Disclaimer : Rien ne m'appartient, ni Harry Potter, ni Hannibal (série), tout est à JK Rowling, Thomas Harris et Bryan Fuller.
Bêta-Reader : Chipuliara !
/ ! \ AVERTISSEMENTS / ! \ : Je vous invite à aller les lire dans le prologue (parce que mine de rien, ça prend de la place ! xD) C'est cependant important de savoir dans quoi vous vous lancez ! Merci :)
RAR :
Cathy : Coucou ! Je ne pensais pas que c'était si rare un vrai dark !Harry mais d'après les nombreux commentaires, je ne peux que revoir mon avis ! x) A moins que tu ne parles du Crossover Hannibal/HP parce que c'est qu'en Français, il n'en existe qu'une et que celles en anglais ont souvent été abandonnées… J'espère que la suite te plaira en tout cas, merci beaucoup pour ta review et bonne lecture :)
Merci pour vos reviews, vos favoris et vos follows
.
.
Résumé série Hannibal : Je ne savais pas comment faire cela mais finalement, j'ai opté pour un bref résumé de tous les personnages importants et une vue d'ensemble sur la situation globale où se situe l'histoire. Il n'est pas nécessaire d'avoir vu Hannibal pour comprendre, il suffit de voir les persos comme des OC mais si certains d'entre vous veulent voir la série, je les invite à regarder d'abord et à lire ensuite parce qu'il y a de petits spoilers plutôt important (sauf si savoir des choses sur la série ne vous dérange pas pour ensuite la regarder !)
- Hannibal Lecter (joué par Mads Mikkelson) : Psychiatre d'environ 40ans, avant de se tourner vers la psychiatre, il était chirurgien. Il est grand, aux cheveux châtain clair, aux yeux bruns et aux traits plutôt dur (si vous voulez voir à quoi il ressemble, chercher l'acteur cité plus haut). Il aime porter des costumes sur-mesure (qui lui vont diablement bien, si vous voulez mon avis ^^). C'est un fin gourmet et un excellent cuisinier. A ses heures perdues, c'est un tueur en série cannibale plus connu sous le nom de l'Éventreur de Chesapeake. Il déteste l'impolitesse et la grossièreté chez les gens mais il adore la musique d'opéra et faire de grands diners où il fait manger de la viande humaine à l'insu de ses invités. C'est un psychopathe et un sociopathe de haut niveau, il aime manipuler les gens et ne sait pas faire preuve d'empathie, même minime. Il devient le psychiatre de Will (il est très intéressé et intrigué par l'empathie de Will), puis son ami, puis il tombe amoureux de lui. Dans la série, leur relation est vraiment malsaine avec des tentatives de meurtre, des emprisonnements, etc… Dans ma fiction, même si les débuts étaient plutôt malsain, maintenant leur relation est tout à fait saine et forte.
- William « Will » Graham : (joué par Hugh Dancy) :, Il est professeur de Criminologie à l'Académie du FBI à Quantico, sans être Agent Spécial parce qu'il a échoué aux tests psychologiques. Il devient consultant pour le FBI lorsque Jack Crawford (voir plus bas) vient le chercher pour une affaire. Il n'est d'abord pas très enthousiasme puis finit par accepter de se rendre sur les lieux du crime. C'est un empathe exceptionnel qui lui donne la possibilité de se mettre à la place des tueurs pour comprendre leur motivation et leur fonctionnement. Il a le béguin pour Alana Bloom avant de rencontrer Hannibal qui devient son psychiatre pour être certain qu'il puisse aller sur le terrain. Après plusieurs semaines, Will découvre qu'Hannibal est l'Eventreur. Dans la série, cette révélation se passe plutôt mal et leur relation en pâtit. Dans ma fiction, Will l'a prit plutôt bien et leur relation a évolué à partir de ce moment là. (Description physique : moins grand qu'Hannibal, yeux bleus, brun avec les cheveux légèrement bouclés, aux traits plutôt doux ! Il a environ 34ans)
- Jack Crawford :(joué par Laurence Fishburne) C'est un Agent Spécial du FBI d'une quarantaine d'année, plus précisément, c'est un profileur et il est à la tête du département des sciences du comportement. Il est obsédé par l'Éventreur de Chesapeake qui joue avec lui. C'est lui qui va chercher Will pour le ramener sur le terrain, contre l'avis d'Alana Bloom. Il présente Dr Lecter à Will pour qu'il devienne son psychiatre et il va être impuissant devant leur relation grandissante comme un spectateur passif. Il a une dent personnelle contre l'Éventreur à cause d'une vieille affaire et il ne veut pas abandonner. Sa femme s'appelle Phyllis mais il la surnomme Bella. Description physique : grand, peau noir, cheveux courts, yeux noirs.
- Alana Bloom : (jouée par Caroline Dhavernas) Elle est psychiatre, professeur de psychologie, consultant au FBI et c'est une ancienne élève du Dr Lecter. C'est une amie et une collègue de Will Graham. Elle aime Will, allant même jusqu'à l'embrasser, mais ne veut pas de relation avec lui à cause de son instabilité mentale. Elle évite même de se retrouver dans la même pièce que lui, seule, pour ne pas le psychanalyser à cause de ses sentiments. Elle est contre le retour de Will sur le terrain et elle demande à Jack de ne pas trop l'impliquer et de le protéger de lui-même. Description physique : peau pâle, brune aux longs cheveux. Elle a environ 33ans.
- Abigail Hobbs : (jouée par Kacey Rohl) Elle est la fille d'un tueur en série qu'on surnomme la Pie du Minnesota. Suite au sauvetage d'Hannibal et de Will, elle se retrouve sans famille. Dans mon histoire, Will devint le tuteur légal d'Abigail et elle habite chez lui, où elle va à l'université. Dans la série, c'est un peu plus compliqué que cela mais ce n'est pas intéressant pour mon histoire et ça risque de spoiler pas mal.
Situation globale : ma fiction se déroule entre la saison 1 et la saison 2 mais beaucoup de choses ne se sont pas passées de la même façon que dans la série. Vous devez juste savoir qu'Hannibal et Will se sont rencontrés via Jack pour une enquête, qu'ils ont commencé une relation patient/psychiatre, qu'Hannibal a finalement drogué Will à un moment donné pour révéler son vrai lui, que Will a compris l'Éventreur sur les scènes de crime grâce à son empathie et qu'ils ont commencé à tuer ensemble avant de se mettre en couple. Personne n'est au courant pour leur petit duo et ils continuent de faire comme si de rien n'était, comme s'ils n'étaient que patient/psychiatre.
Je vous invite à chercher sur Google ou sur Ecosia ou n'importe quel moteur de recherche, avec les noms des personnages ou des acteurs pour avoir une idée de ce à quoi ils ressemblent.
.
.
Chapitre 1
Washington, 13h
Harry ne se souvenait plus du moment exacte où il avait commencé à apprécier les cris que les gens poussaient quand ils étaient torturés, mais cela n'avait aucune espèce d'importance. Il se délectait de leur souffrance comme certains savouraient un verre de Whisky-Pur-Feu. Leurs hurlements résonnaient dans ses oreilles telle une musique particulièrement jolie qui apaisait après une longue journée de travail.
Harry ferma les yeux de contentement quand une plainte plus forte résonna dans toute la maison. Un frisson parcourut sa peau et ses poils se dressèrent sur ses avant-bras. Sa tête dandina de droite à gauche au rythme d'une musique inaudible, comme s'il appréciait un concert classique dans un grand opéra, et il soupira en entendant le hurlement de douleur de son cousin.
- Espèce de monstre ! cria Vernon en se débattant sur sa chaise. Ne fais pas de mal à Dudley !
Son ricanement plein de sarcasme eut au moins le mérite de faire taire son oncle qui sembla se figer sur sa chaise. Harry rouvrit les yeux et se tourna vers lui, un léger sourire aux lèvres. Son visage était rouge de rage, comme quand il le frappait alors qu'il n'était qu'un gosse. Il n'avait pas changé – ni Pétunia, ni Dudley, d'ailleurs – même alors qu'il s'était passé six ans depuis la dernière fois qu'il les avait vus.
Vernon était toujours le même. Il paraissait même avoir grossi, si cela était humainement possible. Son ventre dépassait de son pantalon, son cou ne se distinguait même plus – semblant être juste le prolongement de son visage rougeaud – et ses doigts boudinés ressemblaient à ceux que Tante Marge avait eus quand il l'avait transformée en ballon, peu avant sa troisième année.
La baguette de sureau dans sa main gauche, négligemment posée sur son genou, Harry leva la main droite et, sans détourner les yeux de ceux de son oncle, il serra le poing doucement. Les yeux de Vernon s'agrandirent de peur et sa peau se colora d'un rouge un peu plus foncé quand sa gorge se compressa sous la magie de son neveu. Ce dernier continua de l'observer tranquillement, comme si de rien n'était.
- Tu ne sais vraiment pas quand fermer ta grande bouche, n'est-ce pas mon oncle ? Je m'occupais tranquillement de Dudley, toute mon attention était tournée vers lui. Ce qui veut dire, humain stupide, qu'elle n'était pas centrée sur toi. Et toi, que fais-tu ? Tu t'égosilles devant moi, comme si tu voulais que je te tue maintenant.
Harry secoua tristement la tête, la main toujours fermement serrée en poing. L'expression sur son visage ressemblait à celle d'un parent attristé devant son enfant récalcitrant. Vernon essaya de hurler mais sa gorge était trop serrée, l'empêchant de respirer ou de laisser échapper un quelconque bruit.
- Un problème mon oncle ? Tu sembles un peu… à bout de souffle.
- Harry, je t'en supplie, arrête cette folie, murmura Pétunia, en continuant de pleurer toutes les larmes de son corps.
Le sorcier grogna d'exaspération, laissa retomber sa main contre son ventre et se tourna avec rage vers sa tante.
- Je vous savais tous les deux stupides mais j'ignorais que vous étiez suicidaires. Est-ce si difficile pour vous de vous la fermer pendant que je torture mon cher cousin ? Vous allez mourir, ne vous inquiétez pas. Seulement, c'est chacun son tour. Vous comprenez ?
Vernon toussa plusieurs fois, s'étouffant avec sa salive alors qu'il tentait par tous les moyens de faire rentrer l'air dans ses poumons douloureux. Harry eut une moue ennuyée. Il avait tout prévu, au millimètre près. Et tout était si bien parti. Il avait retrouvé les Dursley en Amérique bien qu'il n'ait jamais su qu'ils avaient déménagé de l'autre côté de l'Atlantique pendant la guerre contre Voldemort. Trouver leur maison avait été plus facile que prévu parce que les gens dans le quartier les voyaient comme « la famille parfaite » et ne tarissaient pas d'éloges sur eux, ces britanniques qui avaient réussi à se faire une place dans leur pays. Trouver des informations sur eux avait été tout aussi facile : la vieille dame au bout de la rue lui avait raconté – après un charmant sourire plein de bons sentiments de sa part ajouté à un je suis de la famille, cela fait des années que je ne les ai pas vus – qu'ils étaient tous les trois à la maison avant que Madame ne parte faire les courses et que le jeune Monsieur retourne à l'université. Alors Harry avait agi, avant que Pétunia et Dudley partent tous les deux. Se venger de Vernon était déjà jouissif mais se venger de toute la famille serait comme une renaissance.
Sans perdre de temps, il avait contourné la maison pour rentrer par derrière. Comme il l'avait prévu, les trois Dursley étaient réunis dans la cuisine, les deux hommes se goinfrant comme ils en avaient l'habitude. D'un mouvement de baguette magique, il avait ouvert la porte et les avait ensuite attachés à leur chaise. Par sa Sainte mère, leurs visages quand ils l'avaient reconnu avait été jouissif. L'incrédulité s'était battue avec la haine sur leurs traits rapidement dominées par la peur qui était venue liquéfier leur visage. Il s'était hissé sur la table, son pantalon de combat en cuir noir craquant sous son mouvement. Il avait fait tourner sa baguette entre ses doigts tout en posant des questions futiles et inintéressantes – « comment allez-vous depuis le temps ? Qu'est-ce que vous devenez ? ». Pas que les réponses lui importaient mais c'était jubilatoire d'avoir une conversation légère, presque superficielle, alors que les victimes savaient que sa venue n'annonçait qu'une chose : la mort. Harry était la Mort, comme il était un Dieu. Il était surpuissant.
Il avait patiemment attendu les réponses à ses questions, se réjouissant du ton tremblant sur lequel lui parlait Pétunia alors que les deux autres étaient trop pétrifiés pour ne serait-ce que respirer. Puis le spectacle avait commencé, millimétré comme une partition. D'abord Dudley puis ses parents. Il était descendu de la table, avait lissé ses vêtements puis il leur avait gentiment souri avant de faire léviter Dudley pour l'attacher au plafond, tête vers le bas, et d'aligner Vernon et Pétunia en face de lui. Il s'était lui-même installé dans une chaise vacante et il avait élégamment croisé les chevilles sur la table, comme s'il était chez lui. Chaque coupure qu'il avait infligée à son cousin avait été calculée, prévue. Chaque cri qu'il avait reçu en échange s'était enroulé autour de son tympan comme une douce réponse à son art.
Il venait de couper un doigt à Dudley quand Vernon l'avait interrompu, l'obligeant à revoir ses plans initiaux. Soit. Il n'était pas devenu un maître en torture pour rien. Sa réputation était justifiée. Molly lui avait un jour crié au visage qu'après tout ce qu'il avait fait, ça ne l'étonnerait même pas que Voldemort revienne pour lui serrer la main. A l'époque, Harry avait simplement haussé les épaules. Aujourd'hui, il lui répondrait qu'il l'exécuterait avant qu'il ne le touche.
- Si vous aviez fermé vos grandes gueules j'aurais oublié vos présences. Du moins, pendant que je tuais Dudley mais maintenant que je me rappelle de vos existences, pourquoi pas me servir de vous ?
Tuer des gens faisait passer le temps. Faire tuer des gens de la main de personnes qui les aimaient était beaucoup plus divertissant. Avec un sourire, Harry se félicita mentalement. Pourquoi n'y avait-il pas pensé avant ? Quelle meilleure vengeance que de faire exécuter Dudley, dont il avait été le souffre-douleur, par la personne qui l'avait battu pendant toute son enfance ?
La baguette de sureau dans la main, il visa Vernon et prononça d'une voix claire, presque joyeuse :
- Impero !
Les yeux porcins de son oncle devinrent flous et son visage perdit toute trace de l'horreur qui l'avait précédemment traversé. Harry sourit un peu plus, sur l'expectative. Il savait qu'un Moldu ne pouvait pas contrer le sortilège impardonnable mais il voulait voir la réaction des deux autres quand ils verraient ce que l'homme qu'ils avaient toujours connu et toujours aimé pouvait faire sous son contrôle.
D'un geste de sa main libre, Harry libéra Vernon des liens de sa chaise mais le gros moldu ne chercha pas à s'enfuir.
- Vernon, attaque-le ! cria Pétunia en tirant sur les liens. Fais quelque chose !
- Oh mais ne t'inquiète pas, ma chère tante, il va faire quelque chose, ricana-t-il avant de se tourner vers son oncle de lui ordonner : va prendre un couteau pour la viande.
L'homme se leva de sa chaise sans faire d'histoire sous les cris de Pétunia qui ne comprenait pas sa soudaine passivité et docilité. Harry se pencha en arrière, rictus aux lèvres, se délectant du spectacle. Merlin, ces cris désespérés… Il n'aurait jamais pu imaginer pareil scénario, même ses rêves les plus fous semblaient bien pâles devant la réalité.
- Parfait, félicita-t-il son oncle quand il vit le couteau d'une trentaine de centimètres qu'il tenait dans ses mains boudinées. Tu sais ce qu'il te reste à faire, n'est-ce pas ?
Vernon hocha la tête et dans ses yeux normalement flous, Harry put voir passer un éclair de conscience et de peur. Le sorcier sourit, clairement mauvais, et fit un geste de la main vers Dudley qui se tortillait, toujours la tête en bas. Tout était parfait.
Son oncle marcha vers son fils et il leva son couteau, coupant le souffle d'Harry qui fixa la pointe aiguisée. Son sang pulsa dans ses veines et son cœur s'accéléra dans sa poitrine. Enfin. Enfin, il aurait sa vengeance. Et quelle vengeance ! Elle était grandiose et théâtrale. Légèrement mélodramatique, pensa-t-il en entendant les pleurs de sa tante. Parfaite.
- Non ! hurla Dudley en cherchant à s'éloigner de l'arme qui le menaçait. Papa qu'est-ce que tu fais ? Papa, s'il te plaît, ne fais pas ça !
Mais Vernon n'écouta pas. Sans une hésitation, il plongea la lame du couteau dans le ventre bedonnant de sa progéniture qui, trahi par son père, pleurait toutes les larmes de son corps alors que le sang commençait à couler vers son visage. Rapidement le liquide écarlate se mélangea aux perles d'eau salée qui glissaient le long de ses joues potelées et pâles, fascinant Harry qui se redressa, comme pour se rapprocher de ce tableau si captivant et si artistiquement intéressant.
D'un nouveau geste de la main, Harry obligea son oncle à terminer le travail. Le couteau toujours plongé dans le ventre de son cousin, Vernon saisit le manche à deux mains et descendit l'arme jusqu'à ce qu'elle bute contre le sternum. Ouvert en deux, Dudley mourut sur un dernier cri agonisant alors que ses organes vitaux se déversaient sur le sol.
- Magnifique, haleta Harry, perdant son sang-froid pour la première fois depuis près de deux ans.
Il sauta sur ses pieds, ses bottes en cuir de dragon claquant contre le carrelage blanc de la cuisine. Sous les sanglots de sa tante qui semblait sur le point de vomir, il se rapprocha. Pas assez pour salir ses chaussures avec le sang qui teintait les dalles de carrelages mais suffisamment pour observer plus attentivement le corps maintenant sans vie de son cousin. Son intestin sortait de son ventre pour s'échouer en tas sous lui, toujours attaché à l'intérieur de son ventre. Ses bras pendaient lamentablement, ses doigts touchant son estomac. Enfin, une partie de son estomac, pensa Harry en penchant la tête sur le côté. Le couteau avait dû découper l'organe en incisant sa peau. Son foie traînait un peu plus loin et ses poumons semblaient être les seuls à être restés à leur place.
Harry s'approcha de Vernon qui s'était reculé et tapota gentiment sa joue rougeaude, le félicitant pour ce qu'il venait d'accomplir. Il lui ordonna ensuite d'aller s'asseoir, remit en place ses liens et coupa l'impérium. Harry délaissa la chaise qu'il venait de quitter, préférant s'asseoir sur la table, face aux deux autres.
- Bon, où en étais-je ?
- Que m'as-tu fais, sale monstre ?
Faussement choqué, Harry plaqua sa main libre sur sa poitrine, sa bouche s'ouvrant dans un O parfait, les sourcils haussés. Il était devenu un acteur hors pair pendant ces dernières années. Il aimait manipuler les gens – ses victimes – avant de les tuer.
- Moi, un sale monstre ? Ce n'est pas moi qui viens d'éventrer mon propre fils.
- Vernon, gémit Pétunia, les yeux bas.
- Tu m'y as obligé ! hurla Vernon fou de rage. Pétunia, regarde-moi, il m'a obligé à faire ça. C'est sa… sa magie qui m'a fait faire ça ! Je ne voulais pas ! J'aime…j'aimais Dudley, tu le sais, n'est-ce pas ? Oh… Dudy…
Il leur adressa le fameux sourire en coin, mi-séducteur mi-cruel, celui qui n'annonçait rien de bon. Il pencha la tête sur le côté, faussement innocent et candide. Plus leurs cris résonnaient dans la cuisine, plus Harry se sentait puissant. Leurs vies étaient dans ses mains. Un mouvement, une pression et les Dursley ne seraient plus. La vieille dame au bout de la rue n'aurait alors plus jamais la chance de demander la recette du pudding à Pétunia. L'homme d'en face ne pourrait alors plus jamais avoir une perceuse à moitié prix. Son cœur battait fort dans sa poitrine maintenant et un frisson parcourut son corps entier. Les voir se déchirer lui donnait une bouffée d'air frais qui purifia ses poumons comme si c'était la première fois qu'il respirait réellement.
En vérité, il avait cette impression à chaque fois qu'il tuait : c'était revigorant, stimulant, vivifiant. Mais là… Là c'était d'un tout autre niveau. Surement parce que Vernon, Pétunia et Dudley l'avaient maltraité pendant près de quinze ans de sa vie.
- Mais, mon oncle, dit-il avec un air désolé sur le visage et une voix douce contredit par son rictus sadique. Il est possible de contrer les effets de l'impérium. Il faut seulement le vouloir très, très fort. Il faut croire que tu ne voulais pas tant que ça sauver ton fils. C'est dommage, tu ne crois pas ? Si tu avais mis plus d'ardeur à combattre cette magie que tu détestes tant, la dernière image de Dudley n'aurait pas été son père en train de l'éventrer.
Il rit quand Vernon tapa des pieds contre le sol, voulant vraisemblablement se lever pour venir l'étrangler de ses mains souillées de sang. Sans plus se préoccuper de son oncle, le brun tourna son attention vers Pétunia qui priait en murmurant.
- Que dis-tu, ma tante ? J'aimerais t'entendre.
Pétunia secoua simplement la tête, ses lèvres bougeant sans qu'un seul son ne les franchisse. Harry ricana en comprenant qu'elle demandait à Dieu de venir les sauver, de leur accorder le pardon à elle et à son mari pour ne pas avoir su protéger leur fils et L'implorant de leur octroyer une chance de sortir vivant de ce cauchemar.
Harry se pencha en avant, les coudes posés sur ses genoux.
- N'as-tu pas compris, Tante Pétunia, que je suis le seul dieu qui ne t'accordera jamais de son temps ? Je suis celui qui peut t'arracher la vie d'un mouvement de main. Je suis celui qui peut t'accorder la pitié que tu demandes avec tant d'acharnement à un dieu qui t'as abandonnée à mon bon vouloir. Je…
Harry se coupa dans sa tirade quand un léger bruit retentit vers la porte d'entrée. Ses sourcils se froncèrent alors qu'il raffermissait sa prise autour de sa baguette. Ce n'était pas le bruit de la sonnette, ni celle de coups portés sur le battant. Ça ressemblait plus au son d'une clé – ou tout objet moldu qui pouvait ouvrir une porte.
- Merci, mon Dieu, haleta Pétunia.
Harry se pencha un peu en arrière, tentant d'avoir une vue sur le hall d'entrée mais il ne voyait rien de sa place surélevée. Il fut tenté d'aller voir ce qui se passait mais, finalement, après une courte réflexion, il resta là où il était assis. Il se prépara cependant à pétrifier un voisin trop fouineur. De toute façon, rien ne pouvait l'arrêter. Il était au-dessus de tout, plus puissant que quiconque – et surtout des moldus.
Pendant quelques secondes rien ne se passa et Harry crut avoir rêvé, même si le visage plein d'espoir de Vernon et le fait que Pétunia avait relevé la tête lui prouvaient qu'eux aussi avaient entendu cet étrange bruit. Gardant un œil sur le couloir qui menait à la porte d'entrée, l'ex-Gryffondor retint son souffle quand enfin le responsable du bruit apparut dans le chambranle de la porte ouverte.
Ou plutôt, les responsables.
Les deux hommes qui venaient d'entrer se figèrent en voyant la scène qui s'étalait devant eux et Harry haussa un sourcil perplexe en les observant. Ils étaient… surprenants. Grands tous les deux, ils étaient quand même relativement différents. Ils portaient tous les deux d'étranges combinaisons transparentes qui laissaient apercevoir leurs vêtements : un costume sobre, classique et élégant pour l'un, une paire de jeans, une chemise bleue et une veste foncé pour l'autre.
Celui en costume avait un petit air hautain sur son visage carré aux traits durs. Ses cheveux châtains avaient l'air gominé, la raie sur le côté lui donnant l'allure d'un premier de la classe – très sérieux, très professionnel. D'après ce qu'Harry pouvait voir, il ne devait pas sourire très souvent. Ses yeux bruns analysaient toute la pièce avec un détachement un peu dérangeant alors qu'aucune émotion ne traversait son visage.
L'autre semblait plus jeune et beaucoup moins arrogant. Les cheveux noirs et bouclés ressemblaient à ceux d'Harry et il portait une barbe de trois jours et une légère moustache qui masculinisaient ses traits un peu plus doux que l'autre. Derrière ses lunettes, ses yeux bleus balayaient, eux aussi, la salle devant lui, un éclair de surprise passant dans ses iris clairs.
Harry haussa les deux sourcils quand il remarqua les armes – un couteau de chasse et un couteau de… boucher ? – dans leurs mains. Ils étaient relativement surprenants avant mais maintenant qu'il avait repéré leurs armes, ils devenaient potentiellement intéressants.
- Seigneur, geint Pétunia, les yeux écarquillés par la peur.
Une paire d'yeux glissa sur elle avant qu'ils ne tournent leur attention sur Harry qui, toujours perché sur la table, se demandait ce qu'il devait faire. Qui étaient ces gens ? Et pourquoi venaient-ils tuer les Dursley ? Parce qu'ils venaient obligatoirement les tuer, ce n'était pas tous les jours qu'on portait des combinaisons transparentes avec des couteaux assortis pour sortir en ville. Harry se fit vaguement la remarque qu'il avait eu de la chance de venir aujourd'hui et non le lendemain, ça l'aurait énervé de faire le voyage jusqu'ici pour retrouver les cadavres de sa famille bien aimée.
- C'est… embarrassant, remarqua l'homme en costume.
- C'est un sacré euphémisme, ironisa Harry.
Quand les deux hommes l'observèrent plus attentivement, Harry se sentit exposé, disséqué et analysé. Ce n'était pas une sensation qu'il appréciait – et il n'avait pas eu à subir ce genre de regard depuis plus de cinq ans, depuis la fin de Voldemort. Devoir supporter cela, surtout de la part de deux moldus, lui fit presque montrer les dents.
- Qui êtes-vous ? demanda-t-il en les pointant de sa baguette.
On n'était jamais trop prudent. Comme le disait Maugrey : Vigilance Constante ! Même si ce pauvre Fol-œil n'avait pas été assez vigilant pour être encore vivant aujourd'hui, Harry comptait bien suivre son précieux et unique conseil.
Les deux hommes échangèrent un regard perplexe face à sa baguette qui apparaissait pour eux comme un simple et inoffensif morceau de bois.
- Sauvez-nous ! Je vous en supplie ! Il est complètement fou, i-
- Oh la ferme !
Harry pointa brièvement sa baguette vers la femme s'égosillant, murmura un « silencio » puis reporta son attention – et sa baguette – vers les deux hommes, qui s'étaient figés face à sa magie. Ils ne devaient pas comprendre ce qui se passaient, tant mieux, Harry aurait moins de mal à leur faire oublier tout cela.
- Alors, qui êtes-vous ?
- Vous d'abord, répliqua celui en jeans.
- Sérieusement ? Vous voulez vraiment jouer au jeu du « je réponds à ta question quand tu auras répondu à la mienne » ?
La bouche de l'homme aux cheveux bouclés se tordit et ses yeux se plissèrent. Harry lui renvoya un sourire éclatant, sans baisser une seconde sa baguette. L'autre s'avança dans la pièce, son regard comme attiré par le corps de Dudley qui se balançait doucement.
- Dr Lecter ? demanda Vernon, fébrilement.
- Monsieur Dursley, ravi de vous revoir dans de telles circonstances, répondit le dénommé Lecter d'une voix calme.
Harry se tourna vers Vernon tellement vite que ses vertèbres craquèrent sous son brusque mouvement.
- Tu le connais ?
Vernon répondit d'un simple hochement de tête, trop dégouté pour lui parler. Harry pouvait voir qu'il se retenait pour lui cracher dessus. S'il avait été à sa place, il n'aurait pas hésité une seconde. Ricanant intérieurement, Harry se fit la remarque qu'il n'aurait jamais été aussi bête pour se retrouver dans une telle situation.
- Alors do-
Harry s'interrompit brusquement et se retourna. Il tendit le bras, cria un retentissant « arresto momentum » et serra la mâchoire quand la lame d'un poignard entailla sa joue. S'il n'avait pas été surentrainé, surpuissant ou tout simplement un putain de sorcier, il se serait fait tuer par un moldu en combinaison transparante. Tout ceci ne devait en aucun cas se faire savoir dans le monde sorcier, sinon sa réputation en pâtirait et il devrait démontrer, une nouvelle fois, qui était le sorcier le plus puissant du monde. Ce serait dommage.
- N'avez-vous aucun honneur pour attaquer quelqu'un de dos ? demanda-t-il à l'autre homme, toujours inconnu.
- Théoriquement, vous n'étiez pas de dos, répliqua Lecter.
Harry en oublia presque sa colère pour cet affront et se tourna vers le docteur avec un sourire en coin. Ils étaient assez téméraires et assez intéressants pour qu'il ne s'attarde pas sur ce qui venait de se passer. Finalement, son plan de vengeance devenait beaucoup plus captivant qu'il ne l'avait initialement pensé.
- Vous jouez sur les mots, Docteur Lecter.
Avec un geste négligent de la main, Harry pétrifia l'homme qui avait tenté de l'assassiner. Il s'écroula sur le sol, aussi raide qu'une planche en bois et les yeux de Lecter le quittèrent deux secondes avant de revenir sur lui, comprenant qu'il était le danger à éliminer dans la pièce pour pouvoir s'en sortir vivant.
- Qu'avez-vous fait à Will ? demanda Lecter avec une intonation nouvelle dans la voix – de la colère peut-être.
- Rien que je ne vous ferai pas, sourit Harry en sautant de la table. Voulez-vous, vous aussi, avoir une chance de me tuer avant que je ne vous ligote à cette chaise ?
Joignant le geste à la parole, Harry fit apparaître un siège beaucoup plus confortable que ceux des Dursley – et accessoirement, beaucoup plus solide. Si Lecter ou Will décidaient de se jeter sur le dos, espérant casser la chaise pour s'échapper, c'était raté.
- Vous n'oserez pas.
- Vous pensez ? défit Harry de plus en plus amusé.
L'homme darda sur lui un regard impénétrable avant de se jeter sur lui, dans une attaque frontale. Harry qui s'y attendait, ne fit cependant aucun geste pour l'arrêter. Il leva le bras pour bloquer celui qui tenta de le poignarder, frappa le poignet violemment pour lui faire relâcher l'arme – mais le Moldu tint bon. Cela faisait des années qu'Harry ne s'était pas battu au corps à corps mais tous ses anciens réflexes refaisaient surface comme s'ils étaient restés tapis au fond de lui pour ressortir en cas de besoin.
Lecter lui donna un coup de genou dans le ventre, l'obligeant à se plier en deux sous la douleur mais il se reprit très vite, se jeta au sol et roula un peu plus loin. Il lui sourit quand le docteur fronça les sourcils face à ce mouvement qui démontrait ses aptitudes au combat rapproché.
- Ne voulez-vous pas vous asseoir gentiment avant que l'un de nous ne soit grièvement blessé ? demanda Harry gentiment, se repositionnant pour contrer une possible attaque.
L'homme releva un sourcil septique et Harry sourit un peu plus. Bien sûr que non, il ne s'assiérait pas. Cet homme, comme celui qu'il avait pétrifié, était un tueur – ça se voyait dans leur façon de se mouvoir, d'analyser ses actions et d'anticiper ses actes. Ils étaient comme lui, sans peur et sans pitié. Si Lecter avait accepté de s'asseoir sans faire d'histoire, Harry l'aurait tué. Maintenant, il allait pouvoir le garder un peu plus longtemps en vie pour parler. Ensuite, il verrait ce qu'il ferait d'eux.
Harry se baissa quand l'homme l'attaqua et donna un coup de pied dans le tibia du docteur, le faisant grogner. Il reçut un coup de coude dans la joue qui lui donna l'impression de perdre sa mâchoire, tant la violence du coup était forte. La tête légèrement sonnée, il eut conscience des cris de Vernon qui encourageait Lecter comme si sa vie en dépendait. Ce qui était le cas. Si Lecter réussissait à le tuer – et c'était purement théorique parce qu'il ne pouvait pas mourir… Il était le Maitre de la Mort, par Merlin – alors Vernon aurait peut-être une chance de survivre à cette journée cauchemardesque. Peut-être, parce que Lecter semblait bien parti pour l'assassiner aussi. Vernon devrait plutôt déterminer quelle mort était la plus attirante !
Pour un Moldu, l'homme se débrouillait bien. Harry avait de plus en plus de mal à suivre la cadence, recevant coup sur coup mais donnant tout autant. Il savait que demain, son corps entier serait recouvert d'ecchymoses et des hématomes fleuriraient sur son visage, ce qui ne manquerait pas de faire jaser ses fidèles. Comment pourrait-il leur expliquer ça ? Enfin, il n'était pas, à proprement parler, obligé de leur fournir une explication – quelques menaces suffiraient à faire taire les questions.
Harry se baissa pour éviter le poing qui volait jusqu'à son visage. Il fut surpris quand une douleur aigüe explosa dans le haut de son bras. Baissant les yeux jusqu'à la source de cette douleur inhabituelle, il remarqua le couteau planté dans sa peau. Bien. Parfait. Il venait de se faire avoir par un simple Moldu. Un tueur aguerri, assurément, mais ce n'était pas une raison. Il était celui qui avait ramené la paix dans le monde sorcier. Il était celui devant lequel tous s'inclinaient sur son passage. Il faisait la justice, sans notion de bien et de mal. Sa parole était d'or et ses ennemis tremblaient quand ils se retrouvaient sous son regard.
Alors… Comment avait-il pu se faire avoir par un putain de Moldu ?
Il tendit le bras pour enlever le couteau quand deux mains froides s'enroulèrent autour de son cou. Les cris de Vernon gagnèrent en intensité alors que Lecter resserrait sa prise autour de sa gorge, coupant son flux d'air. Harry releva les yeux vers lui, ne souriant plus du tout, ses iris verts devenant surement d'un vert incandescent sous le pouvoir qui montait en lui.
- Vous devriez vous asseoir, Docteur Lecter, chuchota-t-il comme il put alors que les doigts s'enfonçaient impitoyablement dans sa peau.
- Vous êtes à ma merci, pensez-vous vraiment que je vais vous lâcher maintenant ?
Le souffle de l'homme était haletant, mais il semblait serein, comme s'il avait été sûr de gagner depuis l'instant où il était entré dans la maison. Du sang coulait sur son visage et des bleus commencèrent à se faire voir sur sa peau sans imperfection. Harry secoua un peu la tête, les grandes mains autour de lui l'empêchant de faire de plus grands mouvements. Sans gestes brusques, Harry posa ses mains sur la poitrine de l'homme, le manque d'air commençant à lui embrouiller la vision. Il concentra toute sa magie dans ses paumes et dit, sans quitter l'homme des yeux :
- J'ai dit : assis !
Alors qu'il hurlait le dernier mot, sa magie pulsa violemment envoyant Lecter en arrière jusqu'à ce qu'il soit assis sur la chaise qu'il lui avait préparé. D'un mouvement de la main, des liens s'enroulèrent autour de ses poignets et de ses chevilles. Harry souffla et massa son cou endolori. Il aurait des traces, sans aucun doute. Se raclant la gorge, il se dirigea vers Will toujours pétrifié au sol et le fit léviter jusqu'à une chaise avant de l'attacher comme tous les autres. D'un claquement de doigt, il annula son sort et leur tourna tous le dos pour repartir s'installer sur la table, comme si rien de tout cela ne s'était passé.
- Ce n'est pas très loyal, avança Lecter avec une petite moue déçue sur les lèvres.
- C'est l'épouvantard qui se fout du détraqueur ! s'exclama Harry en levant les mains au ciel. Vous me parlez d'honnêteté mais votre ami est celui qui m'a attaqué de dos ! Quel genre d'homme loyal ferait cela ?
- Epouvantard ? questionna le dénommé Will qui secoua un peu la tête. Détraqueur ? Mais de quoi parlez-vous ?
Harry chassa la remarque d'un petit geste dédaigneux de la main gauche pendant qu'il serrait celle de droite en un poing serré. Vernon cessa alors de crier à l'aide et s'étouffa une nouvelle fois. Les yeux de Lecter suivirent son mouvement et observèrent l'homme gras avec une surprise non feinte.
- C'est sans importance, oubliez ça, Will, sourit-il au brun avant de se tourner une nouvelle fois vers l'homme en costume. De plus, il me semble vous avoir prévenus, non ? Est-ce de ma faute si vous ne m'avez pas écouté ?
Harry détendit la main, laissant son oncle respirer bruyamment avant de lui lancer un « silencio ». Il avait une conversation à mener avec ces deux messieurs et il ne tenait pas à être interrompu par les cris de son oncle.
- Bien, oublions cette histoire d'honnêteté, soupira Harry. Alors, qui êtes-vous ?
Les deux hommes échangèrent un regard avant de se retourner vers lui, synchrones.
- Si vous nous le dites d'abord, nous vous répondrons. Vous comprenez qu'on ne peut pas se permettre de donner une information pareil à un homme qu'on ne connait ni d'Eve, ni d'Adam.
Un rictus aux lèvres, Harry croisa ses bras sur sa poitrine, dardant sur eux un regard impénétrable. Il comprenait leur point de vu. Pourquoi risqueraient-ils de donner leur identité à un inconnu qui pourrait les dénoncer à la police Moldue ? Oh, peut-être pour la simple raison qu'il pouvait les tuer s'ils ne lui répondaient pas. Pauvres Moldus ignorants.
- Ce que je vois surtout, c'est que vous êtes à ma merci et que si vous ne voulez pas mourir, vous devriez me répondre.
- Vous ne nous tuerez pas, affirma Lecter.
- Et pourquoi ça ?
Les yeux sombre de Lecter s'ancrèrent dans les siens et Harry sentit son souffle devenir plus erratique, plus court, plus difficile. Les courts cheveux sur sa nuque se redressèrent alors qu'un délicieux frisson parcourait tout son corps.
- Parce que nous sommes pareils, vous et moi.
Harry haleta à cette phrase dite si naturellement. Oui. C'était ça. Ils se ressemblaient trop, tous les trois, pour qu'Harry ne pense à les tuer. Ils étaient intéressants, rares et divertissants – lui qui commençait sérieusement à s'ennuyer dans sa vie. Il voulait les voir en action, les observer, les voir évoluer. Et surtout, Merlin, il voulait des réponses – Qui étaient-ils ? Pourquoi voulaient-ils tuer les Dursley ?
- Si vous le dîtes, docteur.
Harry se laissa glisser au sol avec grâce et sans faire attention aux regards qui le suivaient, attentifs, il se dirigea vers les deux Dursley encore vivants, passa dans leur dos et posa délicatement ses mains sur leurs épaules tendues, les pressant tendrement.
- Peut-être que je dois changer mon type de menace. Des hommes comme vous ne doivent pas avoir peur de mourir. Alors… Voyons-voir.
Harry fit mine de réfléchir alors que dans son esprit une magnifique idée de torture se formait. Il l'avait déjà expérimentée sur MacNair. L'ancien bourreau n'avait pas tenu deux minutes avant de lui cracher où se terraient les Carrow en vomissant jusqu'au sang. Avant qu'il ne le tue, Walden lui avait hurlé, avec une étincelle de vénération dans ses yeux fous, qu'il était pire que Voldemort. Harry lui avait souri, lui avait envoyé un baiser pour le remercier du compliment puis l'avait fait exploser. Les elfes de maisons avaient dû récurer les cachots pendant trois longues semaines avant qu'il n'y ait plus aucun morceau de chair sur les murs.
- Disons que si vous ne répondez pas à mes questions, je les découpe et je vous les fais manger, dit-il en pressant les épaules de son oncle et de sa tante qui gigotèrent pour s'éloigner de lui, toujours ensorcelés pour ne pas parler.
Will et Lecter échangèrent un nouveau regard plus amusé que dégouté, comme s'ils partageaient une bonne blague entre eux. Harry fronça les sourcils. Ce ne devait pas se passer comme ça. Ils ne devaient pas être… fiers ? Ils ne devaient pas le prendre pour un idiot. Harry était tout sauf un idiot, il n'aimait pas quand les autres le pensaient bête et beaucoup était mort pour moins que ça. Lecter eut un petit rictus et se retourna vers lui.
- Okay, vous savez quoi ? Oubliez tout ça ! s'écria Harry. Je ne veux pas vous connaître, je ne veux pas savoir vos motivations. Je veux simplement continuer cette réunion de famille. Je vous croyais intéressants mais vous m'ennuyez.
Ce n'était pas vrai. Lecter et Will étaient terriblement intéressants – et sexy aussi, mais c'était une autre histoire. Il n'avait plus rencontré d'hommes comme eux depuis la fin de la guerre avec Voldemort. Tous ceux qui le côtoyaient avaient trop peur de lui pour dire quoi que ce soit, sauf ses plus fidèles combattants – Ron, Dean, Seamus, Neville, Fleur et ses Oiseaux. C'était les seuls qui osaient lui faire part de leurs opinions, de leurs doutes, et qui lui prodiguaient des conseils qu'il suivait plus ou moins.
Lecter haussa un sourcil, septique.
- Votre famille ? demanda Will.
Harry retrouva son sourire et se tourna vers Dudley qui continuait de se vider de son sang sur le sol maintenant rouge écarlate de la cuisine. Théâtralement, il écarta les bras et le présenta.
- Voici mon cousin, Dudley. Vous seriez arrivés quelques minutes plus tôt et il aurait pu se présenter lui-même mais je crains que maintenant, il en soit incapable. Vous l'excuserez, bien sûr, ce n'est pas vraiment de sa faute.
Harry se rapprocha de son oncle et posa ses deux mains sur ses épaules. Tout en les serrant fermement, il tapota doucement les clavicules comme un père fier de son rejeton.
- Mon oncle, Vernon, que vous connaissez déjà, docteur Lecter. Il est celui qui a tué Dudley. Je n'ai fait que lui suggérer mais cet homme a tellement peu de volonté qu'il a éventré son propre fils.
- Vous êtes… commença Will, les sourcils froncés.
- Machiavélique ? Intelligent ? Beau ? le coupa Harry, un sourire de gamin illuminant son visage.
- Fou, finit Will en secouant un peu la tête, même si un léger rictus relevait le coin gauche de ses lèvres.
- Oh ! Ça…
Harry passa sur la remarque aussi facilement que si on lui avait annoncé que la lune tourne autour de la Terre. Ce n'était pas nouveau, beaucoup de ses prisonniers ou de ses opposants le lui avaient dit. Et encore, « fou » était un des meilleurs termes dans ces cas-là. Il avait aussi eu le droit à « taré », « monstre » et « psychopathe ».
- Et finalement, voici ma tante, Pétunia. Je lui expliquais que le Dieu qu'elle implorait tout à l'heure ne lui viendrait jamais en aide et que j'étais le seul dieu qui daignait lui accorder un peu d'attention quand vous êtes arrivés. Votre présence ici ne fait que confirmer ce que je lui disais. Ton Dieu ne te sauvera jamais, ma tante, il a envoyé deux psychopathes pour te tuer si je n'y arrivais pas.
- Théoriquement, nous ne venions pas tuer Madame Dursley, répliqua Lecter.
- Oh ? fit Harry, surpris. Si ce n'était pas pour elle, alors vous deviez vouloir exterminer mon oncle. C'est dommage pour vous parce que j'ai déjà quelque chose de prévu pour lui.
Sans faire attention aux deux moldus, Harry contourna ses relatifs et vint s'agenouiller devant eux, pressant leurs genoux comme pour s'excuser pour ce qui allait se passer. Il avait voulu prendre son temps mais malheureusement l'arrivée de Lecter et de Will avait bousculé ses plans.
- J'avais prévu de faire durer cela, votre mort devait être très lente et très douloureuse. Malheureusement, mon temps est précieux et d'autres personnes attendent que je leur rende visite. Je m'excuse d'avance auprès de vous, mes chers parents, pour ne pas faire honneur à votre ignominie mais je n'ai plus de temps à perdre. Sur ce, mon oncle et ma tante chéris, je vous dis bon voyage en enfer, nous nous retrouverons là-bas.
Harry arracha le couteau dans son bras – grimaçant à peine sous la vive douleur – et sans même se relever, il trancha leurs deux gorges d'un seul mouvement. Le sang jaillit de leur gorge, une trainée d'hémoglobine se peignant sur son visage. Il ferma les yeux, se délectant de la chaleur du liquide écarlate sur sa peau froide et relâcha son souffle – qu'il avait retenu inconsciemment – quand ils moururent dans un gargouillis glauque.
Le sorcier prit un instant pour respirer calmement. Il l'avait fait. Il avait tué les Dursley, il avait eu sa vengeance. Maintenant, il était enfin en paix avec son passé sombre. Plus rien ne pourrait l'arrêter : aucune morale mal placée, aucune vengeance paralysante, aucune pensée négative. Il avait été plus fort que ses relatifs, il leur avait fait payer tout ce qu'ils lui avaient fait subir.
- Bien, à nous messieurs, sourit-il en se retournant vers les deux hommes toujours attachés à leur chaise.
- Vous avez du… commença Will avec un geste du menton.
- Je sais, rit Harry sans chercher à enlever le sang qui commençait à sécher sur son visage.
Il ne s'arrêta pas près d'eux et continua son avancée jusqu'au comptoir de la cuisine où il attrapa le téléphone fixe. Prenant une profonde inspiration, il composa le 9-1-1 et porta le combiner à son oreille.
- 911, service d'urgence. Quel est votre urgence ?
- Il a eu un meurtre, pleura faussement Harry.
- Quelle est votre adresse ?
- 7 rue Taylor Northwest Washington DC.
- Quel est votre nom ?
Le sorcier se tourna vers Will et Lecter qui le regardaient simplement, de la compréhension dans les yeux et une autre étincelle qu'Harry ne comprit pas. Il leur fit un clin d'œil et reprit, toujours faussement perdu.
- Harry, je m'appelle Harry.
- Monsieur, j'ai besoin de votre nom de famille.
- Dépêchez-vous, je crois que le meurtrier est toujours dans la maison.
Et il raccrocha. Après avoir replacer le téléphone sur son socle puis d'avoir effacer ses empreintes, il se rapprocha des deux tueurs, toujours attachés à leur chaise. Comme avec Vernon et Pétunia, il pressa leurs genoux gentiment et leur sourit tendrement, presque maternellement.
- La police devrait arriver dans huit minutes et vingt-sept secondes. Ça vous laisse assez de temps pour vous détacher et partir. Dans le cas contraire, bonne chance, je viendrais sûrement vous voir en prison. Au revoir Will, au revoir Docteur Lecter. Ce fut un plaisir.
Si par le plus grand des hasards, Lecter et Will ne se détachaient pas avant l'arrivée des secours, ils pourraient le dénoncer mais on saurait quand même qu'ils étaient venus tuer Vernon. Et ils finiraient en prison de toute façon et lui serait loin de toute cette frénésie.
Avec un dernier sourire Harry claqua des doigts, la magie qui retenait Dudley au plafond s'effaça, le corps tomba dans un bruit écœurant d'éclaboussure sur le sol maculé de sang de la cuisine, et il transplana.
Ça avait été une belle journée.
.
.
Et voilà, fin du premier chapitre ! On commence fort avec, tout de suite, le mettre des Dursley et la rencontre entre Harry et les deux moldus. J'espère que ça vous a plu ! N'hésitez pas à me donner vos avis, je les attends avec impatience :)
En tout cas, merci d'avoir lu. Le prochain chapitre arrivera mercredi prochain, soit le 15/02 !
Bonne semaine les gens :)
