Callie se réveilla avec l'impression de ne pas avoir dormit de la nuit. Elle n'avait dormit que quelques heures, étant rentrée tard du travail la veille. Elle avait eut à faire une consultation chez les Cohen, un couple de personnes âgées vivant à une demi heure de la ville, au milieu de nulle part. La situation du couple la préoccupait grandement. La femme commençait à avoir de sérieux problèmes de santé et leur isolement devenait dangereux. Elle ne pouvait pas leur rendre visite aussi souvent qu'elle l'aurait voulu. Elle avait donc passé un long moment à essayer de les convaincre de s'installer en ville chez leur fils, le temps que Madame Cohen aille mieux. Mais même avec l'aide de Luke, leur fils, le couple entêté avait refusé. Ils avaient vécu toute leur vie dans leur maison, leur ferme. C'était tous ce qu'ils possédaient, l'une de leur plus grande fierté et ils ne la quitteraient pour rien au monde.

Callie était rentrée dépitée, elle s'était doutée de leur réponse. Mais elle avait espéré que son intervention aurait changé la donne.

Elle se leva sans enthousiasme, se trainant vers la cuisine pour y récolter le précieux liquide noir, indispensable au bon commencement de sa journée. Elle prit une tasse, empoigna la cafetière déjà pleine, bénissant Mark pour lui avoir offert une cafetière avec programmateur. Comme chaque matin, elle jeta un coup d'œil furtif par la fenêtre. Appréciant la vue et jaugeant le temps. Mais ce matin, son regard se posa sur une vue à laquelle elle ne s'attendait pas le moins du monde.

Une femme blonde, vêtue d'habilles de sport, un casque de baladeur sur les oreilles, un grand chien à ses pieds, se tenait debout sur la pelouse du colonel.

Elle poussa un cri de douleur, lorsque le liquide chaud vint se répandre sur sa main, lâchant précipitamment la cafetière et la tasse qui vinrent se fracasser sur la paillasse.

-Merde, merde, merde. Cria-t-elle passant rapidement la main sous l'eau froide du robinet. Elle ne put s'empêcher de regarder de nouveau par la fenêtre, comme pour s'assurer qu'elle n'avait pas eut une hallucination.

-Bonjour, bonjour ! Woaw, qu'est ce qu'il s'est passé ? Demanda Mark, détournant l'attention de Callie de sa nouvelle voisine.

-Mal réveillée. Répondit-elle, tout en coupant l'eau. Par chance rien n'était cassé, mais il ne lui restait plus une goute de café. Elle ronchonna commençant à nettoyer, tandis que Mark jeta un coup d'œil dehors pour voir ce qui retenait l'attention de son amie.

-C'est la fille du colonel. L'informa-t-il.

-Je sais que c'est la fille du colonel, Mark ! J'ai grandit dans cette ville.

-C'est vrai, en plus d'après Meredith, elle était amie avec ta sœur.

-Mark ! Protesta Callie, vraiment pas d'humeur à alimenter la machine à ragots qu'était son ami.

-Aller, juste quelques informations, un petit quelque chose. Elle leva les yeux au ciel, exaspérée.

-Où est Sofia ?

-Tu n'ais vraiment pas drôle ! Soupira-t-il. -Elle est déjà en train de vadrouiller par là, avec Tuck. Je l'ai prévenue qu'elle devait passer par ton cabinet dans la matinée.

-Tu lui as rappelé les règles ?

-Elle me les a récitées avant de courir dehors.

-Bien, il faut que je file, je dois passer par le café de Lexie avant d'aller au cabinet. Je suis déjà en retard. Elle jeta un dernier coup d'œil par la fenêtre avant de sortir, constatant qu'Arizona n'était plus sur la pelouse. Mark fut laissé seul dans la cuisine avec encore plus de questions qu'avant sa venue.

Arizona s'était réveillée tôt et ce malgré la quantité inquiétante de vin consommée la veille. Addison, elle dormait comme un loir. Elle décida alors de faire un petit jogging.

Oldo sur les talons, la musique en place, elle se vida l'esprit poussant son corps au maximum. Elle n'avait aucune idée du temps qu'elle avait passé à courir, mais elle s'arrêta nette lorsqu'elle se rendit compte qu'elle était arrivée devant la maison de son père. Elle reprit tranquillement son souffle, recouvrant ses esprits.

Il était encore trop tôt pour franchir le pas de la porte, mais elle réussi à rassembler assez de courage pour faire le tour de la maison, afin de se rendre au jardin.

Comme le reste de la propriété, les lieux étaient entretenus mais paraissaient fatigués. La palissade de bois qui entourait la propriété, était toujours en place mais avait besoin d'un bon coup de peinture et certaines de ses planches demandaient à être changées. La terrasse de bois nécessitait un ponçage et un vernissage, qu'en aux arbustes une taille auraient été bénéfique, il allait leurs falloir attendre le prochain automne. Ses yeux se posèrent sur la cabane en bois perchée dans le vieux chêne. Elle se demanda comment elle avait put oublier l'existence de cette fameuse cabane. Elle y avait passé de nombreuses heures, c'était son endroit préféré quand elle était enfant et c'était devenu une sorte de repère lorsqu'elle avait grandit.

Elle aperçut un mouvement furtif provenir de la cabane. Elle retira son casque et s'avança vers l'arbre.

-Hey, il y a quelqu'un ? Elle n'eut aucune réponse mais elle entendit clairement du bruit venant de la maisonnette.

-Qui que vous soyez, descendez avant que je monte vous botter les fesses. Sa voix était menaçante et vraiment convaincante. Il ne fallut que quelques secondes avant qu'elle voit apparaitre deux petites têtes sortir de la cabane, un garçon qu'Arizona estimerait avoir une dizaine d'année et une petite fille plus jeune.

-On est désolé, Madame, on ne voulait rien faire de mal, juste jouer. Dit la fillette.

-Descendez ! Ordonna Arizona gardant sa voix grave. Elle vit alors la gamine descendre avec une agilité étonnante, tandis que le garçon y parvint avec plus de mal. Ils se tenaient côte à côte, dos à l'arbre, le garçon avait les yeux rivés au sol, alors que la fille regardait Arizona. Celle-ci devait s'empêcher de sourire face au comportement de la fillette.

-Est-ce qu'on va avoir des ennuis ?

-Tout dépend ! Que faisiez-vous là haut ? Vos parents savent que vous êtes dehors ?

-Bien sure qu'ils le savent. Il fait trop chaud l'après midi pour jouer, alors on se lève tôt. Et on ne faisait vraiment rien de mal, cette cabane est vraiment cool.

Arizona secoua la tête ne parvenant plus à retenir son sourire.

-Je te l'accorde, mais elle est aussi vraiment très vieille. Vous ne devriez pas monter la haut, il y a surement des planches pourries.

-Mais on fait attention et on a l'habitude. Elle se tut lorsqu'elle vit que la femme levait un sourcil avec un air accusateur.

-Vous venez donc souvent !

-Elle est vraiment très, très, cool ! Répondit-elle en défense. Le garçon commençait à se déplacer d'un pied à l'autre vraiment très mal à l'aise.

-Je vois, mais jusqu'à nouvel ordre, interdiction de monter la haut les enfants. Je regarderai ce que je peu faire pour cette vieille cabane.

-Après on pourra y retourner ?

-Je suppose, mais seulement si j'ai l'accord de vos parents.

La gamine rebondit sur ses pieds, toute souriante.

-Je suis Sofia et c'est Tuck.

-Enchantée de vous connaitre, je suis Arizona.

-Vous allez habiter la maison du colonel ? Cette gosse n'avait vraiment pas sa langue dans la poche.

-Peut être.

-Je serais ta voisine alors. Mon papa et Lexie habitent la maison de droite, c'est Lexie qui tient le café du centre. Et maman habite la maison de gauche.

-Oh, nous sommes donc doublement voisines. Je suis d'autant plus ravie d'avoir fait ta connaissance Sofia.

-Arizona tu es là ? Vint la voix d'Addison.

-Au jardin Addie ! Tandis la femme arrivait, les enfants profitèrent de la diversion pour retourner s'amuser, escaladant la palissade.

Même cachée derrière ses lunettes de soleil, Arizona pouvait dire que son amie était fatiguée.

-Tu as couru ce matin ! Sérieusement ? Comment est-il possible que tu sois en état de courir, alors que j'arrive à peine à tenir debout ?

-J'ai un meilleur organisme et certainement plus d'entrainement.

-Je te hais ! En cet instant précis je te hais, Arizona Robbins.

Cette remarque fit rire la blonde.

-Tu n'as pas pris ton portable avec toi ! Et cette chose ! Dit-elle en pointant l'objet incriminé.-N'arrête pas de sonner. Arizona prit son portable et examina les appels.

-Ok, il faut que je passe un coup de fil, mais après sa je te paye le petit déjeuner pour me faire pardonner.

-Je t'attends devant. Dit Addison tout en se dirigeant vers la rue. Elle savait qu'il fallait lui laisser de l'espace, du moins pour le moment. Sa première soirée avec sa meilleure amie avait été bonne, vraiment bonne, mais un peu maladroite. Arizona avait eu une certaine réserve. Aucun sujet sérieux n'avait été abordé, ce qui était surement pour le mieux.

Elle n'attendit pas longtemps avant de voir apparaitre Arizona et son Bergé Australien. Sans un mot, la jeune femme lui encapsula le bras et l'entraina en direction du centre ville.

-Cette ville à vraiment changée depuis que je suis venue.

-Oui, beaucoup de constructions et la modernisation du centre ville. Depuis que l'entreprise de la famille Torres prospère, la ville attire plus de monde. Qui dit plus de monde, dit plus d'argent.

-C'est bien.

-Elle est mariée.

-Qui ? Feint-elle.

-Tu sais qui ! Aria ! Elle a épousé Harry. Elle est mère de trois têtes brunes et gère son foyer et son homme d'une poigne de fers.

-Typiquement Aria. Sa doit lui convenir, je suis heureuse pour elle.

-Tu sais que c'est faux.

Arizona ne releva pas. Elles arrivèrent devant le café déjà remplis de monde. Arizona fit signe à Oldo de rester et de ne pas bouger. L'animal obéi. Puis elles se faufilèrent parmi les tables, elles parvinrent à en trouver une de libre. Une jeune brune vint rapidement prendre leurs commandes.

-Alors qu'est ce que tu faisais dans le jardin ? C'est peut être les vapeurs d'alcool restantes, mais j'aurais juré que tu parlais à quelqu'un.

-Deux gamins jouaient dans la cabane de l'arbre.

-Oh la cabane de l'arbre, mon premier baiser c'est dérouler dans cette cabane.

-Je m'en souviens j'y étais, tu avais les lèvres les plus collantes que j'ai jamais embrassées.

-Hey je suis une excellente embrasseuse.

-Je ne suis même pas sur que ce mot existe.

-Bien sure qu'il existe. En plus je devais avoir quoi sept ans, celui là ne compte pas. Je te parle de celui que j'ai eu avec tu sais qui.

-Tu sais qui ? Vraiment ? Addie sa fait une éternité ! Je pense que tu peux prononcer son nom maintenant. Elle vit son amie devenir écarlate.

-Qu'est ce que tu ne me dis pas ? Elle n'eut aucune réponse. La serveuse arriva avec leur commande. Elle leur sourit poliment, mais resta un peu plus longtemps qu'il est socialement correct.

-On peut vous aider ? demanda avec douceur Arizona.

-En fait oui, je sais qui vous êtes. Je veux dire… Je ne suis pas une traqueuse ou je ne sais quoi mais… Vous savez, les gens parles et…

-Lexie ! L'interrompu Addison prenant pitié de la pauvre femme.

-Oh, vous êtes ma voisine ! En fin, vous habité près de la maison de mon père?

-Euh… oui, c'est bien sa. Je voulais me présenter et vous souhaiter la bienvenue. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n'hésitez pas.

-D'accord la maison de droite c'est bien sa ?

-Oui. Comment ? Je veux dire je ne veux pas paraitre impolie mais, comment le savez vous ?

-J'ai rencontré Sofia ce matin. Sacré gamine !

Lexie sourit.- Oui, elle l'est. En tout cas, encore une fois bienvenue. Elle les laissa à leur petit déjeuner.

-Sofia est donc l'un des gamins de la cabane.

-Ne changeons pas de sujet, crache le morceau Addie.

-Très bien, il est possible que « tu sais qui » soit en ville. Il y vie depuis quelques mois.

-Je crois que je vais vraiment aimer mon séjour ici.

-Je n'aurais jamais du te le dire.

-Je l'aurais surement croisé à un moment donné, tu sais.

-Je te hais.

-Tu sais que tu m'adores.

-Dieu seul sais pourquoi !

Arizona commençait vraiment à apprécier son retour à la maison. Elle savait qu'elle avait beaucoup à faire, mais sa en valait la peine.