Et me revoilà! :)
Je ne croyais pas que vous alliez aimer et en fait, je ne croyais surtout pas que je serais capable de faire une fanfiction à chapitres multiples. Ça fait plus de 10 ans que j'écris des fanfictions (et encore d'avantage que j'écris de la littérature) et je n'avais jamais fait encore de fanfictions à chapitres multiples….allez savoir pourquoi! Lol
Bref, me revoici avec l'intention de poursuivre ce que j'ai écrit.
Je suis désolée du délai; j'aurais aimé poster la suite plus tôt, je n'ai pas eu une seconde à moi cette dernière semaine, mais j'ai tout de même pu grappiller des minutes ici et là pour écrire!
J'ai adoré écrire ce chapitre et si vous reconnaissez une certaine scène d'un certain épisode, c'est tout à fait normal, je m'en suis inspiré! :) – mais quelle est donc cette scène? Lol –
Bonne lecture!
You come in a wave
We crash and we roll
"Je te le dis, mate, cette fille est faite pour toi. Tu devrais l'appeler ou lui envoyer un texto.
Robin le regarda avec amusement.
- Ouais, Killian, je vais suivre ton conseil! Tu es tellement un expert dans les relations de couple, de toute façon !"
Celui-ci eut un rire étouffé. Effectivement, il ne pouvait pas vraiment se proclamer comme le meilleur pour donner des conseils en matière de relation intimes. Ce qui le plomba pendant quelques secondes. Il y avait eu Milah et puis, silence radio. Plus rien.
Évidement qu'il avait vu d'autres femmes, qu'il avait eu des aventures. Mais rien de significatif ou qu'il souhaitait poursuivre. Il avait été et était toujours le salaud dans l'histoire. Celui qui passait la nuit avec les femmes, mais qui ne rappelait pas le lendemain. Il ne voulait pas vraiment jouer ce rôle, mais c'est tout ce dont il était capable pour le moment. Il n'était pas prêt pour une nouvelle relation.
"Ouais, bon, d'accord, j'ai compris. Mais je pense tout de même que Regina serait bien pour toi!"
Robin avait un sourire éclatant qui dansait sur ses lèvres et il savait que son ami allait la rappeler.
La serveuse arriva près d'eux et leur demanda s'ils voulaient avoir un apéritif avant de débuter leur repas. Ils commandèrent une bière et la jeune femme, rousse, un sourire immense, un décolleté plongeant, adressa un regard appuyé à Killian avant de tourner les talons.
Robin ne perdit rien de la scène.
"Et toi, mate? Cette jolie rousse avait l'air intéressée!
Killian eut encore un rire. De malaise. Non, il ne pouvait pas dire que les relations humaines étaient vraiment pour lui depuis quelque temps.
Il secoua la tête.
- Non, tout va bien pour moi, mate. Je…
Il laissa sa phrase en suspens.
En fait, il ne savait pas trop s'il allait bien.
- Arrête, Jones! Je sais que ça ne va pas. Et je sais aussi que ce n'est pas la présence d'une fille qui va te faire sentir mieux. Que tu as beaucoup à gérer.
Killian promena son regard dans le restaurant. Il se sentait mal à l'aise, comme inadéquat dans cette situation, dans la pièce, dans l'environnement. Comme s'il n'allait jamais revenir comme avant. Et son regard s'attardait sur les couples autour de lui, et sa pensée se renforça.
Il avait trop à gérer.
- Non, ça va. Tout est correct."
La serveuse arriva avec leurs verres et sans un mot, ils choquèrent leurs pintes une contre l'autre et burent une longue gorgée.
La serveuse s'attardait.
"Est-ce que vous êtes prêt à commander?
Les deux secouèrent la tête à l'unisson.
- Non, pas du tout, répondit Robin. Nous n'avons pas encore regardé le menu!
La jeune femme ne lui accorda aucun regard, ses yeux complètement rivé à Killian. Celui-ci évitait scrupuleusement de la regarder, souhaitant seulement qu'elle les laisse enfin.
- Nous allons regarder le menu, répliqua Robin. Merci!"
Elle fit une moue, les quitta de nouveau et il pouvait enfin respirer.
Leur conversation dévia rapidement sur le sport, la dernière partie des Bruins de Boston et ensuite celle des Red Sox. Ils parlèrent de tout et de rien, simplement heureux de se voir parce que tous deux avaient été très occupés ces derniers temps.
Killian savait qu'il n'aurait pas eu besoin d'alcool.
Et pourtant. Il avait bu quelques verres avant leur rencontre, pour se détendre et calmer l'angoisse constante qui traversait à tout moment son corps. Il essayait de calmer et contrôler ses élans lorsqu'il travaillait, mais le soir, lorsqu'il était au bar à servir les autres, il ne se gênait pas pour prendre quelques verres pour se détendre.
Et comme une habitude, il avait fait la même chose ce soir. Mais il savait qu'avec Robin, il n'aurait pas eu besoin de ça.
Il le savait, mais c'était devenu comme un réflexe, quelque chose qu'il devait avoir pour se sentir mieux.
Depuis tout ça.
Liam. Milah.
Il sentait qu'il avait petit à petit perdu pied, qu'il avait déraillé. Mais cette angoisse était constante, irrémédiable désormais, elle rôdait toujours tout près et la seule façon qu'il avait eu de la dominer, de la dompter était par l'alcool.
L'imbiber, la noyer, la faire taire.
Ainsi pendant quelques heures, il pouvait oublier que sa vie avait été saccagée et qu'une partie de lui-même lui avait été enlevée. Que son cœur était constamment pris dans un étau.
Ses yeux furetaient dans le restaurant, étudiant les couples attablés, amoureux, tendres. Un doigt d'honneur que la vie lui faisait, un contraste avec ce qu'il pouvait ressentir.
Et puis il la vit.
Elle.
Celle dont il n'avait su le prénom, mais dont il connaissait le parfum. Celle qu'il aurait pu reconnaître entre mille.
Elle.
Elle entrait dans le restaurant comme si l'endroit lui appartenait.
Indépendante. Insoumise.
Dans une robe extrêmement moulante. Rouge.
Il pouvait voir, littéralement voir toutes les courbes de son corps rouler sous le tissu.
Un puissant courant électrique lui traversa toute la colonne vertébrale, son cœur manqua un battement.
Il se demanda même pendant un instant si les humains pouvaient vivre sans respirer. Parce que son souffle lui manqua pendant un moment, incertain de ce qu'il voyait.
Comme si elle était une apparition.
Une soudaine illusion. Comme la première fois.
C'était il y a quelques mois mais Killian se rappelait d'elle. Chaque détail. Parce qu'il s'était reconnu en elle. Parce qu'elle l'avait complètement bouleversée. Parce qu'elle était une des plus belles femmes qu'il n'ait jamais vu. Parce qu'elle l'avait laissé troublé, traversant sa vie comme une tornade. Aussitôt arrivée et aussitôt disparue.
Jamais il n'aurait cru la revoir.
Mais elle était là. Flamboyante. Avec une assurance qui lui faisait relever le menton, marchant en de grandes enjambées. Sûre de son charme alors que ses hanches balançaient doucement, faisant se retourner les hommes. Il voyait l'effet qu'elle produisait et il était complètement subjugué par cet aura de sensualité qui l'entourait.
"Ça va Killian? On dirait que tu as vu un fantôme!
Robin suivit la direction de son regard et aperçut la jeune femme blonde habillée d'une robe rouge.
- Whoa ! Elle….Tu la connais?
Robin se tourna vers son ami. Et celui-ci ne pouvait détacher son regard d'elle. Fasciné.
- Je…Oui. Nous nous sommes déjà croisé."
Il eût une sorte d'abattement lorsqu'il la vit rencontré un homme. Évidemment.
Bien sûr qu'elle avait un rendez-vous avec un homme.
Il se souvenait de l'autre, son ancien copain, qui l'avait suivi au bar, l'insultant, l'injuriant, la traitant de tous les noms et dieu seul savait ce qu'il lui avait fait au sous-sol avant qu'elle ne décide de partir. Il espérait sincèrement qu'il l'avait laissé tranquille par la suite et qu'elle et son fils avaient pu poursuivre sa vie sans encombre.
Et maintenant, elle était là avec un autre. Il ne pouvait s'empêcher de la regarder intéragir avec lui, un large sourire éclairait son visage, et elle gesticulait amplement, se penchant parfois vers lui.
Killian étouffa un soupir et revint à la discussion avec Robin. Ils regardèrent le menu, conversant de leur emploi mutuel, mais tout ce qu'il pouvait penser était elle.
Il coulait parfois des regards obliques dans sa direction et sa soirée semblait bien tourner pour elle.
Soudainement, un grand fracas de vaisselle cassée puis un cri se firent entendre.
Ils se tournèrent vers l'origine du bruit et Killian découvrit qu'il s'agissait d'elle. Que l'homme avec qui elle était s'enfuyait en courant, alors qu'il avait renversé la table et tout son contenu. La jeune blonde était debout, elle secouait la tête et semblait découragée.
Killian ne sut trop pourquoi, mais il eut l'envie irrépressible d'aller la rejoindre.
Il se leva.
Et il la vit qui tournait les talons et sortir du restaurant.
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C'était la fête d'Emma.
Une année de plus. Et sincèrement, elle n'en avait cure.
Heureusement, son fils était avec elle et ce matin, il s'était levé tôt pour lui préparer un festin. Elle avait entendu un vacarme dans la cuisine alors qu'elle avait à peine ouvert l'œil, humant l'odeur de pancakes et de café et elle ne s'était pas levée. Elle avait voulu qu'il mène à bien son projet seul et s'était laissé gâter.
Et fier comme pas un, il était arrivé dans sa chambre avec un plateau rempli de pancakes, un bol de fruit et un café. Et son sourire. Son sourire auquel elle ne pouvait résister et qu'elle aimait tant. Ce petit être humain qui l'avait gardé dans le bon chemin, qui lui avait inculqué une discipline et qui, sans le savoir, lui avait sauvé la vie.
Le seul homme, le seul amour qui était important pour elle dans sa vie.
C'était dans ces moments comme ce soir qu'elle pensait à son fils. Parce qu'elle détestait ce qu'elle devait faire. Jouer un rôle, aguicher, piéger pour parvenir à ses fins.
Elle devait rejoindre un homme qu'elle avait rencontré par le biais d'un site internet, un stratège qu'elle concocté. Il devait une somme importante d'argent et elle devait le récupérer. C'était son travail. Mais elle devait jouer le jeu, prétendre qu'elle le rencontrait dans un autre but. Et elle détestait ce jeu de séduction. Surtout que cela impliquait qu'elle devait porter la plus courte et la plus moulante de ses robes, et qu'elle devait chausser ses plus hauts escarpins.
Elle n'était vraiment pas d'humeur à ça.
Emma se serait vu plutôt passer la soirée à jouer à des jeux vidéo avec son fils, aucun maquillage, les cheveux en bataille et engloutissant des tonnes de pointes de pizza.
Elle soupira et entra dans le restaurant.
Tout son corps changea, elle lui insuffla ce qu'elle appelait "l'effet Ruby" et elle leva le menton, avançant d'une démarche assurée, le sourire en coin de celle qui savait ce qu'elle faisait.
Elle aimait parfois être cette fille, sûre de son pouvoir de séduction.
Parfois.
Parce qu'elle ressentait rarement qu'elle avait quelconque pouvoir.
Elle s'avança avec aplomb jusqu'à ce qu'elle aperçoive l'homme qu'elle reconnaissait d'après la photo qu'elle avait reçu de lui.
Ils se saluèrent, s'embrassèrent sur les joues et elle sentit son regard à lui parcourir son corps en entier de haut en bas sans aucune gêne et elle voulait partir. En finir au plus vite.
La jeune serveuse rousse leur apporta des menus et ils commandèrent à boire.
"Alors Emma, parles-moi un peu de toi."
Mon dieu qu'elle détestait cela. Ces rendez-vous dénué d'intérêt. Ces phrases plaquées et ces clichés. Elle en avait assez vécu dans sa vie pour savoir que ce n'était vraiment pas de cette façon qu'elle allait rencontrer le prince charmant. Et d'ailleurs, y avait-elle déjà cru à cette histoire de prince charmant?
Trop d'hommes l'avaient déçue, trop l'avait laissé, lui avait fait sentir qu'elle n'était pas assez. Ou trop. Elle n'était jamais assez bien, assez drôle, assez romantique. Trop indépendante, trop dure. Elle se sentait à tout moment inadéquate. En tous lieux, en toutes circonstances. Avec presque tout le monde. Rares était ceux qui avait percé sa carapace.
Rares étaient ceux qui avait vraiment vu Emma. La vraie Emma Swan.
Mais elle joua le jeu.
Elle pencha la tête, un sourire timide dansait sur ses lèvres et elle regarda l'homme sous ces cils, de ce regard incertain et séducteur qu'elle savait irrésistible sur les hommes.
Elle le vit avaler péniblement alors qu'elle se fit la réflexion que c'était facile, si facile de les faire ramper devant elle. Qu'elle pouvait leur faire faire n'importe quoi, leur faire dire ce qu'elle voulait lorsqu'elle jouait le jeu, lorsqu'elle était une autre.
"C'est mon anniversaire aujourd'hui! lança-t-elle joyeusement.
- Oh! Et tu le passe avec moi plutôt qu'avec des amis?
Elle haussa les épaules, ne mentant pas vraiment sur ce point.
- Je suis une solitaire, je n'ai pas vraiment d'amis.
Il haussa un sourcil.
- Et de la famille?
Elle secoua la tête.
- Je n'ai pas de famille.
Encore là, elle ne mentait pas. Partie à 18 ans d'un foyer d'accueil, elle n'avait pas de parents, aucune parenté. La seule famille qu'elle avait était son fils et cela la comblait entièrement.
- Wow, s'exclama-t-il, un grand sourire éclairant son visage. Elle pouvait voir la lueur de désir danser dans ses yeux. – Tu es définitivement l'orpheline sans amis la plus sexy que je n'ai jamais rencontré.
Orpheline. Le mot lui trancha le cœur. Bien plus qu'elle n'aurait pensé. Bien plus qu'elle ne le voulait, après toutes ces années. Et elle voulait le frapper pour lui avoir mis aussi facilement au visage ses problèmes et ses manques.
Mais elle lui sourit gracieusement, comme flattée de ce qu'il venait de dire – imbécile.
- À ton tour, lui dit-elle. Oh, non, laisse-moi deviner!
Elle savait comment elle allait poursuivre la conversation, elle avait déjà tout planifié.
- Tu es un homme beau, charmant.
Il pencha la tête vers elle, amusé, flatté, son ego grossissait à vue d'œil.
- Le genre d'homme, poursuivit-elle, et arrête-moi si j'ai tort, le genre d'homme qui a détourné des fonds de son employeur, s'est fait arrêter et a fui la ville avant de pouvoir être mis en prison.
Ryan – parce qu'il s'appelait Ryan, la regarda, mi amusé, mi incertain.
- Quoi?
- Et le pire, le coupa-t-elle, c'est ta femme et tes enfants. Ta femme t'aime tellement qu'elle a payé ta caution. Et comment tu la remercie? En rencontrant une autre femme.
Son ton était outré, elle le savait, parce qu'il la dégoutait. Et qu'elle voyait en lui le pire de tout. Celui qui s'en fiche, qui n'est pas respectueux. Qui quitte, qui veut trouver mieux. Ailleurs.
- Qui es-tu? lui demanda-t-il, incrédule.
- Celle qui veut ravoir son argent.
Il recula sur sa chaise, encore secoué.
- Tu es agent de cautionnement?
Elle leva un sourcil, un sourire amusé aux coins des lèvres, satisfaite de son effet.
Et puis, dans un énorme fracas, il se leva, renversant sa chaise, poussant la table devant lui, les couverts volant en éclat par terre et elle, qui se leva d'un bond. À demi étonnée.
Il courrait déjà vers la sortie du restaurant.
- Ah, vraiment? murmura-t-elle, ennuyée."
Elle soupira et se dirigea également vers les portes de l'établissement. Avant de quitter le restaurant, elle avisa la serveuse qu'elle allait revenir payer, qu'elle devait s'occuper d'un petit inconvénient tout d'abord.
Et avant qu'elle ne franchisse les portes, elle eut un choc.
"Attend!"
Cette voix.
Cet accent.
Son pied avança comme au ralentit, alors que son corps semblait se figer, comme attiré par le son, par le ton de cette voix.
Qu'elle aurait pu reconnaitre entre mille.
Deux iris bleus, si bleus apparurent momentanément dans son esprit.
Elle tourna la tête et le vit.
Les cheveux noirs, l'air sauvage, les fossettes. Le regard bleu océan qui la dardait, illuminé.
Son corps tout entier, habillé de noir et de cuir qui s'approchait.
"Attend, je…Tu étais au bar, l'autre jour.
Il ne trouvait même pas les mots, il n'arrivait même pas à prononcer une phrase cohérente.
Il s'était levé de son siège et sans même y penser, l'avait suivi.
Il aurait pu dire qu'ils s'étaient embrassé, ç'aurait été plus facile. Mais tout se bloquait dans sa gorge.
Elle le regardait, comme paralysée.
Leur baiser au bar.
C'était la première chose qui lui venait en tête.
Leurs bouches qui se percutaient, échouaient l'une contre l'autre. Jamais elle n'aurait cru le revoir.
Parce qu'il avait été ce qu'elle n'attendait pas. Quelqu'un d'honnête, de sincère, qui se souciait d'elle.
Et elle avait fui. Pris ses jambes à son cou et avait déguerpit.
Après l'avoir embrasser.
Elle revivait encore parfois ce baiser. Dans ses rêves. Ou lorsqu'elle avait le regard dans le vague. Son fils la ramenait alors brutalement à la réalité et elle poursuivait sa vie.
Mais elle ressentait toujours cette chaleur. Ces lèvres. Ce souffle et cette langue qui entrait dans sa bouche, ces mains sur sa taille.
"Je…
Elle pointa l'extérieur du restaurant.
- J'ai quelque chose à régler. Il faut que j'y aille.
Et elle partait. Encore. Sans lui laisser le temps de répondre.
Killian la regarda franchir les portes de l'entrée. Il ne savait trop ce qu'elle devait faire, si elle avait un quelconque problème avec l'homme élégant qui lui tenait compagnie il y avait de cela quelques minutes et qui était sortie avec grands bruits.
Il se dit, dans un brouillard de pensées, que l'homme devait être vraiment imbécile pour s'enfuir en courant. Pour la quitter.
Il s'approcha d'une fenêtre pour voir à l'extérieur.
Ses longues jambes traversèrent la rue, ses hanches se mouvant sensuellement sous sa robe, ses boucles blondes cascadant dans son dos. Quelques voitures freinèrent brusquement à sa vue, l'évitant de peu, mais elle ne semblait même pas nerveuse ou inquiète et il serra les poings en maudissant cette femme de tenter tous les dieux sur terre en traversant la rue la plus passante de Boston, sans même regarder des deux côtés.
Elle suivait Ryan, qui avait atteint son véhicule, essayant de le faire démarrer. Mais avant de le rejoindre au restaurant, elle avait posé un sabot de Denver sur sa voiture le laissant dans l'incapacité de partir.
"Tu n'as pas à faire ça, lui dit-il, à l'intérieur de sa Toyota, sa main sur le volant. Je vais te payer!
- Non, tu ne le feras pas, s'indigna-t-elle calmement. Et tu devrais de toute façon donner cet argent à ta femme pour qu'elle prenne soin de votre famille.
- Ma famille? En quoi tu peux connaitre ce qu'est une famille, tu es orpheline!?"
L'expression d'Emma changea –l'imbécile! Deux était une fois de trop, il n'aurait pas dû lui remettre encore en plein visage sa carence, son problème, le manque dans sa vie.
Killian la vit lui attraper les cheveux d'une main et lui frapper la tête contre le volant, anéantissant toutes ses chances de vouloir quitter l'endroit.
Qu'avait-il fait pour qu'il mérite un tel châtiment?
Il eut un rire et se rappela les deux fois au bar où elle avait écrasé son poing dans le visage d'un homme. Elle n'avait pas besoin d'aide. Elle savait se défendre. Et de la plus brutale des façons.
Il n'avait jamais rencontré personne comme elle.
Indépendante.
Et fragile.
Forte.
Mais qui cachait si mal une souffrance latente.
Il la vit attraper l'homme par le collet de sa chemise. Assommé, l'homme se laissait faire et la jeune femme l'emmena jusqu'à une petite voiture jaune. Elle ouvrit les portes qui donnaient sur le siège à l'arrière et la vit l'enfoncer à l'intérieur. Il crut même voir une paire de menotte entourer ses poignets.
Qui pouvait-elle bien être?
Emma l'avait mis à l'arrière de sa Coccinelle jaune, menottant son poignet au siège. Elle avait réussi à convertir son véhicule comme elle le désirait, allant jusqu'à pouvoir verrouiller les portes arrière sans que personne ne puissent ouvrir de l'intérieur. Tout était pensé pour son travail.
Elle retourna au restaurant, parce qu'elle savait qu'elle devait payer ce qu'il avait détruit et ce qu'ils avaient pu commander comme drinks.
Et tout ce qu'elle vit lorsqu'elle entra était lui.
Il attendait encore. Au même endroit. Il ne semblait pas avoir bougé.
Son corps envahissait l'espace, ses yeux bleus ne la quittaient pas, un sourire faisait apparaitre ses fossettes.
Killian la voyait revenir, seule, et comme démoralisée. Épuisée.
Il aurait voulu toucher son visage, faire disparaitre la ride entre ses yeux lorsqu'elle fronçait les sourcils, atténuer son abattement.
Ses poings se serrèrent près de lui en un acte de retenue. Parce qu'il se retenait de la toucher.
Parce qu'il se retenait de tant.
Emma passa près de lui. Ses yeux rencontrèrent les siens. Évidemment.
Et elle revoyait tout, et elle ne pouvait nier ce qu'ils avaient vécu. Mais pourquoi y aurait-elle fait allusion encore?
Et il la voyait passer à côté de lui sans aucune parole. Et il savait qu'il devait dire quelque chose. Il savait que si ce n'était pas elle, ça devait être lui.
"Je ne pensais jamais te revoir, lass.
Le surnom lui fit tourner la tête vers lui, la fit s'arrêter une seconde à sa hauteur.
Et il en profita, parce qu'il savait qu'elle allait de nouveau disparaitre.
Il étira un bras dans sa direction et le bout de ses doigts frôlèrent son épaule.
Il sentit, il vit qu'elle frissonna.
Qu'elle fit un pas dans sa direction. Sans doute inconsciemment.
Ses doigts se refermèrent sur sa peau, contre son bras.
Emma sentit un courant doux, léger mais à la fois puissant et ferme traverser son corps alors que ses doigts étaient contre sa peau, et qu'il y laissait une marque brûlante.
Le restaurant était bruyant. Les gens parlaient fort autour d'eux. Les verres s'entrechoquaient, les ustensiles tapaient contre les assiettes.
Et il ne voyait qu'une cascade de cheveux blonds devant lui.
Et elle n'avait que son sourire et ses yeux dans son champ de vision.
"Est-ce que tu t'en vas encore?"
La question lui avait échappé.
Elle le regarda interloquée, comme s'il lui avait demandé ce qu'elle ressentait réellement à ce moment précis. C'était trop intime comme question. Elle ne sut pourquoi, mais elle était troublée qu'il demande.
Elle ouvrit la bouche et la referma.
Emma inspira profondément.
"J'ai….Je dois travailler ce soir."
C'est tout ce qu'elle trouva à dire, ce qui lui sembla suffisant.
Même si cela sonnait comme si elle était une prostituée ou une danseuse nue. Elle eut quasiment un rire face à sa stupidité.
Mais il leva les sourcils en une interrogation, voulant en savoir plus, la question muette flottant entre eux. Et elle ne pouvait pas s'attarder. De toute façon, comme elle le lui avait dit, elle avait autre chose à faire.
Elle retourna à sa table, remise à l'endroit, attrapa son sac à main laissé au sol et fouilla à l'intérieur. Killian l'avait suivi lentement, seulement quelques mètres les séparant. Elle paya la serveuse rousse sans même regarder la facture.
"Je n'ai même pas eu le temps de manger quelque chose, l'entendit-il murmurer, dépitée."
Elle devait repasser devant lui si elle voulait quitter le restaurant et il le savait très bien. Et c'était tout à son avantage.
Parce qu'il ne voulait pas la laisser filer cette fois.
Alors qu'elle arrivait à sa hauteur, ses yeux avaient changés, barricadés derrière une muraille invisible.
Emma savait qu'elle devait retourner près de lui si elle voulait quitter la salle. Et il ramenait trop de choses en elle, il lui renvoyait trop de ce qu'elle avait manqué toute sa vie.
Et comme un barrage, elle fit ce qu'elle savait faire de mieux.
Elle joua le jeu. Elle s'arma d'une cuirasse qui n'était pas la sienne.
Emma lui adressa un sourire charmeur, à peine esquissé, qui le frappa de plein fouet, balançant des hanches alors qu'elle se dirigeait dans sa direction. Espérait détourner son attention par son corps, ce qu'elle pouvait utiliser de mieux pour le faire penser à autre chose. À autre chose que lui poser ces questions trop intimes.
Et Killian savait ce qu'elle faisait. Il l'avait vu faire auparavant, alors qu'elle était entrée dans le restaurant la première fois. Celle qu'il avait vu entré et celle qu'il avait pu admirer au bar quelques mois plus tôt étaient deux personnes totalement différentes.
Ce soir, il savait qu'elle devait être là pour son travail, quel qu'il était. Et il ne se laisserait pas avoir, même si la vue de son corps mince, de la peau crémeuse et dénudée de ses bras, de ses cuisses le laissait pantois et qu'un feu dévorait son ventre et toute sa colonne vertébrale.
Son corps à elle disait une chose alors que ses grands yeux verts en disaient une autre.
Comme si elle avait l'habitude d'utiliser son corps pour détourner l'attention de ce qu'elle pensait ou ressentait réellement.
Et cela lui brisa le cœur.
"Ils font des excellents grilled-cheese chez Granny."
C'était tout ce qu'il trouva à dire.
Parce qu'il voulait passer du temps avec elle, parce qu'elle n'avait rien mangé et qu'elle semblait déçue. Qu'il se disait que chez Granny lui semblait définitivement plus approprié que cet endroit guindé.
Et que c'était le diner qui lui plaisait le plus de tout Boston.
Emma le regarda, interdite.
Les grilled-cheese était son met favori.
Mais il avait fait sonner une invitation à manger avec lui comme si c'était la chose la plus normale du monde. Comme si –
Comme s'il voulait passer plus de temps avec elle.
Ou comme s'ils se connaissaient déjà…
"Je ne peux pas, répondit-elle avec difficulté. Comme je t'ai dit, je dois travailler.
Elle espérait que cela suffirait à le faire abandonner.
- Tu ne dois pas travailler toute la nuit, non? De toute façon, c'est ouvert 24 heures sur 24. Leurs petits déjeuners sont très bien aussi.
Il allait l'attendre. Il voulait être avec elle.
Elle ouvrit et referma la bouche.
Killian voyait le torrent de questionnement dans ses iris verts.
- J'aime toujours manger à des heures impossibles, assura-t-il, un sourcil levé. Je vais être là vers trois heures du matin. "
Il l'avait invité sans vraiment l'inviter.
Emma appréciait cette façon de faire subtilement. Aurait-elle préféré qu'il soit plus direct? Peut-être. Mais il avait décidé de l'aborder doucement. Et c'était tout le contraire de ce qu'elle avait jusqu'alors connu.
Il était tout près. Elle sentait son souffle sur ses joues et quelque chose dans son ventre tourna. Une chaleur se répandit. Mais elle n'arrivait pas à articuler quoique ce soit.
Un timide sourire se dessina sur ses lèvres, ses doigts effleurèrent les siens. Puis, elle traversa les portes du restaurant.
Killian retourna à sa table.
Robin l'attendait patiemment et celui-ci leva un sourcil en direction de son ami lorsqu'il s'assit enfin.
"C'était quoi ça? Tu la connais plus que tu ne me l'as dit!
Killian secoua la tête.
-Non. Je l'ai rencontré qu'une fois.
Tout était dit et les yeux de son ami s'agrandirent.
- Oh! Tu es dans le pétrin. Tu es royalement dans le pétrin, Killian!
Il riait, mais son expression était interloquée.
- Dis-le si tu préfères aller la retrouver. Je vais comprendre, tu sais.
Killian eut un sourire.
- Non, ça va. Je vais la rencontrer plus tard ce soir."
Le sourire de Robin ne pouvait être plus éloquent.
Et donc? Avez-vous apprécié?
J'espère bien que oui ! :)
Je ne sais pas jusqu'à combien de chapitres cette histoire me mènera. J'ai les grandes lignes en tête et bien des idées.
Si jamais vous avez des demandes spéciales – des "prompts", comme on les appelle, n'hésitez pas à me les faire parvenir par message privé ! J'adore recevoir des idées, des demandes, et j'aimerais bien plaire à ce que vous souhaiteriez qui se produise pour la suite! :) Alors, aucune gêne, allez-y !
- Merci à ma Sassenach. Cette femme si importante dans ma vie qui me comprend et m'accepte et m'encourage. Je t'adore, my partner in crime !
**Laissez une trace de votre passage par une review, c'est toujours apprécié! ;)
