Coucou tout le monde. J'ai été assez rapide avec ce chapitre, mais le revers de la médaille c'est qu'il est court du coup. Je pense que j'écris autant que possible tant que la motivation est là, mais les chapitres suivants vint définitivement mettre plus de temps à être publiés, désolée (ils sont beaucoup plus longs en revanche). Bref, j'espère que ça vous plaira. Il ne se passe pas énormément de choses mais c'est un chapitre de transition absolument nécessaire pour avancer avec l'histoire.
Simple note concernant les titres (de la fiction et des chapitres) : dans les facs anglosaxonnes en Amérique du Nord (comme la mienne), les cours sont classés par "niveaux" (comme l'indiquent les chiffres, qui vont généralement de 100 à 500). J'ai gardé cette structure pour la fiction, parce que je compte incorporer beaucoup de "connaissances" à l'histoire. 101 veut généralement dire qu'on parle d'un cours introductif de base (d'où le titre de la fiction) et chaque chapitre portera l'intitulé d'un cours différent (si j'ai des fans de la série Community parmi les lecteurs, c'est exactement le même principe !).
Bref et le disclaimer : les personnages et l'univers appartiennent à JKR, je n'écris que l'histoire.
N'hésitez pas à me laisser une petite review, ça me ferait plaisir !
Chapitre 2. Diplomagie 237 : extradition et droit magique anglais.
Il était 18h37. Hermione avait enfin obtenu l'autorisation de comparaître devant le juge moldu sous une fausse identité. Il lui restait moins d'une demi-heure pour façonner un portoloin et rejoindre Blaise Zabini. Elle remerciait secrètement Merlin de n'avoir eu qu'à remplir des formulaires toute la journée, son esprit ayant été ailleurs, submergé par le message qu'elle avait reçu le matin même.
Fouillant dans son bureau nouvellement décoré, elle trouva un vieux porte-clés. Elle savait qu'elle s'apprêtait à faire quelque chose d'illégal, mais elle savait aussi qu'on ne pourrait pas détecter la création d'un portoloin clandestin. Elle se maudit intérieurement de commettre un acte illégal alors qu'elle venait tout juste de commencer à travailler au Ministère. Et pourquoi ? Pour Malefoy ! Elle aurait voulu croire qu'elle avait accepté par charité, mais en vérité, la curiosité la rongeait – et l'idée d'être la personne à ramener Malefoy devant le Magenmagot l'emplissait déjà d'une immense fierté. Elle avait besoin de s'accrocher au sentiment d'être la première, la meilleure… et cette occasion lui semblait parfaite.
Après deux tentatives infructueuses, elle réussit à enchanter le portoloin, et se précipita en-dehors du ministère, dans une petite ruelle qui aboutissait sur un cul-de-sac. Elle sortit le porte-clés, fébrile, et regarda l'heure. 18h57. Il s'activerait dans deux minutes exactement. Elle inspira profondément et s'accrocha au porte-clés si fort que ses jointures en étaient blanches. L'idée d'atterrir au sein même du musée du Vatican, où des moldus pouvaient la voir, ne l'enchantait guère – mais elle n'avait pas le choix. 18h58. Plus qu'une minute. Elle ferma les yeux et attendit, priant pour que ce ne soit pas un quelconque piège mis en place par les deux Serpentards. Par Morgane, que c'était une mauvaise idée. Pourquoi avait-elle accepté ? Elle voulut jeter le porte-clés par terre au dernier moment, mais c'était trop tard : il était 18h59.
Le sentiment familier d'être saisie par son nombril emporta Hermione dans un tourbillon de confusion. Elle tenta de se préparer à retomber sur ses pieds joints, mais elle sentit son épaule heurter violemment le sol en marbre. Sa gorge émit un petit gémissement, et elle se retint de pleurer. La douleur était brusque, envahissante et annihilatrice – comme si elle s'était déboîté l'épaule.
- Ça alors Granger, t'as pas changé, toujours aussi peu élégante, se moqua Zabini.
- Aide-moi ou Drago et toi pouvez bien aller vous faire foutre, grogna-t-elle en réponse, la main agrippée à son épaule.
Elle entendit le sorcier soupirer et s'approcher d'elle.
- Enlève ta main, Granger, dit-il, toute nuance moqueuse disparue.
Elle obéit docilement et l'entendit murmurer episkey. La douleur s'envola instantanément et elle se redressa, faisant face à son interlocuteur pour la première fois en cinq ans. Blaise Zabini n'avait pas beaucoup changé – il était toujours charismatique, le dos droit, l'air fier. Hermione put tout de même constater qu'il avait l'air très fatigué – ses cernes étaient profondes, très marquées, des ridules d'inquiétude à peine perceptibles creusaient son visage autrefois si jovial, et il ne donnait pas l'impression d'avoir souri en plusieurs années. Elle se demanda ce qui pouvait le miner à ce point, mais chassa rapidement cette pensée. Elle n'était pas là pour s'occuper des problèmes personnels de Blaise Zabini.
- Pourquoi t'as choisi un lieu fréquenté par les touristes moldus ? demanda-t-elle.
- Les visites s'arrêtent après 18h et il est 20h, répondit-il en haussant les épaules. On y va ?
Hermione voulut le contredire mais se souvint soudainement qu'il y avait une heure de décalage entre Londres et Rome. Elle acquiesça silencieusement et lui prit la main afin de transplaner. Ils atterrirent devant un splendide manoir à la façade rosée et entouré de sculptures de marbre.
- Avant qu'on entre, je dois te prévenir – Drago est à l'intérieur et il ne sait pas que t'arrives. Il va se montrer cassant et insultant, tu t'en doutes, il va refuser ton aide et te dire de rentrer chez toi. Je t'en prie, Granger, reste calme et ne t'en va pas. Il ne sait pas encore qu'il a besoin de toi, il croit qu'il va pouvoir s'en sortir tout seul. Il a tort, expliqua prudemment Zabini.
Hermione hocha la tête, sans prononcer un mot. Elle ne savait pas encore à quoi s'attendre, et elle se doutait qu'elle était en train de commettre une erreur monumentale, mais il était trop tard pour retrousser chemin. Elle suivit le sorcier le long de l'allée jusque dans le magnifique manoir, qui avait dû appartenir à son père.
- Drago, viens, héla Zabini, avant se tourner vers Hermione. Assieds-toi, je t'amène un espresso.
Toujours silencieuse, la sorcière prit place dans un des fauteuils qui ornaient le grand salon. Les couleurs la surprenaient beaucoup – tout était rouge et or, deux couleurs qui ne devaient pas convenir aux deux Serpentards. Hermione, en revanche, s'y sentait tout à fait chez elle. Elle posa son porte-documents à côté du fauteuil et respira profondément. Un silence angoissant s'était installé dans la pièce en l'absence de ses deux anciens camarades. Si elle voulait s'échapper, c'était le moment.
- Tiens, ton café, dit Zabini en entrant dans le salon, la faisant sursauter.
Hermione le remercia à demi-mots avant de s'enquérir de la situation.
- Bon, il se décide pas à descendre, mais toi tu peux me dire ce qui se passe peut-être ?
- Comme tu le sais, Drago est en fuite depuis la fin de la guerre. Le Magenmagot a un mandat d'arrêt à son nom valable internationalement. En fait, il vivait avec moi, ici, à Rome. Le manoir est assez éloigné de la ville et il sortait à peine d'ici, ou alors seulement avec un sortilège de désillusionnement pour masquer son visage. Tout s'est passé à peu près correctement pendant cinq ans, si bien qu'on a fini par faire preuve de négligence. On est sortis boire un verre en plein Rome sorcier, et après quelques verres dans le nez, j'ai oublié de renouveler le sortilège. Il était à visage découvert en plein centre-ville, alors tu te doutes bien qu'il n'ait pas fallu beaucoup de temps avant que les autorités arrivent. Il y avait encore beaucoup d'affiches de recherche dans les rues, rares sont ceux qui ont oublié l'implication des Malefoy dans la montée au pouvoir de Voldemort. Bref…, il prit une pause et une grande bouffée d'air avant de reprendre, je suis allé le voir au centre des Aurors pour négocier une assignation à domicile en attendant son procès. Ils ont accepté mais ils m'ont garanti que le procès se terminerait avec son exécution. Depuis Bianchi, les Italiens sont très stricts avec les criminels de guerre. Par ailleurs, et je suppose que tu le sais, le droit magique autorise l'exécution d'un criminel de guerre dans son pays de capture, sans qu'il soit nécessaire de l'extrader. Et Drago reste persuadé qu'il sera acquitté, parce qu'il n'a pas eu d'implication majeure dans la guerre. J'ai besoin de toi Granger. Pour que tu obtiennes son extradition, ou alors pour que tu le défendes le jour du procès, je sais pas… que tu fasses quelque chose, quoi.
Son visage s'était assombri. Hermione posa son café sur la table basse, réalisant soudainement que Zabini n'avait eu que Malefoy dans sa vie ces cinq dernières années. S'il était si fatigué, si anxieux, c'était parce qu'il avait constamment dû assurer la protection de son ami, alors que ce dernier ne semblait avoir l'air plus concerné que ça par sa sécurité propre. S'il en était venu à la contacter, c'est que Zabini était vraiment désespéré. Il était persuadé que Malefoy serait exécuté.
L'intéressé choisit ce moment pour descendre les escaliers.
- Tu m'as appelé, Blaise ? ronchonna-t-il.
Drago Malefoy n'avait pas changé, constata Hermione. La seule différence notable était le bracelet noir qu'il portait autour de la cheville droite – signe on ne pouvait plus évident de son assignation à domicile. Il avança dans le salon et elle vit son visage changer de couleur.
- Qu'est-ce qu'elle fout là, Zabini ? siffla-t-il d'un ton menaçant.
- Calme-toi, Drago. Granger est avocate, et je lui ai demandé de venir pour obtenir ton extradition en Angleterre, répondit Blaise Zabini d'un ton neutre.
- Et t'as pensé au fait que je voulais peut-être pas rentrer en Angleterre ? Si je voulais rentrer, mon père a bien assez d'argent pour me payer le meilleur avocat italien qui soit.
- Ah ouais ? T'es sûr ? Parce qu'aux dernières nouvelles, ton père est enfermé à Azkaban et tous ses comptes ont été gelés. Ta mère vit dans un studio miteux à Funham et travaille chez Madame Guipure pour payer ses factures. Et tu ne le sais même pas parce que t'as pas pris la peine de t'intéresser à eux depuis ta fuite ! T'as merdé, Malefoy. Tu ferais mieux d'accepter l'aide qui t'est présentée – Granger est bien assez aimable d'avoir fait le trajet et de m'avoir écouté, après tout ce qu'on lui a infligé ! rétorqua Zabini, d'une voix marquée par la colère.
- Ah parce que tu crois que Miss Je Sais Tout est ici par pure bonté ? Elle veut juste me renvoyer dans la gueule qu'elle a réussi alors que je n'ai rien accompli et que je suis un criminel condamné à mort ! vociféra Drago, dont le teint habituellement si pâle avait viré au rouge.
Hermione refusa d'entendre un mot de plus. Comment osait-il ! Elle se portait bien mieux sans lui et n'avait certainement pas envie d'être insultée comme ça.
- Je te permets pas, Malefoy. J'aurais pas façonné un portoloin illégal juste pour te remettre à ta place, j'ai autre chose à faire de mon temps, tu vois. Maintenant, tu vas te taire, tu vas t'asseoir, et on va discuter poliment de la meilleure stratégie légale à suivre pour te sortir de cette bouse de dragon.
Malefoy ricana.
- Tu crois rêver, Granger. Je vais retourner dans ma chambre et attendre ma mise à mort tranquillement. Blaise, tu vas ramener ta nouvelle amie là où tu l'as trouvée, et elle va gentiment rentrer s'occuper des elfes de maison et de son rouquin. Ciao signorina !
Il ne leur laissa pas le temps de répondre et remonta les escaliers par lesquels il était descendu, laissant derrière lui un silence tendu. Zabini se balança d'un pied sur l'autre, visiblement gêné par la tournure des évènements. Il semblait qu'il avait espéré que l'instinct de survie pousse Malefoy à accepter l'aide de sa pire ennemie, mais il s'était lourdement trompé.
- Je suis désolée Granger, dit-il d'une voix étranglée. Je n'aurais pas dû te déranger pour ça. Je vais te faire un portoloin pour te ramener à Londres, je reviens.
- Attends, murmura-t-elle. Je reviendrai, d'accord ? Laisse-le décanter, il reviendra sur sa décision. Tu sais où me joindre. Et la prochaine fois… préviens-moi suffisamment à l'avance pour que je puisse venir en avion, ajouta-t-elle avec un sourire complice.
Zabini lui sourit en retour avant de s'éclipser dans la cuisine. Hermione prit le temps de réfléchir à ce qui venait de se dérouler. Elle se doutait que Malefoy présenterait une forme de résistance, mais elle n'aurait jamais imaginé qu'il tienne si peu à sa vie qu'il refuserait de l'aide, que cette aide lui convienne ou non. Il y avait une noirceur nouvelle qui s'était développée chez lui – comme s'il avait abandonné tout espoir de laisser la guerre derrière lui et d'un jour avancer. Il ne voulait pas d'une nouvelle vie – il était résigné à en finir. La jeune femme soupira et s'attacha les cheveux, se promettant de commencer à travailler sur son cas le soir même.
Zabini revint quelques minutes plus tard avec une bouteille vide.
- Je l'ai programmé pour que t'arrives au pub de Tom, j'espère que ça va.
- C'est impeccable, merci. Je commencerai mes recherches ce soir, et je te contacte pour un prochain rendez-vous dans la semaine. Le procès doit se tenir quand ?
Le jeune homme déglutit. « Dans trois semaines. » Hermione comprit mieux l'urgence de la situation. Elle lui promit de faire de son mieux, avant de se saisir de la bouteille, qui la ramena instantanément à Londres.
