Disclaimer : Ceci est un travail de fanfiction. Elle n'existe qu'à partir des œuvres de J.K. Rowling et de l'imagination de l'auteur. Tous les personnages, lieux et concepts utilisés dans cette fanfiction appartiennent à J.K. Rowling et à la Warner Bros. Company. Les autres personnages comme Lilah Snape sont issus de l'imagination de l'auteur de cette fanfiction. L'auteur ne sera aucunement rémunéré pour son travail et écrit ces lignes dans un but purement gratuit.
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Tous publics.

Chapitre 2

Lilah avait toujours adoré s'amuser sur les toits. Son père le lui avait toujours interdit mais elle s'en fichait. Elle y montait sans arrêt parce que cela lui évoquait la liberté et une impression de voler qui lui manquait sans arrêt. Elle avait déjà volé une fois sur un balai chez son ami Draco Malfoy, mais elle n'en avait plus eu l'occasion. Père semblait ne pas aimer qu'elle vole. Mais elle avait paraît-il du talent, donc elle aimait s'habituer à l'altitude autant qu'il lui était possible dans ce quartier Moldu dans lequel elle avait grandi.

Lilah était une fillette plutôt petite et malingre aux doux visage ovale aux joues assez potelées. Elle avait des cheveux d'un roux foncé tombant en désordre sur ses épaules. Elle aurait voulu avoir les cheveux courts comme un garçon, mais son père avait toujours refusé. Et quand elle désobéissait, il les lui faisait repousser avant de la coiffer soigneusement. Et quand il regardait ses yeux verts émeraude en amande, on aurait dit qu'elle le dégoûtait presque. Ou qu'il était en proie à un profond désespoir, ce n'était pas comme si elle connaissait suffisamment son distant géniteur pour déchiffrer avec exactitude ses expressions. Il s'était toujours bien occupé d'elle d'un point de vue matériel. Il l'habillait de manière convenable, la traitait de manière convenable, lui offrait même des cadeaux à son anniversaire et à Noël accompagnés parfois d'une étreinte qui pourrait presque passer pour une étreinte paternelle. Mais en dehors de cela, il était froid (enfin moins qu'envers ses collègues, avait-elle remarqué) et distant.

Alors Lilah avait grandi en solitaire, avec pour seule vraie « figure parentale », comme elle l'avait lu dans un livre moldu, Narcissa Malfoy et bien sûr la compagnie de Draco Malfoy.

Elle allait souvent chez eux et elle en était enchantée, même après que Père lui ait interdit de voler. Narcissa était une femme d'une adorable bonté et d'une gentillesse sans bornes avec elle, bien qu'elle soit plus sévère avec Draco. Celui-ci était d'ailleurs comme son frère. Ils s'entendaient si bien qu'on les aurait cru jumeaux ! Ils ne faisaient pas les quatre-cent coups, ils étaient d'ailleurs plutôt calmes et sages, bien que Draco soit d'une incroyable arrogance et un impayable fanfaron parfois… Mais Lilah et lui aimaient lire ensemble, jouer aux échecs et surtout courir dans le parc (puisque Lilah ne devait plus voler…)

Ils mourraient tous deux d'envie d'enfin aller à Poudlard, bien que Draco aurait préféré aller à Durmstrang.

-A Durmstrang, ils enseignent la Magie Noire. Mais Mère ne veut pas que j'aille trop loin. Et Poudlard n'est pas une si mauvaise école quand on sèche les cours de Défense Contre les Forces du Mal…

Aujourd'hui il avait consenti à venir chez elle et elle lui avait montrer comment tenir en équilibre sur le toit et ne pas glisser sur les tuiles mouillées. Et ils se baladaient de toits en toits depuis le matin. Puis quand le soleil fit s'évaporer les gouttes d'eau, restes de la pluie qui s'était abattue pendant la nuit, ils glissèrent le long d'une gouttière et coururent dans la rue comme des jeunes gavroches jusqu'à Spinner's End.

Comme c'était amusant ! Quel dommage qu'il faille rentrer à la maison. Père y était d'ailleurs. Il regarda sa fille d'un air suspicieux, mais Lilah avait appris de Draco l'expression neutre de l'enfant sage mais pas trop, car on pourrait avoir des soupçons. Père avait préparé à manger. Aussi se mirent-ils à table promptement. Lilah regarda son père. Il avait manifestement quelque chose à dire :

-Nous allons au Chemin de Traverse cet après-midi pour finaliser vos achats de rentrée, dit-il d'un ton neutre, le ton avec lequel il s'adressait à Lilah la plupart du temps.

Pas la peine pour lui d'ajouter de finir son assiette en vitesse, son regard noir d'obsidienne fixait les deux enfants d'un air suffisamment éloquent.

Le voyage par Cheminée et Lilah, ça faisait deux, mais ce n'était pas grave. Elle aimait aller sur le Chemin de Traverse depuis toute petite pour son cocktail d'images, de couleurs et de senteurs. Et avec la compagnie de Draco, elle pouvait s'élancer dans l'avenue marchande et…

-Lilah ! Tiens toi tranquille ! dit sèchement Père. Pendant que je serai chez l'Apothicaire, vous irez acheter vos baguettes. Draco, voici l'argent de poche dont tu dispose, il m'a été transmis par ton père à ton intention. Je veux vous voir chez Fleury et Bott avant cinq heures. Suis-je clair ?

Lilah et Draco acquiescèrent et partirent en marchant vers la boutique d'Ollivander.

Dans la boutique, un grand homme sec habillé de robes claires et aux cheveux blancs se trouvait derrière le comptoir, à écrire quelque chose. Puis il leva ses yeux pales comme deux lunes vers les deux jeunes gens.

-C'est un plaisir de vous voir dans ma boutique, Mr Malfoy, ainsi que vous Miss…

-Snape, murmura Lilah.

Elle vit Ollivander hausser un sourcil, mais il ne fit aucun commentaire.

-Et bien, nous allons commencer par Mr Malfoy, allons-y. Prenez, voici une baguette en bois de frêne avec un ventricule de cœur de Dracon.

Draco prit la baguette et l'agita négligemment, provoquant une bordée d'étincelles vertes et argent.

-Très bien, voilà qui fut rapide. Un ventricule de cœur de Dragon fait souvent une baguette exclusive. Faites attention à ne pas la perdre… Miss Snape, à vous !

Ollivander sortit d'en dessous de son bureau un coffre qu'il ouvrit d'un sort. Dedans, en vrac, il y avait des baguettes magiques. Elles avaient l'air neuves et brillaient doucement.

-Voilà une première combinaison de houx et de crin de licorne femelle. Agréable à prendre en main, elle mesure trente deux centimètres virgule sept…

Il ne se passa rien lorsque Lilah agita la baguette et Ollivander la reprit aussitôt. Puis vint le ballet des baguettes magiques. Ollivander les sortait exclusivement de ce coffre et n'allait pas en chercher dans sa boutique.

-La dernière de mon stock, commenta le vendeur de baguettes magiques.

Lily la prit et soudain, un éclair immobilisa sa main dans son geste d'activation de la baguette. Cela la surprit tellement qu'elle la laissa tomber.

-Baguette en santal, très longue, quarante-deux centimètres pile et une plume de phénix. C'est une très bonne baguette qui aime beaucoup les maléfices et qui est très équilibrée, cependant. Toute en nuances… C'est ma préférée et je suis honoré qu'elle vienne à quelqu'un d'aussi spécial que vous.

-En quoi suis-je spéciale, ne put s'empêcher de demander Lilah.

-En beaucoup de choses. Je ne me trompe jamais et je peux vous dire que vous êtes unique, Miss Snape. Vous êtes un être parfait et le professeur Snape devrait être fier de vous avoir créée…

Lilah ne comprenait rien. Mais elle se tut.

L'étape suivante était Mme Guipure avant de rejoindre Fleury et Bott. Draco ne cessait de parler de ses belles tenues et de combien le noir de l'uniforme ne lui seyait point mais Lilah, habituée à ce discours ne fit que sourire à l'entendre radoter. Ils avaient presque fini lorsqu'un petit garçon de leur âge, tout maigre et aux cheveux noirs de jais en bataille entra dans la boutique. Lilah n'y fit presque pas attention, mais Draco lui lança d'une voix traînante son petit laïus sur sa supériorité. Au bout d'un moment elle n'y tint plus et éclata d'un rire cristallin.

-Te moque pas de moi, Lilah.

-Je me moque pas, fit la fillette entre deux hoquets. C'est juste qu'on dirait ton père !

Draco en prit ombrage. Il continua de parler avec le petit garçon, sans succès.

-Où ils sont tes parents ?

-Ils sont morts, fit le garçon d'une voix atone.

-Oh, désolé, dit Draco.

Lilah fit la grimace. On aurait pas dit le moins du monde qu'il était sincère. Elle descendit de son trépied, Mme Guipure ayant terminé son ourlet et alla poser sa main sur l'épaule de petit garçon.

-Écoute pas Draco. Il essaye de faire l'aristocrate, il est trop marrant quand il fait ça ! s'exclama-t-elle avec un sourire se voulant compatissant. Je m'appelle Lilah et toi…

-Oh… Je m'appelle Harry, dit il.

Lilah remarqua quelque chose d'étrange derrière les lunettes rondes et rafistolées de petit garçon, dans ses deux yeux verts en amande amicaux et chaleureux et soudain, tout sourire glissa de son visage. Draco sembla également le remarquer et prit l'épaule de son amie pour la traîner dehors…

-Viens, ton père a dit avant cinq heures à Fleury & Botts. Et j'aimerais voir le nouveau Nimbus 2000. Mon père m'a dit qu'il allait me l'acheter…

Narcissa et Lucius dînèrent avec leur fils à Spinner's End avant de s'en aller, aussi Lilah eut tout le temps de réfléchir aux questions qu'elle voulait poser à son père et à la manière dont elle allait les formuler. Car elle n'en doutait pas qu'elles seraient particulièrement délicates. Elle choisit d'abord de ne pas parler du jeune garçon, sauf si il lui demandait avec beaucoup d'insistance pourquoi elle le questionnait. Elle dit au revoir à Draco ainsi qu'à ses parents. Au moment de dire au revoir à Narcissa, elle ne sut pas pourquoi elle s'accrocha à sa robe ainsi, pressant son visage contre son sein. Peut-être une envie d'être soudain maternée. Elle n'avait jamais eu de mère, il était normal qu'elle s'en cherche une… Cette idée donna à Lilah une envie d'exhumer Sigmund Freud pour le tuer elle-même de ses propres mains et la fit soudain s'écarter de Narcissa avec un sourire gêné. Mais le sourire que lui rendit la grande dame aux cheveux d'or fut d'une infinie gentillesse et d'une infinie bonté. Elle caressa la joue de la fillette et passa la cheminée à la suite de son mari et de son fils.

Lilah soupira. Comme chaque soir après le dîner, était venu l'heure de la lecture (ou de tout autre jeu pourvu qu'il soit silencieux). Père regardait le feu, lisait ou encore entretenait sa correspondance enjoignant sa fille à lire elle-même où à pratiquer toute activité calme et silencieuse. Mais il arrivait parfois qu'elle puisse poser des questions sur ses lectures ou sur un problème la tracassant plutôt simple et surtout rapide à résoudre. (Les question n'invitant qu'à une réponse négative ou affirmative étaient les meilleures pour ménager son humeur…) Aussi Lilah, décida, malgré l'aspect direct de la question, de commencer par :

-Père… Ai-je une mère ?

Père leva brusquement son nez de son livre. Jamais auparavant Lilah ne s'était soucié d'avoir une mère, s'en accommodant très bien. Mais considérant le petit Harry, elle avait été choquée de ce manque de curiosité. Elle regarda son Père. Ses yeux sombres, sa peau cireuse et ses joues creusées. Il avait un visage inexpressif, aussi Lilah se demanda si il n'y avait pas un problème.

-Ta mère ne sait pas que tu existes, dit finalement Père. Elle ne t'a jamais désirée et s'est jetée un Sortilège d'Amnésie. Puis elle est morte.

Père avait dit ça d'une voix froide et lente. Lilah eut l'impression qu'il y avait un problème.

-Comment… Comment était-elle ?

-Regarde toi dans le miroir et imagine toi avec plus de joues, fit Père d'un ton sec.

Lilah vit rouge et se leva brusquement de son fauteuil :

-Pourquoi es-tu si froid ? Pourquoi es-tu si si méchant avec moi ? Je suis ta fille, non ?

-Si tu es là, c'est à cause de mes erreurs, petite sotte ! Rétorqua Père d'un ton plein de haine. Remercie moi de t'avoir élevée et nourrie quand je t'ai donné la vie et l'aie conservée au mépris de l'avis des autres !

Lilah se rassit sur son fauteuil, abasourdie… Sans doute était-ce ça. Ni son père ni sa mère n'avaient prévu d'avoir un enfant et elle les avait plongés dans un désarroi tel que sa mère s'était Amnésiée et son Père ne l'avait élevée que contraint… Contraint par quoi…

-Pourquoi tu… Tu m'as élevée…

Père fronça les sourcils, mais cette fois-ci, on aurait plus dit de l'inquiétude que de la colère.

-Tu... Tu ressembles tellement à ta mère… souffla-t-il, plus pour lui-même que pour sa fille avant de fermer à son livre et de se lever, tel un fantôme, pour se diriger vers sa chambre.

Lilah resta immobile et silencieuse. Son Père lui en avait plus confessé sur lui-même qu'en plus de dix ans de vie commune avec elle.

Mais il restait une question à élucider, mais elle pouvait bien attendre le 1er Septembre pour le faire : qui était donc ce petit Harry aux yeux si semblables aux siens qu'elle aurait cru se voir dans un miroir.