Suite et fin de Ca passe et ça casse


- Tu as osé le voler, lui ? s'indigna Duncan. Un jeune Immortel fauché ?

- Je sais, ça m'a fait mal au cœur, mais elle était superbe, cette bague…

- Amanda, tu es incorrigible !

- C'est pour ça que tu m'aimes, non ?

L'Écossais ne revenait pas de son aplomb. Il se calma, avant de reprendre.

- Qu'as-tu fait de ce bijou ?

- Ben, je l'ai revendu… à Servay.

- Quoi ?

- Mais il m'en a offert un très bon prix !

- Tu n'as vraiment aucune morale !

Amanda ouvrit la bouche pour répliquer, mais aucun son n'en sortit. La sensation familière avait parcouru sa nuque délicate.

- C'est lui, j'en suis sûre ! paniqua-t-elle. Il faut que je file d'ici !

- Police, ouvrez ! fit une voix de l'extérieur, comme en réponse à ses craintes. N'essayez pas de fuir, vous êtes cernés !

- Duncan, qu'est-ce qu'on fait ?

MacLeod ne lui répondit pas. Il se dirigea vers un hublot, et constata que de nombreux policiers étaient effectivement postés autour de la péniche. À son grand regret, il n'y avait aucune possibilité de s'échapper. Il regarda son amie avec une expression désolée.

- Je crois que nous n'avons pas d'autre choix que d'obéir, dit-il piteusement.

- Mais il va me coffrer ! Il n'est absolument pas question que je passe les cinquante prochaines années de ma vie dans une cellule !

- Je vais trouver un moyen d'arranger ça, tenta de la rassurer l'Écossais tandis que les tambourinements à la porte se faisaient plus pressants. Mais pour le moment, tu dois coopérer.

Sa compagne allait protester de nouveau mais il lui intima le silence d'un geste de la main et alla ouvrir.

- Inspecteur Nicolas Guimbe, services d'Interpol, se présenta l'Immortel qui lui faisait face. J'aimerais voir Mlle Amanda Darieux.

Le Highlander détailla rapidement son interlocuteur. Plutôt grand, les cheveux clairs, il avait un visage qui, sans être exceptionnellement beau, était harmonieux. Ses yeux gris, profonds, lui donnaient un air sévère, mais également un charme indéniable. Duncan songea avec une pointe de jalousie que si Amanda ne l'avait pas détroussé, elle aurait certainement fait plus ample connaissance avec cet homme qui paraissait avoir une vingtaine d'années.

- Entrez, dit-il en s'écartant pour le laisser passer.

- Nicolas, comment allez-vous ? demanda la criminelle avec un air innocent.

- Mlle Amanda Darieux, vous êtes soupçonnée de vol de bijoux et d'œuvres d'art, répondit froidement Guimbe. Vous êtes en état d'arrestation.

Sur ces mots, il lui passa les menottes aux poignets et la mena à l'extérieur, avant de la faire entrer dans une voiture de police sous les yeux de MacLeod. L'Écossais regarda partir les automobiles en se demandant dans quelles sortes d'ennuis Amanda allait l'entraîner, une fois de plus.


Le soir même, Duncan se rendit au siège parisien d'Interpol et demanda à voir l'inspecteur Guimbe, sous prétexte de lui fournir des renseignements. Quand il arriva devant son bureau, il sentit le signal retentir dans sa tête. Il poussa la porte et entra.

- Je connais la raison de votre présence, l'accueillit l'Immortel en relevant les yeux d'un dossier ouvert devant lui. Je ne peux malheureusement pas vous aider. Mais pardonnez-moi, nous n'avons pas vraiment eu l'opportunité de faire connaissance, tout à l'heure. Nicolas de Sainte Guimbe, pour vous servir.

- Duncan MacLeod, du clan MacLeod. Je sais qui vous êtes, Amanda m'a parlé de vous et de ce qui s'est passé il y a 300 ans.

- Ah oui, ma chevalière. Elle est toujours dans la famille de Servay vous savez, exposée dans leur hôtel particulier comme un trophée. J'ai eu l'occasion de rencontrer le descendant de mon ancien rival : il est aussi sot et prétentieux que son aïeul. Mais là n'est pas le propos. J'imagine que vous voulez faire libérer cette chère Amanda. C'est impossible.

- Vous ne pouvez pas la mettre en prison pour un vol commis trois siècles auparavant !

- Croyez-vous réellement qu'il s'agit d'une vulgaire vengeance ? demanda calmement Sainte-Guimbe en se rasseyant. Je l'ai poursuivie et arrêtée parce que c'est mon travail. Mlle Darieux est recherchée pour des cambriolages effectués ces dix dernières années dans le monde entier. Je ne peux nier que j'éprouve une certaine satisfaction à voir qu'elle va payer pour ses nombreux larcins, mais c'est secondaire.

- C'est une Immortelle, elle risque d'attirer l'attention sur nous si elle est détenue, souligna l'Écossais.

- À l'heure qu'il est, je ne peux plus rien faire pour empêcher sa condamnation. Les preuves dont nous disposons sont accablantes.

- Vous pourriez la faire échapper, ou faciliter son évasion !

- Même si j'en avais les moyens, pourquoi le ferais-je ?

- Pour récupérer votre chevalière, j'ai cru comprendre que vous y teniez énormément, risqua Duncan, étonné par sa propre audace.

Pour la première fois depuis le début de l'entretien, Sainte-Guimbe perdit de son assurance. Toutefois, il se reprit rapidement.

- Je croyais avoir mentionné le fait qu'elle était toujours en possession des Servay.

- J'ai parfaitement intégré cette information, assura MacLeod.

L'ancien collaborateur de La Reynie le toisa quelques instants, cherchant à savoir s'il était vraiment sérieux ou s'il bluffait. L'idée de faire sortir Amanda ne lui plaisait guère, pas plus que les intentions de cet Écossais. Mais il voulait tellement retrouver sa chevalière, unique héritage de ses ancêtres, et donner par la même occasion une bonne leçon à la famille de Servay, décidément bien vaniteuse.

- Votre amie doit partir samedi pour Londres afin d'y être interrogée, dit-il finalement. Son transfert sera sa seule possibilité de fuite sur le territoire français. Ça vous laisse trois jours.

- Merci. Vous aurez le bijou samedi matin, déclara le Highlander en quittant la pièce.

Une fois dans la rue, Duncan se maudit intérieurement. Mais quelle mouche l'avait donc piqué ? Comment allait-il se débrouiller pour obtenir cette fichue bague ?

S'il s'en sortait cette fois-ci, Amanda aurait une sacrée dette envers lui.


- Tu veux faire quoi ?

Methos avait du mal à en croire ses oreilles. D'abord il ne pensait pas que MacLeod aurait osé venir le voir d'aussi bon matin -10h30, quelle idée !- après ce qui s'était passé la veille. Ensuite l'Écossais lui avait annoncé qu'Amanda s'était faite arrêter -il fallait bien que ça arrive un jour- et qu'il comptait cambrioler un hôtel particulier dans l'espoir de la faire libérer.

- Je n'ai pas le choix, expliqua Duncan, je ne peux pas laisser Amanda sous les verrous. Mais j'ai besoin de ton aide, je n'y arriverai pas seul, je manque cruellement d'expérience dans ce domaine.

- Tu ne parles pas sérieusement ? Qu'est-ce qui te fait penser que j'y connais quelque chose ?

- Tu t'es bien introduit chez les Guetteurs avec Amanda pour voler la pierre de Mathusalem ?

- Oh oui, on se souvient tous à quel point ce fut un succès !

- Et ta collaboration avec Sundance Kid et Butch Cassidy ?

- Finalement un petit séjour en prison ne fera pas de mal à Amanda, ça lui apprendra peut-être à tenir sa langue.

- Methos ! Elle le ferait pour toi…

Le vieil Immortel soupira et s'assit à la petite table de sa cuisine. Il parut réfléchir quelques secondes, tout en dévisageant son cadet avec lassitude.

- OK, je sens que je vais le regretter, mais je te suis.

- Formidable, dit l'Écossais en s'asseyant à son tour et en étalant de grandes feuilles de papier sur la table. Voici les plans du bâtiment et le descriptif des systèmes de sécurité. Je les ai étudiés toute la nuit.

- Comment as-tu trouvé ça ?

- Disons que je connais un homme, qui connaît quelqu'un… C'est pas important. Ce que nous cherchons se situe au deuxième étage, à l'intérieur d'une vitrine installée dans un petit salon. Une intrusion de nuit n'est pas envisageable : toute la maison dispose de détecteurs à faisceaux, de capteurs de changement de poids, et chaque ouverture est reliée à des signaux d'alarme. Nous n'avons pas le temps de nous procurer le matériel nécessaire pour les contourner.

- Mince, ils n'ont pas lésiné sur les moyens.

- La famille de Servay possède une collection impressionnante, il est normal qu'ils la protègent. Notre seule possibilité de pénétrer dans le bâtiment, c'est pendant la journée. Tous les jours, l'hôtel particulier de Servay accueille des groupes de visiteurs, sous la tutelle de guides.

- Génial, un vol commis en plein jour, en présence d'une vingtaine de touristes, ça va être du gâteau ! Comment espères-tu passer inaperçu ?

- C'est faisable si nous sommes rapides. La vitrine où se trouve la chevalière est reliée à une alarme silencieuse qui alerte un petit poste de sécurité dans la cour au rez-de-chaussée. Le temps que les gardes arrivent, ça nous laisse environ deux minutes pour déguerpir.

- De mieux en mieux… T'as un téléporteur sous la main ?

- Dans le petit salon, il y a une cheminée, continua calmement Duncan. Ses capteurs sont coupés pendant les visites, les propriétaires doivent juger que personne n'oserait utiliser cette issue pour un cambriolage.

- Et on comprend pourquoi !

- C'est pourtant par là que nous passerons. Enfin, que je passerai… avec ton aide.

Methos regarda MacLeod sans saisir où il voulait en venir. Puis les rouages de son esprit se mirent à tourner à toute vitesse, et il comprit.

- Pas question ! s'écria-t-il en se levant brusquement de sa chaise. La démonstration d'hier ne t'a pas suffi ? Pas d'expérience mon œil, tu avais déjà tout planifié !

- Ça peut fonctionner, insista le Highlander. On se débrouille pour rester seuls dans la pièce quelques instants, je prends la bague, tu me fais léviter par la cheminée et je file par les toits. Tu ne coures aucun risque à rester sur place, même si on te soupçonne tu n'auras touché à rien, il n'y aura aucune preuve contre toi.

- Je n'y arriverai pas ! Il faudrait que je te soulève à quoi, dix mètres ? En moins de deux minutes ?

- Sept mètres en fait. Je suis sûr que tu peux le faire.

- Je te l'ai dit, je manque d'entraînement.

- Alors il ne faut pas perdre une minute. Nous sommes mercredi, tu as jusqu'à vendredi matin pour parfaire ta technique. Nous agirons vendredi après-midi.

- Mac !

- Pour Amanda, fit son cadet avec un regard de chien battu.

Methos détestait quand Duncan le fixait de cette manière, avec des yeux censés le faire culpabiliser. Le pire, c'était que ça marchait. "Il faudra que je trouve une parade", pensa le doyen des hommes en se rasseyant et en prenant les plans pour les examiner, marquant ainsi tacitement son accord.


Le vendredi matin, les deux Immortels étaient prêts. Cela n'avait pas été sans mal. Ils s'étaient longuement entraînés dans un entrepôt désaffecté presque sans discontinuer, malgré les malaises manifestement inévitables de Methos et les chutes parfois très douloureuses qui en résultaient pour l'Écossais. Mais ils avaient finalement passé la barre des sept mètres, allant même jusqu'à huit pour plus de sécurité, dans les deux minutes qui leur était imparties. La veille l'Ancien s'était couché exténué et Duncan l'avait laissé dormir jusqu'à midi : de sa bonne condition physique dépendait la réussite de l'opération. Ils revirent ensemble les détails de leur plan et partirent pour la visite guidée de 15h.

ooOOoo

Ils arrivèrent à l'hôtel particulier chacun de leur côté, personne ne devant soupçonner qu'ils se connaissaient. Les visiteurs n'étaient pas très nombreux, la chaleur de ces derniers jours n'incitant pas au tourisme culturel. Une jeune femme se présenta devant le petit groupe et se révéla être leur guide. Methos constata qu'elle était assez jolie : de taille moyenne, elle avait une silhouette agréable, des cheveux blonds légèrement bouclés encadraient son visage souriant, et ses yeux clairs pétillaient. Un coup de coude discrètement placé entre ses côtes le rappela à l'ordre : il ne devait pas se laisser distraire. Le vieil Immortel gratifia son cadet d'un sourire crispé et le petit groupe se mit en route, à la suite de leur guide. Celle-ci était vraiment très intéressante : dans chaque pièce qu'ils traversaient, outre la présentation standard, elle leur racontait des anecdotes se rapportant à un tableau, un meuble, une tapisserie. Elle faisait également participer les visiteurs en leur posant des questions sur les évènements de différentes époques. Voyant que personne ne répondait, Methos était venu à sa rescousse, puis il s'était vite pris au jeu, notant que cela amusait la jeune femme.

- Encore exact, dit-elle après qu'il eut répondu correctement une fois de plus. Vous devriez prendre ma place, Monsieur.

- Oh non, jamais je ne pourrai être aussi charmant que vous l'êtes, répondit-il en souriant.

Il vit clairement ses joues rosir avant qu'elle ne se retourne pour poursuivre la visite. Un nouveau coup de coude l'atteignit dans le dos.

- Tu as vraiment besoin de te faire remarquer ? lui murmura Duncan en le dépassant.

Methos retint une réplique cinglante et suivit le reste du groupe en pestant intérieurement contre ces jeunes générations décidément bien ingrates.

Ils arrivèrent enfin dans la salle de la chevalière. Leur guide les invita à regarder la vitrine et commença la description du bijou.

- Selon la tradition, cette bague est un cadeau du roi François 1er à la famille de Servay, en récompense des services rendus pendant la bataille de Marignan. Ce qui est assez étrange, étant donné qu'il n'y a aucune trace d'un quelconque membre de la famille lors de cette bataille.

Et en plus, elle était drôle ! L'Ancien songea qu'en d'autres circonstances, il aurait sûrement invité cette jeune femme à prendre un verre.

Tandis que le groupe avançait vers la pièce suivante, Duncan et Methos restèrent en retrait, faisant semblant de contempler les tapisseries accrochées aux murs. Mais ils demeuraient trop visibles pour agir, les autres visiteurs n'étaient pas suffisamment éloignés.

- Ferme les portes ! décida Duncan en se dirigeant vers la vitrine.

Dissimulé aux yeux de tous, Methos fit claquer les portes de la pièce de deux gestes secs du bras et les bloqua. L'Écossais récupéra la bague en brisant la vitrine, la mit dans sa poche et rejoignit la cheminée. Son aîné se rapprocha en tendant sa main droite, et MacLeod s'éleva dans le conduit tandis que l'Ancien entrait à son tour dans le foyer depuis longtemps éteint, pour ne pas le quitter du regard. Lorsque le Highlander fut à deux mètres de la sortie, il se sentit ralentir. Il baissa les yeux et vit son compagnon se cramponner aux parois pour ne pas tomber. Methos avait l'impression que sa tête allait exploser. Bloquer les portes l'avait affaibli, il n'avait plus l'énergie nécessaire pour faire sortir Duncan, et pourtant il ne voulait pas lâcher prise. Puisant dans ses ultimes ressources, il donna un dernier élan à son cadet qui réussit in extremis à agripper le rebord et à s'extirper hors du conduit. Puis le vieil Immortel tomba à genoux en suffoquant. Il eut tout juste la force de sortir de la cheminée avant de sombrer dans le néant.

ooOOoo

Lorsqu'il rouvrit péniblement les paupières, il gisait par terre et le visage d'un ange était penché au-dessus de lui.

- C'est le Paradis ? demanda-t-il étonné.

- Pas vraiment, répondit l'ange d'une voix suave.

Methos fronça les sourcils et reconnut son guide. Elle était encore plus jolie vue d'ici : des yeux verts d'une douceur infinie, un petit nez légèrement retroussé qui lui donnait un air mutin, et des lèvres fines et roses qui invitaient au baiser.

- Vous vous sentez bien ? s'inquiéta-t-elle. Vous voulez quelque chose ?

- J'aimerais beaucoup vous inviter à dîner, s'entendit-il lui répondre.

- Monsieur, vous me prenez au dépourvu. Peut-être pourrons-nous reparler de tout cela quand la situation se sera un peu calmée, dit-elle en regardant autour d'eux.

Ce fut seulement à ce moment que Methos réalisa qu'ils étaient entourés par des agents de sécurité et les membres du groupe de visite qui avaient réussi à ouvrir les portes. Un des agents s'avança vers lui.

- Veuillez nous suivre, s'il vous plaît. Nous avons quelques questions à vous poser.

L'Ancien se releva lentement et suivit les gardiens jusqu'au poste de sécurité, où ils furent bientôt rejoints par des policiers alertés du vol. L'Immortel leur expliqua qu'au moment où il allait rejoindre le reste du groupe pour continuer la visite, une personne l'avait brusquement assommé par derrière.

- Quand je me suis réveillé vous étiez tous autour de moi, continua-t-il. Je suis vraiment désolé de ne pas pouvoir vous être d'un plus grand secours. Vous pourriez me dire ce qui s'est passé ?

Les inspecteurs étaient plus que sceptiques sur sa déclaration, mais Methos n'avait pas la bague sur lui et elle n'était cachée nulle part sur la scène du crime. Ils ne possédaient aucune preuve leur permettant de le relier au vol ou au voleur -par où s'était-il enfui, d'ailleurs ?- et ils durent se résoudre à le laisser partir.

- Nous vous demandons de ne pas quitter la ville, au cas où nous aurions besoin de vous interroger de nouveau, précisa l'un des policiers.

- Pas de problème, vous pouvez compter sur moi, assura Methos le plus sincèrement du monde alors qu'il les quittait.

En sortant du bâtiment il fut heurté de plein fouet par la jeune guide, qui était venue prendre de ses nouvelles.

- Pardonnez-moi, je suis vraiment maladroite, s'excusa-t-elle. Je voulais savoir comment vous alliez.

- Assez bien. Mais il y a quelque chose qui me ferait aller encore mieux, risqua-t-il.

- Quoi donc ?

- Si vous acceptiez mon invitation de tout à l'heure.

- Mais…

- Comme ça vous pourrez me parler de tout ce que j'ai manqué de la visite.

Elle sembla hésiter un peu, avant de répondre d'une voix enjouée et malicieuse :

- Si c'est une invitation d'ordre professionnel... Ce sera avec plaisir.

Le rendez-vous fut pris pour le lendemain soir, puis la jeune femme partit faire sa propre déposition. Methos rentra finalement chez lui, et après s'être assuré par téléphone que tout s'était bien passé pour le Highlander, il se laissa tomber sur son lit et s'endormit presque aussitôt.


Le bruit des lames qui s'entrechoquaient résonnait dans l'entrepôt abandonné où Duncan avait conduit Methos pour un duel amical, dans le but de vérifier son prétendu entraînement des huit mois précédents. MacLeod était forcé de reconnaître qu'il s'était considérablement amélioré depuis leurs premières confrontations, lors de leur rencontre et quand le vieil Immortel était venu le mettre en garde contre Kristin Gilles. En fait ce n'était pas les seuls duels qui les avaient opposés puisqu'il y en avait eu deux de plus entre-temps, mais comme l'un s'était déroulé dans une hallucination et que pour l'autre son ami n'était pas dans son état normal, Duncan n'en tenait pas compte.

Les épées semblaient danser dans l'espace, dessinant un ballet d'attaques, de feintes et de parades. L'Écossais aimait ces affrontements où l'on ressentait l'ivresse du combat sans avoir à craindre pour sa tête. Il se souvint avec nostalgie des entraînements avec son cousin Connor dans ce même endroit, Connor qui s'était sacrifié pour que Kell soit détruit.

Une estafilade sur l'avant-bras interrompit brutalement le cours de ses pensées.

- Tu n'es pas à ce que tu fais, remarqua Methos en parant la riposte.

- Ce n'était que passager ! assura son cadet en attaquant de plus belle.

- Tu ne m'as toujours pas raconté comment ça s'est passé, avec Sainte-Guimbe.

- Il a tenu parole, c'est un homme d'honneur. Amanda a fortuitement obtenu les clefs de ses menottes pendant son transfert, et elle s'est éclipsée avant de monter dans le train pour Londres. Je ne lui ai pas parlé du cambriolage, elle se jetterait sur l'occasion pour nous embaucher.

- Très sage précaution, approuva Methos en se fendant.

- Et toi, ton dîner d'hier soir avec… comment s'appelle-t-elle, déjà ? demanda MacLeod en esquivant le coup.

- Emma. C'était une merveille, cette fille est vraiment délicieuse. Elle a accepté de m'accompagner au cinéma ce soir.

- Tu la revois ce soir ? Mais c'est le grand amour !

- Que veux-tu, je suis irrésistible.

- On se demande bien pourquoi !

Soudain Duncan exécuta une botte inédite et l'arme de son aîné atterrit à plusieurs mètres des deux hommes.

- Tu as perdu, déclara le Highlander quelque peu essoufflé.

- Que tu crois !

Methos tendit le bras droit vers son épée et celle-ci s'envola jusqu'à sa main. Surpris, MacLeod ne parvint pas à contrer sa propre botte retournée contre lui, et son katana suivit le même chemin que l'arme de son adversaire quelques secondes plus tôt. Le vieil Immortel laissa la pointe de son Ivanhoé retomber sur son épaule et regarda son cadet avec un large sourire, pleinement satisfait de ce retournement de situation.

- Tu disais ? jubila-t-il.

- Tricheur, grogna Duncan en allant récupérer son sabre.

- Alors ça c'est trop fort ! Quand Cassandra utilisait ses pouvoirs pendant un duel, ça ne te dérangeait pas, mais si moi je le fais, je triche ?

- Oh, ça va hein !

- Non, non, c'est trop facile ! Vas-y, explique-moi pourquoi je n'aurais pas le droit de…

Les deux Immortels se retournèrent brusquement, un buzz les ayant alertés. Ils virent Amanda les rejoindre à petites foulées, toute excitée.

- Eh bien les gars, quel combat ! Je vous ai observés de loin, pour ne pas vous interrompre. C'était magnifique, surtout la fin !

- Tu ne devais pas quitter Paris ? demanda l'Écossais abruptement.

- Si bien sûr, mais je voulais vous dire au revoir, Joe m'a expliqué que je vous trouverais ici. Et n'essaye pas de détourner la conversation, Duncan ! Methos, c'est vraiment très impressionnant ce que tu peux faire.

- Oh tu sais, ça n'a rien d'exceptionnel, tenta de minimiser l'Ancien.

- Ne sois pas modeste, ça ne te ressemble pas. Je vois d'ici toutes les opportunités qui s'offrent à nous avec ce genre de talents… Combinés avec mon expérience et… le soutien moral de Duncan, aucun système de sécurité au monde ne pourra nous résister. On fera une équipe formi…

- NON ! l'arrêtèrent en chœur ses deux compagnons.

- Oh, ce que vous pouvez être rabat-joie ! De toute façon, dégourdis comme vous êtes, c'est pas demain la veille qu'on vous verra réussir un cambriolage !

FIN


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Suite et fin de la tétralogie avec A la vie, à l'amor