Ianto sur le quai, attendait, l'air inquiet.
-Enfin vous voilà! On a un problème! La faille... Jack? Owen? Vous faites une de ces tête tout les deux! Ça va?
-Owen c'est le mal de mer, et moi, eh bien, tu sais... Comme d'habitude... Je suis... Mort... Encore. Enfin, c'est pas vrai! Pas moyen d'être tranquille! Tu profites d'une belle journée d'été pour sortir en mer pêcher les quelques "Glacoscysfax" qui s'égarent lors de leur migration annuelle et tu te retrouve face à des oiseaux carnivores! Owen, ramasse une des ces créatures. Tu en trouveras sûrement une de pas trop amochée... Allez on rentre à la Base... Au fait Ianto, tu nettoies le bateau, qu'il ne reste aucune traces de ces choses.
-Bien Monsieur, je m'y emploierais. Ce sera fait.
Le capitaine retourna au Hub laissant derrière lui le jeune homme qui sans plus attendre s'était mis au travail.
Aussitôt arrivée Tosh s'installa à son poste. Sur les relevés de l'ordinateur, elle put constater que la faille s'était ouverte simultanément dans plusieurs endroits de Cardiff. Heureusement le phénomène n'avait duré qu'un bref instant.
Owen de son coté, consulta le base de données. L'animal qu'il avait ramassé était répertorié comme appartenant à une catégorie de rapaces hyper agressive d'origine inconnue et qui ponctuellement, traversait la faille.
Gwen et Jack se chargèrent de vérifier les sites de la police, des médias et des hôpitaux pour effacer toutes informations qui auraient trait à apparition inopinée des bestioles.
L'équipe travailla sans répits jusque tard dans la nuit.
Le lendemain, comme toujours, Ianto arriva le premier à la Base. Il aimait ce moment de solitude seulement troublé par les cris de Myfanwy qui attendait sa friandise matinale. Après avoir allumé les ordinateurs et déposé les dossiers en souffrance sur le bureau de Jack il s'octroya quelques instants pour mettre à jour son journal.
Concentré sur ce qu'il faisait, il ne remarqua pas immédiatement la présence du capitaine qui le fixait.
-Monsieur? Je ne vous avais pas vu. Vous désirez quelque chose?
-Ianto, pour la centième fois, ne m'appelle pas Monsieur quand nous sommes seuls. Et pour répondre à ta question, oui, je veux quelque chose.
-D'accord, mais je vais d'abord faire le café, les autres ne vont pas tarder.
-Cela peut attendre, j'ai à te parler... Ne me tourne pas le dos!... Où tu vas bon sang!
-Je viens de vous le dire. S'il n'a pas sa dose de caféine quand il arrive, Owen me casse les pieds toute la journée! Et si ça ne vous dérange pas trop j'aimerais avoir la paix.
-Est-ce vraiment ce que tu désires? La paix?
Ianto semblait perdu, Jack percevait son trouble. Et fait rarissime le capitaine était à court de mots.
-Je peux y aller maintenant?
-Écoute Ianto, encore une fois, il faut que nous parlions. Je dois t'expliquer pourquoi je devais partir avec le Docteur. Je veux que tu comprennes.
-Bien capitaine. Vous n'aurez qu'à me convoquer dans votre bureau quand vous le jugerez bon.
-Te convoquer! C'est comme ça que tu l'entends? Ce que tu peux être exaspérant parfois!
Le jeune homme le visage fermé voulu fuir mais Jack l'attrapa par le bras et le força à lui faire face. Ianto, submergé de sentiments contradictoires oscillait entre la colère d'avoir été abandonné si facilement et le besoin de faire sentir au capitaine ce qu'il ressentait pour lui.
Devait-il se laisser dominer par la violence qui parfois l'aveuglait et le poussait à détruire tout autour de lui?
Devait-il redevenir cet être insignifiant qui passait sans jamais laisser de traces ou accepter ce que le capitaine lui donnerait?
Oui, c'était cela. Profiter de chaque moment de joie, de chaque moment d'intimité. Partager enfin. Oublier cette solitude qui le rendait fou.
De longue minutes passèrent ainsi, finalement, le gallois poussa un long soupir et posa le front sur la poitrine de Jack. Abandonnant toutes rancoeurs, il ne désirait plus que sentir la présence du seul homme qu'il avait aimé et qu'il aimerait jamais.
C'est Tosh qui, par son arrivé rompit le charme de cet instant suivi de peu par Gwen et Owen.
