Un petit conseil avant de commencer : ne vous habituez pas à un rythme pareil ! De ce côté, je suis totalement incorrigible ! Mais je me soigne ! Du moins, j'essaie ! Je compte d'ailleurs sur vous pour me motiver !
En commençant à écrire, j'avais dans l'idée de faire une fiction participative, sans parvenir vraiment à me fixer sur le comment. Certaines de vos reviews m'ont donné quelques idées, les récentes aventures d'un faux défunt-tavernier également. Je reviendrai très probablement vers vous lorsqu'il sera temps de lancer Bigoudi dans le grand bain ; en espérant que vous nous suiviez !
Merci à ma Fofolle, Chiara Cadrich, Bones/Symbelmyn, Finduilas, mimi70 et Laessiel pour vos reviews. Je suis super heureuse d'avoir réussi à éveiller votre intérêt avec ce premier chapitre, j'espère continuer à vous convaincre !
Merci encore à mes critiques de choc ! (Nham, même si tu connais déjà, je veux des reviews !)
Je vous souhaite une très bonne lecture et un beau week-end printanier pour les uns, sans trop de tempête de neige pour les autres !
Connaissez-vous ce sentiment, cette impression dérangeante qui vous submerge juste avant de vous évanouir ? Vous entendez chaque son, ressentez chaque vibration, chaque odeur, avant que tout ne s'assourdisse, ne se mélange et ne vous emporte dans une inconscience cotonneuse. C'est tout juste si vous sentez vos jambes fléchir sous vous, et si vous avez le temps de vous inquiéter de ce voile noir qui couvre vos yeux.
Ce fut en tout cas exactement ce que ressentit Bigoudi Bouclebrune en se rendant compte qu'il avait échoué. Son rêve de petit garçon, brisé en mille morceaux, écrasés et piétinés par les pieds velus et calleux de ceux qui riaient à côté, sans se soucier de lui. Il avait tout perdu. Il n'était plus rien.
Ce ne fut que par un réflexe inespéré qu'il ne tomba pas et qu'il s'accrocha à la première chose qu'il put. La chose en question – de race hobbite très certainement – remarqua la pâleur de Bigoudi et parvint tant bien que mal à l'extirper de la foule qui se pressait devant le panneau et l'emmena s'asseoir un peu plus loin. Puis il tira un mouchoir de sa poche, alla le tremper dans la rivière et le lui appliqua sur les tempes.
Remarquant que Bigoudi avait un renflement dans la poche de son manteau, il en sortit la pomme et le beignet préparés par Madame Bouclebrune et en fit manger un morceau au défaillant hobbit.
La fraîcheur du mouchoir et l'apport de sucre firent rapidement leur effet et Bigoudi commença à reprendre ses esprits. Le Hobbit qui lui était venu en aide portait fièrement l'uniforme des Shirrifs, et il reconnut Robin Petitterrier qui le regardait avec inquiétude.
« Ça va mieux ? »
Comment serait-il possible d'aller mieux ? Je ne pourrai jamais devenir Shirrif. Je vais être la honte de la famille. Comment pourrais-je jamais l'annoncer à Maman ? Et toi, là, qui me nargues avec ton uniforme pourri, tu crois que tu vas pouvoir m'aider ?
Fort heureusement, aucun mot ne réussit à franchir ses lèvres. Bigoudi hocha alors vaguement la tête, vaincu, et ce simple mouvement lui donna presque la nausée.
Petitterrier se leva pour reprendre son service et il s'éloigna, non sans lancer un dernier coup d'œil à Bouclebrune. Il était triste pour le jeune Hobbit. Il l'avait fréquemment croisé : toujours au premier rang, le bras levé, l'air sérieux. Certes, il avait toujours l'air un peu prétentieux, mais à son regard, il savait qu'il n'était pas là par hasard. Robin n'aurait jamais pu imaginer qu'il échouerait à son examen. Mais apparemment, il n'était pas le seul surpris.
Bigoudi s'était prostré, submergé par les pensées sombres qui l'assaillaient et cette ligne qui ne cessait de le hanter « Bouclebrune Bigoudi... refusé ». Le jeune shirrif se promit de repasser un peu plus tard, pour voir s'il était encore là. Mais lorsque les Hobbits avaient fini par se disperser et qu'il revint près du banc prendre des nouvelles, il n'y avait plus personne.
L'âme en peine, notre Bigoudi avait réussi à se lever et à se diriger lentement vers le smial de sa mère. Avec un peu de chance, peut-être qu'elle ne remarquerait pas ses yeux rouges, sa voix chevrotante, les larmes qui menaçaient de couler et son air hagard. Heureusement, il ne croisa personne de sa connaissance sur le chemin et il put taper du pied dans les cailloux, maugréer, sangloter et ruminer tout son content.
Son état n'était guère meilleur lorsqu'il ouvrit finalement la porte du logis familial. Aucun bruit. Le soulagement le submergea : sa mère avait très certainement dû aller prendre le thé chez une amie. Cela lui laissait le temps d'aller se doucher, effacer les traces de sa détresse et trouver comment expliquer la situation à sa mère.
Il rangea soigneusement son manteau, et se dirigea vers sa chambre. D'un coup d'œil professionnel – non, se corrigea-t-il douloureusement, d'amateur vaguement éclairé – il nota que la cuisine était vide mais que le four était encore chaud. Sa mère ne serait jamais allée rendre visite à quelqu'un les mains vides, et compte tenu de l'odeur, elle avait dû faire une tarte aux fraises et une mousse au chocolat.
En passant devant le salon, il entendit un craquement discret. Si le smial n'avait pas été aussi silencieux et si les cambriolages et autres vols à la tire ne sévissaient pas actuellement dans la région, Bigoudi n'y aurait jamais fait attention.
Il saisit une canne qu'il trouva posée dans le couloir et entra aussi discrètement que possible dans la pièce. Ne notant rien de spécial - les fenêtres étaient intactes, l'armoire où sa mère rangeait l'argenterie était toujours bien fermée - il s'apprêtait à ressortir lorsque des Hobbits surgirent de derrière le canapé. Ils criaient, hurlaient, riaient, chantaient, certains trinquaient et d'autres agitaient fièrement des drapeaux où était écrit « Félicitations Bigoudi ! »
