Chapitre 2 :

Les Œufs et le temps

Un bruit strident déchira les tympans d'Eragon. Celui-ci se redressa en sursaut et dans la foulée, enfonça le petit bouton du réveil minuscule que lui avait donné Oromis. Le jeune homme regarda autour de lui un peu perdu. Il se trouvait dans la maison-arbre qui avait appartenu à Vrael. Le soleil coulait à flots dans la chambre et la couchette vide de Saphira disait qu'elle était partie tôt pour chasser.

- Ce n'était donc qu'un rêve…

Son cousin passa alors la tête dans la pièce, les cheveux en bataille, les yeux cernés et l'air pas du tout réveillé. Il bailla largement et demanda :

- Qu'est-ce qui vient de sonner ?

- Un réveil. Je dois me préparer pour l'entrainement. Vanir ne devrait pas tarder. Tu devrais faire de même.

Roran hocha la tête et repartit en baillant.

- Heu…Roran ?

- Oui ?

- Par là, c'est un cul-de-sac…

- BONG !

- AÏE !

- Ca ira ?

- Ouais, ouais, ne t'occupe pas de moi…

Eragon secoua la tête avec une ébauche de sourire. Puis, il se leva, se doucha et se rasa en vitesse. Enfin, il enfila de nouveaux vêtements : des bottes et d'un pantalon noir comme de l'encre et d'un haut bleu saphir qui se fermait par un lacet placé au niveau du cœur. Puis, il prit le carquois et l'arc que la Reine lui avait donné en poussant un soupir de regret de ne pas sentir le poids rassurant de Zar'roc à ses côtés.

Il descendit de l'arbre tandis que Saphira se posait dans l'herbe douce.

« Bonjour Saphira. Ta chasse a été bonne ? »

« Oui, Eragon. J'ai attrapé un jeune bouc mais, je m'inquiète pour toi depuis qu'on a revu Murtagh et qu'il t'a dit que Morzan était ton père, tu n'es plus le même… »

« Tu n'as pas à t'en faire. C'est juste que j'aie du mal à me faire à l'idée que je suis le fils d'un Parjure…Mais, aujourd'hui, je me sens étrangement calme et puissant. Je ne sais pas ce qu'il m'arrive… »

« Je pense que nous le saurions bien assez tôt si nous demandons à Oromis… »

Le dragonne coupa le lien et s'envola. Quelques temps plus tard, Roran descendit à son tour vêtu de la même tunique son frère sauf que le pantalon était brun et le haut de couleur automne.

Ensemble, les presque frères se dirigèrent vers le terrain d'entraînement où les attendait déjà Vanir. Roran alla s'asseoir un peu plus loin tandis que le dragonnier et l'elfe se mettait en position avant d'engager le combat.

Plus loin...

Le châtain regardait avec amusement les deux dragons. Puis, il prit un air faussement contrarié et déclara :

« Vous auriez pu prévenir avant qu'on parte. Si on l'avait su, on aurait attendu… »

Le dragon vert tourna un regard affectueux vers son dragonnier.

« Je suis désolée mais, je ne pensais pas que ca arriverait aussi tôt. »

« Ce n'est pas de ta faute. Tu es une dragonne et Aiedail est ton compagnon. Ca devait arriver un jour ou l'autre… En attendant, félicitation à l'heureuse maman et à l'heureux papa !! C'est trois œufs sont magnifiques !! »

« Ils sont tous destinés à des dragonniers. Cela prendra du temps avant qu'ils n'éclosent… »

« Du temps ? C'est justement ce qu'il nous manque… »