Edit : tout d'abord, veuillez m'excuser pour cette (très longue TT) absence !! Mais me revoilà, et cette fois je compte bien finir ma fic '. J'espère que vous appécierez mon chapitre 2 ! -

Note : les personnages du Château de Hurles ne m'appartiennent pas.

Chapitre 2

"Lâche-moi tout de suite !!" Crachait Sophie.

"Non madame, vous allez venir avec moi que vous le vouliez ou non", répondait Hurle en rigolant.

"Mais je peux marcher toute seule, je n'ai plus quatre-vingt-dix ans !!"

"Rooo !! T'es pas drôle !"

Quelques minutes plus tôt, Sophie et Hurle avaient entamé une course-poursuite dans le château, Sophie refusant catégoriquement de laisser sa pauvre boutique et cherchant désespérément un endroit où échapper au magicien. L'ayant retrouvée (très facilement d'ailleurs) il l'avait soulevée par la taille et perchée sur son épaule. Il l'avait ensuite emmenée dans le salon et avait tourné la porte vers le repère jaune, Halle-neuve. Sans la lâcher, il avait remonté toute la rue et était arrivé jusqu'à la grande place qui effrayait tant Sophie les jours de fête. Puis il était passé dans une allée et s'était arrêté dans une petite auberge.

"Je t'ai dit de me lâcher !!" hurlait presque la jeune femme.

"A vos ordres !" lui répondit-il joyeusement avant de la laisser tomber d'un seul coup sur le sol.

"Aie ! Tu aurais pu me poser plus doucement !" Râla Sophie.

"C'est toi qui m'a dit " Lâche-moi !" Alors je t'ai lâché ! Mais si tu veux, je la refais."

"Quoi ??"

C'est ainsi qu'il la fit basculer une fois de plus sur son épaule.

"Et maintenant, je te « pose » par terre."

Cette fois-ci, il la récupéra doucement dans ses bras, et la fit descendre sans pour autant la lâcher, ce qui acheva d'embarrasser Sophie.

"Euh…Tu me lâches maintenant ?" demanda nerveusement Sophie qui sentait brûler ses joues.

"Non."

"Comment ça non ?"

"Non c'est tout."

"Mais…"

"S'il te plait. Juste une minute... Implora le jeune homme."

"…"

Sophie ne put que le laisser faire. Au bout d'une minute il la lâcha enfin, et repris d'un air enjoué :

"Bon. Après cette courte pause, nous allons repartir. Viens Sophie."

"Moui…" Il est devenu complètement fou. Pensait Sophie dont les joues commençaient à perdre leur nuance rosée.

"Bon, c'est par où ? Ah. Bonjour madame Yoriel !"

La barmaid se retourna. C'était une femme plutôt carrée, avec des cheveux roux sagement coiffés en chignon. Elle portait un grand tablier rouge. Elle fût apparemment très surprise d'entendre la voix du magicien.

"Oh, mais c'est Hurle ! Comment vas-tu ? Cela fait longtemps que tu n'étais pas venu dans mon auberge ! Mais dis-moi tu as bien grandi ! Ca te fait quel âge maintenant ?"

"Hm...23 ans à ce qu'il paraît", lui répondit le magicien en la gratifiant d'un sourire en coin.

"C'est bien ce que je pensais…Comme le temps passe vite…Mais qui est cette jeune femme ?"

Sophie, qui avait retrouvée sa couleur de visage naturelle, s'empressa de se présenter.

"Bonjour madame. Je m'appelle Sophie Chapelier. Enchantée."

"Moi de même, même si j'aurais préféré que vous vous appeliez Berlu …"

(Sophie s'étrangla)

"Yoriel !" Coupa Hurle, légèrement gêné par la remarque si peu voilée de la barmaid.

"Si on ne peut même plus rigoler ! Mais en tout cas, elle est très jolie." Ajouta-t-elle pour le magicien.

"Yoriel…Arrête sinon Sophie va passer le stade de couleur de la tomate cuite au Soleil !" répondit Hurle en riant.

"Bon …Alors, qu'est-ce que tu veux ?" demanda la barmaid.

"Dis-moi, ma chère Yoriel, la cave est-elle toujours intacte ?"

"Aaahh…J'en étais sûre…Tu as encore des ennuis c'est ça ?" Lâcha cette dernière avec une intonation pleine de sous-entendus.

Bien que n'ayant pas tout compris, cette dernière phrase était bien entrée dans la tête de Sophie. Et ainsi elle retourna un regard meurtrier au magicien. Le visage du jeune homme pâlit légèrement, puis il répondit le plus rapidement possible à la barmaid (afin que Sophie n'ait pas l'opportunité d'ouvrir la bouche) :

"Et non ! Mais aujourd'hui je m'accorde une journée de congé, tu sais comme je suis occupé (Sophie toussa), je ne peux même pas dormir une heure ! (Sophie s'étouffa) Et bien Sophie, ca ne va pas ?"

"Arg…Si si …"articula péniblement la jeune fleuriste.

"Tant mieux ! Donc, je voudrais me servir de la « cave » pour profiter de ma journée de repos bien méritée avec mon amie Sophie !" Conclut le magicien le sourire jusqu'aux oreilles.

Yoriel acquiesça, partit derrière son comptoir, disparut un instant, puis revint, une petite clé à la main.

"Et voilà ! Porte du fond Hurles. Mais je te déconseille le turquoise…je crois que tu es toujours recherché…"

"Humm…Bien. Ils n'ont vraiment rien dans la tête, ceux-là…Merci Yoriel !" conclut le magicien.

Sophie n'avait absolument rien compris de la conversation avec la barmaid, mais n'eut même pas le temps de signaler son incompréhension, le jeune homme l'ayant attrapée par le poignet et la trainant vers une porte dans les tréfonds de l'auberge.

"Tu verras, je suis sûr que ça te plaira Sophie !"

"Mais quoi donc ?"

Hurles se retourna, arborant un sourire plus que satisfait, comme s'il avait attendu cette question depuis des heures. Il lui répondit simplement qu'elle était une fille bien trop curieuse, et qu'elle ne lui laissait même pas le temps de lui faire la surprise.

Soudain, tandis qu'il se dirigeait vers la porte pour y entrer la clé minuscule, le magicien se stoppa. Il fit volte-face, fixant Sophie d'un regard étrange, nouveau.

Une tendresse profonde.

"Qu…quoi ? Il y a un problème ??" S'étonna la chapelière, arborant quant à elle une expression d'incrédulité totale.

"Aucun. Tu sais, Sophie…Après réflexion…j'aime beaucoup…les rousses…"

Il lâcha la poignée, et de sa main libre, effleura du bout des doigts la joue rosie de la jeune femme, arrachant un frisson timide à cette dernière.

"Est-ce que…tu es malade ? Tu n'as vraiment pas l'air normal, en ce moment."

"Hm…Ah ! Mais ! Tu es blonde cuivrée en fait, n'est-ce pas ? Aha !"

Sophie prit assez mal ce qu'elle considérait comme une plaisanterie. Il n'était tout simplement PAS possible qu'Hurle ait des pensées autres qu'amicales envers elle, et le simple fait que cette plaisanterie idiote ait pu fait réagir aussi rapidement son épiderme agaçait on ne plus la fleuriste. Elle croisa rageusement les bras, et observa la porte d'un intérêt nouveau.

"Bon, on y va ?" demanda-t-elle simplement.

"Ah ! Enfin un peu d'enthousiasme !" répondit Hurles, fier de lui, et surtout heureux de voir la jeune femme changer de sujet d'elle-même.

Le magicien murmura quelque chose, que Sophie ne put entendre. Puis il tourna la clé dans la serrure, et le repère au-dessus de la porte devint bleu ciel. Prenant soin d'éviter de toucher le bras de Sophie - celle-ci émit alors l'hypothèse qu'il craignait qu'elle le contaminât de sa « fausse rousseur », en ne se rappelant que trop bien l'épisode de la vase verte « cosmétiques en folie » - il empoigna sa manche et ouvrit la porte.

Lorsqu'ils eurent franchi cette dernière, Sophie crût tout d'abord être aveuglée. Puis elle se rendit compte que cette cécité était causée par le soleil de plomb qui semblait régner en maître ce jour-là.

La jeune femme se tourna vers le magicien. Celui-ci humait l'air, un grand sourire aux lèvres. Cette vision frappa Sophie de plein fouet. Hurles, en plein soleil, semblait pareil à une statue, une œuvre d'art figée. Les rayons du soleil jouaient dans ses cheveux, créant des reflets d'or par endroits. Ses yeux bleus fixés vers le ciel s'étaient comme changés en deux saphirs miroitants, et le cœur de Sophie manqua un battement.

"J'avais peur que le temps ne soit pas bon, mais on a de la chance, c'est magnifique aujourd'hui !"

"Oui, magnifique…"répondit Sophie, qui se détacha avec difficulté de sa contemplation, se rappelant à contrecœur son simple statut de fleuriste, au service du plus beau magicien du monde.

Tandis que Hurles lançait des « je suis génial » à qui voulait l'entendre, sous prétexte qu'il avait choisi la meilleure journée, la jeune femme entreprit de visiter les lieux. Elle s'était éloignée d'environs quatre mètres quand un bras fort la retint par la manche.

"Mais que croyez-vous faire mademoiselle ?" demanda le magicien en riant.

"Je visite." Répondit simplement Sophie.

"Non, tu me fuies. Aujourd'hui, je ne te lâche pas. Tu vas m'avoir sur le dos toute la journée, que tu le veuilles ou non. Alors ? On y va ?" conclut-il d'un sourire éclatant.

Sophie soupira, rechigna, acquiesça. Constant sa reddition, Hurles prit d'une délicatesse infinie le poignet de la jeune femme, l'entraînant avec lui à travers les jardins lumineux.

"Bienvenue à Etheves, ma belle !"