Rating : K+

Relation : RoyEd

Et voila le thème 2. Love. Je n'en suis pas vraiment satisfaite, à vrai dire, mais du moment que vous appréciez... Ah oui, c'est la première fois que j'utilise du subjonctif passé (j'en avais placé quelques uns dans l'intro), c'est assez troublant quand on a l'habitude du subjonctif présent... XD

Bonne lecture !


2. Love

— Hey Colonel, vous êtes déjà réellement tombé amoureux ?

Mustang s'étrangla avec le café qu'il sirotait, recrachant à moitié ce qu'il buvait et manquant d'inonder ses papiers étalés sur le bureau – cela aurait pu être une bonne excuse pour fuir le travail, toutefois. Il lança un regard hébété vers Edward, ce dernier sereinement assis sur le sofa et les pieds posés sur la table basse (1). Il eut un sourire satisfait.

— Et bien ? susurra-t-il.

— Je ne vois pas pourquoi je répondrais à cette question, Fullmetal, toussota Roy. En quoi cela t'intéresse-t-il, en premier lieu ?

Edward passa ses bras derrière la tête et ferma les yeux, toujours collé de son sourire narquois. Son supérieur semblait tellement surpris et pris de court, il savourait ce moment tout simplement fabuleux ! Ce n'était pas tous les jours qu'il pouvait déstabiliser le Flame Alchemist et l'avoir au creux de sa main.

— Pour rien, simple curiosité, chantonna-t-il. Vous êtes toujours en train de draguer alors je me demandais si vous avez un jour été sérieux et sincère.

— Curiosité mal placée, alors. Intéressé par ma vie sentimentale, Fullmetal ? lança Mustang en souriant de plus belle.

La tête posée dans sa main gauche, la droite pianotant joyeusement sur le bureau, le Colonel observait d'un air amusé son subordonné. Il ne savait pas quelle mouche l'avait piqué, mais il trouvait la situation plutôt distrayante – même si la conversation tournait autour de lui. Il pouvait facilement la retourner contre Edward et le mettre dans l'embarras, comme il l'aimait le faire.

Le Fullmetal gigota un peu sur le sofa et rouvrit subitement les yeux, toisant l'homme du regard, l'air outré par ses paroles, mais gêné.

— Moi ? Intéressé par votre vie sexuelle ? Vous rêvez éveillé ! s'exclama-t-il.

— Sentimentale, Ed, sentimentale, pas sexuelle, corrigea Mustang.

Il ne se rendit pas compte qu'il l'appela par son diminutif. Passait encore le prénom, mais le diminutif ! Le jeune alchimiste écarquilla les yeux, étonné et fixa son supérieur comme pour chercher une explication quant à cette étrangeté qu'était l'utilisation de cette syllabe lui étant propre. Par lui. Jamais Roy ne l'avait interpelé par autre chose que « Fullmetal » ou « Edward », si l'on excluait la liste exhaustive des insultes concernant sa taille. Cela devait bien être la première fois qu'il l'appelait ainsi, et il trouvait cela plutôt embarrassant…

— Mes oreilles bourdonnent ou vous avez vraiment dit ce que j'ai entendu ? demanda-t-il.

Mustang arqua un sourcil, ne comprenant pas où voulait en venir son interlocuteur.

— Ce que j'ai d… ?

La réponse lui tomba dessus comme une illumination. Il poussa un léger soupir ; l'appeler « Ed » n'arrivait que très peu de fois – et jamais en face du concerné –, et il s'avérait que cela paraissait ambigu venant de sa bouche. Ce n'était pourtant pas l'envie qui lui manquait… Avec un petit sourire charmeur, il se leva de son fauteuil et commença à se diriger vers Edward. Ce dernier le regarda faire avec appréhension, n'ayant absolument aucune confiance en cette expression presque malsaine sur le visage du Colonel. Il ne bougea néanmoins pas, mais le fut tenté lorsque Roy posa ses mains de part et d'autre de sa tête sur le canapé, l'encadrant alors de ses bras.

— Vous faîtes quoi, là ? grommela le Fullmetal, sentant ses joues s'empourprer vivement.

— Alors comme ça, tu n'aimes pas quand je t'appelle Ed ? énonça Mustang.

Sourire amusé. Regard fuyant.

— B-Bâtard, dégagez de là, grogna Edward.

Tentative de fuite. Bras l'encerclant et l'attrapant. Cri de surprise et de protestation.

— Ah, on ne s'échappe pas, glissa Mustang. Maintenant que je te prends dans mes bras, je me rends compte que tu es vraiment petit.

— Qui est-ce que vous traitez de micro nain de jardin qui se ferait écraser par une fourmi faisant dix fois sa taille ! rugit automatiquement Edward à la tête de Roy.

Les lèvres du Flame s'étirèrent de satisfaction. C'était vraiment amusant de titiller le Fullmetal sur sa taille ; chaque évocation de sa modeste stature le faisait exploser de rage. Et le Colonel ne manquait pas une occasion de le faire.

Il sentait clairement la frustration de son subordonné, mais autre chose également. Ses joues légèrement rosies… de la colère ? Non, c'était différent. Un sentiment différent de d'habitude. Et bon Dieu que c'était difficile de se retenir, si proche en plus ! Il fallait qu'il se retînt, lançât un sarcasme, s'éloignât, mais quelque chose !

Edward se sentait extrêmement mal à l'aise dans les bras de son supérieur. Lui qui évitait à tout prix tout contact physique avec cet homme… Evidemment la chance ne lui souriait jamais, quel que fût le moment. Il regardait ailleurs, tournant la tête sur le côté, essayant tant bien que mal de se calmer. Mais le souffle de Mustang n'aidait en rien la situation. Comment rester serein lorsque l'on sentait une chaleur s'emparer sournoisement de soi ? A cause d'une sottise, d'un stupide contact, d'ineptes hormones !

— Dis-moi Fullmetal, reprit lentement Roy, as-tu déjà embrassé quelqu'un ?

Edward manqua de s'étrangler avec sa salive. Et maintenant ça ! Il dévisagea son vis-à-vis, l'air totalement ahuri.

— C'est quoi cette question ? articula-t-il. Vous avez même pas répondu à la mie-

— Réponds juste, coupa Mustang.

Le jeune alchimiste grogna.

— Si vous voulez savoir, et bien non, fit-il acerbement. Et lâchez-moi.

— Oh non, je ne te lâcherai pas, ce ne serait pas intéressant sinon, rétorqua sarcastiquement le Flame. Bon, j'espère que cela ne te dérangea pas.

— Quoi ?

Et il semblerait que Mustang n'eût pu se retenir. Il s'approcha lentement du visage d'Edward, qui lui en revanche tentait de s'éloigner. Il prit une teinte écarlate tandis qu'il sentit des lèvres pressées contre les siennes.

Oh putain.

Roy ne savait absolument pas comment le Fullmetal réagirait, mais il n'avait pas pu s'en empêcher. Alors qu'il s'apprêtait à s'écarter, par peur de faire une grosse erreur s'il continuait, contre toute attente Edward attrapa son col et répondit au baiser. Mustang n'en croyait pas ses yeux. Etait-ce même possible que le garçon pût ressentir de tels sentiments à son égard ?

Apparemment.

Le Fullmetal rompit leur échange, s'éloigna lentement, haletant, la tête baissée. Il n'osait pas regarder Roy dans les yeux. Qu'est-ce qu'il lui avait pris de faire ça ? C'était la faute du Colonel.

— D-Désolée, bafouilla-t-il.

— Tu t'excuses pour quoi ? demanda Mustang, un sourire aux lèvres.

Edward releva vivement la tête, surpris. Avait-il bien entendu ? Ce bâtard passait son temps à dire des conneries, aujourd'hui… Il gigota et se dégagea de l'emprise du militaire, le repoussant doucement avec ses bras.

— Il s'est rien passé, ok ? murmura-t-il, les yeux baissés.

— Ah mais, je n'ai nullement l'intention d'oublier, déclara son interlocuteur.

— Bâtard ! s'exclama Edward. Vous pensez pas que c'est assez gênant comme ç-

Roy le coupa dans son élan en s'emparant avidement de ses lèvres, le prenant ainsi de court. Si Edward voulait à la base éconduire violemment l'homme, il n'en trouva pas la force et se laissa simplement faire. L'échange dura quelques secondes, chacun profitant au maximum ce qui leur était permis, et se séparèrent à cause du manque d'oxygène. Le Fullmetal peinait à garder son calme et à s'empêcher de rougir, beaucoup trop gêné dans cette situation, tandis que Mustang prenait un malin de plaisir de tout cela. Il sourit.

— Avons-nous besoin de mots pour exprimer ce qu'on ressent l'un envers l'autre ? demanda-t-il en connaissant pertinemment la réponse.

Edward, pour la première fois depuis le début de cette étrange circonstance, sourit d'un air moqueur, comme il avait l'habitude de faire pour lancer un sarcasme.

— Non, je pense pas, répondit-il. Mais je t'aime quand même, bâtard.


(1) On va dire qu'ils sont au QG de l'Est ? (à l'Est Mustang a un bureau spécifique, alors qu'à Central lui et son équipe sont dans la même salle)