La saga Harry Potter, son univers et ses personnages, appartiennent à J.K. Rowling.

Iron Man appartient à Stan Lee, et l'adaptation cinématographique à Marvel.

Je suis très heureuse de constater que vous êtes déjà si nombreux à suivre ce crossover. C'est ma toute première fanfiction et j'avoue que j'angoisse déjà un peu à l'idée de décevoir vos attentes. A ce stade de l'histoire, j'espère juste continuer à vous surprendre.

Un grand merci pour les reviews. Vos avis m'encouragent à poursuivre mes efforts. Et soyons honnête, ils gonflent mon moral à bloc et flattent mon ego d'auteure en herbe. ^_^ N'hésitez pas à poster un commentaire, même négatif !

Sinon, concernant mon rythme de publication, je pensais à un chapitre hebdomadaire. Le vendredi, probablement en début de soirée. Cela vous semble raisonnable ?

Allez ! Sans plus attendre... le chapitre 2 ! Bonne lecture à toutes et à tous.


CHAPITRE 2

Harry se tenait à deux pas de l'homme, la main tendue. Ce dernier daigna finalement la serrer – après une longue minute passée à se dévisager. Il avait lu de nombreux articles consacrés à Tony Stark. La plupart provenait de revues scientifiques qui vantaient son intellect supérieur. Et il y avait la presse à scandales qui aimait se focaliser sur sa vie sexuelle particulièrement active. Mais plus que quiconque, Le Survivant savait que les journalistes pouvaient parfois se montrer… d'une imagination fertile, quand ils ne cherchaient pas simplement à détruire une réputation. Il gardait encore rancune à Rita Skeeter pour ça. Pourtant, l'homme en face de lui semblait correspondre en tous points à ses lectures : un génie orgueilleux et condescendant, un playboy avec beaucoup trop argent. Et en même temps, il y avait plus.

- Je suis très heureux de vous rencontrer enfin, M. Stark.

- Enfin ?

- J'ai vous ai envoyé de nombreuses demandes au cours des dernières semaines. Je les ai adressées à votre bureau au siège de Stark Industries à Los Angeles, mais je suppose qu'elles ne sont jamais arrivées jusqu'à vous… Ou peut-être les avez-vous jetées sans même les lire ?

- De quel genre de demandes, parlons-nous ?

- D'entretien. J'adorerais vous interviewer, M. Stark.

Harry pencha légèrement la tête, jouant de son innocence. Son petit gabarit induisait souvent les gens en erreur. Ils le prenaient en pitié, se montrant excessivement gentils. Craignaient-ils qu'il prenne peur et détale comme un lapin pris dans les phares d'une voiture ? Cela changeait de son enfance malheureuse chez les Dursley !

Le crissement de petits cailloux sous des chaussures tirèrent le jeune homme de ses pensées. Un peu plus haut sur le sentier, l'assistante de Tony Stark se hâtait de les rejoindre. Elle marchait à grandes foulées malgré ses talons d'une hauteur impressionnante et ses bras encombrés d'une pile de dossiers. Elle semblait très agacée. Harry jeta un coup d'œil au milliardaire – n'allait-il pas venir en aide à la jeune femme ? – mais celui-ci ne regardait que lui.

- Vous êtes parti si vite, commença Pepper, quelques mèches de cheveux indisciplinées devant les yeux. Cet enseignant que vous avez snobé m'a retenu tant qu'il a pu. Il tenait absolument à me donner les rapports de recherche de tous les étudiants de son cours. Il voulait votre avis sur chacun d'eux. Puis, le doyen est arrivé. Il voulait voir avec moi si je ne pouvais pas vous libérer du temps pour de nouvelles interventions. (S'apercevant qu'elle ne suscitait aucune réaction, elle se tourna vers Harry.) Bonsoir. Qui êtes-vous ?

- Harry Potter, Mlle Potts. Voulez-vous que je vous débarrasse de quelques dossiers ? Vous semblez en difficultés.

Il se porta obligeamment à sa rencontre et, malgré l'absence de réponse, lui ôta la paperasse des bras.

- Harry Potter ? N'êtes-vous pas de la faculté des sciences humaines, des arts et des sciences sociales ?

- C'est bien moi, répondit-il, souriant largement.

- Nous avons reçu plusieurs courriers... Cela concernait votre mémoire, je crois. De faire de M. Stark un sujet d'étude pour votre projet de recherche.

Il hésita une seconde. La présentation laissait à désirer.

- Tout à fait. (A quoi bon mentir ! Il n'avait plus que ça en tête. Depuis des mois. Depuis qu'il avait soumis ses intentions à son directeur de recherche et finalement, obtenu son aval.) Je sais, reprit-il à l'attention de Stark. Dis comme ça, ce n'est pas très engageant, mais c'est un projet on ne peut plus sérieux.

L'homme avait l'air incertain, un peu méfiant aussi peut-être. Et il le regardait toujours avec cette étrange fascination. Au moins, il n'était pas hostile, se rassura Harry.

- Veux-tu dîner avec moi ?

- Pardon ? s'étonnèrent Harry et Pepper dans un bel ensemble.

Stark sourit. Il semblait très fier de lui pour une raison qui échappait au jeune homme. Était-ce de les avoir surpris lui et son assistante ?

- Je meurs de faim et tu pourras tout aussi bien m'expliquer ton ambitieux projet autour d'un bon repas... ou d'un verre. Je mange souvent dans un verre. Bref, je veux tout entendre dans les moindres détails.

- C'est-à-dire… j'ai un cours plus tard dans la soirée.

- Tiens, tiens ! Je te croyais plus courageux. Tu prétends vouloir faire de Tony Stark, l'idole du M.I.T, un rat de laboratoire, mais tu n'es pas prêt à sacrifier une heure de classe quand l'occasion se présente. Je ne laisse pas à tout le monde l'opportunité de me convaincre, gamin. (Devant l'air buté d'Harry, le playboy soupira, résigné.) Mon chauffeur te raccompagnera en temps et en heure.

- Dans ce cas, j'accepte avec plaisir.

Harry n'en revenait toujours pas. Comment quiconque aurait-il pu prévoir un tel revirement de situation ? Alors qu'il harcelait le standard de Stark Industries depuis des semaines, le marchand d'armes en personne donnait une conférence sur le campus. Les événements s'étaient merveilleusement bien goupillés : ses amis qui insistaient pour qu'ils se rendent ensemble à l'amphithéâtre et sa rencontre fortuite avec Tony Stark dans les jardins. Il avait bien pensé attendre l'homme à la fin de la conférence. Bien sûr, il aurait préféré procéder autrement, rencontrer son potentiel sujet d'étude dans un cadre plus… professionnel, mais il désespérait tellement d'obtenir un jour une réponse. Oui, il avait sérieusement songé se joindre à la horde de fans. Mais, il avait finalement suivi ses amis. Et par Merlin, grand bien lui avait pris, car Stark était là ! Devant lui ! Engageant la conversation, l'invitant même à dîner pour parler de son projet. Certes, l'entrée en matière avait été maladroite, mais s'il jouait correctement son prochain coup, il pouvait encore espérer aboutir à un accord.

L'assistante de Stark, Pepper Potts, ne semblait pas non plus en croire ses yeux. Son patron ne devait pas souvent – pour ne pas dire jamais – lancer des invitations à dîner sur un coup de tête. Ou alors à des personnes aux courbes plus rondes et aux atouts plus… attrayants. Harry n'était pas dupe. Il connaissait la réputation de séducteur de Stark et si ça ne suffisait pas, les regards échangés avec une étudiante, une jolie blonde au premier rang lors de la conférence, étaient assez révélateurs. Mais peu importait le comment du pourquoi pour Harry. Et tant pis si l'incrédulité affichée sur le visage de Pepper était en quelque sorte blessante. Il avait une chance. Il ne l'a gâcherait pas.

Ils s'avancèrent ensemble vers une voiture flambant neuve d'un noir brillant. Un homme – le chauffeur de Stark – se tenait à côté. Il ouvrit la portière pour Potts. L'assistante récupéra les dossiers des bras de l'étudiant et monta devant. Stark invita Harry à s'installer et ils occupèrent chacun un côté de la banquette arrière.

- L'Oleana*, Hogan ! annonça le milliardaire.

La circulation était bonne et les rues défilèrent à vive allure. La seule fausse note du point de vue d'Harry était le silence. Légèrement mal à l'aise, il se sentait observé à la loupe par trois paires d'yeux. Apparemment, Pepper n'était pas la seule à trouver cette situation étrange, car le chauffeur lui jetait de fréquents coups d'œil dans le rétroviseur. Tout à coup, Stark fronça les sourcils et avança la main vers son visage, écartant une mèche de cheveux noirs.

- Qu'est-ce que… commença-t-il.

Évidemment, l'homme avait fini par remarquer les fines lignes blanches sur son front.

- Une vieille cicatrice. Je l'ai depuis l'âge d'un an. Il y a encore quelques années, elle était rose et enflée, à présent on ne l'a voit presque plus. Elle s'efface tout doucement.

- Sa forme… Elle ressemble un peu à un éclair.

- Je sais, s'amusa le jeune homme.

Après toutes ces années, autant en rire, pensa Harry. Depuis la mort de Voldemort, il avait été choqué de voir que sa cicatrice disparaissait. Petit à petit, elle s'estompait, comme n'importe quelle blessure ordinaire.

*.*.*

L'Oleana n'était rien de moins que le meilleur restaurant à l'Est de Cambridge. Et d'après la devanture, il servait des spécialités méditerranéennes. Harry examina rapidement sa tenue.

- Euh M. Stark, je ne suis pas habillé pour ce genre d'endroit.

Ce dernier le détailla minutieusement. Il portait un jeans ordinaire, d'un bleu délavé, et un sweat-shirt à capuche du M.I.T par-dessus un T-shirt, souvenir d'un concert des Bizarr'Sisters auquel il avait assisté avec Ginny. Et c'était sans compter son sac à dos avec la breloque que Luna lui avait offert avant son départ pour les States. Harry se sentit légèrement rougir sous le regard du milliardaire. Il était vraiment trop insistant, surtout lorsqu'il s'attardait sur ses yeux.

- Tu es très bien. Et puis, tu es mon invité, personne ne te fera la moindre réflexion.

A l'intérieur, il faisait chaud. Le restaurant n'était pas bondé, mais n'en était pas loin. Stark s'arrêta devant le pupitre de l'hôtesse d'accueil.

- Une table pour deux, demanda-t-il en sortant un billet qu'il posa devant la femme.

Harry ne réussit pas à distinguer le Président sur le billet, mais il devait être plutôt important dans l'Histoire de ce pays étant donné la réaction de l'hôtesse. Le chauffeur et l'assistante de Stark les abandonnèrent là et se dirigèrent vers le bar.

- M. Hogan et Mlle Potts ne se joignent pas à nous ?

- Non. (Stark soupira en regardant l'homme et la femme s'éloigner.) Ils refusent à chaque fois. Ils veulent garder une distance professionnelle, je crois.

- Vos propres elfes de maison…

- Quoi ?

- Non, rien, une bêtise.

Un commis les escorta jusqu'au fond du restaurant dans une pièce séparée de la salle principale par des rideaux noirs et qui ressemblait fort à un salon privé. Des fauteuils étaient disposés contre les murs lambrissés d'un bois exotique d'une couleur brique luisante. Il y avait également une cheminée en pierres apparentes dans laquelle ronflait un feu de bois. De grands miroirs étaient accrochés aux murs et renvoyaient en l'occurrence le regard éberlué du jeune sorcier. Stark s'assit confortablement, passant négligemment une jambe par-dessus l'autre.

- Tu veux boire quelque chose ?

Harry aurait tué pour une bièraubeurre.

- Non, merci.

Stark, évidemment, supposa qu'il n'avait pas l'âge légal. Aussi, posa-t-il la question :

- Quel âge as-tu, au fait ?

- 25 ans. Je suis en première année, deuxième cycle**.

- Tu es plus vieux que je ne croyais.

- Oui, on me le dit souvent. Je pense que c'est à cause de ma taille, répondit-il en riant à moitié.

Le serveur apporta un verre de whisky avec de la glace pour Stark et ils passèrent commande. Harry réfléchit une seconde et décida finalement de jouer carte sur table. Enfin… autant que possible.

- J'ai pris une sorte d'année sabbatique après le 11e grade***.

Comment expliquer à cet homme que lui et ses deux meilleurs amis avaient choisi – judicieusement – de ne pas retourner à Poudlard à la fin de la sixième année. Qu'avec Ron et Hermione, ils avaient battu la campagne anglaise pendant des mois à la recherche des Horcruxes, réceptacles de l'âme immonde du plus cruel des mages noirs, Lord Voldemort. Qu'ensemble, ils avaient vécu dans la clandestinité, pourchassés par les Mangemorts du Seigneur des Ténèbres. Qu'ils n'étaient finalement rentrés au château que pour livrer la plus grande bataille de sorciers de ce siècle, versant autant de larmes qu'il y avait de pertes à déplorer.

- Du coup, j'avais déjà 18 ans lorsque je suis retourné à l'école pour ma dernière année, poursuivit-il. J'ai aidé, en parallèle, à la reconstruction d'un château en Écosse. En tant que bénévole.

Après la guerre, tout avait changé. Ron s'était associé à George. Aujourd'hui, tous deux possédaient la boutique Weasley, Farces pour sorciers facétieux à part égale. Avoir le plus jeune fils de la famille Weasley à ses côtés avait sans nul doute été d'un grand réconfort à George pour surmonter la mort de son jumeau. Harry sentait toujours son cœur se serrer lorsqu'il pensait à Fred. Après toutes ces années, la douleur était encore là. Comme pour ses parents, pour Sirius… Tant de morts !

Décidés à obtenir leurs ASPIC, Harry et Hermione avaient réintégrés Poudlard, alternant classes et travaux de rénovation. Il fallait dire que le château avait subi de sacrés dégâts.

- Ensuite, j'ai obtenu un poste au sein du gouvernement britannique. J'ai suivi la formation obligatoire et commencé à travailler. Mais cela ne ressemblait pas vraiment à l'idée que je me faisais du métier. C'était gratifiant, mais j'aspirerai à autre chose après…tout ça.

Comme promis lors de l'entretien d'orientation, le professeur McGonagall avait donné de son temps et de son énergie pour permettre à Harry d'obtenir les meilleures notes aux examens et ainsi devenir Auror. Hermione avait également rejoint le Ministère de la magie. Elle travaillait actuellement en tant que secrétaire au Département de la Justice magique. Le rôle qu'elle avait ironiquement usurpé lors de leur infiltration pour récupérer le médaillon volé par Dolorès Ombrage. La formation pour devenir Auror avait été aussi éprouvante qu'en témoignait la rumeur, mais le travail ne manquait pas avec tous ces sbires de Voldemort en fuite. Puis, Harry s'était… lassé. Il pensait constamment à Tonks, dernière engagée au Bureau des Aurors, jeune mariée, jeune maman, fauchée à l'aube de sa vie. A Maugrey aussi et à son œil de verre qui trônait aujourd'hui dans une belle boîte ouvragée visible de tous au Département de la Justice magique.

- Alors, j'ai voyagé pendant un temps, tout en prenant des cours visant à me remettre à niveau. J'ai envoyé un dossier de candidature au M.I.T et j'ai été accepté. Je pense que les recommandations de mes professeurs ont beaucoup aidé.

Lorsqu'il avait réalisé que toute sa vie n'avait été qu'une longue chasse aux forces du Mal, il s'était résolu à changer… radicalement. Avec l'aide de ses amis, et de quelques professeurs, il avait repris les cours habituellement dispensés aux Moldus. Bien sûr, il avait fallu falsifier quelques documents et user à profusion du sortilège de Confusion, mais il avait rapidement retrouvé ses marques. L'idée de quitter la Grande-Bretagne et de partir étudier aux États-Unis lui avait été soufflée par Luna. Harry se demanda brièvement où pouvait bien se trouver la jeune femme à l'heure actuelle. Sans doute sur la piste du Ronflak Cornu, quelque part sur la planète Terre.

- Je suis entré à la faculté des sciences humaines à 21 ans. Et me voilà aujourd'hui, conclut-il.

Stark fit rouler le liquide ambré dans son verre. Il avait écouté le résumé de la vie d'Harry sans l'interrompre, ce que le jeune homme estimait de bon augure. C'était toujours agréable de constater qu'on n'était pas totalement inintéressant.

- A 21 ans, je reprenais les rênes de Stark Industries, se joua de lui le milliardaire. Et à ton âge, j'avais déjà prouvé à tous mes talents d'inventeur faisant de l'entreprise de mon père la plus puissante manufacture d'armes du pays. Aujourd'hui, nous sommes côtés en bourses, représentés à l'International.

Vexé, Harry serra brièvement les poings. Puis, imitant le playboy, il avala une gorgée d'eau avant de répondre. Il n'était plus cet adolescent qui s'emballait à la moindre petite contrariété, et il avait suffisamment côtoyé le professeur Dumbledore pour savoir que partir en guerre nécessitait un plan de bataille bien élaboré. Le jeune sorcier avait grandi. Il était plus sage.

- Je ne pense pas que nos vies soient comparables, M. Stark. Vous avez suivi une voie toute tracée. La mienne, bien que prédestinée, était semée d'embûches. Et si, avec le recul, je regrette certains de mes choix, je n'ai pas honte de la place que j'occupe aujourd'hui dans la société. Vous savez quoi… reprit Harry. Après réflexion, je ne devrais pas me sentir insulté. Vous avez mené une vie tout à fait unique. Vous êtes impressionnant, à plusieurs niveaux. Et c'est pour toutes ces raisons que je vous ai choisi comme sujet d'étude.

Stark était franchement amusé maintenant.

- Vas-y ! Balance tout ! Convainc-moi !

- Vous faîtes partie d'un groupe ethnique des plus intéressants : les marchands d'armes. Vous créez un produit, fixez son prix et le vendez. Comme un businessman ordinaire. Mais vous n'avez rien d'ordinaire. Vous concevez des armes, des outils qui donnent la mort et que vous et vos acheteurs considérés pourtant comme des bijoux. Une technologie de pointe pour un marché florissant. J'aimerais mieux connaitre votre façon de penser, d'agir. Vous voir évoluer dans votre environnement. Vous voir interagir avec vos subordonnés comme avec vos clients.

- Un discours bien partial. Je sens que tu désapprouves. Tu es contre le port d'armes ?

- Pas du tout. J'ai moi-même une arme.

- Tu l'as sur toi ?

Harry sourit, mordillant sa lèvre inférieure. L'homme l'avait détaillé sous toutes les coutures, mais n'avait apparemment rien remarqué. Pourtant, sa baguette magique était bien là, dissimulée par un charme, dans un revers de son sweat-shirt. Souriant davantage, il acquiesça doucement de la tête.

- Elle ne vient pas de chez vous, cela dit. Made in England !

- Vraiment ?! Et on trouve de bons fabricants d'armes en Angleterre ?

- Celle que je possède vient d'une petite boutique située sur un chemin secret de la vieille ville de Londres. Là-bas, vous ne choisissez pas votre arme, c'est elle qui vous choisit. Et elle n'a pas pour utilité principale de tuer, au contraire…

- Je vois. C'est le meurtre que tu réprouves. Tu me vois comme un meurtrier de masse ?

- Non, M. Stark. J'ai déjà rencontré un meurtrier de masse. Vous ne ressemblez en rien à cet homme. (Avec une idée précise en tête, Harry commença à énumérer.) Une arme indestructible concédant d'immenses pouvoirs à celui qui la tient. Une pierre d'aspect ordinaire ressuscitant le souvenir des défunts de celui qui la détient. Une cape rendant celui qui la porte invisible, y compris aux yeux de la Mort, lui octroyant ainsi une forme d'immortalité. (Le jeune sorcier marqua une pause, regardant l'homme avec curiosité.) Dîtes-moi M. Stark, si je disposais ces trois objets devant vous… Et si vous ne pouviez en posséder qu'un seul. Lequel choisiriez-vous ?

- La pierre.

- C'est drôle, ironisa Harry avec une certaine amertume dans la voix, c'était également mon choix. (Harry sourit, mais c'était un sourire forcé, fragile… triste.) Seuls les orphelins peuvent comprendre, je crois.

Le serveur apporta leurs plats et ils dînèrent en silence. Le jeune homme jouait avec sa fourchette. Il savait que Stark avait perdu ses parents dans un accident de voiture alors qu'il était au M.I.T. Lui-même était persuadé que James et Lily Potter s'étaient tués dans un crash similaire avant qu'Hagrid ne le détrompe. N'avait-il pas manqué de tact ?

- Désolé, c'était inapproprié, s'excusa-t-il aussitôt, un peu blême.

- Quand ? demanda simplement le séducteur de ces dames.

Harry soupira. Ils avaient dépassé les limites du cadre professionnel. Mais la faute lui incombait, il avait commencé en parlant des Reliques de la Mort et plus particulièrement de la pierre.

- Le soir d'Halloween 1981. J'avais un an.

- J'ai eu plus de temps, constata simplement Stark. Mais encore trop peu. (Il avala une longue rasade de whisky.) Heureusement, Obie m'a maintenu la tête hors de l'eau. Tu avais quelqu'un ?

Il parlait d'Obadiah Stane, l'ami et associé d'Howard Stark. Si seulement, lui, avait eu Sirius. Mais son parrain était en prison, condamné à tort. Quelle injustice !

- J'ai été confié à ma tante, la sœur de ma mère. Et son mari. Ils avaient un bébé de mon âge, mon cousin Dudley. Mais, ils n'étaient pas très… aimants.

L'homme jeta sa serviette sur la table et croisa les mains devant lui, observant Harry.

- Je suis ton premier choix ou tu as contacté d'autres entreprises ? Hammer Industries ?

On en revenait à son projet de recherche. Là, il savait quoi dire. Stark n'aimait pas parler de sa famille, cela convenait parfaitement à Harry.

- Votre plus gros concurrent ? Oui, évidemment. J'ai eu Justin Hammer au téléphone. Il a répondu plutôt favorablement à ma demande. Je crois qu'il s'est senti flatté. Et puis, nous sommes tous deux britanniques. Il est né dans le comté de Surrey et j'y ai passé toute mon enfance jusqu'à mes 11 ans, puis tous les étés jusqu'à ma majorité. Il pense me faire une faveur. Je ne l'ai pas détrompé.

L'homme grogna. Il était de notoriété publique que les deux P.D.G ne s'entendaient pas.

- Il s'agit d'une étude comparative. Je me dois donc de constater les différences entre vous et la population lambda, mais également entre vous et vos « confrères ». Mais n'ayez crainte, et pour reprendre votre charmante comparaison sur les rats de laboratoire, si vous acceptez ma proposition, vous serez Big Rat et M. Hammer, Little Rat.

Stark rit, visualisant probablement son concurrent avec des oreilles, des moustaches et une queue de rongeur.

- Je n'attends pas de vous que vous acceptiez sur un coup de tête, expliqua Harry. Se prêter à ce genre d'expérience mérite réflexion. Je suis désolé si je vous ai semblé indifférent, mais la procédure veut que je garde un certain recul. Ce n'est déjà plus vraiment le cas, d'ailleurs. J'ai moi-même été un sujet d'étude – en quelque sorte, ajouta-t-il avec une grimace, – je sais à quel point cela peut être stressant et…

- C'est bon, tu m'as convaincu, répondit Stark, un brin ennuyé par ce babillage. D'y réfléchir, rectifia-t-il aussitôt en voyant Harry s'emballer, pas de devenir ton foutu cobaye. Pas encore ! En attendant, voici mon numéro.

L'étudiant se saisit de la carte de visite. Il attrapa son carnet à spirales dans son sac à dos et déchira une des dernières pages.

- Le mien, dit-il en tendant un bout de papier sur lequel il avait griffonné son numéro de téléphone. (Harry regarda sa montre. Il était 22h30.) J'ai mon cours dans une demi-heure. Il est temps pour moi d'y aller.

- Si tard ? Quel cours est dispensé à 23h ?

- Un nouveau département vient d'ouvrir sur le campus. Très sélect !

Stark fronça les sourcils, suspicieux.

- Sciences occultes, souffla Harry.

– A suivre –


* Ce restaurant existe vraiment. Son nom a été choisi au hasard parmi une liste non-exhaustive des lieux de restauration situés à Cambridge US. (J'avoue, j'ai eu la flemme d'inventer un nom de restaurant qui n'apparaîtra probablement plus dans l'histoire.)

** Aux USA, à l'université, le premier cycle correspond à 4 ans d'études et débouche sur un Bachelor. Les 2 premières années, les cours sont choisis à la carte par les étudiants. Les 2 dernières années, ils les choisissent en fonction de leur spécialisation. Il existe néanmoins une formation accélérée de 2 ans que Tony Stark a probablement suivi. Le deuxième cycle correspond à 2 ans d'études et débouche sur un Master. Pour ce cycle, il s'agit principalement de suivre des cours magistraux et de mener en alternance un projet de recherche avec mémoire/thèse à l'appui. (Infos obtenues sur Wikipédia.)

*** Le système scolaire des États-Unis diffère légèrement du système éducatif français. Il fonctionne principalement par degrés ou grades. A titre d'exemple, le 11e grade réunit les élèves de 16-17 ans. Le 12e, les élèves de 17-18 ans.