Chapitre1: Premier Contacte

Abigaëlle courait entre les arbres sans regarder derrière elle, ils la poursuivaient encore, ne pourrait-elle donc jamais avoir un seul moment à elle? Elle grimpa rapidement dans les branches d'un sapin en espérant que le fort arôme qu'il dégageait masquerait sa propre odeur. Elle l'escalada jusqu'à sa cime se gominant la peau avec la sève qui s'écoulait de son tronc. Même pour elle l'odeur du sapin agressait ses narines, dont l'odorat était surdéveloppé, mais cela pouvait lui permettre de leur échapper ne serait-ce que pour une heure, cela en valait la peine.

Plaquée contre le tronc rugueux et odorant de l'arbre, elle tenta au mieux de retenir sa respiration. Cette satanée sève serait très difficile à retirer de ses cheveux, mais cela en valait la peine. Elle osa jeter un coup d'œil en bas pour entrapercevoir les trois personnes qui la poursuivaient plus tôt. Elle arrêta net de respirer et ne bougea plus d'un millimètre, son regard émeraude tourna rapidement à la couleur de l'or tout ses sens étaient à l'affut du moindre bruit ou du moindre mouvement indiquant que ses poursuivants l'avaient repéré. Abigaëlle entendit un bruit qui semblait provenir d'un autre arbre à une centaine de mètre du sien et ses assaillants semblaient l'avoir entendu eux aussi, car ils partirent dans sa direction laissant à Aby le temps de respirer.

Elle attendit quelques minutes encore, avant de sortir de sa cachette. Après être descendue de son perchoir elle se muta lentement en loup, tout en gardant l'oreille à l'affut du moindre bruit suspect. Une fois sa transformation terminée, elle parti dans la direction opposée à celle qu'avait emprunté les gardes que son père avait mit à sa surveillance. Elle courue jusqu'à en perdre haleine avant d'arriver au bord d'un lac aux eaux noirs par cette nuit sans lune. Elle porta son regard vers la rive sablonneuse qui semblait grise sous le si faible éclairage des étoiles, assit sur une roche, elle pouvait apercevoir une silhouette. Elle s'en approcha lentement à pas feutrés et lorsqu'elle ne fut plus qu'à quelques mètres de cette mystérieuse personne, elle s'aperçut qu'il s'agissait d'un jeune homme et il ne semblait pas avoir déceler sa présence dans la pénombre. Elle décida donc de se rapprocher de lui un peu plus de lui de sorte a déceler les traits de son visage et étant toujours sous sa forme de loup, cela n'était pas vraiment risqué et dans le pire des cas, il s'enfuirait.

La louve noire aux yeux émeraude s'avança donc lentement vers sa cible, tout en s'efforçant de faire le moins de bruit possible. Plus que quelques pas les séparaient et à cette distance elle distinguait parfaitement le visage de l'inconnue. Il avait de magnifique bouche brune qui encadrait majestueusement son visage s'arrêtant juste en dessous de sa mâchoire carré et de son menton légèrement prononcé. La louve se rapprocha d'avantage pour pouvoir discerner ses yeux qui fixait obstinément en face de lui, il semblait avoir l'esprit ailleurs. Elle parvint enfin à discerner ses deux iris qui étaient d'un bleu clair, son visage, en ensemble, lui donnait une allure très noble sans être arrogant. L'inconnu daigna enfin lui accorder un peu d'attention, lorsqu'elle marcha malencontreusement sur une branche sèche qui trainait là.

Elle eut un mouvement de recul lorsqu'elle croisa son regard et fut surprise de ne déceler aucune crainte dans le sien. Par réflexe, elle émit un grognement à son encontre, mais il ne cilla pas une seconde et soutint son regard. Abigaëlle fut parcourue d'un frisson qui lui fit hérisser sa fourrure sur son dos et recula d'un pas lorsqu'il avança sa main dans sa direction. Dans ces moments là, l'instinct animal prenait le dessus sur la raison humaine, ses babines se retroussèrent pour dévoiler ses crocs effilés. Elle recula de nouveau en voyant qu'il ne capitulait toujours pas, son grognement se fit se plus en plus fort.

Alors qu'elle regardait l'homme qui malgré tout restait de marbre, elle commença à se calmer, comprenant que s'il lui avait voulue le moindre mal, il aurait déjà passé à l'action. Elle baissa sa garde lentement toujours méfiante, avant de s'avancer toujours aussi lentement vers l'inconnu dont la main était toujours tendue dans sa direction. Aby reprit peu à peu ses esprit, laissant de côté ses instincts de survie. Il plaça alors sa large main près du museau de la louve noir, pour qu'elle la sente, ce qu'elle fit et sur sa main, elle ne décela aucune odeur qui aurait peu lui attirer l'attention, en fait il ne dégageait presque aucune odeur.

«-N'ai pas peur lui, dit-il d'un voix douce qui la fit frissonner.»

Puis, tranquillement, il posa ça main sur la large tête de l'animal, comme s'il avait peur d'être mordu. Aby ne bougea pas d'un pouce, comme pétrifié par l'initiative de l'inconnu. Il caressa doucement le sommait de son crâne avant de commencer à la caresser derrière les oreilles. Les instincts animal de la louve reprirent le dessus sur sa raison et elle se rapprocha d'avantage du jeune homme. Il caressa ensuite son cou pendant qu'elle s'asseyait sur le sable frais. Plus elle y repensait, plus elle trouvait cela étrange.

Son père lui expliqué comment lui et sa mère c'était rencontré à peine deux ans avant sa naissance et cette situation était fort similaire. Sa mère se trouvait assise sur un banc à l'extérieur d'une demeure situer à quelques kilomètres d'un village avoisinant. Il s'en était approché en forme de loup et comme l'inconnu en ce moment même, elle ne l'avait pas fuit. Elle lui aurait dit qu'elle n'avait vue aucune menace dans son regard sombre et que c'était pourquoi elle ne c'était pas enfui. Son père était tomber sous son charme au premier regard et ce même si elle n'était qu'une humaine, il avait même été jusqu'à la transformer en louve.

Abigaëlle était avec l'inconnu depuis plusieurs minutes déjà et son compagnon ne semblait nullement prêt à partir, car il lui caressait toujours la fourrure sans broncher comme s'il appréciait ce contacte. La forte odeur de sapin qu'elle dégageait ne semblait pas l'agresser et elle-même commençait à s'y habituer. Le regard saphir de son interlocuteur n'était même plus fixé sur elle et était plutôt diriger vers les eaux sombres du lac. Malgré toute la quiétude ce cet endroit, Aby se sentait de moins en moins en confiance avec son environnement. Son regard éclatant regardait rapidement autour d'elle, elle se sentait observée et on aurait dit que l'inconnu partageait son inquiétude, car il avait arrêter de mouvoir sa main sur son cou.

Elle leva les oreilles à l'affut du moindre bruit, mais ce qui l'alarma était le manque total de bruit. Même les oiseaux de nuit s'étaient tus, seul soufflait encore une douce brise tiède. Elle éleva son museau dans l'air et tenta d'y déceler une odeur connue ou inconnu. Après un instant d'analyse olfactive, elle se raidit. Elle tourna sa tête vers l'inconnu et remarqua que lui aussi avait sentit cette odeur, mais il semblait beaucoup plus surprit. Elle tourna brusquement la tête et se redressa, c'était l'odeur de son père qu'elle avait sentit, le chef de meute. Elle fixa de nouveau son compagnon avant de commencer à bouger.

«-Part, lui dit-il comme s'il savait qu'elle le comprenait.»

Et une fois la surprise passée, elle partie en direction de la forêt le plu vite possible, rendue à l'orée, elle se retourna pour s'apercevoir que l'inconnu avait disparu, comme s'il n'avait été qu'un fantôme. Elle couru sous sa forme de loup pendant un moments encore avant de s'arrêter sous un bouleau pour reprendre forme humaine. Plein de questions flottaient dans son esprit qui était ce jeune homme, d'où venait-il et pourquoi se trouvait-il là? Elle se demandait aussi pourquoi il ne l'avait pas fuit, pourtant il aurait eut de bonne raison de le faire, une chose était sure, elle ce devait de le revoir.

Il y eut du mouvement sur sa droite et entendit quelqu'un marcher, elle retient sa respiration, qui cela pouvait-il être. Elle tenta de discerner qui s'approchait dans la pénombre, mais ne vit rien et les pas s'étaient tut. Elle ne bougea pas plus encore nerveuse, ses yeux reprirent une teinte plus doré et lorsqu'elle se tourna de nouveau pour scruter la forêt, de sa vision doré, elle aperçu une silhouette qui s'avançait entre les arbres, elle discernait parfaitement le contour de la personne ainsi que son système sanguin. Plus la personne s'approchait, plus sa respiration s'accélérait, elle avait l'impression de reconnaître cette personne. Elle huma l'air et s'aperçut que s'était son père l'avait retrouvé. Elle sortit de sa cachette en soupirant.

«- Bonsoir papa... dit-elle en avançant vers lui.

-Abigaëlle, ne me fait plus jamais un coup pareil, j'ai envoyer la moitié de mes effectifs à ta recherche, où étais-tu? demanda son père qui le fixait avec un regard inquisiteur.

-J'étais seulement à la rivière, comme d'habitude, tu devrais apprendre à me laisser respirer, j'ai vingt-trois ans maintenant, pas dix!

-Est-ce que tu y étais seul?

-Avec qui j'y aurais été, je n'ai pas d'amis, tout ça à cause de toi! s'exclama-t-elle furieusement.

-Ne me parle pas sur se ton, je suis toujours ton père! dit-il en l'empoignant par le poignet et renifla ses cheveux en poussant un juron. Tu pus l'humain! Si tu croyais que l'odeur du sapin réussirait à camouflé son odeur, tu t'es trompée.

-Argh, mais lâche moi! Et ne viens pas me sermonner, alors qu'on sait très bien qui est le premier à avoir fait copain avec une humaine! Donc, tu n'es pas bien placé non plus! dit elle en se défaisant de son emprise. En plus, on a rien fait, il croyait que j'étais un chien lui, dit-elle en s'en allant.

-Reste ici! dit-il sérieusement.

-Non, je rentres, j'en ai assez de parler avec toi! dit-elle sans se retourner.

-Abigaëlle! S'écria-t-il.»

Elle prit un élan et sauta sur les branches d'un arbre avant de se tracer un chemins dans les branches pour se rendre à sa cabane. Elle allait aller se coucher, elle avait vraiment besoin de se changer les idées.