Hello ! Voici le deuxième chapitre de cette histoire exclusivement faite pour les fans de Jacob ! Je n'avais pas précisé, mais je vais essayer de poster un chapitre par semaine, le dimanche ou le lundi plus vraisemblablement. Avant de continuer, j'aimerais remercier les personnes qui m'ont laissé des reviews. Ca m'a fait très plaisir, et j'espère que la suite vous plaira également ! Pour répondre à ta question DOUMBEA, je ne sais pas encore si je suis le fil de l'histoire ou si je vais réinventer la suite pour revenir vers une idylle entre Jacob et Bella. J'écris au fil de mes humeurs, et tout est un peu flou encore ! J'espère néanmoins que vous continuerez à lire cette histoire, que j'écris avec tout mon cœur !


Lorsque je rentrai dans la petite maison, une odeur sucrée s'empara de mes narines dilatées. Emilie était debout devant le bar en bois usé. Elle me jeta un coup d'œil furtif, puis se détourna au moment où sa moitié rentrait derrière moi. A ce moment précis, je ne me souciai guère des gouttes qui tombaient de mes habits trempés, jusque sur le sol de bois sombre. Mes cheveux noirs étaient hérissés, mes vêtements collaient ma peau humide et brûlante, et du sable s'était collé contre les écorchures de mes bras qui commençaient déjà à cicatriser. J'étais pitoyable, sans aucun doute. Sans prêter attention à mon reflet dans le miroir pendu au mur en face, je m'avançai vers le canapé de cuir marron et m'y laissai tomber. Plus tôt dans l'après-midi, après avoir sauvé Bella de la noyade, nous avions partagé un moment complice sur ce canapé. Je m'étais endormi, et elle était restée près de moi. A l'heure qu'il était, elle devait être sur le point de monter dans un avion pour l'Italie. Comment les choses avaient-elles pu changer à ce point ? Je fermai les yeux un instant pour éviter de faire face à ce tournis vertigineux qui me s'éprenait de mon crâne, et attendis.

Le fauteuil situé en face du canapé grinça. Je n'eus pas besoin de recouvrer la vue pour savoir que c'était Sam qui venait de s'y assoir. Un silence pesant s'installa dans le salon, mais je n'avais rien à dire pour le briser.

- Billy est resté avec Mary Clearwater après l'enterrement. M'annonça-t-il de sa voix grave.

Je rouvrais aussitôt les yeux et pensai à Harry.

- Il n'est pas très en forme. Il a appelé tout à l'heure pour demander si tu voulais bien le rejoindre pour tenir compagnie à Seth et Leah pendant qu'il gérait de la paperasse avec Marie. Jared y est allé à ta place.

Pendant le long silence qui suivit, la douleur de mon cœur laissa place à une honte féroce et destructrice. Une larme brûlante perla au coin de mon œil, mais je l'essuyai aussitôt avec le dos de ma main. Je voyais où voulait en venir Sam. Et il avait raison. Mes problèmes personnels passaient après ceux de ma famille. J'essayais de mettre le visage de Bella de côté, pour me concentrer sur la déception que j'avais été pour mon père.

-J'y vais immédiatement… Dis-je d'une voix que j'essayais de rendre ferme, tandis que je m'appuyais sur l'accoudoir du canapé pour me lever. Je traversais la pièce en une seconde et ne m'arrêtai sur le seuil, que lorsque la voix d'Emilie parvint à mes oreilles.

-Attends ! S'était-elle exclamée, le souffle court.

Je me tournai vers elle, le regard interrogateur. Quelque chose sur son visage marqué, m'avait interpellé avant même qu'elle n'ouvre la bouche. C'était comme si elle parvenait à passer outre mon corps pour déchiffrer la douleur, la peine et le désarroi qui hurlaient en moi. Ses yeux étaient grands ouverts et elle me dévisageait avec un regard perçant qui me mettais mal à l'aise.

- Je suis là… Dit-elle simplement dans un murmure à peine audible.

Elle n'eut pas besoin de prononcer un mot de plus, car ses yeux parlaient pour elle. Je ne sus jamais si Sam et les autres avaient compris ce qu'Emilie avait essayé de me dire, car après un mouvement imperceptible de la tête, je m'éloignai dehors et me mis à courir aussi vite que j'en eu été capable.

Emilie lisait en moi. Elle était la seule à décrypter mes émotions et à les comprendre. Elle était là… Elle était là pour moi parce qu'elle savait que je n'allais pas bien. Emilie sentait ma détresse et me proposait son aide. Son apostrophe comptait beaucoup plus à mes yeux, que je n'aurais su l'admettre. A présent, j'étais redevenu loup, et je savais que mes compères ne me lâcheraient pas d'une semelle. Ils resteraient connectés sur mes pensées pour s'assurer que je ne ferais plus rien de dangereux. De toute façon, je n'en avais pas l'intention. La seule chose que je devais faire pour soutenir mon père, c'était d'arrêter de penser. Je devais m'efforcer d'oublier mon chagrin pour pouvoir le réconforter.

J'accélérai le pas. Il ne me fallut pas plus de cinq minutes pour rejoindre la maison que partageraient les Clearwater. Billy était assis à côté de Marie, sur le petit balcon de fortune. Il avait l'air épuisé, mais faisait bonne figure devant la femme de son ami décédé, dont les yeux étaient rouges et gonflés. Je ralentis la cadence, me remis à marcher et redevins humain tandis que je m'approchai d'eux. Mon père leva la tête et me regarda pendant une longue minute, le visage indéchiffrable. J'arrivais néanmoins à lire dans ses yeux sombres, le sentiment d'anxiété dont j'étais à l'origine. Avec mes vêtements humides, mes cheveux hérissés et le sable qui collait toujours à mes pieds, j'étais dans un piètre état. Il finit cependant par abaisser ses épaules tendues, et me gratifia d'un faible sourire avant de me montrer l'entrée de la maison. Je m'approchai et effleurai de ma main, le bras de Marie. Je m'engouffrai ensuite dans la maison où j'avais passé quelques bons moments dans mon enfance. Chacun de mes pas raisonnait dans la petite maison. Ils martelaient le sol aussi bruyamment que mon cœur lacéré continuait de tambouriner contre ma poitrine endolorie. Seth et Leah étaient tous les deux vautrés sur un large canapé de tissus aux motifs amérindiens. L'ainée regardaient le mur qui lui faisait face avec une telle rage, qu'elle semblait sur le point de le transpercer du regard. Le plus jeune en revanche, était perdu dans ses pensées. Sa tête était posée sur l'accoudoir, et ses jambes repliées contre son torse. Lorsque j'entrai dans le petit salon, il se redressa et me regarda intensément, avec ses grands yeux couleur noisette. Je levais la main en guise de salut, et venais m'assoir sur un tabouret, près de la place qu'occupait Seth.

- Je suis vraiment désolé de ne pas avoir assisté à l'enterrement… Dis-je d'une voix toujours marquée par mon séjour éprouvant au fond de l'océan.

Seth haussa les épaules et m'accorda un sourire. D'aussi loin que je m'en souvienne, Seth Clearwater m'avait toujours apprécié. J'éprouvai moi-même une grande affection pour lui. Sa sœur en revanche, ne me portait plus dans son cœur depuis que j'avais rejoint la bande de Sam Huley. Elle ne comprenait pas mon changement d'attitude et ignorait tout de la véracité des vieilles légendes Quileutes. Elle se contenta de soupirer, sans me regarder.

- T'avais sans doute mieux à faire que d'assister aux funérailles de mon père, je comprends. Dit-elle d'une voix qu'elle essayait de rendre impassible, mais qui traduisait néanmoins son chagrin.

Aussi égoïste que cela puisse paraître, et bien que j'eu été très proche d'Harry, je ne vis que Bella contre mes paupières closes. Le visage de Bella, d'une blancheur inhabituelle lorsqu'elle m'avait dit qu'elle allait le cherchait. Je gardais cependant mes pensées pour moi, et rouvris les yeux pour regarder Leah.

- Il n'y avait rien de plus important qu'Harry. Je suis désolé.

Les minutes qui suivirent s'écoulèrent dans un silence pesant. Pas une fois, Leah ne daigna me regarder. Chacun d'entre nous était perdu dans ses pensées. A la tombée de la nuit, Jared passa prendre mon père pour le ramener jusque chez nous, dans sa vieille voiture d'un jaune délavé et rouillé. De toutes évidences, Sam lui avait parlé de mon expérience sous-marine, car il insista pour me ramener également. Ses yeux étaient si pleins de sens, que mon père su immédiatement qu'il essayait de me faire parvenir un message. Il contourna la voiture et se mit à siffler pour le laisser s'exprimer sans crainte.

- Monte, Jacob, je te ramène. Sam voudrait que…

- J'ai besoin de marcher. Le coupais-je. Si Sam n'est pas content, qu'il vienne lui-même me le dire…

Sur ces mots, je saluai Billy d'un signe de tête, et parti en petites foulées jusqu'à ce que je disparaisse entre les arbres.

J'essayais de rester calme, pour ne pas exploser et exprimer une nouvelle fois mes pensées aux loups. La tâche n'était pas simple car dès lors que je fus seul et que je n'eus plus besoin de composer un visage impassible, la douleur crispa à nouveau mes traits. Quelque part, j'avais espéré que la solitude m'apaiserait et qu'elle m'aiderait à atténuer mes émotions. Maintenant que je marchai, seul dans le bois aux arbres denses et rapprochés, je me rendais compte qu'au contraire, la forêt amplifiait ce que je ressentais. Après avoir parcouru plusieurs centaines de mètres d'un bon pas et sans le moindre effort, je m'arrêtais. Je me sentais engourdi par le poids oppressant de la nature. Ainsi prostré et immobile, envahi par un sentiment de malaise intense, les visages de Bella et Edward enlacés vinrent soudain me frapper de toutes leurs forces. L'air manquait à mes poumons. Je m'étouffais. Le souffle cours, je fermai les yeux et pensai à cet instant irréel où mes lèvres avaient failli se sceller à celles de Bella. Les jointures de mes doigts devinrent blanches tant je fermais mes points avec force, et je ne pus empêcher une plainte déchirante de sortir d'entre mes dents serrées. A ce moment et pour la première fois, je sentis le loup en moi prendre le dessus. Je m'efforçais de me calmer, tandis que j'entendais dans ma tête, la bête hurler. Bien avant que je ne le réalise, mes genoux heurtèrent le sol recouvert de feuilles et je me laissais sombrer dans les limbes ténébreuses du désespoir, comme Bella avait sombré elle aussi quand le vampire l'avait abandonné.