CHAPITRE 2 – UNE NOUVELLE ÉLÈVE BIEN PARTICULIÈRE…
Lundi 18 décembre, 17h34
Dans ma chambre, le cœur en miette…
Je ne peux toujours pas y croire ! Naruto et moi avons fait le chemin du retour ensemble ! J'étais si timide et stressé que je n'ai rien dit, je me pinçais l'intérieur des joues en serrant mon sac contre mon torse. Lui il discutait de tout et de rien, me racontant des blagues stupides et moi je riais comme un crétin… Je me sens d'autant plus idiot mais l'important, c'est que j'ai pu passer un aussi long moment avec lui. Pour moi, c'est tout ce qui compte.
Quand on est arrivé, par contre, j'ai cru que mon cœur se briserait en deux! C'est ridicule de dire ça d'une telle façon, c'est pas comme si on était ensemble après tout, mais c'est comme ça que je me sens à chaque fois qu'il me tourne le dos pour aller passer la soirée avec mon frère. J'ai directement couru à ma nouvelle chambre et me suis jeté sur mon lit pour ouvrir mon journal. On dirait que depuis que j'écris mes sentiments, ils me paraissent moins lourds.
Enfin, il faut que j'aille préparer le dîner. Mon frère et Naruto sont plongés dans leurs parties de jeux vidéo et si j'attends qu'Itachi se rende compte que c'est son tour de cuisine, je vais mourir de faim. Alors c'est tout pour aujourd'hui je pense… Si je le peux je pourrai peut-être écrire encore ce soir après mon bain, mais juste au cas, je te souhaite une bonne nuit mon petit journal adoré !
Je gribouillai un petit bonhomme souriant puis fermai mon journal en affichant un sourire satisfait. Voilà, j'allais déjà mieux. Mon cœur qui battait très fort et ce sentiment d'être déchiré en deux que j'avais ressentit quand Naruto était parti avec mon frère dans la chambre de ce dernier s'étaient dissipé. J'étais prêt pour un bon petit repas. Oh, mince, il faut que je sache si Naruto reste à dîner…
Je me dirigeai donc vers la chambre de mon frère. Je toquai, timidement, et heureusement que ce fut mon frère qui vint ouvrir car j'avais retiré mon uniforme de l'école pour me mettre à l'aise: en t-shirt et boxer. J'avais les joues rouges quand même, de peur que mon frère ouvre tout grand la porte.
Ce fut ce qu'il fit, mais avec soulagement, Naruto était de dos, assis devant la télé au fond de la chambre. Itachi me sourit:
- Qu'est-ce qu'il y a, Sasu?
- Je… Je voudrais juste savoir si ton ami reste à dîner…
- Oh, tu vas nous préparer quelque chose ? s'exclama Itachi un peu fort et je priai pour que Naruto ne se retourne pas, alerté par cette phrase.
Mais mes prières furent vaines car aussitôt il se retourna, mettant le jeu sur pause.
- Qu'est-ce qu'on mange ? s'écria-t-il.
- Bah oui, c'est vrai, dit mon frère. Qu'est-ce que tu nous prépares ?
- Je…
Nom de Dieu ! Naruto me fixait, me reluquait même de la tête au pied. Je me sentais transpercé, j'avais le cœur qui battait beaucoup trop vite pour que je puisse suivre le rythme.
- J-je… Je ne sais pas. Vous avez e-envie de q-quelque chose en particulier ?
Je luttai pour articuler et ne pas bégayer, mais avec ce Dieu assis là à me regarder, c'était presque mission impossible. Mon frère était-il aveugle ou quoi ? N'avait-il jamais remarqué les yeux doux que j'envoyais depuis toujours à son meilleur ami ?
Je gardai mes billes onyx sur mon frère.
- J'aimerais bien des ramens, moi, lança Naruto.
- Ta gueule avec tes ramens, l'interrompit Itachi gentiment et le blond s'esclaffa. Mon frère prépare des trucs beaucoup mieux !
Ne m'y attendant pas, j'écarquillai les yeux alors que mes joues s'empourprèrent.
Naruto souriait et quand je croisai du coin de l'œil son regard, mon corps s'échauffa et je m'empressai de regarder mes pieds.
- C'est vrai, Sasuke ? demanda-t-il.
Je sursautai presque en entendant mon prénom dans sa bouche. Wow ! À la limite, il y avait des étoiles dans mes yeux.
- E-euh… Oui, balbutiai-je.
- Enfin bref ! Fit mon frère et pendant un moment, je crus qu'il avait entendu mes supplications muettes.
Il me sourit.
- Prépare nous ce que tu veux, je suis sûr que ce sera délicieux de toute façon.
- Tu as une estime drôlement élevé en ses capacités culinaires, dis donc ! Rigola Naruto quand Itachi referma la porte et je rougis d'autant plus en me disant qu'ils étaient en ce moment en train de parler de moi.
Je me dirigeai vers l'escalier que je descendis ensuite, lentement, tenant fermement la rampe. J'avais les jambes si molles que j'aurais pu basculer n'importe quand. J'étais maladroit et en plus, amoureux.
Je me souviens que ma mère cuisinait toujours avec un joli tablier vert pomme. Je marchai jusqu'au hall d'entrée et me mis à genoux, pour fouiller dans l'une des boîtes sur laquelle était écrit " cuisine ". Lorsque je trouvai enfin le tablier de ma mère, je me relevai et l'enfilai. Il m'allait bien, pas mal. J'étais toujours aussi mignon: il y avait un miroir sur le mur adjacent à la porte d'entrée. Ma mère me disait toujours que j'étais adorable.
Je me tournai ensuite et me mis à sautiller jusqu'à la cuisine. Hier mon oncle Madara était venu faire les courses avec Itachi et moi. J'ouvris donc le frigo pour voir s'il y avait quelque chose de bien à cuisiner… Car aujourd'hui, j'allais cuisiner avec amour… Je vous laisse deviner pourquoi !
Un sourire était inscrit sur mon visage durant chaque minute qui passa. J'avais finalement opté pour des ramens fait maison. J'espérais que Naruto allait aimer. Je ne cessais de m'imaginer sa réaction. Il allait sûrement être content. Faire son bonheur était quelque chose qui me rendait fier, tout simplement heureux. Mon sourire devait paraître carrément stupide, et j'avais sans doute l'air encore plus idiot. J'avais l'habitude…
J'étais de dos à l'escalier, en train de relire la recette, quand j'entendis un petit toussotement. Je sursautai et me retournai.
- Itachi tu peux venir m'aid-…
Je m'interrompis quand je vis que ce n'était pas Itachi, là, sur la dernière marche de l'escalier, mais bien Naruto !
Je ne pouvais pas être plus rouge. Mon cœur se réveilla et se mit à taper si fort sur ma poitrine que ça m'en faisait mal. Mes jambes tremblèrent.
- Dis donc, lança le blond en descendant la marche et en s'approchant du comptoir derrière lequel je luttai pour rester debout. Il te va bien ce truc.
Je baissai la tête et pris les côtés de mon tablier pour le montrer.
- C'est un tablier, ce truc, murmurai-je.
- Oui, je sais. Mais il est grand sur toi, non ?
- Il euh… était à ma mère, bafouillai-je.
- C'est joli, en tout cas, dit-il simplement en se penchant pour s'accouder sur le comptoir et me regarder.
Toutes pensées cohérentes quittèrent mon cerveau qui devint mou comme de la compote de pomme. J'étais droit comme un piquet, jouant avec le bout de mon t-shirt.
- Alors ? Tu as quel âge déjà ?
- M-moi ? répétai-je.
- Eh bien, oui, toi.
- Euh… 15 ans, marmonnai-je en me sentant ridicule: ma voix sonnait presque comme si je ne savais pas quel âge j'avais.
- Okay… Dit-il en souriant.
Pourquoi souriait-il comme si j'avais un nez de clown ? Et il me fixait aussi. Qu'avais-je de si intéressant ? Je n'étais pas aussi beau que lui, et pourtant je me sentais comme… Non. Je préférais ne pas me faire d'idées, je pourrais être déçu.
Un sourire s'étendit alors sur son visage d'apollon. Il pointa derrière moi en retenant un rire et quand je me retournai, je vis que de la vapeur s'échappait de mon chaudron. Mince ! Ça n'était plus de la simple vapeur, c'était de la fumée !
- Zut ! M'écriai-je en me précipitant pour le retirer du rond rouge du poêle.
Mais comme c'était bouillant et que je ne pris pas le temps d'enfiler les gants de cuisson, je me brûlai et, lâchant un cri, laissai tout retomber par terre et l'eau bouillante dans laquelle reposait les nouilles s'éclaboussa sur moi et je criai derechef en tombant par terre avec mes nouilles. Vraiment… quel gâchis !
- Hey ! s'écria Naruto et j'entendis le bruit de ses pas contourner le comptoir.
Je ne m'étais jamais sentit aussi humilié. J'étais là, misérablement étalé parmi des nouilles écrasés au sol, dans une marre d'eau bouillante, ma main brûlée me faisait souffrir et mon repas était fichu. J'étais trempé, en plus…
Naruto se pencha et me prit par le coude pour me relever. J'avais les yeux qui piquaient. Moi qui avais fait ça pour lui, parce qu'il aimait les ramens instantanées, maintenant il allait se marrer, penser que j'étais incapable de préparer à manger. Pourvu que mes larmes restent dans mes yeux, je ne me voyais pas pleurer devant lui !
Et mon cœur battant la chamade ne faisait que me rappeler à quel point j'avais l'air stupide en ce moment !
- Est-ce que ça va ? S'enquit-il en cherchant mon regard.
- Je… j-je…
Il attrapa ma main et la regarda de près.
- Tu t'es brûlé. Viens, dit-il en me guidant jusqu'à l'évier.
Sa main autour de la mienne soulageait déjà ma blessure. Il ouvrit le robinet et passa ma main sous l'eau froide. Je fixai l'eau qui coulait sur ma peau, essayant d'oublier que son corps était presque collé au mien.
- Est-ce que ça va mieux ?
- Oui, murmurai-je.
- Je me suis déjà brûlé quand j'étais gosse, raconta-t-il et son sourire éternel me fit l'effet d'un baume sur ma brûlure.
- C'est vrai ? soufflai-je.
- Ouais, ça fait vachement mal mais il existe une crème créée spécialement pour apaiser la douleur.
- Ça reste marqué ? demandai-je timidement.
- Oui, mais dans ton cas ça guérira, dit-il en examinant ma main et je me rendis compte qu'il la tenait encore.
Je la retirai timidement et reculai. Sauf que mon pied glissa sur une poignée de nouille et, derechef, je m'étalai de tout mon long sur le plancher. Naruto se tourna vers moi, tenta de m'attraper mais c'était trop tard. Mes yeux se remplirent d'eau… Je n'avais vraiment aucune chance, juste au moment où je commençai à être rassuré par Naruto, il fallait que je me remette les pieds dans les plats !
À ce moment-là, mon grand frère apparut dans la cuisine.
- Mais qu'est-ce que c'est tout ce vacarme ? s'écria-t-il.
Lorsqu'il me vit, il éclata de rire.
- Putain Sasuke ! Qu'est-ce que t'as fait ? J'ai faim, moi !
Il continua de rire et mes yeux s'humidifièrent encore plus. J'aurais voulut que Naruto – qui me regardait encore, hésitant entre être solidaire ou rire avec mon frère – croit que mes larmes coulaient en ce moment parce que j'avais mal de ma chute, mais on ne pleurait pas autant pour si peu… Enfin, peut-être un enfant de 4 ans… mais pas à 15 ans…
Je me relevai rapidement, et bousculai Itachi pour me mettre à courir.
- Itachi, t'es vraiment con ! grognai-je au passage.
Je me jetai sur mon lit après avoir monté les escaliers. Mon cœur battait vite, j'étais essoufflé. Quelle honte… Je me sentais si stupide !
Je pris mon polochon et le serrai très fort contre moi, y enfouissant même mon visage pour pleurer librement. Maintenant c'était certain, Naruto allait croire que j'étais un bon à rien, qui pleurait comme un bébé à la moindre occasion, qui plus est !
Je m'endormis, la mort dans l'âme.
- Hey, Sasuke, murmura une voix doucement, dans un tout petit chuchotis.
Une main douce se posa sur mon visage pour accompagner la voix et me caressa le front gentiment. Je gémis, puis me tournai sur le côté, encore tout bercé de sommeil. Je frissonnai de froid quand ma source de chaleur disparut. Qui avait enlevé mon doudou de sur moi?
J'ouvris avec difficulté mes yeux – mes paupières s'étaient collées l'une contre l'autre parce que je m'étais endormi en pleurant. La voix qui avait prononcé mon nom parla de nouveau, et un peu plus lucide cette fois, je la reconnus. C'était Itachi.
- Sasuke, lève-toi, tu ne peux pas dormir avec ces vêtements mouillés.
J'ouvris les yeux.
- Itachi, soufflai-je.
Puis les évènements me revinrent et je fronçai les sourcils tout en le repoussant.
- Va-t'en, baka !
- Je voulais te dire que je suis désolé. Je me suis moqué de toi, et je n'aurais pas dû. Désolé, sincèrement.
Devant l'homme de mes rêves, en plus !
- …
- Sasuke, lève-toi et change de vêtements si tu veux te rendormir pour la nuit.
Je grognai et me redressai. Cependant, je fus trop rapide pour mon sang qui n'eut pas le temps de monter à mon cerveau et je vis de mignons petits points noirs. Je me levai ensuite, après avoir retrouvé l'équilibre et marchai vers ma commode. J'ouvris le premier tiroir et me prit un t-shirt ordinaire, de couleur noire, et je l'enfilai après avoir retiré l'autre encore humide de l'eau des nouilles qui m'était tombée dessus.
Je revis alors, le visage de Naruto au dessus de moi quand j'étais étalé par terre. Mes joues s'empourprèrent.
- Itachi ? Demandai-je.
- Quoi ? Dit-il, assis sur mon lit.
- Ton ami… Il est parti ?
- Non, pas encore.
- Mais quelle heure est-il, enfin ?
- Presque 21 heures. Tu n'as pas dormi longtemps.
- Je vois… J'ai faim aussi.
Mon frère proféra un petit rire et à ce moment-là, Naruto entra dans la chambre.
- Alors Itachi, il est réveillé ton frangin ?
Il sourit lorsqu'il me vit.
- Eh ben, est-ce que ça va ? s'exclama-t-il en se permettant d'avancer dans ma chambre.
Je rougis d'autant plus: ma chambre, c'était mon chez-moi, mon antre, tout ce qui me représentait, et c'était un peu embarrassant de le savoir ici, entre ces quatre murs qui renfermaient tout ce que j'étais.
- O-oui, bégayai-je.
Évidemment, j'étais incapable de lui crier de sortir comme je le faisais souvent avec mon frère ou mon cousin.
- Okay alors, tant mieux, dit-il.
- Je suis désolé, continuai-je ne baissant la tête et ajustant mon t-shirt pour qu'il cache le haut de mes cuisses à découvert. J-je voulais préparer des ramens m-mais… J'ai tout renversé…
- C'est pas grave, t'inquiète, s'enquit Naruto. On a appelé un resto de ramens pour qu'ils nous en livrent. Tu dormais alors on t'en a laissé dans le frigo, t'auras qu'à te les chauffer. Tu viens, 'tachi ? Je suis prêt pour une nouvelle partie !
- Okay ! Cette fois, je vais te mettre la raclée de ta vie !
En passant devant moi pour suivre son ami hors de ma chambre, mon frère se tourna pour me dire:
- Si t'as des devoirs, fais-les, Sasuke.
- Oui, papa, grognai-je.
Lorsqu'ils furent parti, je fermai la porte et me laissai glisser sur celle-ci jusqu'à être assis par terre. Je ramenai mes jambes contre mon torse et me serrai contre moi-même. Tous ces sentiments qui m'oppressaient… Je n'en pouvais plus. Jamais je n'aurai la force de lui avouer mon amour pour lui, et à cette simple idée, mon cœur s'emballait comme pour me dire " tout mais pas ça ! "
Je soupirai.
C'était un amour à sens unique, il vaudrait mieux que je me fasse une raison…
Mardi 19 décembre, 8h12
Dans mon cours de français avec le professeur le plus ennuyant de la terre !
Kakashi Hatake est en effet le prof le plus ennuyant de la terre. En plus, on raconte qu'il est l'amant de notre prof d'anglais, Iruka Umino. Je ne les vois pas du tout ensemble, et pas parce qu'ils sont des hommes mais… Parce que je sais qu'ils font des … choses. Ils sont adultes après tout non ? C'est de cette façon que j'arrive à me faire rougir tout seul. En plus, Kakashi Hatake est tout de même bien foutu pour un homme de la trentaine. À le regarder et me dire qu'il fait ÇA avec Iruka-senseï, un homme gentil et doux… ENFIN !
Je tournai la page de mon journal pour continuer d'écrire sur la suivante, mais une jeune fille venait d'arriver près de moi. Je levai les yeux vers elle. Elle portait des vêtements entièrement roses, avec les cheveux en prime de la même couleur. Elle souriait et me faisait un signe de main.
Je souris maladroitement en pointant la place libre à ma gauche. C'était ce qu'elle attendait, non ?
- Assieds-toi là, dis-je.
- Merci !
Elle prit sa place et déposa son sac – ROSE – par terre entre nos sièges. Puis elle releva la tête et les bras pour venir attacher sa crinière bien haute sur son crâne. Le visage dégagé, je pus ainsi voir qu'elle était jolie. Mais n'allez pas vous imaginez pas des trucs: j'étais toujours gay et amoureux de Naruto !
Je souris et me remis à écrire mais je n'avais pas inscrit un mot qu'elle commença la conversation.
- Je suis nouvelle ici, dit-elle. Je m'appelle Sakura. Sakura Haruno.
Je tournai la tête de nouveau.
- Enchanté, moi c'est Sasuke.
- C'est un beau nom !
- Euh… M-merci.
- Tu peux me parler de l'école ?
Je relevai la tête – que j'avais inconsciemment baissée. Elle fixait Kakashi Hatake qui lui écrivait les notes de cours au tableau. Il était à peine 8h15, le cours n'était pas encore commencé et je soupirai à voir toutes ces notions… Sakura me ramena à elle et je me rendis compte – avec un petit sourire timide – que je m'étais une fois de plus perdu dans mes pensées.
- Il est sexy le prof, dit-elle avant que je n'aie le temps de répondre à sa première question.
- M-mais, il a 35 ans… dis-je, un peu intimidé par cette phrase si naturelle dans sa bouche.
Elle rigola et se tourna vers moi. Un sourire de prédateur était suspendu à ses lèvres.
- Oui, je m'en doutais bien. Mais tu sais, Sasuke, continua-t-elle. J'aime les hommes plus vieux.
- P-pourquoi ?
Elle se pencha pour me confier un secret.
- Tu crois que j'irais me donner à un immature de 15 ans ? Sans te vexer, poursuivit-elle en attrapant affectueusement mon poignet.
- Je vois…
- Tu vois ? Répéta-t-elle.
- En faite je te comprends, repris-je.
Elle afficha un air surpris. Mes joues s'empourprèrent et mon cœur reprit de vitesse. Sakura était curieuse de savoir pourquoi je prétendais "comprendre". Elle me fixait, avide de connaître mon secret, souriant d'une façon étrange. Je me penchai pour lui dire, même si j'étais un peu hésitant, mais de toute façon, à qui allait-elle répéter cela après ? Elle était nouvelle… Et sans trop savoir pour quelle raison précise, j'avais envie de lui dire, de me libérer enfin de ce fardeau…
Je me penchai mais la cloche retentit et je sursautai.
- Hey, rigola-t-elle tout bas. Qu'allais-tu me dire à l'instant ?
Son sourire me fit un effet bizarre. Je n'avais jamais eut d'amis… et pourtant j'avais l'impression d'être déjà complice avec elle, de la même façon dont je l'étais avec Itachi.
Les derniers élèves – qui déambulaient encore dans le corridor – entrèrent et prirent place alors que Kakashi Hatake ferma la porte.
Je me tournai vers Sakura.
- Je… Je te le dirai plus tard.
- Plus tard, promis, hein ? Répéta-t-elle avec un sourire amusé et chaleureux et je restai là à la regarder les yeux grands ouverts, acquiesçant lentement.
Je n'y croyais pas: quelqu'un était venu me parler… J'avais l'habitude d'être rejeté et toujours seul. Aujourd'hui, quelqu'un me voyait enfin. Je n'étais plus invisible !
Mon cœur battait d'une façon que je ne connaissais pas. Pas d'embarras, pas de gêne… Juste de soulagement… ou simplement parce que j'étais heureux et rassuré de ne pas être totalement seul finalement.
Le cours débuta et moi je replongeai dans mon journal. Je fixai un moment la page vierge avant d'appuyer mon poignet pour commencer à écrire.
Il est exactement 8h20. Maintenant je comprends le sens de l'expression "Demain est un autre jour". Ma mère me disait toujours ça quand je passais mes soirées à pleurer pour ci ou pour ça quand j'étais gamin. Aujourd'hui est en effet un autre jour… Hier soir, je me suis sentit si humilié que j'en ai eut envie de mourir. Mais ce matin, ça va mieux je pense, et en plus, j'ai une amie. Maintenant il ne reste plus qu'à passer au travers de ce cours de français qui me donne envie de dormir, et peut-être, avec un peu de chance, ce midi, je pourrai déjeuner avec mon frère et ses amis donc… Avec lui…
- Oh wow, Sasuke ! C'est qui lui, ce mec hyper canon ? s'écria une voix et je sursautai en me retournant.
J'étais à mon casier en train d'y ranger mes choses. Sakura avait vraiment l'allure d'une fille digne d'un film d'ado. En la regardant, même, j'étais intimidé: jupe très – et j'insistai sur le mot – courte, débardeur décolleté où on voyait un peu trop de son… buste, disons le comme ça, et le maquillage osé. Ses bras nus et ses jambes également à découvert étaient très provocateurs et je me sentais presqu'embarrassé de parler avec elle…
Pour l'instant, je me concentrai sur ce qu'elle venait juste de dire et tournai la tête dans la direction qu'elle regardait. Je roulai des yeux.
- Tu parles du grand brun, là-bas ?
- Oui ! Nom de Dieu, quelle bombe !
- C'est mon frangin, dis-je en m'appuyant sur le casier voisin.
Sakura s'appuya à côté de moi et nous nous mîmes à discuter.
- Ton frangin ? s'étonna-t-elle. Eh ben, c'est vrai qu'il te ressemble à bien le regarder.
- On me le dit souvent, dis-je en baissant la tête, jouant avec le coin de mon livre de français.
Mes pieds étaient collés l'un contre l'autre. Sakura était une fille intéressante, je me demandais pourquoi elle perdait son temps avec moi.
- Oh regarde, celui-là il est pas mal hein ?
Lorsque je relevai les yeux, je crus laisser tomber tout ce que j'avais dans les mains: Naruto venait d'arriver auprès de mon frère et de leur petite bande. Il était en short, en camisole et en sueur… Même après ses entraînements, il était toujours aussi magnifique !
- Tu vois le roux qui vient de se joindre à eux ? Continua Sakura mais je ne l'entendais que d'une oreille. Eh bien, c'est mon frère.
Mon frère en avait de la chance d'être avec lui 24 heures sur 24… Je donnerais n'importe quoi pour que ce sourire si naturel me soit destiné.
- Il s'appelle Sasori et il a 17 ans.
J'entendais sa voix d'ici. Il rigolait avec ses amis, juste de l'autre côté du corridor. Sa voix qui me hantait, qui me possédait.
- Dis donc, Sasuke, tu m'écoutes ?
Le dernier mot me tira de mes rêveries et je tournai la tête vers ma nouvelle amie. J'avais sans doute l'étoffe d'un parfait idiot à ce moment-là, mais j'avais surtout les joues rouges.
- Q-quoi ?
Sakura me fixa quelques secondes. Je n'aurais pu dire avec exactitude ce qu'elle cherchait tant dans mon regard, mais ça me faisait un peu flipper car j'avais la désagréable impression qu'elle devinait le plus profondément caché de mes secrets. Comme si dans mes yeux, étaient inscrits chacun des mots que j'écrivais dans mon journal.
- Oh je vois, souffla-t-elle sur un ton curieux.
- Qu'est-ce que tu vois, exactement ? répétai-je tout bas.
Je m'empressai de lui tourner le dos pour finir de ranger mes cahiers. La journée touchait à sa fin encore, et je n'avais pas pu déjeuner avec Naruto aujourd'hui. Il avait eut un entraînement. J'étais déçu, mais après tout, et j'en avais conscience, Naruto avait une vie bien chargée dans laquelle je ne figurais pas.
Je soupirai tristement.
- Sasuke ? Insista Sakura. Je crois avoir deviné.
- T'as le béguin pour mon frère ? Dis-je pour changer de sujet. C-Ce n'est pas grave, il n'a pas de petite amie, alors fonce !
- Je ne te parle pas de moi, s'exclama-t-elle.
- A-Ah bon ?
Je la regardai. Elle soupira en roulant ses émeraudes.
- Ne fais pas l'idiot.
- Je ne vois pas de quoi tu veux parler…
Du coin de l'œil, je vis Naruto me faire un signe de la main alors qu'il tournait les talons pour partir avec ses amis. Je crus que mon cœur s'était arrêté. Mon visage changea du tout au tout et devint rouge pivoine. J'aurais pu m'évanouir, à ce moment précis. Il… m'avait… salué !
- Hé oh, la terre appelle Sasuke ! Rigola Sakura en claquant des doigts devant mon visage. Je suis nouvelle et on ne se connait que depuis aujourd'hui, mais même moi, une pure inconnue, peut le dire avec certitude, tu… es… dingue… de… ce… mec ! Continua-t-elle en séparant chaque syllabe.
- Mais non, soufflai-je en retournant à mon rangement. Je ne suis pas gay, de toute façon…
- Ça, c'est comme dire que la couleur de mes cheveux est discrète !
Je tournai mes pupilles vers elle. Elle souriait. J'étais découvert. Mon secret n'était plus un secret. Et comme pour l'afficher encore plus, mon journal, qui était en équilibre sur la tablette de mon casier, tomba et s'écrasa par terre, s'ouvrant sur la deuxième page: hier soir.
Sakura, intriguée, se pencha, le ramassa et se releva, les yeux rivés sur mes phrases. Je ne pouvais pas être plus écarlate.
- Je ne peux toujours pas y croire ! Naruto et moi avons fait le chemin du retour ensemble ! J'étais si timide et stressé que…, lit-elle.
- Tu te permets ! m'écriai-je, rouge de honte en reprenant mon journal si important, l'arrêtant dans sa lecture. C'est ma vie privée !
Je le mis dans mon sac et refermai rapidement la fermeture en faisant bien attention de ne pas me coincer l'écharpe comme hier.
Elle ricana et je grognai: comment pouvait-elle s'incruster comme ça dans mon intimité ?
Elle se pencha et me confia un secret, tout bas dans l'oreille:
- J'ai deux billets pour la partie de basket de ce soir, dit-elle. Tu voudrais venir voir ton beau chevalier sur le terrain ? Il doit être torride au jeu, en action… Tu vois ce que je veux dire !
Mes yeux s'écarquillèrent et je devins cramoisi.
- T'es pas nette ! m'écriai-je. Comment peux-tu dire des choses si …
- Très peu catholique ? continua-t-elle à ma place.
Elle rigola.
- Mais voyons, Sasuke, nous ne sommes plus à l'âge de pierre. Ce n'est plus un secret que les hommes et les femmes ont envie de faire des choses comme ça. Enfin, moi j'aimerais bien avoir un de ces beaux joueurs de basket dans mon lit !
Elle pouvait bien plaisanter, moi je lui trouvais un air… de prédateur. On aurait dit qu'elle voulait se les faire un après l'autre. J'avais des frissons partout sur mon corps.
Nous rentrâmes à pied, et elle me montra sa maison, sur la même rue en bas de la côte.
En attendant qu'Itachi rentre, je partis m'asseoir sur le canapé du salon sans ôter mes vêtements d'hiver, mon manteau, mon bonnet… et je repensai aux paroles de mon amie. Sakura avait tort: même si de nos jours, les adolescents ne pensaient qu'à une chose (le sexe), moi, je n'avais pas envie de mettre Naruto dans mon lit…
Je voulais plutôt le mettre dans mes bras et le serrer très fort.
À Suivre... ! Merci pour les reviews du précédent ! ^^ Je mettrai rapidement les chapitres étant donné que cette fic est terminée. À quoi bon attendre? ^^
Jane !
