Chapitre 2

Chapitre 2

Nymphadora Tonks se redressa tant bien que mal, malgré le vacarme assourdissant qui régnait dans sa tête, qui venait de heurter le sol. Son avant-bras était affreusement douloureux, ce qui lui arracha un gémissement. La jeune Poufsouffle se leva maladroitement, en s'aidant d'un des bureaux de bois de la salle. Où étaient-ils tous passés ? Ils étaient là quelques minutes auparavant. Elèves, professeur, ils avaient tous disparus. La jeune femme mit quelques minutes avant de retrouver son équilibre. Elle tituba quelques secondes mais, aidée du bureau, la jeune Tonks parvint à se redresser. Elle sortit lentement de la salle, aidée par le mur de pierres froides. S'attendant à trouver Slughorn et ses camarades de classe dans le couloir, la jeune femme fut désagréablement surprise de trouver le couloir étonnement désert. Déstabilisée, la jeune sorcière monta d'une démarche maladroite les marches menant des cachots de Slughorn à la grande salle. Plusieurs élèves étaient assis aux tables de chaque maison. Nymphadora fut surprise de n'en reconnaître aucun. Le choc, surement. Elle s'approcha de la table noire et jaune, où un jeune homme était occupé à manger une énorme part de gâteau au chocolat

-Salut

-Chalut, lui répondit-il la bouche pleine.

-Je ne t'ai jamais vu avant. Tu es en quelle année ?

-7ème et toi ?

Troublée, la jeune femme ignora la question.

-Tu es nouveau ?

Le jeune homme la dévisagea d'un air incrédule.

-Euh… non, je suis là depuis 7 ans.

Nymphadora resta muette. Comment pouvait-elle ne pas connaître un Poufsouffle du même âge qu'elle ? Elle le regardait, étonnée. Il ne semblait, lui non plus, pas la reconnaître.

-ça va ?

-euh… oui.

Tonks se releva et sortit rapidement de la salle. Elle remonta les escaliers au pas de course en direction de la salle commune des Poufsouffle, où elle espérait trouver quelqu'un de connu, et se reposer quelques heures. Tant pis pour son cours de sortilèges de l'après-midi. Arrivée devant le tableau du chevalier en armure aux couleurs de l'Angleterre, la jeune femme prit la parole :

-Bonjour, Wilfried. Comment allez-vous ?

-Qui… Qui êtes vous pour oser adresser la parole à un chevalier de mon rang ? répondit-il d'un ton accusateur.

-Je n'ai pas envie de rire, Wilfried. Le mot de passe est Dragon à Collerette. Laissez-moi entrer.

-Je regrette, le mot de passe est incorrect, affirma le portrait, un air victorieux peint sur le visage.

-Mais, ce n'est pas possible, il n'a pas pu changer depuis ce matin !

-Non, en effet, le mot de passe n'a pas changé depuis plus d'un mois.

-...

De plus en plus troublée, la jeune femme fit demi-tour, sans un regard pour le portait, avec qui elle avait eu tout au long de sa scolarité de très bonnes relations. Pourquoi avait-il réagit comme ça ? Il ne semblait pas la reconnaître. Pourquoi ? Pourquoi tout était soudain si étrange ? La jeune femme ne reconnaissait rien, ni personne, comme si… comme si elle avait changé d'époque. Se frappant intérieurement d'avoir des idées si invraisemblables, la jeune femme erra quelques temps, sans savoir où aller, ni quoi faire. Elle alla finalement se réfugier aux toilettes des filles du 3ème étage, évitant soigneusement ceux du 2ème, où Mimi Geignarde avait élu domicile.

Après s'être passée de l'eau fraiche sur le visage, la jeune femme s'observa longuement dans l'un des miroirs ternis de la salle. Ses lèvres étaient rosées, et ses yeux, d'un marron sombre, étaient marqués par l'anxiété et la fatigue. Depuis quelques mois, les cheveux de la jeune Métamorphomage étaient courts, d'un rose vif, parsemés de mèches violettes, rose pâle et noires. Tonks avait toujours aimé l'originalité. En repensant à l'expression choquée du professeur McGonagall, le jour où elle était venue en cours pour la première fois avec ses cheveux roses, la jeune femme sourit à son propre reflet, mais elle se ravisât immédiatement, repensant aux étranges évènements de la matinée.

Tout d'abord, la jeune femme avait raté sa potion. Jusqu'ici, rien d'étrange. Nymphadora Tonks ratait gtoujoursg/ ses potions. La jeune femme avait ensuite heurté le sol, après avoir été soulevée par des flammes verdâtres. On aurait pu penser aux flammes produites par la poudre de cheminette, mais la jeune femme avait ressentit d'intenses brulures le long de son corps. De plus, elle n'était alors en possession d'aucune poudre, quelle qu'elle soit, et elle se trouvait au fond d'une salle et non dans une cheminée. Non, c'était très étrange. Le ventre de la jeune femme se noua lorsqu'elle pensa à l'élève de la grande salle. Elle ne le connaissait pas. Il semblait pourtant être dans la même classe qu'elle. Que lui arrivait-il donc ?

La jeune Poufsouffle jeta un dernier coup d'œil à son reflet, puis sortit des toilettes. Elle se dirigeait à présent vers une grande fenêtre donnant sur le parc. Elle aimait observer la nature. Elle connaissait le paysage par cœur, pour l'avoir souvent dessiné ou peint à l'aquarelle lors de ses heures libres. Elle aimait beaucoup dessiner le saule cogneur, cet arbre si large, et à l'écorce si vieille et abimée… C'était un arbre dangereux, duquel personne n'osait jamais s'approcher, mais la jeune sorcière avait pris l'habitude de passer des heures à observer et dessiner ses larges branches aux feuilles d'un incroyable vert et ses épaisses racines noires.

A sa grande surprise, lorsque, assise sur le rebord de la fenêtre, elle tourna la tête en direction de son arbre, elle ne vit pas l'habituel arbre, grand, large et résistant. A la place de celui-ci se trouvait un saule cogneur plus petit et frêle (mais tout de même assez gros et large pour causer de graves dégâts à qui oserai s'en approcher.). Cependant, après quelques minutes d'observation, la jeune femme put apercevoir que les branches du jeune saule étaient exactement aux mêmes places que celles de l'autre arbre. « Comme un clone », pensa la jeune femme. Encore quelque chose d'étrange… De nouveau élèves, de nouveaux arbres… C'était comme si la jeune femme était dans un autre monde…

Après quelques minutes immobile, la jeune femme longea le couloir au pas de course, en direction du bureau du directeur. Elle le trouverai et lui raconterai tout. Il saurait quoi faire. Elle en était persuadée.