Y'a pas écrit la poste ! Chapitre 2

Masque de Mort

Cela fait maintenant un certain moment que nous avons découvert ce projectile, et depuis son arrivée, je ne peux pas dire qu'il m'ait apporté de la chance. L'objet a été mis en quarantaine et est sous la surveillance de…moi-même ! Jamais de bol moi quand on arrive à des situations moins routinières, et bien sûr, c'est toujours, soit cet imbécile de Capricorne ou ce vaniteux de Vierge pour recevoir les mérites. Quelle plaie, être l'ombre damnée d'un usurpateur…

- C'est quoi alors ? Un OVNI ?

- Mais non imbécile, c'est sûrement une météorite, ou un astéroïde !

Je jette un coup d'œil aux jeunes apprentis, cachés derrière une haie de dattiers. Cela fait un bon moment que je les observe en train de débattre sur l'étrange engin. Je soupire, quels idiots, et de surplus imprudents : en tant que chevalier d'Or, peu de choses m'échappent, et être surpris en ce lieu peut être puni de la peine capitale. Bon, faut faire en sorte que ces jeunes déguerpissent d'ici.

De mon poing je fais exploser la rangée d'arbres fruités, mettant à découvert les deux petits indiscrets.

- Archimède et Platon, j'ironise devant leurs figures décomposées. Vous voulez quelque chose ?

En voyant mon sourire carnassier, les deux jeunes garçons décident qu'il serait temps de voir ailleurs, et ils commencent à filer à la vitesse du son. Pff. Ce n'est même pas un exercice de les rattraper. Me voyant devant eux, les deux apprentis s'arrêtent, terrifiés.

- Bon, qui est votre entraîneur ?

Ils bégaient quelque chose ressemblant à Argol de Percée. Bon, Argol n'est pas tendre avec les trouble-fêtes. Pas la peine d'en rajouter.

- Disparaissez ! Si vous ne voulez pas que les choses dégénèrent !

Ils n'ont pas eu besoin que je leur répète. Je reviens en traînant les pieds jusqu'à l'objet inconnu. Flânant, la tête en l'air, je songeai lorsqu'un petit avion amerrit non loin de la côte. Mais qu'est-ce que c'est encore que ça ? Depuis quand les avions volent-ils par ici ? Bientôt il y aura des hélicoptères et des Concordes. C'est pour quand l'Oceanliner bourré de touristes asiatiques prenant des photos et acheter une de mes têtes. Pourtant l'avion devient ma dernière préoccupation quand je découvre que l'OVNI a disparu ! Ouille, je vais me faire tirer les oreilles par le Grand Pope.

- T'en fais une tête, Masque de Mort, j'entends de derrière moi la voix de Shaka.

Qu'est-ce qu'il en sait ayant toujours les yeux fermés ?

- Masque de Mort ? Où est l'objet ?

Va savoir.

Pas la peine de vous dire que je vais passer un sale quart d'heure, et ce qui me met encore plus en rogne, c'est l'attitude orgueilleuse de Shaka alors que le Grand Pope me passe un savon une fois dans son temple :

- Incapable ! Tu n'es qu'un imbécile. Comment se fait-il que tu sois un chevalier d'Or, espèce d'andouille ! Que s'est-il passé ?

Je dois lui raconter l'épisode avec les deux gamins, sachant pertinemment que cela m'enfonce plus, vu que je ne les ai pas dénoncés. Voilà où mène la générosité…

- Abruti ! Tu ne sais pas respecter un ordre ou t'es attardé ?

C'est surprenant de voir à quel point Shaka a l'air de bien se marrer. Le Grand Navet du Sanctuaire semble se calmer un moment:

- Bon, toi, pointe-t-il à la Vierge, essaye de me retrouver cette chose, et toi, insiste-t-il en me regardant dans les yeux, toi, tu vas rejoindre les autres qui nettoient les poubelles que sont devenues les arènes après votre petite fête d'hier !

- Mais, rétorque ai-je, je n'ai rien à voir avec ce qui s'est passé hier !

- La ferme ! Tu as fait assez de dégâts comme ça, alors on ne discute pas mes ordres. C'est qui le Grand Pope ici ! Aux dernières nouvelles c'était moi et pas un bon à rien !

Shaka est au bord de l'hilarité, et moi au bord de l'envie de lui arracher ses cheveux ! Je lui lançai un regard plein de menaces.

Balai à la main, je me mets à le manier en vagues mouvements de va et viens. J'avais enlevé mon armure pour essayer de ne pas me faire reconnaître par tout le Sanctuaire, vu que j'étais le seul chevalier d'Or assez idiot pour se voir coller les corvées ménagères. Je me suis mis à l'écart du reste pour ne pas me faire remarquer des autres femmes de ménage, et surtout pour laisser tomber mon outil et rentrer à la maison.

Tricha Borgez

- J'ai mal aux pieds, on peut faire une pause ?

- Allons Mathilde, nous y sommes bientôt, l'avion n'est qu'à quelques dizaines de mètres.

Par chance nous avons trouvé l'objet de ma convoitise assez rapidement après avoir demandé à un type où il se trouvait. Très poliment il nous a répondu.

Flash-back :

- Excusez-moi jeune homme ?

L'homme en question est en effet jeune, dans la vingtaine, les cheveux bruns courts. Il semble surpris de nous voir, puis subjugué par mon amie, à qui elle arbore son sourire le plus flamboyant. Ben, ça alors, je n'aurais jamais cru qu'elle pourrait draguer un mec en deux sec.

- Eh, oui, que puis-je pour vous ?

Cela serait vraiment un miracle si ce type pouvait nous renseigner sur l'objet de notre recherche.

- Eh, ben, voilà, nous cherchons, mon amie et moi, un restau car nous mourrons de faim.

_ Oui, allô, Mathilde, je ne crois pas que cela soit le moment.

Pourtant Mathilde me fait signe qu'elle sait ce qu'elle fait.

- Bien, sûr…

Bla bla bla, de fils en aiguille, Mathilde réussit à trouver l'emplacement de l'objet.

Quelle perle cette fille !

Fin du flash-back.

- Allez Mathilde, encore un petit effort, puis c'est fini.

- Et puis, d'abord, c'est quoi ce truc ?

- Mathilde, tu ne vas quand même pas faire la fayote, si proche du but.

- Et puis moi je l'aimais bien ce gentil garçon.

- Vraiment sympa, maintenant tu viens ou tu vas rejoindre ton Roméo ?

Mathilde fait la moue :

- Il s'appelait comment déjà ?

C'est bien le dernier de mes soucis. Cette île n'est enregistrée nulle part, et ses habitants ne m'ont pas l'air très catholiques (voire très païens). Je vais à nouveau interpeller mon amie qui me tape vraiment sur le système pour le moment:

- Mathilde ! T'es bouchée ou quoi !

- Ah oui ! Je me rappelle, c'était…

- J'en sais fichtre rien comment il s'appelait ! Ne fais pas l'andouille, et tu te souviendras de son nom dans l'avion!

Elle me regarde, énervée, et grogne quelque chose comme « …pour une fois que j'avais fait une touche… ». Puis :

- HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !

- Quoi ! OH!

Là où il y a eu des arbres juste quelques secondes auparavant ne se trouve…RIEN ! Il n'y a que de la terre brûlée, et ceci en si peu de temps. Mais qu'est-ce qu'il se passe? Y aurait-il un des miens sur cette planète qui utiliserait notre technologie? A ma connaissance, personne sur Terre ne possède une technologie ayant le pouvoir de réduire un morceau de forêt comme ça à lui tout seul.

- Trich', qu'est ce qu'il se passe? J'ai cru voir quelque chose couleur or sur le côté droit, me chuchote mon amie.

Je crois qu'elle est aussi paniquée que moi; nous nous sommes mises à courir comme des malades, l'objet toujours en main. Mais nous ne sommes pas allées très loin car devant nous se trouvait une forme humaine habillée de quelque chose couleur or. Mathilde avait raison. Ce doit être le responsable du défrichage des arbres. Il ne bouge pas, ou peut-être elle, car cette forme possède de longs cheveux de la même couleur que son habit. Il/elle ne dit rien, et à vrai dire, nous non plus. On ne fait que se regarder, lui/elle avec un air arrogant, ses yeux étrangement fermés, et nous comme des poissons sortis de l'eau.

- Je ne sais pas qui vous êtes, mais je veux que vous rameniez l'objet que vous êtes en train de transporter là où vous l'avez trouvé et ensuite me suivre.

Mais pour qui il se prend ce, ce…

- Non mais puis quoi encore ? Me devance Mathilde.

Je ne sais pas d'où lui sort cette assurance, elle qui est plutôt calme d'habitude. Mais bon, ce n'est pas le moment de penser à ça.

- Je ne sais pas qui vous êtes, mais nous,…, nous n'allons pas suivre quelqu'un qui fait des trous dans les forêts! Espèce de colibri jaune de pacotille, de pollueur fou furieux sans yeux, de, de bois sans soif, de co...

SHRRRRRR!

Je crois que seul ça aurait pu la faire taire. Ce "ça" était une sorte de rayon doré qui est sorti de la paume de l'armure ambulante aux cheveux blonds pour atterrir devant Mathilde et y faire une sorte de cratère à ses pieds. Visiblement en ce qui concerne l'intimidation, il est plus doué que nous.

-Bon, médemoiselles, je ne me répèterai pas une deuxième fois. Ramenez l'objet là où vous l'avez trouvé! Est-ce que je suis assez clair, ou faut-il que je carbonise l'une d'entre vous pour que le message passe ? Demande-t-il avec un sourire ironique.

- Mathilde, je crois qu'on a intérêt de faire ce qu'il nous demande. Je n'ai pas envi de terminer en kebab.

- Sage initiative. Maintenant en avant!

Masque de Mort

Ouf, j'ai réussi à passer entre les mailles de la surveillance des femmes de ménage. Maintenant, on va essayer de retrouver ce fichu objet avant que quelqu'un d'autre ne mette la main dessus. Seul petit problème, par où faut-il commencer à chercher? Par le commencement. Je ne suis pas devenu le chevalier le plus effrayant toute classe confondue rien qu'à cause de ma tête de dément, du moins je le suppose. Hahaha, bon, qu'est ce qui a été insolite depuis l'arrivée de cet objet venu de je ne sais où ? Ça y est, j'y suis: l'avion. Je ne pense pas qu'un des chevaliers se soit mis à faire de l'avion récemment. Bon ben allons-y. Comme il a amerri, c'est qu'il est sur la côte.

Après un petit tour pour faire une trentaine de kilomètres, l'avion se trouve juste devant moi. En tout cas, il n'y a personne aux alentours. J'ai vérifié, d'où une petite perte de temps, mais bon. "Il vaut mieux prévenir que guérir" d'après je ne sais plus quel illustre philosophe oublié. Faudra demander à Camus. Ou pas, puisqu'on s'en fout de toute façon.

Il n'y a plus qu'à monter et voir. La porte est fermée à clef, mais un petit coup de poing devrait suffire.

Boum. Crack. Oups.

Peut-être un peu fort.

Vide. Mais il y a des affaires pour au moins deux personnes. Il y a deux sacs dans le coin qui ne révèlent rien de bien intéressant à part que ce sont deux femmes. Pourquoi veulent-elles l'objet venu du ciel? La meilleure façon de savoir, c'est de les trouver et de le leur demander.

- Eh, DM, qu'est ce que tu fabriques ? Tu prends des cours de vol ?

Il n'y a que Milo pour faire ce genre de réflexions.

- Désolé Milo, mais je suis un peu pressé. Il faut que je retrouve ce qui nous est tombé sur la tête hier.

- Je croyais que le Grand Pope avait donné cette mission à Shaka ? Oh…, je vois. Tu veux de l'aide ?... En fait non, tu te débrouilleras bien tout seul. Moi, il faut que je ramène l'avion au Grand Pope. T'as trouvé quelque chose d'intéressant au fait ?

- C'est ça, merci pour ta proposition, et non, je n'ai rien trouvé. Tu n'as qu'à chercher tout seul, comme un grand.

Non mais puis quoi encore? Il ne manquerait plus que cet imbécile de chevalier du Scorpion ne m'accompagne pas.

Rien, j'ai cherché sur presque toute l'île, et rien. Grrrrr. Bon rentrons, et essayons d'aller aux renseignements au Sanctuaire.

Sur le parvis de la deuxième maison, Aldébaran captait les derniers rayons du soleil de juin. Tiens, mon anniversaire est passé, et personne n'a pensé à me le souhaiter, comme d'habitude.

- DM, qu'est ce que tu fabriques? Il y a Shaka qui te cherche avec insistance. Il aurait trouvé nos voleurs.

- Voleuses!

- Comment tu le sais? Ne me dit pas qu'elles se sont emparées de l'objet sous ton nez?

- Non, ne t'inquiète pas, j'ai juste fait une petite enquête, c'est tout. Bon, je vais y aller avant que Shaka ne perde la tête en me cherchant.

- HA! Ne sous-estime pas Shaka. Allez, passe une bonne soirée, et viens me voir de temps en temps.

- Promis.

Heureusement qu'Aldébaran existe, sinon le monde serait bien terne.

Tricha Borgez

- J'en ai marre, j'ai les pieds en feu, ainsi que les bras, et tout ça à cause d'un fichu objet. Bon, Tricha, je voudrais quelques explications, et tout de suite.

Il faut vraiment qu'elle soit fâchée contre moi pour ne pas employer mon diminutif.

- Si je te le dis, tu ne me croiras pas.

- Dis-le quand même, ça ne peut pas être pire que de se retrouver dans un temple grec depuis une heure avec des gens qui portent des armures et qui lancent des rayons lasers de leurs mains.

Je n'ai pas le temps de trouver une explication adéquate car quelqu'un entre dans notre "salle d'attente". C'est le gars qui nous a récupéré un peu plus tôt avec un autre mec en armure et aux cheveux bleus nuit, une sorte de casque orné de quatre pics de chaque côté. Je dis gars pour notre géolier car on a compris que c'était un mec. Je ne sais toujours pas comment il s'appelle, Mathilde n'a pas réussi à lui soutirer un seul mot depuis qu'on a "accepté de bonne grâce" de ramener l'objet qu'on m'a envoyé. Je n'ai pas eu le temps d'examiner ce "cadeau" des miens. Je crois que cela sera pour bientôt. Tout le monde à l'air aussi désemparé que moi.

- Voilà les nénettes qui t'ont piqué l'objet sous ton nez.

- Grrrr. C'est bon, n'en rajoute pas ou je te fais exploser la cervelle.

La tête de Mathilde tourne presque au vert. Je lui pose ma main sur l'épaule pour la réconforter.

- On a fini d'attendre ? C'est pas pour dire, mais même sur une île inconnue, l'administration est longue.

Cela eut l'effet escompté : faire sourire Mathilde, mais également ce grand gaillard au casque bizarroïde, ce qui me déplut.

- Je crois qu'on a affaire à un fort caractère Shaka!

- Tu as bien raison, mais surtout l'autre. Enfin, l'attente ne vient que de commencer. On attend que le Grand Pope décide de quoi faire de vous.

- Vous n'avez pas le droit, je veux voir mon avocat!

Je sais que c'est débile à dire, mais je ne sais pas quoi faire d'autre. J'ai amené Mathilde chez les fous, il n'y a pas d'autre définition pour décrire où on est tombé, et tout ça à cause de moi. Je m'en veux à mort, et c'est peut-être vers là que nous nous dirigons…

à suivre...

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