En l'an 298, les sept royaumes font fassent à la mort de la main du roi, le vieux et sage Jon Arryn, décédé dans d'atroces souffrances. La main du roi, s'en est allée, laissant le royaume dans la confusion. Cela était à prévoir Lord Arryn n'était plus tout jeune mais qui aurait dit qu'il s'en irait si vite ?

Le jour de la mort du vieillard, le roi ne cessait de montrer sa mauvaise humeur. Il resta assit sur son trône toute la journée, écoutant à peine les courtisans qui venaient pour une audience auprès de leur souverain. Dans l'après-midi, mestre Pycelle décida de donner au malade du lait de pavot pour diminuer la douleur du malheureux. Cela parut détendre le roi qui dina dans la joie et l'allégresse avec sa cour dans la salle du trône. Alors que l'on approchait de la fin du diner, Lady Lysa Arryn vint voir le roi pour lui annoncer qu'elle était désormais veuve. Robert partit dans une colère folle, il fit voler tout ce qui se trouvait sur la table et hurla pour que tout le monde parte sur le champ. Il s'enferma dans la salle et défendit à qui conque d'y entrer. Il médita sur la mort de celui qui fut comme son père, mais qui fut aussi son professeur, son protecteur et sa main. Il était détruit, avec lui c'était tout un passé qui s'envolait, sa jeunesse, car aujourd'hui il le voyait il n'était plus le jeune chevalier qu'il était, oh ça non !

« Père »

Avait-il rêvé ? Était-ce lui qui avait parlé ? La silhouette qui se dessina devant lui, répondu à ses questions muettes, sa fille ainée était avec lui. Il voulait crier derechef pour qu'elle parte comme tous les autres mais il ne s'en senti pas la force. Son premier né, lui pris la main pour le réconforter et il dû s'avouer qu'il en était heureux. Sa fille chérie n'avait pas eu un geste tendre envers lui depuis un peu plus d'un an à vrai dire. Réconforté par cette soudaine réconciliation, il baisa la main de Célestia qui lui fit un sourire gêné, ce qui était une émotion rare chez la jeune princesse.

« Je comprends votre tristesse et votre désarroi, père. C'est une épreuve terrible pour tous mais encore plus pour vous, je le conçois. Mais un grand roi m'a dit un jour que lorsque l'on siège sur le trône de fer, il n'y a plus de place pour soi mais seulement pour le royaume, cette personne le tenait elle-même d'un grand homme que nous venons de perdre. Ce serait lui faire offense que de ne pas respecter sa parole. » Si son père ne réagissait pas, au moins il avait quitté son état de profond désespoir pour une intense réflexion. « Si l'homme ne peut remplacer le père et l'ami, le roi doit remplacer la main. » Robert médita encore quelques temps avant de prendre les deux mains de sa fille pour l'amener à se lever. Il lui prit le bras et demanda soudainement, tout en marchant vers la sortie : « Que fait ta mère ? » La jeune fille eu un rire nerveux. « Elle se plaint de vous auprès d'oncle Jaime, comme à son habitude. » Le roi ne put s'empêcher de répliquer avec un air de reproche « en ce jour particulier, elle ne pourrait pas bousculer son quotidien ? Qu'à cela ne tienne, nous partons pour le Nord. »

Depuis presque un mois, la famille royale, la cour et leurs gardes, chevauchaient pour aller jusqu'à la citadelle de Winterfell dans le Nord. Ce voyage avait vu renaitre la complicité du roi et de son héritière. Cette réconciliation avait changé le roi qui était plus détendu et joyeux qu'à l'accoutumé. Cela avait rependu un air de joie et de chaleur dans le cortège, le roi se surprit même à jouer avec ses derniers-nés. Cependant, les derniers jours du trajet furent rudes, les provisions commençaient à manquer, le froid gagnait les cœurs des gens du Sud, les chevaux et les voyageurs étaient épuisés. La neige semblait être toujours plus épaisse à mesure que l'on avançait et le froid encore plus sec et glaçant. A ce stade, six chevaux avaient déjà perdu la vie. Les protestations commencèrent à monter dans la suite et bientôt tous se mirent à maudire le roi, la reine en tête qui n'avait cessé de montrer son mécontentement. Elle n'aimait pas le Nord, il y faisait trop froid, les gens n'y étaient pas agréables, sans raffinement, brutaux et bien trop honorable ! Alors que dire des Stark, l'archétype même des gens du Nord ?!

Elle tenta de faire étendre raison à son mari pour qu'ils s'arrêtent et c'est après bien des parlementassions qu'elle obtint gain de cause. Ils établirent le camp au milieu d'un plateau enneigé, ils y dormiraient et repartiraient à l'aube. Quelle ne fut pas leur surprise et leur allégresse quand ils virent ce matin-là, se dessiner sur l'horizon blanche l'ombre des gens de Lord Stark. Alors qu'ils pliaient bagage, la petite Mircella fit remarquer que sa sœur n'était pas avec eux, sans aucune compassion Cersei répondit que Célestia les rejoindraient sans aucun doute mais intérieurement elle pensait « pourvu qu'elle ne revienne jamais ».

En fin d'après-midi, le cortège put faire son entrée dans la citadelle dans un grand bruit de sabot, de cliquetis d'armure et de murmures des dames de la cour dans leurs carrosses. En tête sur son cheval blanc et son armure dorée de la garde royale aussi beau que les princes des vieilles légendes, Jaime Lannister, le frère jumeaux de la reine aussi appelé le Régicide. Suivait, ensuite l'héritier du trône, le prince Joffrey escorté par Sandor Cleagan dit Le Limier. Derrière dans un carrosse de bois aux couleurs des Lannister se trouvait la reine et son dernier fils, Tommen. Puis vint le roi à cheval entourés de plusieurs membres de la garde royale. Il s'arrêta devant la rangée qu'avait formée tous les notables de Winterfell, tel un comité d'accueil.

Alors que tous s'agenouillaient devant leur souverain, celui-ci héla son écuyer qui l'aida à descendre de sa monture, chose qu'il ne pouvait faire seul à cause de son embonpoint. Dans un silence de mort, Robert se plaça devant son ami de toujours, Eddard Stark. Il l'invita à se relever d'un geste et laissa un long silence qu'il brisa en signalant au maitre des lieux qu'il avait engraissé. Remarque qui fut suivit d'un petit geste adressé à l'auteur de cette remarque pour signaler qu'il n'était pas le seul à avoir pris du poids. S'ensuivirent rires et salutations chaleureuses de la part du monarque au couple Stark, qu'il n'avait vu depuis huit ans. A cet instant, un cheval arriva au galop dans la cour. Une belle jeune fille portant le haut d'une robe et un pantalon d'homme en descendit en disant sur un ton riant « Vous pensiez vous débarrasser de moi père ? ». La jeune princesse à l'attitude désinvolte tendit sa main au roi qui l'escorta auprès des Stark en la présentant comme « sa très chère fille, Célestia Baratheon, princesse et héritière des sept royaumes, aussi belle qu'inattendue ». Ledit personne observa ses hôtes, les saluât et ne put s'empêcher d'adresser un regard charmeur à l'ainé des enfants Stark, Robb.

Non contente de l'attention portée à sa fille, la reine sortit de son véhicule pour se présenter à la famille du gouverneur du Nord. A peine les présentations terminées, le roi pressa son ami de l'amener à la crypte où reposait Lyanna Stark. La reine, comme à son habitude, protesta, mais nul ne l'écouta. Cersei excédé par cette humiliation publique revint vers son frère jumeau, le beau Jaime. Elle ne put cependant ignorer la voie d'Arya Stark qui demandait inlassablement à sa sœur « où est le gnome ? ». Le gnome, le petit surnom du frère cadet de la reine. Bien que celle-ci ne l'affectionne pas beaucoup son absence l'ennuyait profondément, s'il n'était pas avec eux, les sept dieux seuls savent où il peut être, un bordel ? Une taverne ? Pire ?

_ « Où est passé notre frère ? Retrouve moi ce petit mal élevé je te prie. » Demanda-t-elle à son frère. « Célestia, rend toi utile, va chercher ton oncle. »

Pendant ce temps, dans la crypte, demeure éternelle des Stark de l'au-delà, Robert Baratheon accomplissait le projet qu'il avait murit tout au long du trajet jusqu'au Nord, celui de nommer Eddard Stark main du roi. Ce n'était pas vraiment une proposition, en tout cas une proposition qu'on ne refuse pas, du moins le roi ne lui donnerait pas le choix de le refuser. De plus, celui-ci avait également en tête un autre projet, un projet que les autres Stark ne laisserait pas passé, surtout une.

_ « Ned, j'ai un fils et tu as une fille. Nous allons unir nos maison » dit-il en s'éloignant.

Lord Stark le rattrapa vite.

_ « Mais tu as aussi une fille et j'ai fils, pourquoi ne pas unir Robb et Célestia ? Sansa est encore trop jeune pour se marier et Célestia est ton héritière, il faut assurer ta descendance première. » S'opposa le gouverneur du Nord.

_ « Ma fille, ne peut prendre un époux, voilà tout ! » Répondit le souverain.

Jamais personne ne sut pourquoi la jeune femme ne se maria pas. Ce n'est pas parce qu'elle n'aimait pas les hommes loin de là ! Cela resta un grand mystère. Tout comme elle ne monta jamais sur le trône. Pourtant elle le pouvait, elle avait même fait changer la loi à ce sujet.

Du haut de ses onze ans, la jeune princesse arpentait fièrement les couloirs du château royal. D'un pas déterminé, elle entra dans la salle du conseil où étaient réuni le grand mestre, le roi et sa main entre autre. Elle ne se gêna pas pour déranger son père, surpris de sa présence.

_ « Ma fille ce n'est pas le moment de parler. Je suis occupé. » Annonça son père. La jeune fille, loin d'abandonner continua de solliciter son père avec en train.

_ « Princesse Célestia, le royaume ne peut attendre, mais vous, si. » Rétorqua la main du roi.

_ « Lord Arryn, je n'ai peut-être que onze ans mais je sais que si je viens ici c'est pour quelque chose de très important et qui concerne le royaume. » Contra la demoiselle. Son père, intriguée la poussa à continuer.

_ « Ce matin, j'ai entendu une dame de compagnie de mère qui disait que je n'étais rien ici, que c'était Joffrey l'héritier, que je n'avais aucun pouvoir et que je ne pourrais jamais être reine que je n'avais donc pas à être traitée comme tel. Je veux savoir si cela est vrai. Est-ce mon frère le seul héritier du trône de fer ? » Demanda-t-elle.

_ « Vous êtes une femme, princesse. Les femmes ne règnent pas. » Répondit le mestre.

_ « Pourtant du temps des Targaryens les femmes pouvaient être reine au même titre que leurs frères, le droit d'ainesse primait. » Argumenta Célestia.

_ « Cela n'est pas dépourvu de sens votre altesse. » Commenta John Arryn.

Le roi qui n'avait rien dit jusqu'ici et qui c'était contenté de réfléchir en écoutant d'une oreille discrète la scène, pris la parole.

_ « Qui est cette femme ? » demanda-t-il.

Quelques minutes plus tard, la princesse sortit de la salle du conseil.

_ « Petite princesse, la chance a-t-elle été avec vous ? » Demanda le limier.

_ « On peut dire cela, mon ami. Attends toi à une exécution d'ici peu et à me voir avec une couronne » Plaisanta-t-elle.

Quelques jours plus tard, une nouvelle loi paraissait proclamant que l'héritier d'une famille n'était pas le fils le plus âgé mais l'ainé peu importe son sexe. Cependant, la reine ne pouvant supporter le fait de voir sa fille monter sur le trône fit rajouter une close à cette loi. Pour que la fille ainée reçoive les titres officiels de sa famille, elle doit contracter un mariage. En d'autres termes, et dans le cas qui nous intéresse, Célestia reste l'héritière du royaume mais ne pourra monter sur le trône qu'une fois mariée. Joffrey reste donc celui qui montera sur le trône à la mort du roi mais à partir du jour où sa sœur se marie, il perd tout pouvoir.