Bonjour tout le monde !
J'espère que vous avez apprécié le premier chapitre, et voici donc, dans quelques instants, le second !
Merci à Wam pour sa revue encourageante et à Flap-Jack17 de suivre l'histoire, ce qui m'a aussi permis de voir que mon histoire avait été trouvée et appréciée par d'autres que mes ami(e)s *cough* BBrocklehurst *cough*.
(J'ai pas la pression maintenant ! X'D)
Sans plus attendre, voici la suite, et on se retrouve en bas !
La poudre de cheminette l'avait directement amenée sur le Chemin de Traverse. En dix ans, la rue commerciale sorcière avait eu le temps de se refaire une beauté, mais le magasin de farces et attrapes des Weasley était toujours la boutique qui se distinguait des autres. L'énorme tête rousse qui soulevait son chapeau souriait de cet air ahuri un peu flippant quand on faisait une visite nocturne de l'avenue.
Luna aimait les odeurs de marrons et de sucre qui flottait entre les passants plus ou moins pressés. Il était bientôt l'heure de manger, et les effluves salés des restaurants se mêlaient aux précédentes. Les sorciers, ici, se retournaient moins sur son passage, plus habitués à voir des Nés-Moldus et même parfois leurs parents battre les pavés usés par le temps.
En dix ans, la blonde aussi avait eu le temps de changer. Son jean trop grand attaché par une ficelle épaisse et une seule bretelle était déchiré au niveau des genoux et était court au-dessus de ses rangers. Un débardeur blanc déformé se cachait sous sa veste denim délavée. Elle en décrocha ses lunettes de soleil au miroir vert pour les mettre sur son nez et retourna sa casquette pour la mettre à l'endroit. Son fidèle bouchon de Bièraubeurre était à présent accroché à son poignet. Ses voyages dans le monde entier, moldu comme sorcier, avaient particulièrement métamorphosé son style. Ses cheveux courts, en revanche, venaient d'une pensée pour sa mère. Un matin, la sorcière s'était observée dans le miroir pour se rendre compte que, grandissant, ses traits étaient devenus plus anguleux, comme le souvenir qu'elle avait d'elle. La jeune femme lui parlait encore souvent, comme si elle était là.
Les runes intégrées dans le verre de ses lunettes tournoyaient dans son champ de vision, traquant les potentiels Nargoles et Joncheruines qui pouvaient venir déranger les sorciers. Mais pas que. Ses lorgnospectres n'étaient qu'un lointain souvenir qu'elle avait largement amélioré depuis. Et le look de ces binocles était beaucoup plus apprécié. Elle joua un peu avec la monture pour que les runes s'estompent et ne gâchent pas son champ de vision puis contourna un vendeur de marrons sauteurs et s'engouffra dans la boutique pour laquelle elle s'était déplacée.
.
« Bonjour ! .. Ah ! Miss Lovegood, Luna ! Quel plaisir de vous voir. »
La voix rauque et ancienne de Garrick Ollivander fit sourire la sorcière et elle s'approcha du vieil homme qui prit ses mains dans les siennes. Le faiseur de baguettes avait gardé ses yeux vifs et alertes, même si le temps et la guerre y avaient laissé également leurs marques. Son intonation avait cependant un effet réconfortant sur la grande blonde. Ils avaient été enfermés si longtemps dans la cave des Malfoy, qu'ils étaient devenus proches, seule figure amicale l'un pour l'autre, qu'ils avaient pu voir jusqu'à l'arrivée du trio et de l'Elfe Dobby.
« De même monsieur Ollivander, elle ne s'était toujours résignée à l'appeler par son prénom, du moins pas en sa présence. J'espère que vous vous portez bien, j'ai un cadeau pour vous !
— Un cadeau ? Essayez-vous donc, je vais aller nous faire chauffer du thé. »
Il gesticula ses vieilles mains noueuses comme des branches dans la vague direction de fauteuils antiques dans le fond de la boutique. Luna était ravie de voir les étagères de nouveau remplies de baguettes du sol au plafond. Une seule fois elle avait mis les pieds dans la boutique juste après le passage des Mangemorts et l'enlèvement du propriétaire qui n'avait pas fourni les réponses attendues. Ce fut une des fois où la guerre avait réellement atteint sa bonne humeur. L'odeur du thé aux agrumes se mêla à celle de la vieille menuiserie et elle effaça vite les sombres souvenirs de la caboche de la sorcière. Celle-ci remonta ses lunettes sur le dessus de la visière de sa casquette et elles émirent un petit bruit sonique avant de se mettre en veille.
Tasses et théières cliquetant, Ollivander revint de l'arrière-boutique et déposa son plateau sur un petit guéridon bancal.
« Sucre et lait ?
— Oui, merci. »
Tranquillement et avec minutie, l'artisan agrémenta les deux thés avec leurs propres préférences et souleva délicatement tasse et coupelle pour les donner à Luna qui le remercia avec un nouveau sourire. La jeune femme posa le tout sur ses genoux, pour ne pas se brûler en étant impatiente. Le calme de l'homme contrastait avec sa vie de ces dernières semaines, et comme depuis longtemps, elle se sentait bien de sa seule présence silencieuse. Il ne parlait jamais pour ne rien dire, comme elle, à sa propre manière. Luna trempa finalement ses lèvres dans le thé juste parfait et profita de quelques gorgées.
L'année scolaire ayant commencé depuis plusieurs mois, les sorciers ne se bousculaient pas pour venir acheter des baguettes et ils risquaient peu d'être dérangés. Après un long silence confortable et une demi-tasse de liquide en moins, la blonde posa sa coupelle sur l'accoudoir du fauteuil qu'elle occupait et se pencha pour récupérer son sac à dos. Avec milles précautions, elle récupéra sa boite d'acajou et en sortit la petite bourse de tissu refermant son butin de voyage.
« Votre cadeau ! fit-elle sans cérémonie en le lui tendant.
— Oh ! »
Le vieil homme posa à son thé et s'empara du présent. Son visage s'illumina rapidement quand il en découvrit le contenu et il releva des yeux brillants vers sa jeune amie.
« Détrompez-moi, Miss Lovegood, ce sont bien des poils de Womatou ?
— Vous ne vous trompez pas le moins du monde !
— Comment avez-vous donc fait ?
— Comme je l'ai dit à Rolf pas plus tard que ce matin, j'ai de très bons contacts avec une jeune chamane cherokee.
— Vous ne cesserez jamais de m'étonner, Luna. Je vous remercie du fond du cœur pour ce présent inestimable. »
Garrick Ollivander s'inclina tellement que sa touffe de cheveux effleura ses genoux, la touffe de poils de Wamatou serrée tout contre sa poitrine. La sorcière adorait faire des cadeaux aux gens qu'elle appréciait. Qu'elle aimait. Il n'y avait presque rien d'autre qui la rendait plus heureuse.
« Mais pas un mot sur la provenance des nouveaux cœurs de vos baguettes, par contre ! N'est-ce pas ?
— Evidemment. »
La dernière chose que Luna voulait, c'était avoir des ennuis avec Awinita et les Cherokee ou être elle-même harcelée pour récupérer la précieuse ressource. Elle s'enfonça de nouveau dans son fauteuil et termina sa boisson.
« Feriez-vous la joie d'un vieil homme en me faisant le récit vos derniers voyages ? »
À une époque, il partait probablement lui-même à la recherche des bois et des cœurs de ses baguettes. Aujourd'hui, ce n'était plus cas, mais Luna aurait donné beaucoup pour partir à l'aventure avec un jeune Garrick dans le monde entier. Il devait avoir aujourd'hui plus de cent ans et c'était lui qui l'avait émerveillée avec ses histoires magiques littéralement et au figuré, lorsqu'ils avaient été retenus prisonniers. À voix basse, calme, agrémentant certaines phrases de gestes souples de ses grandes mains, Ollivander était un magnifique conteur.
.
« J'ai été accueillie aux Etats-Unis par un sorcier minuscule qui parlait pourtant avec une grosse voix, commença-t-elle en imitant un instant un ton aussi grave qu'elle le pouvait, si bien que j'ai d'abord cru que le COMEUDA était hanté par une basse profonde d'un opéra qui aimait jouer des tours… Jusqu'à ce que je baisse les yeux. »
Luna, quant à elle, aimait mimer et imiter ce qu'elle racontait, revivant son récit à chaque fois qu'elle le narrait.
« Mes papiers étant encore en règle depuis mon dernier voyage sur le continent, on m'a vite autorisée à rencontrer le contact de la Tsalagiyi Detsadanilvgi, la branche orientale des Cherokee… Je pense qu'on a voulu se débarrasser de moi au plus vite, les Américains doivent vraiment avoir un drôle de passif avec les Magizoologues britanniques.
« Je me suis donc retrouvée en face d'un jeune gars plus grand que moi, la peau acajou, bâti comme un baobab. C'était Atohi, qui avait grandi depuis ma dernière visite et ramenait sous son bras un coffre renfermant le Portoloin qui nous amènerait dans sa tribu. Un garçon incroyable celui-là, vous vous souvenez ? Il a les mêmes que les Wamatous. Je suis persuadée qu'il va devenir un très bon Legilimens. Mais même s'il fait maintenant une tête de plus que moi, c'est toujours le plus adorable des intermédiaires auxquels j'ai jamais eu à faire.
« Il y a vraiment quelque chose que j'aime dans toutes ces tribus que je rencontre : Moldus et Sorciers vivent ensemble dans la plus grande harmonie… »
La jeune femme continua ainsi un long moment, gesticulant et modifiant sa voix pour le plaisir de l'histoire. Comment la timide Awinita s'ouvrait plus à elle, depuis sa dernière visite. Elle était la cousine de Atohi et était une des chamanes du groupe. Son lien avec les grands félins à six pattes était fort et Luna était persuadée qu'elle pouvait lire en elle comme un livre ouvert.
« Nous avons passé des nuits, toutes les deux, à observer les étoiles tourner dans le ciel en fumant un calumet rempli d'une herbe dont je suis incapable de prononcer le nom, le rire de la jeune femme ponctua l'aveu, puis elle reprit : à l'aube, elle me faisait guetter le réveil d'oiseaux minuscules dans les branches encore plongée dans l'ombre nocturne puis fuyait à travers les herbes hautes et les fourrés.
« Un matin, nous avons trouvé un ancien quartier général du COMEUDA remontant au dix-huitième siècle, complètement abandonné… »
Elle se souvenait facilement des gloussement d'Awinita en découvrant les atours des sorciers de l'époque, qui gesticulaient sur des portraits décolorés. La nature avait repris ses droits dans beaucoup de pièces et l'Indienne avait réussi à trouver une salle de bal dont le toit de verre avait depuis longtemps disparu. Luna sourit pour elle-même, se remémorant les yeux brillants de la chamane et comment celle-ci l'avait entrainée dans une danse joyeuse en poussant des exclamations chantées dans sa langue. La blonde garda cependant secret le souvenir du baiser que son amie lui avait donné à cette occasion et qu'elle chérissait avec le plus grand soin.
« Le lendemain, elle me prit la main et me guida en silence dans le labyrinthe de la forêt pour me montrer une famille de Womatous qui jouaient dans un rayon de soleil… »
Alors, ça vous a plu ?
Avez-vous trouvé mon petit clin d'œil ? (ainsi que celui du premier chapitre ?)
Sur ce, je vous dis à la semaine prochaine !
