Palais Mazarin, 1646

Chére Madame,

Vous ne sçaurez jamais combien je prie pour le roy, mon petit filleul, qu'il guérisse; je sçais que Dieu va exaucer non pas mes priéres car je suis un serviteur indigne, mais vos priéres.

Dio mio! Je donnerois tout mon sang pour chacune de vos larmes. Je sçais que je ne devrois pas en parler, surtout pas ici, auprès de tant d'espions du duc d'Orléans qui nous guettent, mais parfois c'est plus fort que moy.[ Beaucoup de documents et de contemporains parlent d'une liaison entre la reine et le cardinal, même ajoutent-ils un mariage secret, ce qui n'est pas à négliger. En tout cas on sait que Mazarin exercait un grand pouvoir et une grance influance sur Anne d'Autriche.]

En ce qui concerne votre belle-sœur, accordez-luy l'entrée libre en France. Poverina, elle a dû regarder son mary mourir sur l'eschafaud comme un animal. Ses enfants, c'est bien de les avoir tout près de nous, de veiller sur leur éducatione et peut-estre faire rentrer Notre Mère Eglise en Angleterre. Qui sçait, le prince Charles a encore la chance de devenir roy. Dieu est grand et sa puissance énorme. Ayez confiance en luy !

Addio mon amye

Mazarin