Me voici me voilà !

Bien que j'en crève d'envie – mais je vais lâcher mon ordi et vite poster ça sinon j'vais m'faire taper sur les doigts par une sociopathe super flippante, d'ailleurs je sais que tu es là, tu es dans mon écran, dans mon tél, dans ma chambre, DERRIERE MOI – je ne vais pas répondre à chacun d'entre vous, ce serait de toutes façons me presser pour écrire des trucs que je pense pas et ça... j'aime pas. Je ne m'attendais pas à un si bon accueil pour cette fanfic, je trouvais le truc trop cliché pour ça, mais je suis contente. Oh que oui je suis contente~

Finalement, je pense faire passer cette fanfic en rating M un jour. Par contre, comme ici je prévois jamais complètement ce qui va se passer dans les chapitres suivants, je pourrais pas dire si vous chauffez ou non – seks, chauffer, z'avez compris, haha. 'fin m'voyez.

Mais passons sur ma bêtise nocturne et lisez donc, si ça vous chante !


Comme partagé entre un rêve et la réalité au réveil, Francis fixait la tasse de café fumante que Matthew avait posé devant lui, il y a maintenant quelques minutes. Ce dernier était assis en face, à côté d'un Arthur qui faisait mine d'être seul avec le canadien. Le latin leva les yeux et le regarda sans trop de discrétion. Angleterre était en pleine forme. Il avait reprit la totalité des habitudes qu'il lui connaissait à ce jour, sa façon de parler, de faire et d'agir. Tout était normal, il se souvenait même de cette dispute il y a trois semaines. Tout lui était revenu. Tout. Sauf lui. L'anglais croisa son regard, l'expression vide de tout agacement, pour une fois. Il le regarda une petite seconde, puis échangea un autre regard avec son jeune « fils » canadien, l'interrogeant. Matthew ne savait pas quoi répondre. Il était évident que, pour Arthur, Francis n'était ni plus ni moins qu'un homme qui s'était permit d'entrer dans sa maison sans autorisation. Comme première impression, on avait vu mieux. Enfin, si on pouvait vraiment appeler ça une première... Dans ce silence pesant, le britannique posa calmement sa tasse à moitié vide.

- Et donc... Tu es comme nous, c'est ça ?

Le français mit du temps avant de réaliser que c'est à lui qu'il s'adressait.

- C'est ça. Je suis France.

Le sourcilleux le regarda avec dédain, l'analysant. On jurerait voir un entretien d'embauche. Un ange passa, puis il croisa les jambes et poussa un léger soupir ennuyé, visiblement peu ravi à l'idée d'accueillir une nation qu'il ne connaît pas dans sa maison.

- Jamais entendu parlé.

Matthew et Francis se regardèrent, sans comprendre.

- Tu veux dire, tu ne te souviens pas de moi...

- Non non, je n'ai jamais entendu parlé du « France », le « France », ou la « France », juste.

Le latin en resta bouchée bée. Canada ne le quittait pas du regard, les yeux ronds.

- Mais... Tu dois connaître, c'est obligé ! Ça fait des siècles que nous partageons de l'Histoire !

- Je n'en ai pas le moindre souvenir.

- La Guerre de Cent Ans ! La piraterie ! L'Entente Cordiale ! Et il y a trois semaines, j'étais encore chez toi avec Alfred et Matthew !

- Ça ne me dit rien.

- Tout le monde nous connaît comme des rivaux, il y a un tunnel qui relie nos deux pays... !

- Va savoir.

Francis inspira, dépassé. C'était beaucoup plus grave qu'il ne le croyait Non seulement il ne se souvenait plus de lui, mais il avait oublié le reste. Pour lui, la France n'a jamais existé. Il ignorait son existence. Il avait oublié son pays, sa réputation, sa capitale, sa gastronomie, leurs événements communs... Qu'est ce qu'Arthur a bien pu faire pour en arriver là ? Ne sachant quoi rajouter, il chercha de l'aide dans les yeux de son fils, qui lui non plus, ne savait pas comment réagir. Voyant la panique chez lui, Arthur haussa un sourcil et demanda au canadien :

- J'ai cru comprendre que tu le connais, Matthew ?.

Celui-ci ne répondit qu'en hochant la tête. À l'évidence, aucun des deux francophones – car Canada avait beau être Canada, il parlait aussi bien le français que son père – ne savait quoi rajouter. Et Angleterre ne semblait pas plus curieux pour ce qui est de sa nation voisine. On dirait même qu'il s'en moque. Le savoir là, assis en face de lui, ne lui faisait visiblement ni chaud ni froid. Attendait-il quelque chose comme... des réponses ou juste qu'il déguerpisse le plancher ? Le britannique haussa un sourcil en entendant la porte d'entrée s'ouvrir de nouveau. Allons bon, qui encore se permettait de s'incruster sans qu'on lui demande son avis ?

- Knock knock.

La tête rousse de son grand frère écossais apparu à l'entrée du salon. Arthur poussa un soupir.

- J'ai fais vite comme tu m'l'as demandé, frenchie.

- « Frenchie » ? répéta son cadet.

- … Lui là, fit-il en désignant le grand blond du pouce. C'est donc pas des conneries, tu t'souviens vraiment pas.

Allister s'avança jusqu'au français qui le regardait avec inquiétude. Entre temps, il l'avait appelé pour jeter un œil à l'anglais qui, peu importe ce qu'on lui disait, croyait dur comme fer qu'un personnage représentant la France n'existait pas. Bien sûr, le concerné ne comprenait rien à la situation, et pendant que les alliés de la Auld Alliance discutaient, il questionnait encore et toujours le canadien sur ces détails. Le latin assurait à l'écossais qu'Angleterre n'avait pas le moindre souvenir de son pays ou de sa figure humaine. Étrange, tout de même, lorsqu'on sait quelles répercussions l'existence de la France ont apporté à l'égocentrique anglais qui, visiblement, n'avait pas changé moralement. À croire que Francis était tombé dans une autre réalité où sa rencontre avec son ennemi d'Outre-Mer n'était pas utile pour ce modelage de personnalité. Il chassa aussitôt cette pensée de son esprit, refusant de croire que, peu importe ce qui aurait pu se passer, Arthur resterait ce Arthur...

Il ne voulait pas être insignifiant dans son existence.

Allister s'approcha aussitôt de son petit frère et posa une main sur le front de celui-ci, comme s'il cherchait à mesurer une quelconque fièvre. Ce dernier, intrigué, le fixa un moment sans comprendre et ôta lui-même cette main. Visiblement satisfait malgré tout, l'écossais demanda à Matthew la clé de cette pièce en sous-sol, qu'il reçu aussitôt. La Auld Alliance se dirigea donc vers les escaliers menant à sa petite cave secrète tandis que l'anglais grondait son fils de lui avoir caché ce qu'il cherchait pendant des jours. Une fois sur les lieux du crime, Allister s'avança jusqu'au pentacle dessiné parterre.

- Vous avez touché à rien depuis ?

- Non. J'ai fermé à clé après qu'on soit allé le chercher ce jour-là. Matthew l'a toujours gardé sur lui depuis, et ça m'étonnerait qu'il soit venu y faire un tour.

Le rouquin inspecta les alentours et trouva ce qu'il espérait dégoté sur le sol : un grimoire ouvert que Francis, Alfred et Matthew n'avaient pas vu dans la panique gisait à côté. Il le ramassa et fit une grimace.

- Bordel.

Craignant un cran de plus dans l'horreur, Francis approcha. Allister lui présenta aussitôt le livre.

- Il a arraché la page, le petit con.

Même sans savoir à quel point ça pouvait être grave ou non, le blond ouvrit un peu plus les yeux en constatant l'emplacement d'une page manquante, signé par une longue déchirure. Il leva les yeux vers son ami écossais qui, à voir l'expression agacée de son visage, n'appréciait pas du tout la tournure des choses. Il tourna à nouveau le livre vers lui et feuilleta quelques secondes l'ouvrage, cherchant rapidement quelque chose avant et après la page disparue.

- Qu'est ce qui ne va pas, Allister... ?

- Quand j'ai touché Arthur, j'ai sentit un truc différent de la première fois. Je pensais pas qu'il était allé aussi loin.

- Comment ça ? Dis-moi ce qu'il a fait. Ce n'est pas un sort ordinaire ?

- C'est pas un sort du tout Francis. C'est une malédiction.

Le blond pencha légèrement la tête sur le côté, perdu.

- Ce n'est pas pareil ?

- Putain que non, c'est pas pareil.

Il ferma aussitôt le grimoire et le regarda, plus que sérieux.

- Un sort, ça fonctionne dans l'immédiat. Ça peut durer plusieurs jours si on en a les moyens puis ça finit par s'estomper tout seul. Une malédiction, c'est plus fort que ça. Ça reste, c'est permanent, ça te colle et ça partira pas jusqu'à ce que tu l'ais décidé.

Un ange dû passé pour que l'information monte au cerveau de Francis afin que celui-ci comprenne l'enjeu.

- Jusqu'à ce que tu l'ais décidé... Attend une minute. Si c'est Arthur qui l'a lancé, comment... comment peut-on la briser puisqu'il ne s'en souvient pas ?

- C'est justement ça qui m'fait chier : là regarde. Ici ça parle du sort, mais la page d'après, on parle carrément d'aut' chose. Arthur a arraché la page, dont la formule pour la poser...

- Et la formule pour la lever...

C'était à peine croyable. Récupérer de telles informations confirmait une chose sur laquelle Francis ne pouvait poser le doigt dessus pendant trois semaines : l'amnésie de ce rosbif n'était pas accidentelle, mais volontaire. Le fait qu'il ait arraché la page – à supposer avant – et sans doute caché quelque part en est la preuve. Arthur ne voulait pas qu'on le guérisse, c'était très clair. Cette découverte stupéfia le français dans un premier temps... puis dans un second, le plongea dans l'incompréhension totale. Pourquoi Angleterre avait-il décidé, comme ça, d'oublier toute trace de son meilleur ennemi ? Quel a été le déclencheur ? Tout de même pas... ?

- Faut plus qu'Arthur vienne ici. Moi en revanche, je vais rester. Et trouver un moyen de réparer ça.

- Tu peux lever une malédiction en utilisant une sorte de... contre-sort ?

- Tss tss, pas possible. Faut la lever avec la bonne formule. Ça va pas être simple, mais je vais au moins essayer de lui rafraîchir un peu la mémoire sur la cachette de cette page, c'est tout ce dont on a besoin. Navré frenchie, mais tu peux pas faire grand chose pour lui.

L'impuissance de ne rien savoir sur la magie, les sorts et encore moins les malédictions frustrait Francis. D'habitude, lorsque l'anglais était dedans jusqu'au cou, il parvenait toujours à s'en extirper tout seul – de toutes façons il refusait toujours son aide. Mais là, le cas est particulier. Surtout qu'Arthur ne sait même pas qu'il a besoin de soutien et de... réparation. Le blond resta silencieux un instant avant de lui demander, cependant déterminé :

- Je peux toujours chercher cette page de mon côté, n'est-ce pas ?

- Je te dirais bien oui... Mais tu as une idée ? Il a oublié qu'il a posé une malédiction, il a dû bien la cacher puisqu'il ne pourra pas la changer de place au cas où.

- Occupe-toi d'essayer de lui tirer les vers du nez, moi je me chargerai de la page. Je demanderai à Matthew et Alfred aussi.

Bien que Francis ait connu le britannique avant ses fils et qu'ils savaient peu, voire rien, sur la magie, les jumeaux avaient peut-être une idée ou un indice quelconque. Il ne voulait plus attendre que le problème se règle tout seul et encore moins juste compter sur les talents spirituels d'Allister, malgré toute la confiance qu'il place en lui. Sur ce, les deux alliés se mirent d'accord et quittèrent le sous-sol, suite à quoi ils furent accueillis par un anglais furibond.

Et par réflexe, Francis lui envoya une pique pour réponse.


Le reste du monde fut avertit de la nouvelle : officiellement, Angleterre était guéri et avait recouvré la totalité de sa mémoire. Ah oui, hors de question de tous les inquiéter parce qu'une seule nation n'y figurait plus. En plus, c'était France, la moitié – du genre, un hémisphère – allait sans doute le prendre comme un repos enfin mérité après avoir subi toutes les disputes des rivaux d'Outre-Mer. Même Francis devait peut-être se réjouir de la nouvelle. Arthur ne sait plus qu'ils ont passé des siècles à se cracher dessus ? Eh bien repose-toi vieux ! Mais beaucoup avaient oublié de quoi il était question, il y a encore plus longtemps. Francis le gardait pour lui, mais il refusait d'être le seul à se souvenir de ces siècles de conflits. Enfin, bien sûr, s'il ne s'agissait que de conflits, pourquoi pas. Ça lui enlèverait une épine du pied en plus d'un ennemi lourd et têtu. Mais ça n'était pas le cas. Enfin... c'est ce qu'il pensait. Malgré la fouille de ses souvenirs où, si, lui et Arthur se sont battu aussi bien pour des broutilles que pour des choses on ne peut plus sérieuses du début à la fin, Francis sentait que quelque chose l'empêchait de se rendre à l'évidence. Qu'Arthur ne sache plus rien de leurs querelles le mettait mal à l'aise, et il était grand temps de faire enfin quelque chose pour ça.

Allister s'était installé chez son frère et occupait une des chambres vides que la vaste maison possédait. Après avoir maintes fois protesté, le sourcilleux dû abandonné et accueillir l'écossais un minimum. À savoir qu'il l'héberge sans pour autant s'occuper de lui. Ce dernier s'enfermait régulièrement dans le sous-sol afin de trouver un sortilège capable de stimuler ne serait-ce qu'un peu la mémoire de l'anglais. Lui, en revanche, ne comprenait pas ce qu'il voulait faire. Et bien sûr, l'aîné ne lui expliquait rien. Mais comme il ne pouvait décidément rien tirer de lui, il laissa tombé et se calma avec la pensée que, de toutes façons, le rouquin n'allait pas vivre éternellement chez lui. Pour des nations qui ont déjà vécu, ce serait un cauchemar sans fin.

Quant à Francis, il rendait toujours régulièrement visite aux deux frangins. Et par régulièrement, il veut dire « trois ou quatre fois dans la journée ». Ainsi, comme avant, le propriétaire de la maison avait la désagréable surprise de revoir cet individu qui osait s'inviter chez les autres sans prévenir. Donc, en attendant, Francis devait se faire à l'idée qu'Arthur et lui avaient reprit un nouveau départ. Du moins temporaire. Tout ne se limitait qu'à un même dialogue répétitif. Quelque chose du style « bonjour, encore toi, ça va, je vais faire du thé, et moi des gâteaux ». En fait, il s'agissait plutôt de visites déjà faites autrefois, sans tout le brouhaha que provoquaient tout le temps les deux meilleurs ennemis. Mais bien sûr, si l'un ne le sait pas...

Vient ensuite une semaine où l'on réclama le français à Paris, afin que cette tâche de gréviste rattrape le travail abandonné.

Il appela régulièrement Allister au téléphone afin de prendre des nouvelles. Rien du côté d'Arthur ou du sort qui pourrait les aider. La vie avait reprit son court, personne ne se doutait de rien. Excepté peut-être le fait que l'anglais insistait pour que l'écossais retourne d'où il vient. Et Francis en ria comme il rit toujours lorsque le britannique était mécontent.

À la fin de la semaine, le français échappa à son patron en prenant un train de dernière minute qui lui fit traverser le tunnel, le conduisant directement à Londres. Et là, bien évidemment, ce fut une autre après-midi surprise chez vous savez qui. Il avait même préparé quelques douceurs pour le thé. Tout souriant comme à son habitude, il sonna à la porte – il y avait du progrès, il ne s'introduisait pas sans permission ! - et un blond mal coiffé vint lui ouvrir. Il regarda son invité, de haut en bas... quelque chose clochait. Encore.

- Oui ?

Francis haussa un sourcil, surprit par l'accueil qui pourtant, était plus froid les fois précédentes. Il n'eut pas le temps de répondre qu'il enchaîna :

- Vous êtes un ami d'Allister ?

Là, Francis sentit que quelque chose n'allait clairement pas. Pourquoi le vouvoyez-t-il tout à coup ?

- Hm... Je suis...

Les mots franchirent ses lèvres avant qu'il ne puisse s'en rendre compte, une impression de déjà-vu trop récente à son goût.

- Je suis France...

L'autre resta immobile, fronçant ses épais sourcils, puis répondit :

- Jamais entendu parlé.

Le cœur de Francis fit un bond, si bien qu'il lâcha la boîte cartonnée qui contenait les gâteaux préparés juste avant le départ. Celle-ci vint s'écraser à ses pieds, et il se statufia, les yeux ronds. Une voix familière appela le britannique depuis l'intérieur. Allister était encore là. Heureusement.

- Hm, excusez-moi. Entrez si vous le souhaitez. Par contre... ramassez vos affaires.

Et il disparu dans la maison, comme ça, sans s'intéresser plus que ça à sa petite personne. Un autre Arthur aurait peut-être prit le temps de l'aider à récupérer ce qu'il avait fait tombé. Il lui aurait également posé plus de questions. Sur les raisons de sa venue, sur le lieu d'où il vient, sur son identité. Mais il n'en avait que faire... Arthur se fichait tout bonnement de savoir ce qu'était Francis Bonnefoy. France. Qu'il avait oublié. Dont il n'avait pas l'air de se souvenir. Pas encore. Une fois de plus.

… Pourquoi ?

Lui qui lui avait rendu si souvent visite après cette connerie de magie, pourquoi avait-il une deuxième fois oublié qui il était ? Sa mémoire lui faisait-elle défaut à nouveau ? Les jours où ils avaient échangé deux trois mots en tant que parfaits étrangers s'étaient-ils effacés comme ça, si facilement ? Il avait fait tellement d'efforts pour ne pas faire d'étincelles avec, le temps de résoudre le problème... et pourtant...

- Frenchie !

Une tête rousse apparu à l'encadrement de la porte, mais celle-ci ne semblait pas se rendre compte du problème.

- T'en fais une tête. Il s'est passé un truc ?

Francis leva les yeux vers son ami écossais.

Ce dernier cru rêver en lisant de la détresse dans ce regard.


Un silence de mort régnait dans la maison londonienne. La Auld Alliance se faisait face dans le salon, assise, tandis que l'Angleterre s'occupait dans la cuisine. Et aucun des deux amis ne savait ce qui était le pire entre ça et la rechute de la mémoire du sourcilleux. Francis n'aimait pas le mutisme du rouquin. Celui-ci, ne s'attendant vraisemblablement pas à ce résultat, ne sut trouver les mots pour le rassurer. À l'évidence, ils avaient encore beaucoup à apprendre sur la malédiction qui pesait sur Arthur, et ce n'est qu'après avoir prit connaissance des détails qu'ils pourront espérer trouver une solution. En attendant, ils restaient là, penauds, à entendre les mouches voler et attendre que le temps passe. Enfin, le blond ouvrit la bouche après une petite hésitation.

- Dit moi ce qu'on peut faire, Allister.

- J'te l'ai dit : j'en ai pas la moindre foutue idée.

Excédé et décidé à le lui faire savoir – cette fois – il se cala dans son siège, haussant le ton.

- Enfin merde, Allister ! Ça fait des semaines depuis qu'il a touché à ses livres ! Et je sais que tu es là depuis bien moins longtemps, mais tout de même, tu devrais t'y connaître mieux que lui ! Ne me dit pas que tu n'as vraiment rien, pas un indice, une piste ?

- J'fais d'mon mieux, tiens ! Et toi, t'as avancé dans tes recherches ? La page, elle va pas réapparaître toute seule. On était d'accord Francis : je m'occupe du sort, et toi de cette merde. Me ressort pas tes grèves à la con, moi aussi j'en ai ras l'bol de devoir toucher à toutes ses affaires pendant qu'il me bombarde de questions. J'lui aurais bien dit de quoi il retourne, mais il comprendrait rien et ce serait juste encore plus ingérable. Toi t'étais retourné à Paris alors que je me cassais l'cul à-

- C'est bon, c'est bon... souffla-t-il. Ça va, je n'ai rien dis, oublie...

Dans un soupir commun, les deux alliés se calmèrent dans le silence. Puis le français reprit, plus serein :

- C'est vrai, j'ai un peu délaissé le problème. C'est parce qu'Arthur est bien portant que j'ai du mal à croire... J'ai du mal à croire qu'il ne se souvienne vraiment de rien. Et cette fois encore...

- Je sais, aye. Mais c'est pas une comédie, frenchie. Je l'ai cuisiné un peu, il a vraiment pas l'air de plaisanter. Et là aussi, c'est clair, il se souvient pas d'toi.

- Il ne se souvient pas... il serra les poings sur ses genoux puis releva le menton. Comment ? Alors que je lui ai rendu visite deux, voire trois fois plus qu'avant qu'il ne se remette de ces semaines !

- Je sais pas Francis, c'est peut-être... c'est p'têt la malédiction qui veut ça.

- La malédiction ?

- Elle n'a forcé Thutur qu'à t'oublier toi. Peut-être qu'elle le force encore ?

Il en resta bouche bée.

- Tu crois ?

- C'est possible. Sinon ce serait une malédiction drôlement inutile. Les effets sont permanents, jusqu'à ce qu'elle soit levée. C'est comme ça que ça marche.

« C'est comme ça que ça marche »... Les mots résonnèrent dans sa tête. Il devait bien y avoir un moyen de contrer cette foutue magie pesante afin de récupérer Arthur ! Non, il devait arrêter de se bercer d'illusions. Francis n'arrivait tout simplement pas à admettre sur son passé commun avec lui ne dépendait plus que d'une page qui peut être dissimulée n'importe où. Mais Francis releva la tête, comme ayant été touché par la grâce.

- Allister... ! Arthur a fait ça sur le coup de la colère, il n'a pas pu caché cette page plus loin que dans le sous-sol !

L'écossais haussa un sourcil avant de lui faire signe de se calmer.

- J'ai déjà cherché, qu'est ce que tu crois. Et je peux t'affirmer que je n'ai rien trouvé. J'ai même un témoin.

- Un témoin ?

- Pixie.

Francis fit une grimace confuse, le nom ne lui disait rien du tout.

- C'est elle qui l'a caché. Forcément, toi et tes deux fils ne pouvez pas la voir, du coup c'est passé sous votre nez.

- Pardon, mais je ne vois pas ce que tu veux dire.

- Laisse tomber. De toutes façons, fidèle comme elle est, elle crachera pas le morceau aussi facilement.

Perplexe, le français regardait son ami boire le thé qu'il avait préparé un peu après l'arrivée de celui-ci. Le silence revenu dans le salon, le latin se perdit dans ses pensées. S'il saisissait bien la situation, Arthur avait non seulement oublié qui était le représentant français, mais il n'était plus non plus capable de retenir son nom ou son visage... Il soupira. Était-ce vraiment ça que son Némésis voulait ? Continuer de vivre avec un fantôme du passé, présent et futur ? Une personne pourtant si importante pour sa patrie, qu'il ne pourra plus jamais reconnaître, en tant qu'humain ou nation ? Si vraiment tout ce qu'il voulait, c'était ôter un misérable bouffeur d'escargots désagréable de son entourage, il pouvait tout simplement oublier... et recommencer. France tilta : avec une malédiction telle qu'elle sur Arthur, les souvenirs de ce dernier n'étaient-ils pas tout simplement entravés ? Ainsi, peut-être qu'au fond, il savait. Son cœur comme sa tête se rappelaient très bien de Francis, mais la magie qui le recouvrait entièrement l'empêchait de le réaliser. Une théorie sur laquelle il comptait peut-être bien se reposer...

Il ne se l'avoua qu'à moitié, mais il semblerait qu'Arthur, l'autre Arthur, lui manque. Et lorsqu'il repartira, ce dernier aura une nouvelle fois oublié lors de sa prochaine visite. Ça, il sentait qu'il n'allait pas pouvoir le supporter indéfiniment. Une solution toute trouvée fit alors illumination dans son esprit.

- Laisse-moi l'emmener.

- Hein, pardon ? Arthur ?

- Il vivra un temps chez moi. Ça me rassurera.

- Explique-toi frenchie, fit-il en posant sa tasse. Parce que je te rappelle que t'as une mission.

- Il a pu se souvenir de moi le temps que je vienne lui rendre visite très régulièrement. S'il vient à Paris, sa mémoire pourrait lui paraître un peu plus claire, et qui sait... peut-être qu'il me dira où se trouve cette page.

Écosse le fixa longuement, visiblement loin d'être partant pour cette idée. Pourtant, avait-il une vraie bonne raison de refuser ? Ce n'est pas que, mais au point où ils en sont, toute théorie plausible au premier abord est à prendre. Et là, le français marque un point. Après un court silence dans lequel Allister voulut paraître sage sur sa décision – ce qui aurait été un comble, surtout pour son petit frère – il reprit sa tasse de thé et le regarda, un fin sourire aux lèvres.

- Moi j'veux bien, mais lui, il te suivra tu crois ? C'était déjà pas évident avant, mais là...

- Je trouverai les bons arguments. J'ai bien pu le convaincre « avant », rien de plus facile aujourd'hui.

Et il conclut par ce clin d'oeil qui lui allait si bien. Bien, il reprenait doucement du poil de la bête. Mais il est vrai que savoir Arthur bientôt chez lui et sous la main n'importe quand allait le faire décompresser. Et il sera chez lui, loin de cette baraque qui cachait de nombreux secrets que le français n'avait pas forcément envie de découvrir. Si on lui avait dit un jour qu'il retrouverait son Némésis à moitié amnésique parce qu'il avait planqué tout Poudlard sous sa maison...


- Merde alors... you fucking brother...

Deux petits jours à peine s'étaient écoulés, et d'un seul coup comme ça, Allister avait envoyé son cher frérot à la porte d'un parfait inconnu. « Un ami à lui très sympa qui saura lui faire prendre ces petits jours de vacances qu'il n'a pas prit depuis au moins deux ou trois siècles » qu'il disait. Arthur pesta. D'où envoyait-il une nation chez un type dont il n'a jamais entendu parlé ? Il avait même oublié le nom alors que le rouquin le lui avait précisé plusieurs fois, lui dont la mémoire ne faisait habituellement pas défaut... On l'avait envoyé à Paris, dans un immeuble bien placé et assez tape-à-l'oeil. Arthur ne comprenait pas pourquoi son frangin avait choisit un lieu dont il ignorait jusque-là l'existence – et qui n'était visiblement pas très loin de chez lui, qu'est ce que c'était que ce train sous terre ? Il saisissait encore moins le pourquoi du comment il connaissait un « ami à lui très sympa » dans ce trou. Un ami. Il n'avait rien précisé de plus. Ne pouvant marmonner trop longtemps au point de séjourner sur le paillasson, il sonna à la porte de l'appartement au numéro indiqué par l'écossais quelques heures plus tôt. L'entrée s'ouvrit alors sur une tête blonde qui le dépassait à peine, un grand sourire aux lèvres.

- Bienvenue Arthur, toujours aussi ponctuel.

Il eut un bref mouvement de recul, étonné d'être appelé par son prénom. L'idée que son hôte soit un humain tout à fait ordinaire lui vint aussitôt à l'esprit. Ce dernier dévisagea l'anglais et posa ses yeux bleus sur le sac de voyage par terre, à ses pieds.

- Je t'en prie, entre !

Sur ce, il s'en empara avant de retourner à l'intérieur. Un peu prit au dépourvu, Arthur s'avança dans le grand appartement, qui pouvait en effet accueillir deux ou trois personnes facile. Alors que le français lui indiqua sa chambre en allant y déposer le sac, le britannique s'approcha d'une fenêtre où l'on pouvait voir une tour de fer, trop haute pour être ignorée. Quelle impressionnante construction. Plutôt curieux, il ouvrit la baie vitrée et mit un pied sur le balcon, posant ensuite les mains sur la rambarde. Il venait d'arriver et pourtant... un voile de nostalgie s'empara de lui. C'était pourtant la première fois qu'il mettait les pieds dans ce pays bizarre, avec ces gens bizarres, leur langue bizarre et leurs coutumes bizarres...

- Ravi de voir que ça te plaît déjà.

Lorsqu'il fit volte face, il tomba nez à nez avec son hôte. Ce dernier se comportait déjà de façon familière alors qu'il venait d'arriver.

- Je n'ai jamais dis que ça me plaisait.

- J'espère que tu apprécieras ton séjour ici, tout de même, Arthur.

Il s'avança aussitôt, le rejoignant sur le balcon, puis lui tendit une main.

- Encore une fois, bienvenue.

Lorsque l'anglais leva à nouveau le regard vers le sien, un sourire chaleureux l'accueillit.

- Appelle-moi Francis Bonnefoy. Heureux de t'avoir à la maison !


CA SENT L'TRAVAIL BACLEEEE...

Oui alors, j'ai écris toussa sans suivre de trame, d'où votre étrange impression de vide et de non avancée de l'intrigue. Il n'y a que la fin qui indique que, si, il reste tout de même de l'espoir. Même moi j'y croyais pas. Allez courage, plus que... je sais pas en fait.

Vous êtes beaux.