Le chapitre 2 est un peu plus long, j'espère que vous l'aimerez, je l'ai écrit beaucoup plus rapidement que le premier. La qualité s'en ressentira peut être !

J'essaie de ne pas faire trop guimauve, mais que voulez vous, on ne se change pas ;)

Le chapitre 3 arrivera sans doute la semaine prochaine ! Continuez à me dire ce que vous en pensez s'il vous plait, c'est très important !

A Missgossipaddict et Eiffel, merci infiniment pour vos commentaires. Cela encourage tellement !


Chapitre 2.

John Watson était maintenant rasé, habillé, et prêt à réfléchir. Quelque soit la personne qui s'était introduite dans leur appartement pour venir y voler un objet aussi intime, aussi important, qui avait une si grande valeur à ses yeux, quelque soit cette personne, John Watson la trouverait. Il la trouverait et lui ferait payer cet affront. Cher.

Le sentiment de haine qu'il ressentait pour cette personne lui fit peur. Pourtant, il ne pouvait le réprimer.

Lors du décès de Sherlock, John pensait qu'il ferait face, qu'il s'en sortirait. Peut être en déménageant du 221B, en se plongeant corps et âme dans le travail, après tout, cela ne faisait que 18 mois qu'il connaissait Sherlock et il avait l'habitude de perdre des camarades, après tout il était un soldat. «Afghanistan ou Irak ?» Il sourit. Foutu Sherlock Holmes, il l'avait décrypté en quelques secondes. Il avait lu en lui comme on lit un livre. «C'est juste un tour de magie» «J'ai fait des recherche sur toi» Comment Sherlock pouvait il penser qu'il le croirait. Pourquoi avait il essayé de se discréditer aux yeux de John ? «Personne ne peut être aussi intelligent» «Toi tu le peux» Il avait sourit, il senti son sourire à travers le combiné téléphonique. Bien sûr qu'il le pouvait, c'était l'être le plus intelligent, le plus merveilleux, le plus grandiose qu'il ait jamais rencontré. Et lui, John Watson, avait l'immense privilège d'être son ami. Son seul ami lui avait-il avoué un jour. Les aveux de Sherlock. John eu un rictus nerveux. Lorsque Sherlock parlait de sentiments ce n'était que dans le but d'obtenir quelque chose, il se foutait des sentiments, pire, il les redoutait. Les sentiments sont pour les faibles pensait il sans doute. Mais John, contrairement à Sherlock, était faible et pour cela il l'avait cru.

John sentait qu'il s'enfouissait dans ses pensées. Il ne devait pas laisser ses foutus sentiments reprendre le dessus. Il étudia la pièce. Le violon s'était trouvé juste en face de lui. Comment quelqu'un aurait il pu s'introduire dans son salon pendant qu'il dormait, et Dieu seul savait combien il avait le sommeil léger en ce moment, prendre le violon, l'archet, l'étui puis repartir tranquillement. Il refit l'itinéraire qu'avait du emprunter le supposé voleur. Il descendit les marches et se retrouva devant la porte du 221B.

- Miss Hudson ? John patienta quelques secondes.

La petite dame sortit de son appartement, un mouchoir à la main. Elle avait les yeux humides.

- Oui John ?

- Miss Hudson, je suis tellement désolé pour ce matin. Venez là.

John ouvrit ses bras en s'approchant d'elle. Elle avait l'air si fragile, si désemparée.

- Ce n'est rien John, je vous comprends. Nous sommes perdus sans lui. Nous l'aimions tellement malgré ses caprices.

John défit lentement son étreinte.

- Miss Hudson, hier soir en allant vous coucher, vous avez bien verrouillé la porte, comme à l'habitude ?

- Oui John, comme tous les soirs.

- Merci Miss Hudson.

- Vous allez le retrouver n'est ce pas ? Celui qui a volé le violon.

- Ne vous inquiétez pas, j'ai déjà ma petite idée...

- Bien.

Il lui sourit et remonta dans son salon pour s'emparer de son téléphone. Aucune marque d'effraction sur la porte. Une seule personne pouvait être rentrée. Deux en fait, mais il ne fallait pas croire aux miracles.

'Quand êtes vous venu ? Pourquoi avez vous pris son violon ? JW'

La réponse ne tarda pas.

'Je suis désolé John, de quoi me parlez vous ? MH'

Ok il voulait se la jouer comme ça.

'RDV 2PM. Hyde Park Corner. Pas d'excuse. JW'

Mycroft Holmes pris sa tête entre ses mains. Qu'allait il pouvoir raconter à celui qui probablement après lui, connaissait le mieux son frère cadet.

Il tapa un dernier texto.

'Pourquoi es tu allé le récupérer ? Tu ne pouvais simplement pas en acheter un autre ? MH'

'C'est de lui dont j'avais besoin. SH'

Mycroft bouillait. Son frère, pourtant si intelligent, ne pouvait s'empêcher d'en faire qu'à sa tête.

'Et maintenant, je lui dis quoi, Mr Génie ? MH'

'Improvise ! SH'


John arriva en avance au rendez vous. Très en avance en réalité. Il décida de se promener un peu dans le parc avant de rencontrer Mycroft. Il fallait qu'il soit malin, Mycroft Holmes était certainement la deuxième personne la plus intelligente qu'il connaissait.

Une mélodie arriva jusqu'à ses oreilles. Devant lui, un musicien jouait, et c'était là un hasard presque morbide, un air de violon que John reconnaissait. Sherlock avait interprété cet air, il en était sûr, cependant il ne pouvait pas déterminer le compositeur. Il écoutait Sherlock pendant des heures au milieu de la nuit et il adorait ça mais, il faut bien admettre la vérité, il avait une culture musicale bien pauvre. Voir carrément inexistante.

Une nouvelle fois, il se replongea dans ses souvenirs. Jamais il n'aurait avoué à Sherlock qu'il l'écoutait la nuit, préférant le réprimander le lendemain matin, sur le fait que, non, ça ne se faisait pas de jouer du violon à 3 heures du matin, alors que tout le quartier dormait à poings fermés. Mais Sherlock se foutait pas mal des conventions et du bien être de ses voisins, jouer du violon le libérait, il s'évadait ainsi de ses pensées et donnait à son cerveau quelques heures de répit.

John écouta quelques minutes ce musicien, lui laissa un billet de 5 livres et regarda sa montre. 2 heures, finalement, il était resté planté là plus de temps qu'il ne l'avait imaginé. Il pressa le pas pour se rendre au lieu de rendez vous.

- Vous êtes en retard, John.

- Bonjour à vous aussi Mycroft.

- Alors ?

- Vous savez très bien pourquoi je vous ai demandé de venir. John sentait son cœur accélérer, il fallait qu'il se calme si il ne voulait pas bondir sur Mycroft.

- Le violon a disparu et alors ?

- Et c'est tout ? Vous pensez que je vais vous laisser repartir comme ça. Je sais que c'est vous Mycroft, Qui d'autre aurait pu rentrer dans notr..mon appartement sans trace d'effraction ? QUI ?

- Ecoutez John, je suis conscient que la disparition de Sherlock vous a beaucoup affecté. Apres tout vous étiez plus proche de lui que personne ne l'a jamais été. Mais êtes vous certain que cet objet a bel et bien disparu ? Je veux dire, il se peut qu'il l'ai rangé dans ses affaires et que...

- Ne me prenez pas pour un con Mycroft. Ne jouez pas à ça. Je suis encore assez lucide pour examiner les faits. Et les faits sont que je me suis endormi face à ce putain de violon et que le lendemain il avait disparu. Point final. Maintenant avouez où je ne réponds plus de mes actes.

Les promeneurs ne pouvaient s'empêcher de regarder furtivement la scène qui se jouait devant eux, avant de presser le pas, mal à l'aise.

'Il s'accroche, réfléchis, vite.' Dans quel pétrin l'avait encore mis son frère. Mycroft ne voyait qu'une seule issue à ce fâcheux problème.

- Ok John. C'est moi. Je suis désolé.

- Vraiment. Désolé ? John n'en revenait pas, il se sentait vide. Vide et malheureux. Pourquoi avoir nié ?

- Je voulais récupérer un souvenir de mon frère et ... je savais que si je vous l'avais demandé, vous ne m'auriez jamais laissé le prendre.

- Merci de votre confiance, ironisa le médecin.

- Est ce que j'ai tord ?

John étudia la question une demi seconde.

- Non.

- Bien. La discussion est close ? L'incident terminé.

- Ne refaites jamais une chose pareille. Jamais, vous me comprenez bien ?

- Est ce une menace ?

John toisa Mycroft. Oui, apparemment ça en était une.

- Ecoutez John, Sherlock était mon frère, par conséquent ses affaires...

- Ce n'est pas ce qu'il aurait voulu.

- Est ce qu'il aurait voulu qu'on fasse un musée de ses effets personnels? Pour l'amour de Dieu, John, rien de tout ça ne lui importait. Il faut vous faire une raison et vous débarrasser de son bric à brac.

- Avec tout le mal que vous vous donniez pour le protéger, comment arrivez vous à être aussi détaché.

- Un jour, vous comprendrez John.

John Watson repartit sans dire un mot. Encore ces foutues larmes. Il aurait tellement voulu un miracle.

Plus loin, le musicien finit le morceau entamé quelques minutes auparavant. Une mélodie composée lors de ses longues nuits de réflexion. Une composition pour laquelle il avait pressé son cœur, le vidant de toutes ses émotions, tous ses sentiments. Laissant son corps vide et efficace pour les observations, pour les déductions et surtout pour ne laisser transparaitre que l'allure froide, parfois hautaine et suffisante, du sociopathe surdoué qu'il voulait se donner. Non Sherlock Holmes ne montrait pas ses émotions, mais cette après-midi là, en jouant le concerto qu'il avait composé pour l'homme qu'il aimait, le musicien laissa échapper une larme qui roula sur sa joue. Il l'essuya rageusement et remballa ses affaires.