Chapitre 1

Été mémorable ou banal

Point de vue Laurence

Ah, enfin l'été! Je viens de finir officiellement ma première année au Cégep et ça pas été de tout repos, mais mon travail a porté ses fruits et j'ai eu d'excellentes notes. Je suis trop fière de moi!

Seule dans mon petit local après mon dernier exam de la session, j'exécute une feinte avec mon épée double comme si je combattais un des mannequins en bois dont je suis habituée. J'adore m'entraîner, ça m'aide à me relaxer ou encore à me changer les idées. Tout comme la danse et le chant, en fait.

— Laue?

Je me retourne vers la porte et j'aperçois ma meilleure amie de toujours, Alexandra. Dès que je la remarque, elle reprend :

— Allez, viens! Les filles nous attendent.

Je lui souris et je lui dis ensuite que j'arrivais. Je me dirige vers mon sac de sports et mets la bandoulière du sac sur mon épaule. Après, je prends mon sac d'école pour le mettre sur mon dos. Ceci étant fait, je me tourne vers Alexandra et l'accompagne jusqu'à la cafétéria où nous attendaient Catherine et Molly, comme ma bff vient de me l'informer.

XXX

Arrivant à la cafétéria, nous remarquons enfin nos amies et sans surprise, on découvre les meilleurs amis de mon ex, David et Kyle, qui par conséquent, trainent encore avec nous, malgré le départ d'Austin de nos vies, tout juste avant de commencer le Cégep. En nous approchant plus d'eux, Alexandra et moi entendons le sujet de leur conversation. Je me tourne vers elle :

— Bon, qu'est-ce qu'ils font encore? réprimais-je sur un ton accusateur.

— Des conneries. Comme toujours, me répond-elle, aussi blasée que moi.

— Hahaha, je te crois tellement sur parole!

J'éclate de rire et Alexandra me rejoint aussitôt. En arrivant près de la table, je salue tout le monde et je dépose mes deux sacs. Ils cessent de parler pour se concentrer sur Alexe et moi.

— Où t'étais encore? me gronde Catherine, t'aurais pu me texter quand tu as fini ton exam.

— T'aurais dû voir ça, Laue, ironise David, c'était vraiment…

Mais le jeune homme ne peut finir sa phrase, car Catherine le fusillait du regard, apparemment pas désireuse de revenir sur le sujet.

— Mais ta gueule! s'exclame-t-elle en le frappant sur le bras.

— Tu sais comment elle est, Cath, lance Alexandra avec un sourire, trouvant ce qui se passe sous ses yeux très comique.

— T'étais en train de t'entraîner, je me trompe? fais remarquer Molly en pointant mon épée de son crayon.

J'observe rapidement son dessin. Il est magnifique! Elle est tellement douée. Molly a beau être la plus jeune d'entre nous, elle est la plus mature. Ça pour l'être, elle l'est. J'admire son intelligence hors du commun. Molly est même meilleure que moi à l'école. Au point que si on lui proposait de faire un quiz sur la connaissance générale, elle aurait tout bon.

Je me décide de lui répondre :

— En effet, Molly. Je m'entraînais et désolée Cath, de ne pas t'avoir texté, j'ai juste complètement oublié.

— Ça va, je te pardonne. Je sais que t'as tellement de fun quand tu t'entraînes que tu vois pas le temps passé.

— Ouais, c'est tout toi, ça, ajoute Kyle, tout sourire.

Je ris nerveusement tout en passant une main derrière ma tête. C'est vrai, je suis tellement à fond que j'oublie le temps qui passe.

— Dites, toujours partants pour la sortie? nous demande Catherine.

— Eh comment! répondis-je avec entrain, mais avant, je vais aller me changer.

En effet, je n'aime pas trop m'entraîner avec des jeans. Alors, après mon exam, je suis allée me changer. Et maintenant que tout le monde a fini, je crois que ça serait une bonne idée de revenir dans mes jeans.

Je prends mon sac de sport et me dirige vers la salle de bain, quand une idée m'effleure. J'en souris d'avance.

— Oh et juste comme ça… Faites pas trop de cochonneries en mon absence, hein, les gars?

— On parlait de porno, lance David, d'une traite.

— Je vois, dis-je en me retournant.

Maeuh! Ma blague est fichue! David, tu vas le regretter!

Après cinq minutes, je ressors donc de la salle de bain en prenant mes choses et nous étions partis.

J'ai peut-être une vie banale, elle ne l'est moins quand je suis avec mes amis. Étant sérieuse de nature, ils sont les seuls à m'amener faire la fête! Autrement dit, à tasser la sérieuse d'un bord et prendre la folle de l'autre.

XXX

Nous avions décidé d'aller jouer aux quilles pour fêter l'été qui arrivait. Donc, nous nous rendons, de ce pas, au salon de quilles près de chez Cath. Alors que nous venons juste de commencer la partie, David et Kyle sont déjà en avance sur tout le monde, comme d'habitude.

— Strike! lance David, en levant son poing dans les airs.

— Wow! T'es en feu, Dave! le complimentais-je.

— Hey, ne m'oubliez pas surtout! réplique Kyle, et Strike, moi aussi!

C'est maintenant le tour de Molly. Alors, elle s'avance, se prend une balle et la lance. Malheureusement, elle finit sa course dans un dalot. Au prochain coup, il lui restera que trois quilles.

Du côté de moi et Alexandra, on parle de tout et de rien, en attendant notre tour.

— Bah, c'est sûr que j'aime mieux la cuisine que ça, déclare-t-elle au moment que Catherine se levait pour son tour.

— C'est sûr! On l'air d'une bande d'amateurs dans ta cuisine!

On entend David, devant nous, qui déclare qu'il a encore fait un Strike. Catherine proteste, visiblement irritée de se faire voler la victoire par David.

— Ah, tabarnak! Tu m'as encore dépassé!

David se retourne vers elle et affiche un regard espiègle.

— Moi aussi, je t'aime.

À ce moment, on le fixe toutes et éclate de rire. Visiblement, les filles et moi avions pensé à la même chose. Cette impression se confirme quand Molly s'exclame :

— Est bien bonne celle-là! Surtout que t'es pas sarcastique une seconde!

David se tait aussitôt et se met à rougir. On vient de le prendre sur le fait qu'il était en train de crouser Cath. Oh, prends ça, David!

— Oh, trop cute! m'exclamais-je, me joignant à la plaisanterie de Molly.

— Je suis d'accord, ajoute Alexe.

XXX

Descendant de la voiture de Cath, j'observe ma maison d'un air serein. Cette sortie était géniale! Cela faisait un moment que j'étais pas allée jouer aux quilles. En fait, ça faisait plus de dix ans. Du haut de mes dix-neuf ans, je me révélais plutôt pas si mal, mais finalement c'est David qui avait gagné la partie. Kyle le suivait de près avec dix points d'écart. Dommage! Meilleure chance la prochaine fois. Enfin, si j'y retourne. Car, j'ai une drôle d'impression qui me dit que ça va prendre un bout de temps avant de retourner jouer aux quilles avec une belle gang d'amis. N'empêche, la blague qu'on a faite à David était vraiment drôle.

Nous entrons dans la maison seulement nous quatre, car les garçons avaient décidé d'aller faire de quoi, sans nous. Aller faire quoi? Aucune de nous le savait. Les petites merdes! Osez nous faire des cachoteries comme ça!

Puis, je remarque qu'on était seules. Bien, pas tout à fait. Taki et Kira viennent nous accueillir avec leurs miaulements habituels. Je les adore, mes chattes! Elles sont vraiment adorables!

Donc, après une caresse, les filles me suivent dans la cuisine et je leur laisse la liberté de se prendre de quoi si elles le voulaient. Pendant que mes amies se ruent sur le petit frigo pour se prendre à boire, je ne peux m'empêcher de penser à David et Kyle. Mais qu'est-ce qu'ils font? En même temps, ce sont des gars. Ils font leurs trucs de gars.

Nous décidons de commencer sans eux. Molly descend les escaliers la première et je ferme la marche. Arrivées en bas, les filles s'installent.

— Ça vous dit de jouer à Just Dance? demandé-je.

Oui, je veux jouer à Just Dance, bon. C'est un classique dans notre gang. La danse fait partie intégrante de ma vie comme le maniement des armes l'est.

Les filles me donnent leur approbation et je mets alors Just Dance 2017. Nous dansons une danse quand j'entends la sonnette.

Je me rue vers l'escalier, car je suis sûre qu'il s'agit probablement les garçons. J'arrive en haut et je vois qu'il s'agit effectivement de David et Kyle. Je vais leur ouvrir la porte.

— Mais où vous étiez?

J'ai pas pu me retenir. Je suis vraiment trop curieuse dans la vie.

Je regrette aussitôt ma question et je m'empresse de déclarer :

— Finalement, je veux pas savoir, dis-je en partant vers l'escalier.

Les garçons me suivent et on descend les marches l'un derrière l'autre. Dès que j'arrive en bas, je vois Cath se faire une danse à elle seule et je devine sans la moindre difficulté le regard de David sur elle.

Dès qu'elle me vit, elle met la Wii sur pause et me demande de venir la joindre.

— Mais tu t'en sortais très bien toute seule, répondis-je en souriant, toujours dans les escaliers.

— Elle a pas tort, tu sais, ajoute David sur un ton lourd de sous-entendus.

— Toi, ta gueule, s'exclame Catherine, qui apparemment, lui en veux encore pour le bowling.

J'éclate de rire, car évidemment, je trouve cette situation très drôle. Je demande à tout le monde si ça leur tente de jouer à Mario Kart, maintenant que les gars sont arrivés. Ils ont tous répondu à l'affirmative. Je vais mettre le jeu et on s'installe.

XXX

On a joué environ une heure à Mario Kart. J'ai trouvé ça vraiment amusant! Surtout quand on a fait la course de l'arc-en-ciel! Quasiment tout le monde est tombé au moins une fois. On a ri comme des dingues aussi quand Molly et moi, on a pas arrêté de se bousculer. À un moment donné, Cath est passée devant la télé et s'est mise à danser ou faire n'importe quoi, j'avoue que j'étais un peu occupée pour la regarder. Par contre, David, oui. Il l'a pas quitté pas des yeux littéralement. Ah, ce David...

Ensuite, on a un peu discuté, puisque quand tu finis l'école normalement, t'as plein de sujets de conversation en tête. On parlait des projets qu'on allait avoir pendant l'été, quand Cath a commencé à parler de garçons. Le sujet qu'on doit pas parler avec moi.

Ça m'énerve littéralement quand qu'on parle de mecs, car ça me rappelle Austin, qui a été mon premier amour. Je peux toujours tenter d'oublier, mais je me souviendrais toujours de cette nuit.

XXX

Tout a commencé au secondaire. Plus précisément en secondaire 5. J'étais toujours avec Alexandra, Catherine et Molly. Un jour, un nouvel élève est arrivé dans notre école. Il s'appellait Austin Yukimora. Son nom avait une petite consonance japonaise, mais il avait en aucun cas l'accent ni l'apparence. On aurait dit un Québécois comme tout le monde, mis à part les sacres et les expressions familières.

Au début, je lui accordais pas beaucoup d'attention, car je m'occupais de mes études. Disons que j'avais l'habitude de m'occuper de moi et moi seule. Pourtant, ça l'a pas empêché de venir me parler. Pour ce qui était de David et de Kyle, ils sont devenus les meilleurs amis du monde. Ils trainaient tout le temps ensemble. Et c'est un peu grâce à l'initiative des trois qu'ils sont maintenant dans notre gang.

Sinon, pour revenir à moi et Austin, on a commencé à se fréquenter, à aller voir des films au cinéma. Et je lui ai même montré quelques trucs au combat. Il a été très impressionné. Et finalement, à la fin de l'année, il y a eu le bal. Évidemment, David a demandé à Catherine d'y aller avec et Kyle en a profité aussi et a demandé à Alexandra. Seulement Molly avait pas de cavaliers, mais ça l'intéressait pas vraiment.

Le bal qu'on a eu, c'était le meilleur qu'on puisse avoir. Et c'est précisément cette nuit-là qu'Austin m'a embrassé pour la première fois, en plein milieu de la piste de danse. J'y finis par tomber amoureuse de lui. J'en étais sûre en le voyant en magnifique complet avec sa cravate verte pour fiter avec moi, car oui, on est allés au bal ensemble. Le rêve que toutes les filles rêvent de vivre.

On est sortis ensemble pendant un an jusqu'à cette fameuse nuit, quelques jours avant que je commence le Cégep. J'étais dans ma chambre en train de dormir quand j'ai entendu un bruit à ma fenêtre. Je me suis levée et j'ai vu qu'Austin se tenait derrière ma vitre. Il est descendu et m'a serré dans ses bras pour m'embrasser après. Je le voyais bien, ce baiser avait une certaine urgence comme s'il était inquiet pour quelque chose. Je lui ai demandé ce qu'il avait. Alors, il m'a tout expliqué :

On peut pas être ensemble. Je peux pas te dire la raison, mais crois-moi, je te quitte pas parce que je t'aime pas. C'est parce que je peux pas. Pour te protéger...

J'ai eu de la misère à entendre sa dernière phrase, donc j'ai accordé mon attention à tenter d'analyser le sens de ses paroles. Je l'ai alors questionné pour tenter de comprendre :

Tu dois repartir au Japon? Tu sais, je peux survivre à une relation à distance.

Il m'a regardé intensément et m'as répondu que c'était pas pour ça, mais qu'il était dans l'obligation de partir et de sortir de ma vie. Je me suis mise à pleurer et il m'a aussitôt prise dans ses bras en me répétant que ça va aller, qu'il m'aimera toujours. Il m'a accordé une nuit avec et le lendemain, je me suis réveillée et je me suis rendu compte qu'il était plus là. J'ai pleuré toutes les larmes de mon corps.

XXX

En tout cas, parler de gars m'a fait rappeler cette nuit et je l'ai vraiment pas trouvé drôle. Je dis précipitamment aux filles que je vais aux toilettes en filant vers la salle de bain. Je ferme la porte, mais au moment que je la barre, j'entends une étrange voix m'appeler dans ma tête. Comme si ça se pouvait... Ça tombe vraiment mal. Il a vraiment choisi son moment.

« Laurence »

Cette voix masculine a prononcé mon nom… Ne me dites pas que je deviens schizophrène? Bien sûr que non! Je suis en pleine santé. Comment ça peut arriver? Et d'ailleurs, la voix m'a pas insulté. Je sais de source sûre que quand t'es schizo, la voix dans la tête te méprise. Je décide donc de laisser tomber et d'y réfléchir plus tard. Je fais ce que j'ai à faire et je sors rejoindre les autres. J'attends sur le bord du couloir et j'écoute les filles en train de discuter.

C'est à ce moment-là que j'entends Catherine dire qu'elle a complètement oublié qu'elle a une date ce soir. Je lève mes yeux au ciel. Elle et ses dates. Notre conseillère en relations amoureuses se lève pour pogner sa sacoche et me dépasse pour aller retoucher son maquillage.

Et étant donné que moi je déteste le maquillage, je m'enlève du couloir et Molly prend ma place. Les deux filles discutent de mecs et de trucs à l'eau de rose. Je vais rejoindre Alexandra, blasée.

— Ça va? Je sais bien que quand on parle de ce sujet-là, ça te rappelle ton ex.

— Ça va aller, Alexe. Je suis une dure, mais merci de demander.

Elle éclate de rire. Maudit que je l'aime ma bff.

XXX

On a fini par suivre Cath, car une soirée au bar, ça fait le bonheur de tout le monde. Cath s'occupe de sa date, qui est pas mal beau, je tiens à le préciser. Mais la plupart des beaux gars, c'est souvent des tous de culs. Et de notre côté, on rit et on s'amuse. J'ai starté une partie billard contre David. C'est vraiment hilarant.

Après quinze minutes à garrocher des balles dans des trous, j'entends d'une oreille, une conversation un peu trop animée, dans le mauvais sens. Je me tourne discrètement. C'est Cath et son monsieur, qui disait s'appeler Alexis. Il est en train de lui gueuler dessus littéralement. Ça commence à me déranger. David remarque que j'ai cessé de jouer et me regarde.

— Ça va?

Je dis rien, mais je me contente de pointer les deux autres du menton. David comprend aussitôt ce qui se passe et vient me rejoindre.

À force de les écouter, je perds l'intérêt de continuer, quand soudain, j'entends Alexis lâcher le mot « pute ». Qu'est-ce qu'il vient dire là? Là, j'en peux plus. Je prends la baguette de billard et je la brise en deux. En me foutant des conséquences, bien sûr.

Je me rue vers le salaud qui vient de parler et je le frappe avec l'une des deux moitiés du bâton.

— Maudit cave! C'est elle qui prend la peine de t'inviter et toi, tu la traites comme de la marde! Je vais te montrer ce que je réserve aux petits salauds de ton espèce, éclatais-je en me retenant de le frapper avec mes poings, car j'ai une petite base d'arts martiaux.

Je prends une grande inspiration et dis précisément :

— Excuse-toi!

Il dit pas un mot.

— Mais excuse-toi, mon osti.

David s'en mêle et ajoute :

— Crois-moi, tu ferais mieux de pas la rendre plus en colère qu'elle ne l'est déjà, si tu veux pas te ramasser à moitié mort, battu à l'épée double. Je dis ça juste comme ça.

Point de vue Alexandra

Je venais de sortir de la salle de bain quand je remarque Laurence qui s'énerve encore après un gars. Et pas n'importe quel, mais la date de Cath en plus. Mais c'est quoi l'affaire? Pourquoi elle s'énerve après et pourquoi je manque tout le temps l'action?

Je décide de rejoindre Kyle pour lui demander des infos. Il m'informe qu'Alexis a traité Cath de pute et que Laurence est allée le tabasser… avec un bâton de billard pété par ses propres moyens ? Wow…

En tout cas, si elle avait pas réagi, je l'aurais fait. Personne parle comme ça à mes amies sans prendre la raclée de sa vie. N'empêche, c'est précisément au moment que je m'en vais que toute l'action se passe. Mais pourquoi je manque tout le temps le meilleur moment? J'aurais aimé voir ce qui se passe! Ah, maudite vessie! Si ça continue, je vais devoir me retenir la prochaine fois.

Point de vue Laurence

Alexis me regarde, regarde David et revient vers moi. Il déclare qu'il avait finalement de quoi à faire et il détale comme un lapin, la queue entre les jambes.

Les autres, ayant assisté à la scène, viennent nous rejoindre et me féliciter.

— Wow! Tu lui a rentré dedans pas à peu près, me félicites Kyle.

— T'as raison! J'ai pas vu le début, mais c'était très drôle de le voir crisser son camp! ajoute Alexandra.

Je me tourne vers Cath.

— Si jamais un autre gars te traite de nom, dis-le-moi. Je m'en charge.

— Pour être honnête, je m'en foutais un peu qu'il m'ait traitée de pute. Parce que je me disais bien que t'allais débarquer pour le massacrer et que ça serait pissant au bout de te le laisser.

— Mets-en! lui répondais-je avec entrain.

— Mention spéciale pour ton numéro avec le bâton! s'exclame Molly. Mais comment t'as fait ça?

Je hausse les épaules et lui souris. Tout de même, toute une soirée.

XXX

Nous sommes de retour chez moi et les gars nous ont laissés entre filles. C'est assez fin de leur part. Mais quand même, qu'ils fassent pas leurs conneries en ma présence.

En me plongeant dans mes pensées afin de trouver quelque chose à faire, je descends en bas chercher mon sac d'ordi qui contient mes cahiers d'écriture au cas où on finit la soirée chez quelqu'un d'autre et repars en haut en laissant mon regard arpenter la cuisine et c'est alors que je vois une lueur éclairer, dans les ténèbres de la nuit, une des fenêtres de ma remise, alors que normalement, nous gardons tout le temps la lumière fermée quand on l'utilise pas. Tiens donc, c'est pas normal, ça. Je sais parfaitement que nous sommes seules. Je le suis tout le temps en réalité. Mes parents sont toujours pris par leur travail. C'est pour ça que je suis sérieuse de nature. Ils tiennent de moi d'avoir une image irréprochable, mais avec mon côté imprévisible, c'est pas évident.

Maintenant que j'y pense, ils vont sûrement entendre parler de ma petite saute d'humeur de taleur quand ils vont revenir. J'ai repayé le bâton, mais quand même…

— Hey, Laue!

Je reviens vers la réalité, enfin, je crois, et me tourne vers Cath qui tente d'attirer mon attention.

— Quoi?

— Mais qu'est-ce que tu regardais?

Je soupire. Je décide alors de leur dire la vérité. C'est ce que je devais faire, selon moi.

— J'ai remarqué une lueur venant de la remise et je trouve ça louche, car normalement nous gardons toujours la lumière fermée quand on l'utilise pas. Alors, j'aimerais aller voir, pour être honnête.

— Alors, on vient avec toi, affirme Alexandra.

Les deux autres hochent la tête à l'unisson, signe qu'elles veulent en faire autant. Je souris. Mais qu'est-ce que je ferais sans elles? Probablement rien…

Nous sortons par la porte de côté. Nous nous dirigeons vers la remise et je pose finalement ma main sur la poignée et sors la clé pour ouvrir la porte, mais je m'arrête net. Les autres filles tentent d'entrer, mais elles me foncent toutes dessus.

— C'est quoi le problème? s'exclame Catherine

— Averti quand tu t'arrêtes soudainement, gronde Alexandra.

— C'est vrai. Tasse-toi, on voit rien, ajoute Molly.

— Voyez par vous-même… soupirais-je en me poussant le plus possible pour pointer un coffre qui reluit d'une lueur bleue au fond de la remise.

— Normalement, je te dirais de pas t'en faire, mais là, commence Molly, la situation devient plus louche que prévu.

Elle a raison. Habituellement, il m'arrive de m'inquiéter pour des choses et d'autres et c'est tout le temps elle, avec sa légendaire intelligence qui me dit que tout va bien aller et tout. Mais dans ce cas-ci, ce n'est pas normal.

Je prends alors mon courage à deux mains et m'avance vers le coffre. J'entreprends de l'ouvrir pour découvrir à l'intérieur une épée. C'est donc elle qui fait briller le coffre. J'entends Molly parler derrière moi :

— C'est normal qu'on trouve une épée dans ta remise?

— Non. Mon oncle me l'aurait dit s'il avait rangé une épée ici. Tu sais bien que mes parents sont pas au courant.

— C'est vrai, se rappelle Alexandra, c'est ton oncle qui t'entraînait.

Eh oui, c'est le cas. Mon oncle, Anthony, alias Tony, m'entraîne au maniement des armes depuis que je suis toute petite et l'épée double est mon arme de prédilection depuis mes 10 ans. D'ailleurs, je suis la seule de la famille hormis lui qui sait s'en servir et effectivement, mon oncle est le seul au courant.

— J'veux pas casser l'ambiance, mais comment vous expliquez que l'épée brille? réplique Catherine.

Je me tape le front de ma main. Et un peu plus et j'oubliais l'élément le plus étrange dans tout ça! Je tends alors la main, comme si une force inconnue m'attirait et je pose mes doigts sur la garde de l'épée. Au moment où ma peau la touche, je reçois un choc électrique et le son se répercute dehors. Les filles et moi, on se regarde, ébahies.

— C'était quoi, ça? s'exclame Molly.

— Là, on vient de basculer dans le surnaturel, fais-je remarquer, voulant faire de l'humour.

Mais pourquoi j'ai dit ça dans un moment pareil!?

— Nan, tu crois? ironise Cath.

— Ça pourrait être vrai! affirme Molly.

J'ai pas le temps de leur répondre une connerie de ma fabrication, car l'épée, chargée d'énergie électrique, s'élève soudainement et s'illumine d'un blanc éclatant. J'en ai mal aux yeux rien qu'à l'observer! Mais qu'est-ce qui se passe à la fin?! Je le sais pas et j'aime pas ça!

Je reprends donc mon attention sur l'épée. Elle irradiait de lumière. Au moment où je m'y attends le moins, la lumière explose et nous apporte toutes les quatre avec elle.


Salut!

Vous avez sans doute remarqué que j'ai décidé d'updater la fanfic.

Eh oui, j'aimerais qu'on ait pas trop de misère à me lire, alors je m'assure que j'ai pas fautes.

Rendez-vous au chapitre 2!

Gennaria xxx