Auteur : Kristen Hudson
Titre original : Slave Child
Traductrice : Dyneen
Disclamer : Les personnages de Harry Potter appartiennent à J.K. Rowling. Les autres intervenants de l'histoire sont à Kristen Hudson.
Genre : Relation père/enfant SR/HP
Rating : T
Remarques de Kristen : « Cette histoire traite de sujets sensibles tels que l'esclavage et le suicide. Je vais faire de mon mieux pour en parler avec respect. »
L'Enfant esclave
Chapitre 2
Le visage de Drago était un mélange de surprise, d'agitation et de colère voilée.
« Je ne sais pas exactement. » admit-il.
« Tu ne sais pas exactement ? » La voix de Severus était sèche. Il lança à Drago un regard incrédule, mais il n'avait pas le temps de lui faire un exposé sur la stupidité de jeter un sort inconnu, pas s'il voulait limiter les dégâts sur l'esprit ou le corps de Potter.
Ce dernier semblait assez paisible cependant, alors qu'il reposait dans les bras de Severus, sa respiration profonde, mais ils devaient trouver quelque chose pour le réveiller.
Severus lança au garçon blond son regard le plus acéré. « Si tu tiens à ta vie, Drago, tu vas chercher Pomfresh et Dumbledore dans le Grande Salle, et tu leur dis ce que tu as fait. J'emmène Potter à l'infirmerie. »
En lançant un autre regard d'avertissement à Drago, il porta Potter jusqu'à une petite salle vide assez proche où il y avait une cheminée reliée au réseau interne de Cheminette de Poudlard. Un instant plus tard, ils étaient tous deux dans l'infirmerie, un endroit blanc et stérile : des murs blancs, des draps blancs sur des lits étroits, et des rideaux blancs aux fenêtres.
Severus allongea le garçon sur le lit le plus proche, puis sortit sa baguette magique de sa manche et commença à lui lancer quelques charmes de diagnostic. Il n'avait pas encore beaucoup avancé quand il y eut un bruit d'arrivée derrière lui alors que les flammes crépitaient. Severus ne prit même pas la peine de se retourner et continua son travail pendant que Poppy Pomfresh et Albus Dumbledore se dépêchaient de le rejoindre.
« Comment va-t-il ? » demanda Albus d'une voix inhabituellement tendue.
Severus secoua la tête. « Rien ne semble vraiment mauvais. Il a un poids insuffisant et souffre un peu d'un manque de sommeil, mais il n'y a rien qui explique cette profonde inconscience. »
Poppy s'activait de son côté, lançant ses propres sorts de diagnostic et Albus se rapprocha au chevet de Potter et fit de même. Pendant un moment, ils travaillèrent tous trois sur Potter, vérifiant tout, de sa fréquence cardiaque à ses ondes cérébrales. Finalement, ils se reculèrent et se dévisagèrent.
Poppy prit la parole, « Tout ce que je peux dire, c'est que Harry semble être en assez bonne santé. Comme Severus l'a remarqué, il doit manger et dormir davantage. Mais quelque soit le sort de Drago, il semble n'avoir causé aucun dommage. » Elle parut légèrement déconcertée. « Je ne sais pas pourquoi il est sans connaissance. Je vais faire passer une potion de nutrition directement dans son organisme, mais je ne sais pas quoi faire d'autre. »
Albus glissa une main douce dans les sombres cheveux de Potter avant de se retourner.
« Je pense qu'il est temps de parler avec M. Malefoy. » Sa voix était menaçante. « Severus, vous êtes son Directeur de Maison. Aimeriez-vous être présent ? »
« Oui, je suppose que je devrais. » en convint Severus.
Albus se tourna vers la médicomage. « Poppy, est-ce que vous pouvez informer Minerva de ce qu'il s'est passé ? Et demandez-lui également de rester discrète sur le sujet. » Il hésita, puis dit, « Elle peut toutefois en parler à M. Weasley et Miss Granger. Sinon il est fort probable qu'ils explosent mes gargouilles pour me dire que Harry a disparu. Mais elle doit s'assurer qu'ils gardent cette information pour eux. Moins il y aura de personne dans la confidence et mieux ce sera. »
« Naturellement, Albus, » répondit Poppy. Elle lança un Accio sur une potion de nutrition et alors qu'Albus et Severus se dirigeaient vers la cheminée, elle était de nouveau concentrée sur Potter.
Severus prit une poignée de poudre de Cheminette d'un pot sur le manteau de la cheminée et Albus prononça, « Mon bureau, » pendant qu'il faisait un pas dans l'âtre. Severus le suivit et après une crépitation de flammes vertes, il arriva dans le bureau du directeur. C'était une pièce circulaire et spacieuse avec un grand bureau d'acajou, deux ou trois fauteuils rembourrés, plusieurs tables à un seul pied avec des objets en argent placés dessus, et une perche en bronze sur lequel un magnifique oiseau aux plumes rouge et or se tenait.
Severus s'attendait à moitié à ce que Drago les attende, mais la pièce était vide. Albus s'installa dans un des fauteuils et fit signe à Severus dans prendre un.
« Severus, Drago m'a donné sa version des événements, mais j'aimerai entendre la vôtre, s'il vous plaît, » demanda Albus.
Severus l'informa donc qu'il avait gardé un œil sur Potter, de la façon dont le garçon avait hésité à l'entrée de la Grande Salle pour le banquet, avant qu'il ne se dirige finalement vers les escaliers, mais pas assez rapidement pour éviter une confrontation avec Drago. Il raconta le duel qu'il avait interrompu avant de finir sur la façon dont le dernier sort de Drago avait assommé Harry et sur le fait qu'il avait rattrapé le garçon et l'avait porté à l'infirmerie après avoir envoyé Drago chercher de l'aide.
Il essaya de rester aussi objectif que possible, même s'il savait qu'une partie de son aversion pour Potter s'entendait à travers son récit, ainsi que sa sympathie pour Drago. Pas qu'il pardonne ce que le jeune Malefoy avait fait. Severus n'avait aucune patience pour la stupidité, sans compter qu'il ne pouvait pas s'empêcher de se sentir préoccupé par Potter et ce, malgré ses sentiments personnels pour le garçon. Sans Potter pour détruire le Seigneur des Ténèbres, ils étaient tous condamnés. Et il s'inquiétait juste un peu pour le garçon en lui-même. Potter était un des enfants sous la responsabilité de Severus, après tout, même s'il n'était rien qu'un sale gosse arrogant, pourri gâté qui devait être remis à sa place.
Drago, de son côté, avait du vivre avec un père abusif et une mère qui ne s'inquiétait pas pour deux Noises de lui. Ils couvraient Drago de cadeaux et d'autres objets purement matériels, mais ils ne lui avaient jamais donné ce qu'il espérait vraiment : leur affection et leur approbation.
Severus comprenait exactement la souffrance du garçon, ainsi que la tendance de Drago à critiquer les autres et à s'isoler, s'empêchant ainsi de grandir proche de quelqu'un d'autre, de développer des amitiés qui auraient pu l'aider à apaiser sa colère et sa douleur, mais qui le laisserait également vulnérable à un rejet et à plus de douleur.
Oh, oui, Severus comprenait Drago.
Albus écouta le récit en silence, hochant seulement la tête une fois que Severus eut fini puis il alla ouvrir la porte de son bureau, en disant, « Drago est censé attendre dans le couloir. Je l'ai laissé là-bas. »
Une minute plus tard il revenait avec le garçon blond à sa suite. Drago regarda Severus pendant qu'il suivait le directeur à l'intérieur et à cet instant, il était un enfant effrayé. Severus sentit une pointe de compassion pour lui, mais il garda un visage impassible. Il y aurait des conséquences graves pour les actions du garçon et Severus ne pouvait pas l'en protéger.
Albus s'assit sur sa chaise derrière son bureau cette fois et dévisagea simplement Drago d'un regard sévère et déçu. N'importe quelle ébauche de vulnérabilité de la part de Drago avait disparu et il le regardait fixement en retour, avec son menton levé d'un air provoquant.
Albus brisa le silence qui s'était installé. « Nous devons savoir quel est le sort que vous avez employé, M. Malefoy. »
« Et bien, Professeur, j'ai utilisé une douzaine de sorts aujourd'hui. Lesquels voulez-vous connaitre précisément ? » Questionna Drago d'une voix traînante.
« Ce n'est pas l'heure de jouer, M. Malefoy, » la voix d'Albus était froide comme la glace. « Si vous n'êtes pas honnête et conciliant avec moi, je n'aurai aucun scrupule à avertir les Aurors de cette situation. Comme vous êtes presque majeur, et comme le crime que vous avez commis est contre une personne plutôt célèbre et appréciée, je n'ai aucun doute que le Ministère vous traitera en tant qu'adulte et vous enverra à Azkaban. »
« Crime ? » Drago hésita. Juste pendant un court instant, son masque se fendilla. Potter va bien, n'est-ce pas ? Il n'est pas mort ou autre chose… »
« On s'attend à ce que M. Potter se rétablisse complètement, » répondit Albus. « Mais jeter un sort inconnu contre une autre personne est certainement un crime. »
« Sans compter que c'est également une chose incroyablement stupide à faire, » murmura Severus.
« Maintenant, je vous le redemande, quel était ce sortilège ? » Albus maîtrisait le ton de sa voix et les expressions de son visage mais il restait dangereux. Severus ne pouvait pas se rappeler l'avoir déjà vu autant fâché avec un étudiant auparavant et il ne pouvait pas s'empêcher de se sentir soulagé que ce regard perçant et ce ton froid ne lui soient pas adressés. Il se rendit compte à ce moment qu'aussi terrible que soit Voldemort, Albus Dumbledore pouvait être bien plus effrayant s'il le voulait.
Drago dut penser la même chose, parce qu'il pâlit et quand il parla, sa voix était modérée et sans aucune trace d'insolence.
« Je ne sais vraiment pas quel était ce sort. »
« Dites l'incantation, » commanda Albus.
Drago répéta les mots, mais ils étaient peu familiers à Severus. Il secoua légèrement sa tête quand Albus lui lança un regard interrogatif.
« Je crois que c'est une ancienne forme de Latin, mais je ne suis pas sûr, » murmura Albus avant de se reconcentrer sur le garçon blond qui se tenait devant son bureau. « Où avez-vous appris ce sort ? »
« Il était dans un livre… de la bibliothèque à la maison. Mon père m'a enseigné deux ou trois autres sorts de ce livre auparavant, mais ceux-ci ne faisaient seulement apparaître que des furoncles ou des éruptions cutanées assez déplaisantes, mais rien qui ne pouvait être guéri assez rapidement, » leur indiqua Drago.
« Où est ce livre maintenant ? » exigea Severus.
« Ici, dans ma malle dans le dortoir, » Drago se tourna vers lui. « Professeur, ne puis-je pas… ? »
« Nous avons besoin du livre, » l'interrompit Severus. Il se leva. « Si vous êtes d'accord, Albus, je vais accompagner M. Malefoy au dortoir pour le récupérer. »
Albus hocha la tête, mais ne cessa pas de fixer Drago. « J'espère que vous comprenez la dangerosité de vos actions, M. Malefoy. Comme je l'ai dit, M. Potter récupérera, mais ce sort aurait pu facilement être mortel ou débilitant et ce de manière permanente. Si ça avait été le cas, il n'y aurait eut aucune façon d'arranger les choses, de les faire redevenir normale. Et vous auriez dû très certainement faire face à un procès et très probablement, à une longue peine de prison. Je n'ai pas décidé encore de ce que sera votre punition, mais vous pouvez vous considérer à l'épreuve pour le reste de votre scolarité à Poudlard. »
Il inclina la tête en direction de Severus, qui fit signe à Drago de le suivre hors du bureau et ils descendirent les escaliers tournant jusqu'au couloir.
Une fois seuls dans les couloirs, alors qu'ils repartaient vers les dortoirs des Serpentards, Drago explosa.
« Comment ose-t-il me parler comme ça ? Peut-être que je ne prendrai même pas la peine de revenir ici, je demanderai directement mon transfert à Durmstrang… »
« Durmstrang ne te prendra pas, » lui dit brusquement Severus. « Il y a un nouveau directeur là-bas maintenant et il essaye de faire en sorte que son école ne soit plus rattachée aux arts sombres. Le nom de Malefoy serait un obstacle, pas un avantage. Je doute que même votre considérable fortune soit assez pour te permettre d'y être admis. »
Drago tomba dans un silence renfrogné et quand ils atteignirent le dortoir il chercha le livre et le remit à son Directeur de Maison sans dire un mot.
Severus lui demanda la page où il avait trouvé le sort et ensuite le regarda en fronçant les sourcils. « Tu resteras ici pour le reste de la nuit et tu as intérêt de ne pas avoir d'autres ennuis, Drago. Tu es sur un terrain glissant. »
Il laissa Drago seul, les autres Serpentards étant probablement en train de festoyer en haut, et il rejoignit rapidement le bureau d'Albus par Cheminette.
Ils examinèrent le livre ensemble. C'était évidemment un livre très ancien, sa couverture usée et craquelée avec l'âge et il était même impossible de dire sa couleur originale. Elle s'était fanée en un verdâtre-brun boueux indistinct, et les pages étaient manuscrites plutôt que dactylographiées.
A l'intérieur du manuscrit, les lettres étaient minuscules et serrées… un peu comme l'écriture de Granger, pensa sèchement Severus, bien qu'il doive admettre que la sienne était considérablement plus nette. Albus leva une main et plusieurs livres vinrent en volant des étagères pour se placer en une pile ordonnée sur son bureau.
Le directeur soupira. « C'est une ancienne forme de Latin et je crains que cela prenne un certain temps pour le traduire. Heureusement, j'ai quelques textes sur les langues archaïques, mais cela me prendra probablement des heures, peut-être même des jours, pour le traduire. Severus, si vous souhaitez vous retirer pour la soirée, allez-y. Il n'y a aucun besoin que nous nous privions tous deux de sommeil. »
« Très bien, Albus, si vous êtes sûr qu'il n'y a rien que je puisse faire pour vous aider, » répondit Severus.
« Demain matin, j'aimerai que vous informiez les Dursleys que leur neveu sera gardé quelques temps à l'école, et que nous le ramènerons à Privet Drive quand il sera capable de voyager, » demanda Albus.
Severus inclina la tête et quitta le bureau de son vieil ami et mentor. Pour une certaine raison non expliquée, il se sentit obligé de retourner à l'infirmerie pour vérifier l'état de Potter encore une fois. Poppy l'informa que l'état du garçon n'avait pas changé et Severus put, en fait, le voir par lui-même. Potter se trouvait toujours sur le lit, pâle et sans connaissance. Poppy avait métamorphosé ses vêtements en pyjama et il était recouvert jusqu'à la taille par des draps de coton blancs.
Granger et Weasley étaient là également. Évidemment, Minerva les avait déjà informés de la situation de leur ami. Ils ne firent pas attention à Severus. Ils étaient trop occupés à s'agiter au-dessus de Potter et le professeur de Potions les laissa avant qu'ils ne le voient. La dernière chose qu'il voulait ce soir était d'être en présence d'autres adolescents angoissés et mélodramatiques. Merci Merlin, c'était presque l'été et il aurait deux mois de paix et de calme.
Dans son bureau, Albus Dumbledore utilisait ses livres de traduction pour étudier le sortilège mystérieux qui avait été lancé sur Harry Potter, son visage devenant toujours plus sombre au fur et à mesure de sa lecture.
A SUIVRE
Petit mot de la traductrice :
La parution se fera bien tous les vendredis comme pour mes autres fictions, histoire de fêter la fin de la semaine ! ^^
Je tiens à vous dire également que certains chapitres seront en deux parties ; dans ce cas-là, la partie 2 sera mise à la suite de la première partie, sur la même page de ffnet. Je ne sais pas si je suis très claire mais je l'espère en tout cas.
A vendredi prochain
Bye
