Chapitre II - POV Harry

Je viens d'atterrir dans le stade, où la foule est en délire. J'entends qu'ils s'arrêtent, mais n'en cerne pas la différence, tenant le corps inerte de Cédric dans une main, la coupe du Tournoi des Trois Sorciers dans l'autre. Je vois les Professeurs Dumbledore et McGonagall arriver. J'entends Cho crier. Je sens Dumbledore essayer de m'éloigner de Cédric mais je m'accroche en criant de douleur « Il est de retour ! Voldemort est de retour ! ». Je sens qu'on me relève, puis qu'on me pousse vers Maugrey, qui me tire vers la sortie du stade.

On arrive dans son bureau et il m'ordonne de m'assoir sur un tabouret, j'obéis. Je le vois prendre sa flasque, l'ouvrir puis la refermer, retourner dans l'entrée chercher quelque chose dans ses fioles. D'un coup, j'entends et vois sa malle bouger, puis je comprends ce que voulait dire Voldemort à propos de l'espion dans l'école étant à la fois trop abasourdi et stressé de la réaction qu'il pourrait manifester si je m'attaque à lui. Il me pose des questions sur ce qui s'est passé ce soir, je lui réponds sans trop savoir, puis une question m'interpelle.

Comment était le cimetière ?

Je lui répondis.

Il ne me semble pas avoir parlé de cimetière professeur.

Puis il commence à me raconter qu'il a mis mon nom dans la coupe le soir d'Halloween, que c'est lui qui a prévenu Hagrid pour les dragons de la première épreuve, lui qui a fait passé l'information qu'il fallait plonger l'œuf dans l'eau pour découvrir l'énigme, lui qui avait incité Neville à me fournir une branchiflore en lui donnant le livre sur les plantes aquatiques.

Sans trop savoir comment, la porte sort de ses gonds, la baguette de Maugrey vole. Le professeur McGonagall m'attire à elle. J'entends le professeur Dumbledore demander une potion puis quelqu'un sortir de la pièce le directeur pointe sa baguette vers la malle qui s'ouvre aussitôt. Il se met à discuter avec le vrai Alastor Maugrey. Il se tourne vers moi :

Comment vas-tu Harry ? demanda-t-il avec une lueur inquiète dans les yeux.

Je vais mieux professeur… Comment avez-vous su ?

Le vrai Alastor ne t'aurait jamais éloigné de moi après ce qui s'est passé cette nuit.

Je vis le professeur Rogue revenir avec une petite fiole incolore. Je devine que c'est du veritaserum qu'il tient dans la main. Dumbledore pose des questions au faux Maugrey. Il demande au professeur McGonagall de m'amener à l'infirmerie.

Je me réveille encore une fois dans un confortable lit de l'infirmerie il doit être environ 16h. J'essaye de me redresser mais un poids au niveau des jambes m'en empêche, et je vois Patmol en train de dormir. Je vois arriver Mrs Pomfresh et la rassure de mon état de santé mais n'échappe pas au contrôle médical, ce qui réveille Sirius. Elle me donne finalement l'autorisation de sortir.

Ce que je vais, et me dirige vers la salle commune avec Sirius sur mes talons. Je monte dans mon dortoir, que je verrouille après m'être assuré qu'il soit vide. Il se métamorphose.

Comment vas-tu ?

Encore un peu sonné…Je veux savoir ce qui va se passer à partir de maintenant.

Je ne peux rien te dire, en dehors du fait que tu vas retourner chez les Dursley cet été.

Ah ! fais-je déçu.

Bon, je te laisse, je ne peux pas me permettre de rester plus longtemps ici.

Je le prends dans mes bras une dernière fois, déverrouille la porte puis le regarde partir. Sur la porte est accroché un mot « Soit à 18h dans la Grande Salle. Hermione. ». Je m'y dirige donc rapidement, croisant des élèves s'écartant sur mon passage. Je cherche la chevelure brune et broussailleuse de ma meilleure amie, je viens m'installer a ses côtés, puis fait comme tout le monde : fixer et écouter attentivement son discours sur les choix à faire dans un avenir proche et de la regrettable disparition de Cédric, assassiné par Voldemort.

Cela fait trois semaines que je suis de retour au 4 Privet Drive et je n'ai toujours de lettre, de qui que ce soit, aucune nouvelle du monde magique, aucune nouvelle de mon monde. Je n'arrête pas de repenser au Tournoi, à la mort de Cédric qui n'a rien demandé et je revois dès que je m'endors la cérémonie de renaissance de Voldemort puis notre combat. Je me revois dans le bureau de Maugrey, le « Maugrey » en face de moi qui était en réalité Barty Croupton Jr, l'arrivée de Dumbledore qui lui fait dire comment il est arrivé là.

Je décide alors d'aller me balader, pour me changer un peu les idées. En passant devant le miroir, je remarque qu'en dehors du fait d'être habillé plus que simplement, j'ai des cernes très, même trop grosses. Je sors discrètement de la maison, piquant un bout de pain en douce. Je passe devant la maison de Mrs Figg et me dirige vers le parc de jeux, à quelques minutes du quartier.

Je m'assois dès mon arrivée sur une balançoire et repense à ma vie depuis mon entrée à Poudlard. J'ai quand même failli y passer 3 fois, pour empêcher Voldemort de revenir… Et maintenant il est là. Qu'est-ce qu'il va se passer à présent ?

Je n'ai pas le temps de continuer de méditer que Dudley et sa bande arrivent. Ils se fichent de moi, mais partent en courant dès que le temps se rafraîchit brutalement et que le ciel se couvre. Nous les suivons avec Dudley à la vitesse maximum que nous pouvons vers le passage de Magnolia Cross, où nous ralentissons pour nous abriter.

Quand je vois les lampes se couvrir de givre, je comprends que ce changement de temps n'est pas normal : des détraqueurs sont là. Ni une ni deux, ils arrivent et se précipitent sur nous sans que j'aie le temps de comprendre. Dudley se fait agresser, et j'attrape a baguette avant de m'évanouir, étant attaqué moi aussi. Je lance le sortilège du patronus et fait apparaître le mien, afin de mettre en fuite les détraqueurs.

Une fois qu'ils sont partis, je me précipite vers cet idiot de Dudley qui n'est pas parti quand je lui ai dit de le faire. Lais qu'est-ce qu'ils faisaient ici, ces monstres ? Azkaban n'a pas déménagé ! Je tente de relever le balourd tandis qu'arrive Mrs Figg. Je range discrètement ma baguette, mais elle m'arrête et me conseille de la garder à la main.

Nous sommes finalement rentrés et les Dursley ont emmené Dudley à l'hôpital, me laissant seul à la maison, une fois de plus enfermé dans « ma » chambre.

En plein milieu de la nuit et en plein milieu de mon sommeil, des bruits de pas et de chuchotements me réveillent. Des « chuuuut » et des « attends, silence » filtrent sous ma porte, et je vois une petite lumière au travers de mon verrou, qui m'indique qu'on ouvre ma porte, avec un sort… Est-ce que c'est Voldemort ? Qu'est-ce que…

La porte s'ouvre doucement sur Maugrey, Lupin, et autres personnes dont les visages me reviennent plus ou moins.

Allez Harry, on s'en va, et sans discussion !

Nous voyageons en balais avec des sorts de dissimulations, Maugrey ordonne au autres de voler en formation et de continuer même si il y a un mort. Nous nous arrêtons dans un parc, puis sortons face un vieux immeuble. Maugrey frappa avec sa canne le bitume, comme par enchantement une porte apparu entre le 11 et 13.

Nous sommes arrivés à l'Ordre… L'Ordre du Phénix… Je devrais être heureux… En fait, je le suis, et beaucoup… Qu'est-ce qui va bien pouvoir se passer cette année ? Les questions n'ont pas le temps de fuser dans ma tête, que déjà Hermione et Ron se jettent sur moi.

POV Pansy

Avant de clôturer cette petite cérémonie, commença Voldemort en levant sa baguette vers moi, je suggère de la soumettre à un petit test.

Quel genre de test ? intervint Mr Parkinson.

On discute mes dires ?

Non… se rangea mon père.

Je disais donc, je suggère de la soumettre à un test de legilimencie, comme pour tous les juniors que nous avons intégré récemment, dit-il en jetant un coup d'œil vers Drago.

Voldemort leva sa baguette vers moi, la pointa sur mon front, et je me sens compromise. Je sais que si je ne suis pas sauvée par le gong immédiatement, il va me tuer. Et même s'il ne le fait pas, papa et maman vont me renier. Non, ils n'en auront pas le temps, il va me tuer, sans aucun doute.

Puis-je ajouter une suggestion ? dit une voix grave.

Le gong ! S'il y a une divinité quelque part qui y est pour quelque chose, je te remercie !

Dites toujours, Severus ?

Si je puis me permettre, vos pouvoirs surpassent de très loin tous les notres… Il serait donc évident que Mlle Parkinson ne vous résiste pas. En revanche, que quelqu'un d'autre le fasse, quelqu'un de moins… Puissant, nous révèlerait quel est son niveau d'occlumencie, et ce qui lui reste à apprendre.

Très bien Severus, très bien… Voyons… Mrs Malefoy est-elle parmi nous aujourd'hui ?

Un mangemort encapuchonné s'avança vers le seigneur des ténèbres et retira son masque.

Oui seigneur.

Très bien ! Occupez-vous donc de Mlle Parkinson.

Oh non… Oh non… Divinité ratée va ! Elle… Elle ne me supporte pas cette bonne femme, rien que de me voir en peinture, ça lui donne la nausée. Je le sais, elle ne se gêne pas pour me le faire comprendre, voire me le dire lorsque l'on se rencontre.

Narcissa leva sa baguette vers moi, s'approcha de quelques pas, et prononça la formule. D'un coup, des souvenirs me revinrent en tête, sans que je ne puisse rien contrôler.

Je suis au jour où je surprends mes professeurs découvrir qui se cache sous Maugrey Fol'œil. Tout se passe trop vite, je n'ai pas le temps de comprendre ce souvenir.

Tout s'arrête aussi vite, le souvenir changeant, dans une transposition de fondu, laissant place à un autre souvenir.

C'est ma conversation avec Dumbledore. Le jour où il me dit que je peux faire quelque chose. Que je peux être un agent double, mais qu'il faut absolument que j'intègre les rangs des mangemorts pour arriver à mes fins.

Je sens le lien de legilimencie faiblir, et je sais que Mrs Malefoy va tout dire à Voldemort, je le sais. Mais un autre souvenir surgit, et celui me surprend.

Je suis avec ma cousine Sabrina, dans le parc de Poudlard, sous le grand chêne, près du lac. En dehors de l'école, je n'ai pas le droit de la voir. Je ne suis même pas sensée la voir à l'école non plus, car c'est une sang mêlé, et mon père ne supporte pas la moindre goutte de sang moldue.

Drago ?

Oui, Drago, répons-je avec un triste sourire, car elle adore ce garçon de loin autant que moi de près.

Eh bien, qu'est-ce qui t'inquiète ?

Depuis quelques temps… Il a les mêmes occupations douteuses que mon père, que tu n'es pas sans connaître. Et je sais que quelqu'un va lui faire du mal. Je le sens… C'est bizarre, tu sais.

Si tu le sens… Il faut que tu l'aide. Il ne faut pas qu'il devienne comme ton père…

Le début de la conversation est coupée, la fin aussi, mais Narcissa rompt le lien de legilimencie, et me regarde avec des yeux inquiets, comme je ne l'ai jamais vue afficher lors de réunion de mangemorts. Mais elle se reprend, se tourne vers le mage noir, et répond à ses attentes.

Elle est faible, en matière d'occlumencie. Je lui suggère des cours, même intensifs. Avec Severus serait le mieux. Elle pourrait s'entraîner à l'école, sans attirer l'attention, dit-elle d'une voix dure.

Je vois…

Aucun signe de traîtrise, si c'est là votre réflexion, maître.

Oui, j'avoue que cela m'a traversé l'esprit, sourit-il en se tournant vers moi. Eh bien ma petite Pansy… D'ici notre prochaine rencontre, tâche de t'améliorer.

Ses yeux sont d'une forme et d'une couleur à faire froid dans le dos, et je réprime des frissons. A ces mots, Voldemort disparaît, et Mrs Malefoy se précipite sur moi, m'attrape le bras et transplane.

Nous sommes dans un parc pauvre, sec et isolé, malgré ce chaud mois d'août. Elle me regarde droit dans les yeux. Je sais ce qu'elle veut savoir. Mais je sais aussi qu'elle ne me croit qu'à moitié.

Pansy, tu… Est-ce vrai, ce que j'ai vu de ta conversation avec cette fille ?

Oui, répons-je sèchement sans la regarder.

Tu penses vraiment qu'il est en danger ? demande-t-elle inquiète.

Mrs Malefoy, d'après vous ? hausse-je le ton en levant les yeux vers elle. C'est devenu un mangemort, pour une mission très précise ! D'après vous, il ne risque vraiment rien, à être le serviteur d'un mage noir ? Il aura beau être à Poudlard, rien ne le protègera.

Si, dit-elle avec une lueur de faux espoir.

Non, je peux vous l'assurer.

Si, dit-elle persuadée maintenant de son affirmation.

Ah bon ? Eh bien éclairez-moi, histoire que je puisse me protéger moi aussi, hein !

Toi, Pansy. Toi, tu vas le protéger. Que je te le demande ou non, je sais que tu aurais gardé un œil sur lui, mais là, je te le demande, sincèrement.

C'est assez hypocrite de votre part. Vous me haïssez, depuis presque toujours, et vous me demandez de surveiller votre enfant.

Comme tu surveillera Potter. En échange, je te promets de m'arranger pour m'occuper de la legilimencie à chaque réunion de mangemort.

Je n'aime pas beaucoup cette femme, mais ce qu'elle me propose est décidément sans appel.

Si vous faillissez, je pourrais bien me tromper aussi, dis-je dans un regard de défi. Maintenant, ramenez-moi chez moi.

Elle me ramène effectivement chez moi sans un regard, et repart aussitôt. Mais je sais qu'elle comme moi, nous sommes plus soulagée qu'il y a ne serait-ce qu'une heure.