Disclaimer: Hidekaz Himaruya est le propriétaire des personnages principaux, moi de cette histoire...

Bonsoir à vous ~

Voici le chapitre 2 de Sünde! Je m'excuse de la longueur, supérieure à celle du précédent... Malheureusement je ne pouvais pas le scinder vu qu'il se déroule sur un seul jour et que les autres s'étalent sur plusieurs mois/années.

Bref...

J'espère que ça plaira aux quelques lecteurs/lectrices égarées ici que j'invite à commenter ^o^

Au niveau des chansons écoutées lors de l'écriture: diverses chansons de Sonohra et de Muse comme l'immagine, Seguimi O Uccidimi, Megalomania ou Hoodoo... Mais aussi How you remind me de Nickelback, Totgeliebt et Rette Mich de Tokio Hotel (pour le côté germanique de l'action :3) Ca n'a pas toujours de rapport avec l'intrigue, tout est dans l'ambiance et mon ressenti...

On se retrouve en fin de chapitre pour quelques traductions et anecdotes!


Chapitre 2 : Ungerechtigkeit

Juillet 1409.

Gilbert attrapa une pêche dans l'étalage d'un marchand et donna à celui-ci une pièce d'argent en échange, que le brave homme accepta avec un grand sourire.

L'adolescent déambulait dans le marché de la capitale, se fondant dans la masse du peuple en cette belle journée d'été. Une journée sans entraînement ni office particulier, que le jeune homme pouvait se permettre de passer à l'extérieur du moyen-château réservé aux chevaliers.

Il n'en était pas encore un, mais son adoubement n'allait plus tarder.

L'albinos mordit à pleines dents dans son fruit, savourant le goût sucré qu'il aimait tant.

Pour cette journée de congé, il avait décidé de sortir de la ville et de prendre du bon temps le long de la rivière.

Certes, il devait être vigilant à cause de la blancheur de sa peau, mais il n'allait pas se priver du bonheur de se prélasser au soleil. Il portait une chemise, légère mais à manches longues, et un pantalon sous des bottes de cuir souple. Son visage et son crâne étaient protégés par un chapeau de paille. Il n'avait rien à craindre des rayons du soleil.

Gilbert prit la direction de la porte principale de la forteresse, un léger sourire flottant sur ses lèvres.

-Regardez qui voilà! fit une voix à quelques pas de lui.

C'est pas vrai... soupira intérieurement Gilbert.

Il ne tourna pas la tête pour voir celui qui avait parlé. Il continua sa route, digne.

-Monsieur "j'veux devenir chevalier, comme Vati!"continua la voix, exagérément aiguë cette fois, provoquant l'hilarité parmi ses amis.

Reste calme.

Gilbert savait bien qui l'avait ainsi provoqué. Il s'agissait d'une bande de garçons pauvres du bas-château, qu'il aurait pris en pitié s'ils n'avaient pas décidé de faire de chacune des sorties de l'albinos un Enfer sur terre.

Elevé selon les principes de la chrétienté, Gilbert venait volontiers en aide aux nécessiteux.

Mais pas à ceux-là.

-Le petit bâtard albinos a osé s'aventurer hors de chez son père? ajouta la voix, narquoise.

Ce fut comme si un cadenas enfermant l'agressivité de Gilbert avait été ouvert. Ou plutôt explosé.

Il se rua sur le leader du petit groupe, qui jusque là arborait un sourire arrogant et fier malgré ses haillons. Sans réfléchir, Gilbert frappa. Il envoya son poing dans la figure de l'adolescent un peu plus âgé que lui. Du sang chaud et aussi rouge que les yeux de l'albinos s'échappa du nez meurtri de son adversaire, mais Gilbert s'en fichait. Ce n'était pas la première fois qu'il le blessait, mais si ce crétin en redemandait à chaque fois, il allait lui faire plaisir.

Et avec joie.

Il recula de quelques pas et asséna un violent coup de pied dans l'abdomen du garçon, qui cria de douleur et se recroquevilla sur lui-même, se tenant le ventre.

Gilbert sauta alors sur lui, l'envoyant au sol d'un autre coup de pied dans les bijoux de famille. Assis sur lui, il commenta:

-Toi tu ne seras même plus capable de faire des bâtards!

Et il reprit de plus belle, appuyant sa réplique d'un direct dans la tempe. Puis d'un autre coup. Et encore.

Les jointures de ses mains étaient en sang, et son visage quelque peu égratigné par les ongles de l'autre qui résistait faiblement.

Le garçon du peuple s'agita et se tortilla, si bien qu'il réussit à se relever.

Gilbert sauta aussitôt sur ses pieds et dévisagea un instant son adversaire. Il était méconnaissable. Ses traits étaient déformés par la douleur. Sa figure et sa chemise crasseuses d'avance avaient pris une teinte écarlate à certains endroits.

Peu importait.

Une nouvelle fois, Gilbert assaillit le jeune homme de coups plus violents les uns que les autres.

La populace s'était rassemblée autour d'eux en un cercle irrégulier. Les femmes cachaient les yeux des enfants. Les hommes leur criaient d'arrêter, mais n'osaient pas les séparer. De toute façon, tous n'étaient rien d'autre que des humains.

Des humains qui se plaisaient à voir leurs semblables souffrir, que ce soit la bête de cirque alias Gilbert Beilschmidt ou le "pauvre innocent" qui subissait sa colère.

Les garçons de la bande, quant à eux, s'étaient éclipsés en hurlant partout que Gilbert était le fils du Diable en personne. Pas un n'avait eu assez de courage pour aider leur chef. Bonjour l'amitié...

Une réplique plus violente de la part du miséreux tira Gilbert de sa haine comateuse.

Il sentait la douleur à présent.

Sa joue récemment heurtée par le poing de l'autre garçon le lançait, ses doigts douloureux se pliaient avec peine.

Merde... Le père va encore m'engueuler si j'arrive plus à tenir mon épée...

Son épée. Pourquoi il ne l'avait jamais avec lui quand il en avait réellement besoin? Il aurait pu faire vraiment peur à cet imbécile...

Gilbert cracha un peu de sang. Son nez non plus ne s'en sortait pas indemne, apparemment.

Il ressentait la douleur.

Et ça lui faisait du bien...

Le garçon rampait sur le sol. Il parvint à se relever et fit mine de quitter l'arène improvisée.

-T'avise pas de fuir, fils de chien! le prévint Gilbert. T'as beau être un enfant légitime, si t'as rien entre les jambes tu vaux pas mieux que moi!

Il eut tôt fait de le rattraper et de le ramener au sol d'un coup à l'arrière des genoux. Il s'assit à nouveau sur lui et, ayant dégainé une dague qu'il gardait dans sa botte, la plaça sur la jugulaire du perdant.

Une étincelle de folie s'était allumée dans les yeux rubis de Gilbert, et il aurait volontiers enfoncé sa lame dans la peau sale si, dans son dos, la foule ne s'était pas écartée pour laisser passer quelqu'un qui s'écria:

-Relâche-le.

Une voix froide, mais brûlante de colère.

Une voix que Gilbert connaissait mieux que quiconque.

Son ardeur retomba d'un seul coup. Il se releva et, satisfait par le dernier regard terrifié que lui lança son adversaire avant de détaler, tourna les talons et fit face à son père.

Alexander, les traits durcis par la rage et la sévérité avec laquelle il prévoyait de passer un savon à son fils, attrapa le poignet de Gilbert comme si celui-ci avait cinq ans et le traîna dans la cour du moyen-château, où ils seraient moins exposés à la vue de la population. Il demanda, glacial:

-Tu es fier de toi, je suppose?

-Assez, oui. T'as vu, je suis aussi balaise avec une épée qu'à mains nues. répliqua Gilbert, insolant.

Alexander n'apprécia pas. Pas du tout.

Sa main se leva et s'abattit sur la joue déjà douloureuse de Gilbert. Bien que choqué, il ne broncha pas.

C'était la première fois qu'il levait la main sur lui en dehors des entraînements.

-C'est la cinquième fois ce mois-ci, Gil. Par pitié, n'aggrave pas ton cas!

La gifle, Gilbert l'avait (peut-être) méritée.

Mais ça, il n'allait pas le laisser passer.

Il s'écria, profondément blessé:

-Mon cas? Mais j'ai rien à voir là-dedans! C'est pas ma faute! Tu me l'as toujours dit, c'est moi qui paye les pots cassés pour toi, pour vous...

Les larmes lui étaient montées aux yeux, il les ravala avec rage et poursuivit:

- Tu sais pas ce que c'est! Tu sais pas ce que ça fait d'être regardé à longueur de journée comme un pestiféré... Tu sais pas ce que c'est d'être seul face à toutes leurs insultes... Personne n'est là pour prendre la défense de mon existence, il faut bien que je le fasse tout seul! Ne me juge plus jamais!

Il tourna le dos à son père et s'enfuit à toutes jambes avant que le plus âgé n'ait pu ouvrir la bouche.

Sans trop y réfléchir, il atterrit dans les écuries. Ralentissant le pas pour ne pas effrayer les chevaux, il se dirigea vers une stalle, dans le fond du bâtiment.

Il y trouva là un cheval noir corbeau. Tout le contraire de Gilbert.

Mais il aimait ce vieil hongre, cadeau de son père avec lequel il avait appris l'équitation. C'était également avec lui qu'il avait pu regarder les gens de haut pour la première fois.

Et il se disait parfois que ce n'était pas un hasard s'il appréciait tellement Simenor.

Son père n'avait probablement jamais fait le rapprochement, mais le cheval souffrait d'un problème respiratoire de naissance qui l'empêchait d'être utilisé par les Chevaliers Teutoniques pour le combat.

A défaut d'un garçon de son âge, il était devenu le meilleur ami du petit albinos.

Il se réfugiait toujours dans la stalle de l'hongre quand la situation devenait trop pesante pour lui. Et il lui parlait. Dans le vide, peut-être, mais Gilbert avait l'impression que Simenor le comprenait, du fait de son propre problème.

L'adolescent s'assit dans la paille, contre le mur de pierre, prêtant peu d'attention à la forte odeur équine et la poussière ambiantes.

Dieu savait toutes les choses qu'il avait pu dire à son cheval. Mais ce jour-là, les mots ne venaient pas.

Son père.

Celui qu'il avait toujours considéré comme son seul soutien en ce monde... Le seul humain qui l'accepterait...

Il avait dit "n'aggrave pas ton cas".

Autrement dit: "tu as déjà une tare, pas la peine d'en rajouter".

Bien sûr, Gilbert n'avait jamais pensé que quiconque puisse passer au-dessus de sa différence, mais cela donnait-il le droit à son propre père, l'un des deux responsables de son malheur, de le lui renvoyer à la figure? Comme si ce n'était pas déjà assez difficile d'être considéré comme un péché ambulant...

Il était encore moins bien loti qu'un cheval. Simenor était nourri, logé et traité comme n'importe quel cheval bien portant. Pire, on lui épargnait des efforts. Et lui, Gilbert, il était obligé d'en faire plus que n'importe qui?

Pourquoi Dieu lui en voulait-il tellement? Son père avait pourtant confessé sa faute. Et regretté de l'avoir engendré. Pourquoi s'acharner encore sur l'adolescent?

C'était injuste. Dieu était injuste.

Il rejeta la tête en arrière, heurtant le mur en douceur. Il ferma les yeux, dans la ferme intention de ne pas les rouvrir avant d'avoir apaisé un peu son esprit tourmenté. Une larme roula sur sa joue. La première d'une longue série silencieuse.

oOo

Alexander resta hébété un moment dans la cour.

Il savait où Gilbert était allé. Il ne comptait plus le nombre de fois où il avait récupéré un Gilbert en larmes, couvert de paille, après plusieurs heures de conversation avec "son cheval".

Le chevalier se félicitait d'ailleurs d'avoir mis Simenor à la disposition exclusive de son fils, il y avait de ça une bonne dizaine d'années. Gil s'y était réellement attaché, et une relation amicale avec un animal était déjà mieux que rien.

Donc, même s'il savait où trouver son fils, il n'alla pas le rejoindre tout de suite. Il préféra lui laisser le temps de se calmer, d'évacuer un peu de pression... Et de se remettre lui aussi de ses émotions.

Il s'octroya une dizaine de minutes. Puis, il inspira un grand coup et pénétra dans les écuries, offrant au passage une caresse à son propre cheval.

Comme il l'avait escompté, son fils était assis à côté de Simenor, à même le sol. Comme d'habitude. Alexander pouvait deviner les traces laissées par des larmes salées sur la peau d'albâtre tâchée de sang. Comme souvent.

L'adolescent sursauta lorsque son père referma la porte derrière lui. Il se releva prestement, confus, essuya son visage avec sa manche -encore une chemise gâchée- et le foudroya du regard.

Autrement dit: "je ne veux pas te parler."

Gilbert n'adressa pas un mot à son géniteur, au contraire: il le fuit, retournant dans la cour d'une démarche qu'il voulait digne et confiante.

Pourquoi il n'est même pas capable de respecter mon désir de solitude?

-Gilbert, je sais que tu ne veux pas me parler mais... commença Alexander derrière lui.

Non, il ne voulait pas parler.

Il avisa une ou deux épées à quelques pas de lui, abandonnées là par des chevaliers peu consciencieux après leur entraînement.

Parfait.

Il en prit une et fit enfin face à son père.

Il esquissa une attaque, qui aurait envoyé Alexander à l'infirmerie pendant quelques temps s'il n'avait pas rapidement reculé d'un bon mètre.

-Mais il faut qu'on parle, Gil. continua-t-il, impassible.

Ledit Gil n'en avait cure.

Il feinta, attaqua encore, rata une fois de plus.

-Tu ne peux pas faire face à tous tes problèmes...

Gilbert l'interrompit d'un coup d'estoc, que le plus âgé évita à nouveau.

-En usant de la violence. Je crois que...

L'adolescent leva les bras au-dessus de sa tête et abattit le tranchant de la lame en direction du chevalier, qui n'eut d'autre choix que de se jeter au sol pour ne pas être coupé en deux.

-Moi je crois que dans un combat réel, tu serais déjà mort. Tu as de la chance que je ne t'en veuille pas encore à ce point.

Sans un mot de plus, Gilbert lança l'arme au loin, enjamba son père et prit la direction de l'extérieur du château.

oOo

Cette fois, il courut tellement vite que personne n'eut le temps de l'arrêter par quelque moquerie.

Il se débarrassa de sa chemise et de ses bottes dans les herbes hautes bordant la rivière et entra dans celle-ci, frissonnant légèrement.

Il plongea la tête dans l'eau et frotta vigoureusement son visage rendu crasseux par le sang, la poussière, la paille et la sueur.

Pourquoi tous ses problèmes et son mal-être ne pouvaient disparaître dans l'eau claire en même temps que la saleté?

Il s'immergea presque entièrement, gardant seulement la tête hors de l'eau, et fit quelques mètres à la nage, éclaboussant les environs.

Un petit cri de surprise retentit non loin de lui, le faisant sursauter.

Il se retourna vivement vers l'origine du bruit et découvrit un garçon d'à peu près son âge, assis dans l'herbe à lire un livre. Il était brun, habillé avec raffinement et portait des lunettes.

-Tu as mouillé mon livre. déclara-t-il platement, désignant de la main les pages de son ouvrage.

-Oh, mille excuses. répondit indifféremment Gilbert.

L'albinos s'écarta du brun, et continua à se baigner.

Mais Dieu ne voulait visiblement pas qu'il ait une minute à lui ce jour-là.

-Tu es fou de te laver dans la rivière avec tes blessures. déclara le garçon.

-J'aurais bien de meilleures raisons que ça de devenir fou. répliqua Gilbert.

-Ca va s'infecter. Ce n'est pas une eau très propre. Tu n'as pas de quoi les nettoyer et les bander?

-Je m'en fiche, à dire vrai.

L'autre adolescent haussa un sourcil, se leva et lança la chemise abandonnée au sol à Gilbert.

-Viens avec moi. Je vais m'occuper de ça.

-Pardon?

Gilbert n'en revenait pas. On lui proposait de l'aide. On l'invitait.

Intrigué, il enfila sa chemise et suivit le garçon. Celui-ci s'avançait d'une démarche fière et... Noble.

-Tu es qui, en fait? ne put s'empêcher de demander Gilbert.

-Je m'appelle Roderich Edelstein.

-Edelstein? Tu es le fils du plus riche drapier de la région? Sérieusement?

Le dénommé Roderich acquiesça d'un signe de tête.

-Je voulais lire au calme, alors je suis sorti de la ville. précisa le brun.

Il entraîna l'aspirant-chevalier dans une grande maison du bas-château, propre et spacieuse. Il prêta peu d'attention aux domestiques qui s'affairaient et monta les escaliers élégants jusqu'au premier étage. Il présenta une porte à Gilbert et l'invita à entrer.

-Assieds-toi sur le lit, je reviens.

Et de fait, il disparut un instant de la chambre, que Gilbert détailla.

Sommaire, elle était plutôt grande et peu meublée. Néanmoins, le mobilier présent était assez luxueux. Une large fenêtre éclairait la pièce de la lumière du jour.

Roderich revint avec un baquet peu profond d'eau chaude, une bouteille d'alcool et du tissu blanc. Il s'assit à côté de Gilbert, dont il déposa la main droite meurtrie dans l'eau, arrachant un grimace au propriétaire.

Il nettoya la plaie, la désinfecta à l'alcool et l'enroula dans un bandage propre, avant de s'affairer à l'autre main.

Tandis qu'il officiait, Gilbert demanda:

-Pourquoi... Tu n'as pas peur de moi?

-Pourquoi aurais-je peur? Tu as deux bras, deux jambes, une tête, tu es un être humain comme un autre, non?

Gilbert hésita, mais murmura:

-Mais je suis... différent...

-Je suis aussi différent des autres que toi. Regarde autour de toi, tu verras qu'aucun être humain n'est identique à un autre.

-C'est une façon intéressante de voir les choses...

Ce garçon acceptait sa différence.

Gil en aurait presque pleuré, s'il n'avait pas dépassé son quota de la journée.

-Je sais, reprit Roderich, que tous n'ont pas la même vision des choses que moi à ton sujet. Si tu veux vraiment qu'ils n'aient plus peur, tu dois devenir quelqu'un de respectable. Tu es destiné à devenir Chevalier Teutonique, non? Deviens le meilleur, pour que tous soient obligés de reconnaître ta valeur.

-Mon père m'a conseillé la même chose...

Mais pour une autre raison.

-Tu es blessé ailleurs?

-Oh... J'ai dû me prendre quelques mauvais coups dans la figure...

-Oui, ça se voit. marmonna Roderich en admirant les ecchymoses fleurissant sur le visage d'albâtre.

-Mais ce n'est pas ouvert. Merci beaucoup pour mes mains, c'est déjà amplement suffisant.

Gilbert s'apprêtait à repartir, mais le brun l'arrêta avant qu'il ne se lève.

-Une dernière chose. Je sais que ce garçon t'avait provoqué...

-Ah, tu as assisté à mes exploits? Et tu m'as laissé entrer chez toi? Tu es quelqu'un d'étrange...

-Je connais ta réputation, il n'est pas dans les habitudes des Teutons de voler ou quoi que ce soit de ce genre et comme je l'ai dit, j'ai entendu ce que ce garçon t'a dit. A ce sujet, si tu veux que le monde ait confiance en toi, arrête de te battre pour des broutilles.

-Des broutilles? répéta Gilbert, incrédule et blessé.

-Tu cherches à te battre uniquement dans l'espoir d'avoir mal. Parce que ça te prouve à toi-même que tu es vivant, et ça te donne une raison concrète de souffrir, ça évacue la douleur du mal-être qu'il y a en toi. Mais tu es fort. Utilise cette force pour défendre l'Ordre et la patrie, plutôt que de la gaspiller. Réfléchis un peu à tout ça.

Roderich le raccompagna au-dehors. Alors que Gilbert reprenait la direction du moyen-château, la tête pleine des paroles philosophiques de son "médecin", le brun retourna à l'extérieur de la ville, son livre sous le bras comme s'il ne s'était rien passé.


Simenor souffre d'un emphysème pulmonaire. Tout le monde s'en fout, mais je devais le préciser. Je remercie ma soeur pour ses connaissances en matière de chevaux et d'équitation!

Roderich n'était pas prévu à la base... Je ne sais pas si j'ai bien fait de l'intégrer à l'histoire... Il fait trop psychologue à mon goût. Mais Gil devait bien se rendre compte de quelques choses, par lui-même ou via quelqu'un d'autre.

Traductions:

Ungerechtigkeit: injustice (allemand) (j'ai des doutes parce qu'il y a apparemment deux traductions... je ne parle pas l'allemand, désolée si j'ai fait une erreur ^^')

Vati: papa (allemand)