? Tu ne crois pas ? Mais Hatori est borné, autant que moi. Il a continué. Et je n'ai pas pu résister.

Je suis horrible. Je lui ai prit sa virginité.

Moi, son propre frère, alors qu'il n'avait que seize ans. Seize ans ! C'est beaucoup trop jeune ! Et je n'avais pas à faire ça. Tu ne peux pas savoir à quel point j'étais mal – ah si, tu le sais très bien, en fait. Je ne serais jamais venu te voir en pleurant pour m'excuser d'être une personne aussi abominable, aussi horrible, dégoûtante. Tu t'en rappelles, hein ? La façon dont je me suis effondré devant toi en pleurant comme une gamine, en te répétant que j'étais désolé, mais que je ne pouvais plus continuer avec toi. Je ne me suis jamais autant rendu compte que je laissais partir un fille absolument géniale et parfaite, avec toutes ces choses que tu as dites pour me rassurer sans jamais demander pour qui je te quittais. T'es une fille géniale, Alisa, et j'espère vraiment que tu trouveras un mec plus stable et surtout plus sain que moi.

Parce qu'Hatori me dit sans cesse qu'il m'aime aussi. On s'embrasse, on se fait des câlins. En fait, même nos amis n'ont pas pu remarquer le changement de notre relation tout simplement parce qu'il n'y en a pas de flagrant. Bien sûr qu'on évite de s'embrasser en public, mais sinon, on a toujours été très proches, très tactiles. Parfois, il essaie même de m'échauffer, parce qu'il veut recommencer ce qu'on a fait. Tu sais... Ça. Mais je ne peux pas. Je n'arrive pas à lui dire à quel point je culpabilise de lui avoir fait ça, même si lui ne voit pas où est le mal.

Au moins, j'espère que tu as compris qu'il valait mieux pour toi de ne pas rester avec moi. Je ne suis même pas sûr que mes amis acceptent de rester avec un mec qui est amoureux de son petit frère. Un incestueux. Et je ne veux pas non plus qu'on colle cette étiquette à Hatori. Au moins, je suis heureux qu'il m'aime en retour, même si j'en culpabilise un peu. Je me dis que c'est de ma faute, parce que je l'ai trop couvé. Hatori m'affirme le contraire. Et j'aime le croire.