Quatre ans plus tard.

Marinette se réveilla en sursaut, elle était en nage. Ses longs cheveux fins étaient éparpillés autour de sa tête et lui donnaient encore plus chaud. Elle venait de faire de ces cauchemars dont son subconscient tordu en avait le secret. Elle prit une longue et grande inspiration, essayant de calmer les battements effrénés de son cœur.

Elle se leva et effectua la distance entre son lit et sa salle de bain d'un pas traînant. La jeune femme leva les yeux vers son miroir et se retrouva confrontée à son reflet angoissé et fatigué. Le robinet s'ouvrit avec un couinement, Marinette plaça ses mains en dessous et s'aspergea le visage. Elle resta quelques minutes ainsi, à ne penser à rien, puis elle reprit la direction de son lit. Son réveil indiquait sur son chiffrage digital qu'il était pratiquement six heures du matin, ce qui provoqua chez notre héroïne un grognement de mécontentement. Dans une heure à peine il aller sonner, Marinette enfouit sa tête dans son oreiller espérant vainement pouvoir se rendormir. Mais après s'être retournée plusieurs fois dans son lit, elle finit par comprendre que ça ne servait à rien et décida d'aller préparer le petit-déjeuner.

Une heure après, la bonne odeur de pancakes qui provenait de la cuisine donna raison au sommeilles d'Alya qui se réveilla avec un ventre qui criait famine. La jeune femme qui à présent arborait une coupe à la garçonne sortit donc de sa chambre pour rejoindre son amie.

– Bonjour, fit-elle d'une voix encore endormie.

– Bonjour Alya bien dormie ?

– Comme un loir, le petit monstre n'est pas encore réveillé ? demanda-t-elle en se servant une tasse de café.

– Non j'irais le chercher dans vingt minutes, je pense, Nino n'est pas là ?

Alya grimaça.

– Non monsieur n'est pas rentré cette nuit.

Alya avait tendance à faire comme si son copain n'avait pas lui aussi son propre appartement, mais il était tellement souvent dans celui des filles que Marinette ne pouvait pas vraiment lui donner tort.

– En plus je ne le verrais pas de la journée, s'apitoya-t-elle.

– Ah bon, pourquoi ?

– J'ai des cours en plus aujourd'hui et lui il doit aller voir euh…

La jeune femme laissa sa phrase en suspens sachant déjà qu'elle en avait trop dit.

– Ça va, j'ai compris, répondit Marinette pour rassurer son amie et clore ce sujet.

Les choses avaient bien changé en seulement quatre petites années. Marinette avait arrêté ses études et avait ouvert une petite boutique de sur-mesure qui marchait plutôt bien. Souvent Alya venait lui donner un coup de main quand elle n'était pas à la fac. Nino aussi aller à la fac, mais pas dans la même que celle de sa copine et il était le seul à être toujours en contact avec Adrien, car il était quand même son meilleur ami. Les deux filles, elles, préféraient faire l'autruche sur cette amitié et temps qu'il ne le ramenait pas ici tout allait bien.

Adrien, rien que son nom déchirait le cœur de notre jolie brune. Elle avait tout fait pour ne plus jamais le revoir, à commencer par quitter le lycée, en finissant son année par des cours en correspondance et en allant habiter chez sa tante. Pourquoi ? Eh bien parce que pour Marinette, c'était le pire des salops que la terre n'ait jamais portée. Après quatre ans elle n'arriver toujours pas à lui pardonner et Alya la comprenait parfaitement.

Alors que la cuisine était à présent plongée dans un silence pesant, une petite tête aux cheveux bruns foncés mal peignés se faisait un chemin vers l'assiette de pancakes.

– Bah alors bonhomme on ne dit pas bonjour ? lui fit Alya avec un clin d'œil.

– Bon… Bonjour… Bafouilla le petit garçon la bouche plein.

– On avale avant de parler, le reprit Marinette, bonjour mon ange.

Oui les choses avaient bien changé en quatre ans et c'était surtout à cause de ce petit bout de trois ans et demi. Même si ce qui s'était passé lui faisait mal, Marinette ne regrettait pas le moins du monde la venue de son fils Milo. Son seul souci était qu'à chaque fois qu'elle regardait ses yeux, elle ne pouvait pas s'empêcher de penser au père de l'enfant. Ils avaient exactement les mêmes prunelles d'un vert limpide et profond. Même si ça l'exaspérait, elle ne pouvait pas, non plus, lui en vouloir, il était trop mignon.

Soudain des cris retentirent dans la rue brisant le calme apaisant du petit matin, Marinette et Alya échangèrent un regard attendu. Elle embrassa son fil et fila dans sa chambre, retrouvait la petite créature qu'elle avait laissé dormir.

– Tikki transforme moi !

La jolie Marinette se changea instantanément en l'intrépide Ladybug. Ses cheveux étant bien plus longs qu'à l'époque et potentiellement gênants étaient rassemblés en une queue de cheval retenue par un ruban rouge.

Lorsque Milo fut arrivé dans la vie de notre héroïne, elle comprit vite qu'elle aurait besoin d'aide pour gérer sa double vie. Elle avait donc tout raconté à sa meilleure amie qui avait ensuite insisté pour qu'elles emménagent ensemble suite à sa déclaration. Comme ça dès que Ladybug devait intervenir Alya pouvait s'occuper de Milo. Bien sûr Alya était folle de joie d'apprendre que son amie était la super héroïne dont elle était tant fan. Mais elle l'avait harcelée pendant près d'un mois à cause de ça avant de finalement se calmer, au grand soulagement de Marinette.

Ladybug sortit par la fenêtre et partie en quête de l'akumatisé. Ce qui n'était pas vraiment difficile vu toutes les personnes qui fuyaient dans l'autre sens. Le super-vilain était déjà en plein combat avec le valeureux Chat Noir qui fit un sourire resplendissant en voyant sa Lady.

– On attendait plus que toi, fit-il à son encontre.

– Rassure-toi Chaton, je suis là maintenant, répondit-elle pour le taquiner.

À force de l'habitude, ils le vainquirent sans grande peine. Ils étaient tellement habitués à l'un et l'autre qu'ils n'avaient même plus besoin de parler pour comprendre les attentions de l'autre. Marinette avait fini par vraiment apprécier Chat Noir. Il était toujours là pour elle et avec lui, elle se sentait rassurée. Cependant elle avait gardé une barrière entre eux deux pour plusieurs raisons d'après elle logiques. La première étant qu'elle ne voulait pas tout gâcher avec lui, et la seconde qu'elle avait tellement peur de souffrir à nouveau qu'elle repoussait systématiquement tous les hommes qui l'approchaient. Mais Chat Noir avait compris, elle était importante pour lui, mais il ne l'idéalisait plus et il n'essayait plus de la conquérir. Il avait encore de forts sentiments à son égard, il ne le niait pas, mais il ne voulait pas la brusquer. Il savait qu'elle avait vécu une grande désillusion et que ça l'avait brisé. Aujourd'hui il voulait juste l'épauler et l'aider.

Après avoir échangé des banalités, ils reprirent chacun dans la direction de leurs logements respectifs.

Quand Marinette rentra, l'appartement était vide. Alya avait déjà emmené Milo à l'école. Elle s'habilla rapidement et alla ouvrir sa boutique se situant au rez-de-chaussée. Elle remonta la grille, alluma les lumières et passa un petit coup de balai. Sa boutique proposait ses propres créations qui étaient toutes uniques. Elle était très fière de ce qu'elle avait accompli ici et ses parents aussi. Elle avait toujours pu compter sur leurs soutiens et elle ne cessait de les remercier pour cela.

Les heures passées avec une lenteur extrême, c'était plutôt calme aujourd'hui. Son fils lui manquait et Marinette s'ennuyait ferme. Elle feuilletait avec désintérêt un magazine que sa dernière cliente avait oublié. Néanmoins un article attira son regard,

« Le couple agreste en péril, la magie a-t-elle disparu ? »

La formulation du titre la plongea dans ses souvenirs, oui la magie, pour elle, avait bel et bien disparu.

Malgré ce qui s'était passé ensuite, le jour du bal était l'un des plus beaux de toute sa vie. Elle avait dansé le corps collé contre celui qui faisait battre son cœur. Elle se souvient de son regard, de la chaleur de ses bras, et même de la chanson d'amour mielleuse qui la faisait fondre. La soirée était vraiment magique, surtout après qu'ils avaient goûté au punch légèrement arrangé par leurs camarades. Leurs esprits s'étaient plus détendus et toute gêne avait disparu. Ils dansaient, s'amusaient, riaient ensemble. Ils étaient heureux.

Quand la cloche sonna minuit, Marinette avait regardé autour d'elle et fut impressionnée par le nombre de couples qui s'embrassaient. Les haut-parleurs passaient « Listen to you heart » et elle trouvait ça incroyablement romantique. Adrien lui avait alors délicatement attrapé la tête et avait s'en prévenir posé ses lèvres sur les siennes. Il fallut un petit moment à Marinette pour assimiler ce qui venait se passer, mais elle finit par répondre à cette étreinte avec ferveur, depuis le temps qu'elle attendait ça ! Soudain ils étaient seuls dans leur propre univers agrippé l'un à l'autre comme si leur vie en dépendait. Elle sentait ses doigts lui caresser les tempes et elle enroulait ses mains autour de sa nuque. Elle s'enivrait de son parfum musqué et de sa chaleur. Pour rien au monde à cet instant elle n'aurait voulu être ailleurs. Doucement ils se détachèrent pour se regarder droit dans les yeux, les joues rosies et les yeux pétillants. Ils ne leur en faillèrent pas plus pour recommencer sans prononcer le moindre petit mot.

Ils s'étaient embrassés à Minuit et ils auraient dû rester ensemble pour toujours. Malheureusement la vie n'est pas un conte de fées et rien ne dure éternellement. Et ça Marinette l'avait appris à ses dépens.