Chapitre 2
Annabeth était au téléphone en conversation avec un entrepreneur qui ne voulait pas l'écouter. Il voulait faire à son idée, mais son idée était nulle, et plus encore, elle était dangereuse et coûteuse pour le particulier qu'elle représentait. Le ton commençait à monter, et la blonde perdait peu à peu son calme pour s'énerver ouvertement contre cet idiot qui saccageait son travail avec ses idées saugrenues.
Son téléphone collé à l'oreille, son sac dans l'autre main, Annabeth marchait d'un pas décidé et énervé vers l'immeuble où elle travaillait, ayant oublié son ordinateur portable sur son bureau. Traversant avec la foule de piétons, elle ne regarda ni à droite, ni à gauche avant de poser le pied sur la route. Un vélo avait décidé de passer à cet instant là, il avait slalomé entre les piétons qui juraient sur son passage et manqua de peu de renverser la blonde qui se sentit tirer en arrière au dernier moment, lâchant son précieux téléphone sur la route. L'écran était brisé, et le cycliste roula dessus, achevant l'objet sans qu'il n'est le temps d'agoniser plus longtemps.
« Fais gaffe gamine ! hurla le gars sur son vélo. »
Choquée. Annabeth était figée de stupeur et de colère, ne remarquant pas que son sauveur tentait aussi de sauver son téléphone en miette. Il se releva avec le cadavre dans les mains et lui tendit avec un sourire contrit.
« Toutes mes condoléances, dit-il.
- Je… Quoi ? Oh non, non, non ! s'écria-t-elle en prenant les morceaux dans ses mains. L'autre abrutie va faire n'importe quoi !
- J'espère que tu ne parles pas de moi ? »
Annabeth releva les yeux vers son sauveur et resta immobile quelques secondes avant de sourire plus franchement. Percy. Il semblait toujours être là lorsqu'elle était dans une fâcheuse posture, mais étrangement, ça ne la dérangeait pas.
« Non, pas du tout, juste…
- Un abrutie, finit Percy.
- C'est ça, sourit la blonde.
- Et l'abrutie risque de te mettre dans une fâcheuse situation c'est ça ?
- Tout à fait exacte, soupira Annabeth. Je dois… »
La jeune femme s'arrêta net dans sa phrase, regardant le jeune homme puis son lieu de travail en se mordillant la lèvre inférieur. C'était le bon moment pour accomplir sa tâche, mais elle ne se sentait pas encore prête à lui demander son numéro de téléphone. Son regard gris trouva les yeux océans de Percy qui lui fit un sourire rassurant en passant une main dans ses cheveux. Il était à tomber.
« Tu devrais y aller. On se voit une prochaine fois ?
- Oh, euh, oui… Oui ! Mais comment on… commença-t-elle avant qu'il ne la coupe.
- Mets toi dans une situation fâcheuse et j'apparaitrais sûrement, rigola-t-il. À plus Annabeth Chase ! »
Annabeth le regarda s'éloigner, se retournant que lorsqu'il fut totalement évaporé dans la foule new-yorkaise. Elle rejoint son lieu de travail, mais fut accaparée par Rachel qui apparue elle aussi devant elle.
« C'était qui ça ? hurla Rachel.
- Rachel ? Mais tu sors d'où ?
- Aucune importance ! C'était qui ?
- C'était Percy, enfin le gars dont je vous ai parlé avec Piper.
- C'est CE gars ? s'écria Rachel. Mais qu'est-ce que tu attends ?
- Qu'est-ce que… commença Annabeth avant d'être de nouveau interrompue.
- Mais enfin Annabeth ! Il est parfait ! Je veux dire, physiquement parfait, et toi, il t'accorde de l'attention comme ça sans raison, et tu ne sautes même pas sur l'occasion ? T'as quoi dans le cerveau ? Des algues ?
- Très drôle, siffla la blonde. Ce n'est pas quelque chose que je maîtrise. La drague…
- Hum, on va devoir arranger ça. Piper t'a dit de faire quoi ?
- Avoir son numéro de téléphone.
- C'est un excellent début, sourit la rouquine. On va mettre un plan en place, et demain, foi de Rachel Elizabeth Dare, tu auras son numéro ! »
Annabeth rigola au dramatique que Rachel mettait en place pour une situation qui semblait si banale en fin de compte, et l'entraîna vers le locaux de son travail pour reprendre sa tâche donnée par elle seule, éviter une catastrophe à cause… d'un abrutie.
La blonde sourit légèrement en repensant à la façon si enfantine qu'avait eu Percy de dire ce mot, à la façon si amusée et amicale qu'il avait eu de prononcer son nom et… Annabeth s'arrêta net. Il connaissait son nom. Il savait qui elle était. Elle se tourna vers Rachel qui semblait perplexe vis à vis du changement de comportement de son amie.
« Il sait qui je suis… »
