Bonjour à tous et toutes !
Désolée de ne poster que maintenant mais mon cousin vient de débarquer pour quelques jours et j'ai du le conduire à droite et à gauche.
Voici donc le deuxième chapitre de cette histoire.
Attention, ce chapitre contient une scène à caractère sexuelle. Je préfère prévenir ceux que cela peut gêner.
J'espère qu'il vous plaira ...
Bonne lecture
Sydney8201
Musique du chapitre :
Feeling good de Muse
Chapitre 2 : Benny
« It's a new dawn
It's a new day
It's a new life
For me
And I'm feeling good »
Muse
Dean était penché au dessus du capot d'une voiture depuis une bonne heure déjà. Il avait vérifié tout ce que Rufus lui avait demandé de vérifier mais il n'avait toujours aucune idée de ce qui clochait dans la voiture de leur client. Il faisait incroyablement chaud dans le garage et il transpirait à grosses gouttes. Il savait qu'il n'était pas entièrement concentré sur ce qu'il faisait. Il avait l'esprit ailleurs. Depuis qu'il avait eu son premier rendez-vous avec Castiel, il pensait constamment au jeune libraire. Ils avaient prévus de se revoir le lendemain soir pour aller au cinéma. Ce serait officiellement leur deuxième rendez-vous. Puis viendrait le troisième et Dean espérait sincèrement que celui là se terminerait au lit. Il continuait de croire qu'ils avaient pris la bonne décision et qu'il était préférable d'attendre pour en venir aux choses sérieuses. Mais plus le temps passait et plus il avait cruellement envie de Castiel. La nuit dernière, il avait passé sa soirée enfermé dans sa chambre à imaginer ce qu'ils feraient une fois qu'ils en seraient arrivés à ce point. Il s'était demandé comment Castiel se comporterait avec lui. S'il serait particulièrement tendre ou s'il serait un peu dominateur. Il savait d'ors et déjà que ce serait bien. Il n'avait aucun doute là-dessus.
Dean sourit puis se redressa pour essuyer la sueur qui perlait sur son front. Il regarda la voiture longuement, se demandant comment il allait s'en sortir avec elle. Il pouvait déjà imaginer la réaction de Rufus quand il apprendrait qu'il n'avait toujours pas trouvé la source du problème. Il risquait d'en entendre parler pendant longtemps.
Rufus était quelqu'un de bien. Il avait pris Dean sous son aile, lui avait appris tout ce qu'il avait besoin de savoir sans jamais lui poser de questions indiscrètes. Le jeune homme avait ressenti le besoin de lui dire qu'il était homosexuel. Il ne voulait pas que cela risque de poser un problème entre eux. A l'époque, il était en couple avec Jamie et son ancien tuteur passait parfois le voir. Il voulait pouvoir être lui-même et ne plus jamais avoir à se cacher. Rufus lui avait assuré que ce n'était pas un problème. Il ressemblait beaucoup à son oncle Bobby. Dean prit une seconde pour repenser à ce dernier. Ils n'étaient pas réellement liés par le sang mais Bobby était un ami de son père et il avait toujours été très proche de lui.
Il mourrait d'envie de reprendre contact avec lui mais il craignait que le vieux mécanicien ne soit du même avis que son père concernant son homosexualité. Et il préférait ne pas voir le même dégout dans ses yeux.
Le jeune homme soupira puis jeta un coup d'œil à l'horloge. Il était presque midi. Il sortit son téléphone de sa poche et commença à taper un message pour Castiel.
« Suis dans le cambouis jusqu'aux coudes. Il fait une chaleur d'enfer ici. Qui a dit que devenir mécanicien était une bonne idée ? »
Il sourit en envoyant le message puis attendit patiemment la réponse. Quand il la reçut, il ouvrit sans perdre de temps.
« Je crois me souvenir que c'est toi et merci bien pour l'image de toi que tu viens de me dépeindre. Je doute de pouvoir me concentrer sur mon inventaire à nouveau »
Dean sourit de plus belle. Castiel le surprenait un peu plus chaque jour. Il l'avait toujours cru trop timide pour plaisanter sur le sujet mais il avait découvert une nouvelle facette de son petit-ami qu'il affectionnait tout particulièrement. Dean était seul au garage et il avait envie de s'amuser un peu.
« Qu'est-ce que tu ferais si je te disais que j'étais entièrement nu ? »
A peine avait-il envoyé le message qu'il recevait déjà une réponse.
« Probablement de prendre une photo. Et de te rhabiller ensuite. Je n'aime pas l'idée que quelqu'un puisse te voir »
Dean regarda autour de lui. Rufus était parti faire une course et il savait qu'aucun client ne viendrait à cette heure-ci. Il sourit de plus belle puis partit s'enfermer dans le bureau de son patron. Il baissa les stores puis déboutonna la combinaison qu'il portait au garage. Il retira le haut puis prit une photo de son torse. Il hésita une seconde à l'envoyer avant de presser le bouton adéquat. La réponse ne se fit une nouvelle fois pas attendre.
« Ok, cette fois, je laisse définitivement tomber l'inventaire. As-tu la moindre idée de l'état dans lequel tu viens de me mettre ? Ce n'est pas juste. Tu es cruel. »
Dean se mordilla la lèvre une seconde avant de décider de pousser la plaisanterie un peu plus loin. Il retira le bas de sa combinaison puis prit une photo de face et – en parvenant à se contorsionner suffisamment – une de dos. Sur la deuxième, il avait focalisé l'objectif sur ses fesses. Il les envoya aussitôt. Il se rhabilla alors et attendit patiemment la réponse.
« Arrête ça immédiatement … je suis entouré. Et Gabriel me regarde d'un drôle d'œil. Je suis sûr qu'il se doute de quelque chose. Super boxer au passage. »
Dean secoua la tête, amusé avant d'envoyer un dernier message à son petit-ami.
« Ceci est juste un avant-goût … bonne journée Cas. Je t'aime »
Il se passa ensuite une main sur le visage puis rangea son téléphone dans sa poche et sortit du bureau de Rufus. Quand il pénétra à nouveau dans le garage, il aperçut un homme qui semblait observer la voiture qu'il était en train de réparer. Dean s'approcha de lui.
- Je peux vous aider ? demanda t-il poliment.
L'homme se tourna alors vers lui et lui adressa un large sourire. Dean ne l'avait jamais vu et il n'avait pas l'air d'être un client. Il était un petit peu plus petit que le jeune homme mais il était nettement plus musclé. Il ressemblait à un body builder. Il devait avoir une trentaine d'année et avait d'incroyables yeux bleus. Ses cheveux bruns étaient coupés très courts et il portait un jean noir et un tee-shirt blanc qui avait vu de meilleurs jours.
- Rufus m'a demandé de venir me présenter. Je suis Benny Laffite, le nouveau, répondit l'homme en tendant sa main à Dean.
Ce dernier la lui serra en fronçant les sourcils. Rufus lui avait parlé de sa volonté d'engager quelqu'un d'autre pour parer à la clientèle croissante du garage. Mais il ne lui avait pas dit qu'il avait déjà trouvé quelqu'un.
- Je suis Dean Winchester.
Benny hocha la tête en souriant toujours. Dean ne voyait pas vraiment quoi ajouter. Il n'avait rien contre cet homme. Il semblait tout à fait sympathique. Mais il aimait travailler seul. Et il n'avait pas besoin qu'on le surveille. Il regarda Benny observer à nouveau la voiture sur laquelle il travaillait et ouvrit la bouche pour lui dire de repasser plus tard quand son téléphone bipa. Il le sortit aussitôt de sa poche. Il s'agissait d'un message de Castiel.
« Je t'aime aussi et j'ai vraiment hâte de te voir. Je t'appelle ce soir. PS : Gabriel me demande de voir les photos envoyées. Tu m'y autorises ? »
Dean ne put s'empêcher de sourire en tapant sa réponse. Pendant une seconde, il oublia même la présence de Benny à seulement un mètre de lui.
« Hors de question. Elles ne sont que pour toi. Et si tu es sage, la prochaine que je t'enverrais serait plus explicite encore. »
Il rangea ensuite son téléphone dans sa poche et leva les yeux vers son futur collègue. Benny le regardait en souriant.
- Petite-amie ? demanda t-il.
Dean fronça les sourcils.
- Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
Benny haussa les épaules puis s'adossa à la portière de la voiture derrière lui avant de croiser ses bras sur son torse musculeux.
- Ton sourire et le fait que tu as les joues rouges. Désolé si je suis indiscret.
Dean hésita alors à mentir et à lui dire qu'il s'agissait effectivement de sa petite-amie. Après tout, il ne savait rien de cet homme et en disant la vérité, il prenait un risque. Benny était impressionnant et dans un un contre un, Dean doutait réellement de pouvoir avoir le dessus. Mais si l'homme devait travailler avec lui, il allait tôt ou tard être confronté à Castiel. Et le jeune homme refusait de mentir à son sujet. Il s'était juré de ne plus chercher à cacher qui il était. Tant pis si cela devait lui causer des problèmes.
- En fait, c'est mon petit-ami, expliqua t-il.
Il regarda Benny pour jauger sa réaction mais quand il ne le vit pas bouger, il enchaîna.
- Ca va être un problème ? demanda t-il.
Benny secoua aussitôt la tête.
- Que tu sois gay ? Non, pas du tout.
Dean ne put s'empêcher d'être soulagé. Il soupira longuement avant de retourner vers le capot de la voiture. Il jeta un coup d'œil au moteur puis, réalisant qu'il était définitivement malpoli d'ignorer Benny de la sorte, il leva à nouveau les yeux vers lui.
- Et toi ? l'interrogea t-il alors.
Benny était à présent à côté de lui, ses yeux rivés sur le moteur.
- Je ne suis pas gay et j'ai une petite-amie. Mais rassure-toi, je ne suis pas un de ces imbéciles d'homophobes. Je me fiche de la personne avec laquelle tu couches. Chacun fait ce qu'il veut non ?
Dean acquiesça. Si seulement tout le monde pouvait être comme son futur collègue, le monde se portera bien mieux. Il sentit un léger sourire étirer ses lèvres et il remonta les manches de sa combinaison.
- Comment tu connais Rufus ? demanda t-il en recommençant à travailler.
Il entendit Benny se pencher à son tour et prendre appui contre la carrosserie. Dean avait envie de lui dire de reculer et de le laisser tranquille mais il ne voulait surtout pas se montrer méchant. Après tout, il allait devoir côtoyer cet homme tous les jours et il préférait de loin qu'ils deviennent amis.
- En fait, je le connais depuis que je suis gosse. Il habitait pas loin de là où j'ai grandi. Il était le mec un peu bourru dont tous les gamins avaient peur. Mais il a un cœur en or. Et comme j'avais besoin de travailler, je suis venu le voir.
- Tu as déjà travaillé dans un garage ?
- Durant plusieurs années … et puis il a fermé et je me suis retrouvé sans emploi. Ma fiancé est enceinte de notre premier enfant alors j'avais vraiment besoin de retrouver un job.
Dean se tourna vers lui et le regarda une seconde observer le moteur avec attention.
- Comment elle s'appelle ? Ta fiancée ?
Benny sourit avant de se redresser et de se frotter les mains.
- Andrea.
Dean savait reconnaître la voix d'un homme amoureux puisqu'il l'entendait dans sa propre bouche à chaque fois qu'il parlait de Castiel ou dans celle de Chris et Steve quand ils parlaient l'un de l'autre. Il pouvait deviner que Benny était absolument dingue de sa fiancée. Ce qui le rassurait.
- Et toi ton petit-ami ?
- Castiel et je sais que c'est un nom bizarre mais … il est unique.
Il savait que c'était cliché et pendant une seconde, il se demanda si Benny n'allait pas se moquer de lui. Mais son futur collègue se contenta d'hocher la tête en souriant et il sut alors avec certitude qu'ils allaient devenir amis. Ca lui ferait probablement du bien d'avoir un ami hétéro autre que Gabriel. Surtout que Benny semblait bien plus que stable que Gabe.
- Alors ? Quel est le problème avec cette voiture ? demanda Benny au bout de quelques secondes.
Dean soupira en reportant son attention sur le moteur qu'il avait étudié toute la matinée. D'ordinaire, il était doué pour détecter les problèmes sans avoir réellement à se forcer. Mais pour le moment, il séchait. Il n'y avait pas de mal à demander un peu d'aide. Surtout si cela l'empêchait de s'attirer les foudres de Rufus. Et puis ce serait probablement un bon test à faire passer à Benny.
- Si seulement je le savais, concéda t-il.
Il prit ensuite quelques minutes pour raconter à son futur collègue ce que leur client lui avait expliqué. Benny l'écouta avec attention avant de se pencher à nouveau au dessus de son moteur. Ensemble, ils émirent plusieurs hypothèses qui s'avérèrent toutes fausses. Puis Benny finit par mettre le doigt sur quelque chose et après une heure à localiser la panne et à la réparer, Dean put enfin redémarrer la voiture. Il sourit à son futur collègue en éteignant le moteur et en contournant l'engin pour refermer le capot.
- Est-ce que j'ai réussi le test ? demanda Benny en s'essuyant les mains sur un torchon.
Dean hocha la tête puis lui fit signe de le suivre. Il était grand temps pour lui de déjeuner. Son estomac criait famine et il commençait à avoir la tête qui tournait. Il attrapa son sac dans son casier puis s'installa dans la salle de réunion et déballa son sandwich. Il en proposa la moitié à Benny qui accepta avec un sourire en s'asseyant en face de lui.
- Ok, puisqu'on va de toute évidence travailler ensemble, autant qu'on en sache un peu plus l'un sur l'autre. D'où est-ce que tu viens ? demanda Dean après avoir avalé une première bouchée de son sandwich.
Benny en fit de même avant de regarder le jeune homme dans les yeux.
- D'ici et de là … Je suis originaire de Louisiane … de la Nouvelle-Orléans pour être plus précis mais j'ai grandi dans un orphelinat. Je n'ai jamais connu mes parents. Une fois que j'ai été majeur, j'ai voyagé pendant plusieurs années. J'ai travaillé sur des bateaux de pêcheurs et dans des restaurants. Je ne me suis posé que lorsque j'ai rencontré Andrea. On devrait se marier cet été si tout va bien.
Dean baissa les yeux sur ses mains. Il espérait ne pas avoir ravivé de mauvais souvenirs chez Benny. Ca n'avait pas été son but. Il avait de la peine pour son futur collègue et il détestait plus que tout quand les gens évoquaient leurs passés douloureux. Car cela le renvoyait inévitablement au sien. Il réalisa alors que ses manches étaient remontées jusqu'aux coudes et que ses cicatrices étaient visibles. Il les baissa aussitôt.
- Intéressant les tatouages, lui fit alors remarquer Benny.
Dean se passa la langue sur les lèvres. C'était le moment qu'il redoutait le plus à chaque fois qu'il rencontrait quelqu'un de nouveau. Celui où, inévitablement, on remarquait les cicatrices sur ses poignets et où on l'interrogeait à ce sujet. Il n'aimait pas parler du passé et plus particulièrement de sa tentative de suicide. Il avait encore du mal à en discuter avec Castiel et il était pourtant totalement amoureux de lui. Il refusait d'aborder le sujet avec Benny. Il finit par hausser les épaules.
- C'est du passé, assura t-il sur la défensive.
Il jeta un coup d'œil à Benny qui semblait sincèrement surpris par sa réaction. Il réalisa alors que son futur collègue ne l'avait pas interrogé sur ses cicatrices mais uniquement sur les tatouages qui les soulignaient. Il soupira.
- Je les ai fait pour me souvenir, confia t-il alors.
Il refusait d'en dire plus et Benny sembla le comprendre. Il mordit dans son sandwich et prit le temps d'avaler avant de reprendre la parole.
- Sujet sensible, je comprends. Tu sais, Dean, tu te rendras rapidement compte que j'ai tendance à me montrer souvent curieux. Si toutefois ça t'agace, tu n'as qu'à me le dire. Et j'arrêterais aussitôt.
Le jeune homme hocha la tête en réajustant les manches de sa combinaison pour qu'elle couvre entièrement la moitié de ses mains. Il avait accepté son passé et il n'avait pas honte de ce qu'il avait fait. Il avait vécu des choses horribles et il les avait surmontées. Il se considérait comme un survivant. Mais il savait ce que les gens pensaient en voyant ses poignets. Qu'il avait été trop lâche pour se battre ou trop stupide pour aller jusqu'au bout. Il refusait qu'on le juge. Personne ne pouvait comprendre ce qu'il avait traversé. Pas même Castiel et certainement pas Benny.
- C'est juste que je n'aime pas en parler … et puis c'est du passé et ça ne sert à rien de revenir dessus.
Benny acquiesça avant de terminer son sandwich en silence. Dean en fit de même, perdu dans ses pensées. Il n'en fut tiré que lorsque son téléphone bipa à nouveau. Il le sortit de sa poche et sourit en reconnaissant le numéro de Castiel. Il ouvrit le message.
« J'ai abandonné l'inventaire et suis actuellement chez moi, seul. Et tu sais quoi … je crois que tes photos pourraient aisément remplacer celles de Russel Crowe dans Gladiator. »
Dean sentit ses joues rougir et il ne manqua pas le regard amusé de Benny en face de lui. Il s'excusa une seconde et sortit de la salle de réunion. Il retourna s'enfermer dans le bureau de Rufus et composa le numéro de son petit-ami.
- Dean, souffla Castiel quand il décrocha.
Le jeune homme sourit en entendant sa voix et se laissa tomber sur la chaise de son patron.
- OK, dis-moi que tu es entièrement nu, répliqua t-il.
Il entendit Castiel rire et son sourire s'élargit.
- Pas totalement mais je n'en suis pas très loin, assura le jeune libraire.
Dean ferma les yeux et l'imagina allongé sur son lit en caleçon, une main caressant son torse. Il sentit son corps réagir à l'image et il ferma les yeux.
- Tu sais que je ne suis pas seul.
- Rufus ? demanda aussitôt Castiel.
- Non un nouveau collègue. Benny.
Il pouvait entendre la respiration de son petit-ami s'accélérer à l'autre bout du fil et il avait une idée très précise de ce qu'il pouvait être en train de faire.
- Il est beau garçon ? demanda Castiel.
- Il est hétéro, fiancé et bientôt père. Et il n'est certainement pas aussi beau que toi.
Benny était bel homme mais Dean n'avait d'yeux que pour Castiel. Il doutait de pouvoir trouver un jour un homme qui lui arriverait seulement à la cheville. Il se passa une main sur le visage.
- Dis-moi ce que tu es en train de faire, exigea t-il d'une voix rauque qu'il reconnaissait à peine.
- A ton avis Dean ?! répliqua Castiel.
Le jeune homme rouvrit les yeux et s'assura que les stores étaient bel et bien baissés. Il ne voulait surtout pas que qui que ce soit puisse le voir. Il se reconcentra ensuite sur la respiration de son petit-ami. Il n'aurait jamais cru avoir un jour ce type de conversation avec lui. Il n'avait pas pensé que Castiel serait du genre à apprécier le sexe par téléphone.
- Qui êtes-vous et qu'avez-vous fait de mon petit-ami ? demanda t-il alors.
Castiel rit une seconde avant qu'un gémissement ne lui échappe, faisant trembler Dean.
- Tout est de ta faute … ces photos … elles étaient … je les regarde en ce moment même … j'aimerais que tu sois avec moi.
- Je croyais qu'on devait attendre.
Dean était déjà en train de calculer le temps qu'il lui faudrait pour rejoindre son petit-ami et il se demandait s'il serait capable d'arriver avec que Castiel n'ait fini quand ce dernier reprit la parole.
- Parle-moi Dean … dis-moi ce que tu aimerais me faire si tu étais avec moi.
Ce n'était définitivement pas une conversation que le jeune homme voulait avoir sur son lieu de travail mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Il ressentait le besoin de participer, de savoir qu'il était celui qui avait poussé Castiel jusqu'au bout.
- Je commencerais par t'embrasser … juste du bout des lèvres. Mes mains resteraient sur tes hanches, mes pouces glissant lentement sous ton tee-shirt. Ensuite, ma langue viendrait chercher la tienne … et je collerais mon corps au tien. Je te déshabillerais lentement … en prenant mon temps pour embrasser chaque partie de ton corps. D'abord ton cou … puis tes épaules et je descendrais doucement le long de ton torse.
- Dean … continue … ne t'arrête surtout pas, le supplia Castiel d'une voix qu'il reconnaissait à peine.
Le jeune homme colla sa main contre son entrejambe et laissa échapper un gémissement. Mais ce n'était pas pour lui … ce moment était réservé à Castiel. Il se mordilla la lèvre inférieure une seconde avant d'enchaîner.
- Dès que je t'aurais retiré ton caleçon, je te prendrais dans ma bouche … je suis doué tu sais. Je continuerais à te regarder dans les yeux parce que je veux te voir lâcher prise … je veux voir le plaisir s'emparer de toi. Mes mains remonteront le long de tes cuisses puis s'attarderont une seconde sur tes hanches. Ma langue parcourra l'intégralité de ton sexe dans ma bouche … et je commencerais à sucer … je suis sûr que je vais adorer ton goût Castiel … Cas …
Il entendit son petit-ami respirer de plus en plus bruyamment à l'autre bout du fil. Dean ferma les yeux et essaya de l'imaginer.
- Je veux t'entendre Cas … je veux t'entendre … laisse-moi t'entendre, souffla t-il.
Le cri qui suivit lui arracha un gémissement. Il savait que Castiel venait d'atteindre le point de non retour. Qu'il venait enfin de s'abandonner au plaisir. Il se passa alors la langue sur les lèvres comme s'il pouvait y trouver le goût de son petit-ami. Puis il attendit patiemment que ce dernier ait retrouvé un minimum de calme pour enchaîner.
- Mon Dieu, j'aurais tellement aimé pouvoir te voir, confia t-il d'une voix qui trahissait sa propre excitation.
Il avait toujours la main collée contre son entrejambe. Son érection était douloureuse mais il ne fit rien pour se soulager. Pour le moment, il voulait écouter son petit-ami redescendre de son orgasme.
- Dean, murmura finalement Castiel à l'autre bout du fil.
Sa voix était incroyable grave et sexy. La façon qu'il avait de prononcer le prénom du jeune homme lui procurait des frissons. Ok. Le sexe au téléphone était définitivement une bonne idée.
- Dean, touche-toi, ajouta alors Castiel.
Le jeune homme vérifia une énième fois que les stores étaient fermés avant de déboutonner la combinaison qu'il portait et de glisser sa main à l'intérieur. Il l'arrêta juste au dessus de l'élastique de son caleçon.
- J'aimerais que tu sois là Cas … confia t-il.
Il pouvait entendre la respiration de son petit-ami qui avait enfin repris un rythme normal. Il ferma les yeux et tenta de l'imaginer en face de lui. Son sourire incroyable. Ses yeux magnifiques. Et son corps qui semblait sculpté dans le marbre.
- Si j'étais là Dean … si j'étais là, je crois que je t'aurais déjà allongé sur le bureau de ton patron … je t'aurais retiré tes vêtements et préparé à l'aide de mes doigts … ou peut-être même de ma langue. Je serais doucement en train de te pénétrer.
Dean glissa sa main sous l'élastique de son caleçon et attrapa son sexe. Il écouta Castiel lui décrire exactement ce qu'il comptait lui faire et il ne lui fallut pas plus de quelques secondes pour atteindre l'orgasme à son tour. Il se retint de crier en se mordant la lèvre mais ne put s'empêcher de laisser échapper un gémissement qui ressemblait à s'y méprendre au prénom de son petit-ami. Dean retira ensuite sa main de son caleçon et l'essuya sur le torchon qu'il avait dans sa poche. Il attendit ensuite quelques secondes pour retrouver son calme avant de soupirer.
- Tu devrais m'appeler plus souvent, suggéra t-il en souriant.
Dean pouvait entendre la respiration de Castiel reprendre un rythme normal à l'autre bout du fil.
- Ce coup de fil fut fort plaisant pour moi aussi, assura son petit-ami.
Dean acquiesça puis se redressa sur sa chaise avant de regarder autour de lui. Il venait d'avoir une relation sexuelle par téléphone dans le bureau de son patron. Et s'il avait connu quelques expériences hors du commun, il n'avait jamais encore fait quoi que ce soit d'aussi perturbant.
- Ok, si Rufus découvre ce que je viens de faire, il va me tuer … et là j'exagère à peine. Il pourrait vraiment me tirer dessus avec la carabine qu'il garde ici.
Il entendit Castiel rire et il rit à son tour pendant quelques secondes.
- Tu devrais prier également pour que ton nouveau collègue ne t'ai pas entendu … je ne suis pas sûr que cela soit une bonne chose puisque vous allez être amenés à vous voir tous les jours.
Dean réfléchit une seconde à la possibilité que Benny l'ait effectivement entendu. Ca pourrait être très gênant. Même si son futur collègue semblait réellement ouvert d'esprit. L'exhibitionnisme n'était sans doute pas quelque chose qu'on acceptait facilement. Il soupira longuement.
- Il m'a vu quitté la salle de réunion précipitamment et il va me voir revenir avec la tête de quelqu'un qui vient d'avoir un orgasme absolument incroyable … je doute qu'il ne comprenne pas à la seconde où il me verra.
- Un orgasme incroyable ?
Dean sourit. C'était donc ce dernier point que Castiel avait retenu. Il ne put résister à l'envie d'entrer dans son jeu.
- Je ne peux qu'imaginer à quoi cela pourrait ressembler quand on en viendra aux choses sérieuses, avança t-il.
- Rappelle moi pourquoi ce n'est pas déjà le cas ?
- Parce qu'on veut faire les choses bien … mais la prochaine fois, je pourrais toujours te prouver à quel point je peux me montrer doué avec ma bouche. Parler c'est bien mais les actes en disent bien souvent nettement plus.
Il se leva de la chaise et prit quelques secondes pour réajuster sa combinaison. Il se passa ensuite une main dans les cheveux. Castiel était toujours silencieux à l'autre bout du fil et il se demanda une seconde s'il n'en avait pas dit trop. Mais son petit-ami finit par lâcher un soupire qui n'avait rien d'agacé et tout du désir qu'il semblait refouler difficilement.
- Ok, je dois retourner travailler, expliqua t-il d'une voix rauque. Et je te remercie une nouvelle fois pour les images que tu viens de faire naître dans mon esprit. Je sais qu'elles me tiendront chaud pour une bonne partie de la journée.
- Si toutefois cela ne suffit pas, tu as toujours mes photos, rappela Dean. Peut-être même que je t'en enverrais de nouvelles.
Dean avait déjà quelques idées intéressantes mais il devrait attendre d'être chez lui pour le faire. Depuis quelques jours, il avait emménagé dans un appartement seul et il adorait cet endroit. Ce n'était pas grand, bien au contraire. Il n'y avait qu'une toute petite chambre et une pièce qui servait de cuisine, de salon et de salle à manger. La salle de bains faisait également office de WC et était tellement minuscule que Dean pouvait en toucher les murs simplement en écartant les bras. Mais il se sentait incroyablement bien dans cet endroit. Il aimait la couleurs des murs, le vieux parquet qui grinçait sous son poids et plus que tout il adorait le balcon qui lui offrait une superbe vue sur le parc en contrebas. C'était chez lui et pour la première fois de sa vie, il avait enfin un endroit qui n'était qu'à lui. Il pouvait enfin vivre comme bon lui semblait et n'avait plus la sensation d'ennuyer Chris et Steve à chaque fois qu'ils espéraient avoir un bon moment ensemble. Et Dean allait exploiter sa solitude de la meilleure des façons possibles. Il envisageait de se déshabiller, de s'allonger dans sa baignoire et de prendre des photos de lui entièrement nu pour les envoyer à Castiel. Il comptait bien exciter suffisamment son petit-ami pour reproduire leur petite session au téléphone. Il sourit à cette idée.
- Et peut-être que j'en ferais de même, souffla t-il.
Dean secoua la tête avant de relever les stores qu'il avait baissé plus tôt. Il aperçut alors Benny dans le garage. Il regardait les différentes voitures d'un œil intéressé.
- Il faudrait déjà que tu saches te servir correctement de ton téléphone.
- Je demanderais à Gabriel de me montrer.
Dean détacha ses yeux de Benny et s'adossa à la porte en souriant.
- Je t'interdis de lui demander de prendre les photos pour toi … et je t'encourage vivement à apprendre à les faire car j'ai très envie d'en recevoir.
Castiel éclata de rire à l'autre bout du fil et Dean jeta un coup d'oeil à sa montre. Sa pause était finie et il était temps pour lui de retourner travailler.
- Je dois filer mais je t'appelle ce soir, lança t-il.
Après avoir échangé des « au revoir » et des « je t'aime », Dean raccrocha le téléphone et le rangea dans sa poche. Il se tourna à nouveau et observa Benny qui s'était arrêté devant une voiture. Le jeune homme pouvait comprendre son intérêt. Il était lui aussi totalement fasciné par ce véhicule. Il avait demandé à Rufus de la mettre de côté pour qu'il puisse travailler dessus quand il n'avait rien d'autre à faire. C'était un de leur client régulier qui la leur avait cédé pour en acheter une nouvelle et Dean avait immédiatement décidé qu'il voulait la garder pour lui. Il avait du convaincre Rufus de ne pas la revendre et de ne pas la réduire en pièces détachées. Il se voyait déjà au volant de cette voiture. Il savait qu'elle ferait partie de ce qu'il décrivait comme son nouveau départ dans la vie. Un appartement et un véhicule. Il allait enfin pouvoir avoir une vie normale.
Il sortit du bureau et s'approcha de Benny qui avait à présent posé la main sur le toit de la voiture et observait l'intérieur par la fenêtre passager.
- Chevrolet Impala de 1967 si c'est la question que tu te poses ! Lança t-il en s'arrêtant juste derrière lui.
Benny se tourna pour lui faire face et sourit.
- Elle est magnifique, assura t-il.
Dean ne pouvait que partager son avis. Il était tombé sous le charme de cette voiture dès qu'il avait posé les yeux sur elle. Il aimait la couleur de la carrosserie, le cuir des banquettes et le bruit du moteur à chaque fois qu'il la démarrait. Il y avait de nombreuses choses à faire avant de pouvoir la récupérer et la conduire. Mais il savait qu'il pouvait y arriver.
- Je sais … je compte bien la racheter à Rufus dès qu'elle sera en état de marche.
- Tu as bon goût, répliqua Benny en reportant son attention sur la voiture.
Dean se passa une main dans les cheveux pour les remettre sensiblement en ordre. Pendant une seconde, il avait oublié ce qu'il avait fait avec Castiel quelques minutes plus tôt mais les souvenirs lui revinrent avec force au moment où Benny détourna les yeux pour regarder à nouveau la voiture. Il se demandait si la vérité du petit moment passé au téléphone avec Castiel pouvait se lire sur son visage. Ou s'il se faisait des idées.
- Tu as une voiture ? Demanda alors Dean pour entretenir la conversation.
Il n'aimait pas le silence parce qu'il lui rappelait ce qui s'était passé et son corps, le traitre, semblait enclin à réagir à ces souvenirs. Il avait beau savoir qu'à dix-huit ans, il était parfaitement normal que sa capacité de récupération était extrêmement réduite. Mais il commençait à penser que quelque chose clochait chez lui. Il devenait obsédé et il avait réellement besoin de se changer les idées.
- Un vieux pick-up, répondit finalement Benny au bout de quelques secondes. Rien de très intéressant et rien de comparable à cette merveille.
- Je te promets que tu seras le premier à monter à l'intérieur avec moi le jour où elle sera fin prête, lança Dean en souriant.
Il aimait l'idée que Benny puisse être jaloux de sa voiture. Il n'avait jamais rien possédé qui puisse rendre les autres envieux et il devait admettre que cela lui plaisait.
- Tu m'emmènerais moi et pas ton petit-ami ? Demanda alors Benny en lui faisant de nouveau face.
Dean fronça les sourcils, surpris par sa question. Il choisit toutefois de répondre.
- Cas n'est pas vraiment branché voitures et je ne pense pas qu'il puisse réellement apprécier sa première sortie à sa juste valeur. Toi en revanche … je suis presque sûr que tu sais ce que cela peut représenter pour moi, expliqua t-il.
Benny hocha la tête avant d'adresser un large sourire à Dean. Ce dernier avait l'étrange sensation que son comportement avait un rapport avec ce qui avait pu se passer dans le bureau de Rufus. Il sentit ses joues rougir et lutta contre son envie de prendre la fuite. Mais il était adulte et en conséquence, il devait apprendre à assumer les conséquences de ses actes.
- Tu pourrais lui proposer bien d'autres choses à faire dans cette voiture, plaisanta Benny.
Et si Dean avait encore besoin de la preuve que son futur collègue avait compris ce qui s'était passé, il l'avait maintenant. Il se passa une main sur le visage en sentant ses joues s'enflammer. Il se racla ensuite la gorge et se mordilla la lèvre une seconde. Il ne savait pas vraiment quoi dire. Il n'avait pas envie de se justifier et il n'estimait pas avoir fait quoi que ce soit de mal. Mais il ne pouvait pas nier que la situation avait du être gênante pour Benny.
- Ok, je sais ce que tu sais et je suis désolé que tu aies eu à en être le témoin mais tu dois savoir que Cas et moi on … on est pas ensemble depuis très longtemps … et il est normal d'avoir ce genre de … de besoin non ?
Benny l'écoutait avec attention, sans perdre son sourire. Dean leva les yeux au plafond une seconde avant de secouer la tête et de regarder son nouveau collègue dans les yeux à nouveau.
- Tu peux dire quelque chose ? Me hurler dessus ou même me faire la morale ? Mais surtout … ne reste pas silencieux parce que c'est en train de me rendre dingue !
A sa grande surprise, Benny éclata alors de rire. Dean le regarda faire une seconde avant de réaliser le côté ridicule de la situation. Il s'était masturbé dans le bureau de son patron et il avait été clairement entendu par son futur collègue qu'il ne connaissait que depuis moins d'une heure. A bien y réfléchir, c'était effectivement assez drôle. Il aurait sans doute pu faire une meilleure première impression. Benny devait probablement le prendre pour un obsédé sexuel. Même si, à bien y réfléchir, c'était sans doute un peu ce qu'il était quand il était question de Castiel. Il éclata alors de rire à son tour et il fut incapable de s'arrêter pendant de longues minutes. Quand il retrouva enfin son calme, il essuya les larmes qui avaient coulé sur ses joues et soupira longuement. Benny finit par cesser de rire à son tour et secoua la tête.
- OK, Dean … je n'aurais sans doute pas du plaisanter sur le sujet et crois-moi … je suis très heureux pour toi. De toute évidence, tu as une vie sexuelle épanouie mais … si possible … essaie d'être un peu moins bruyant la prochaine fois. Il y a des choses que je préfèrerais ne plus jamais entendre.
Dean acquiesça avant de se masser la nuque pendant de longues secondes, ses yeux rivés sur sa future voiture.
- Désolé … je te promets de ne plus jamais recommencer … ou du moins pas tant que tu seras à portée d'oreille.
- Je préfèrerais effectivement. Même si une partie de moi continue de penser que c'était plutôt très sexy de t'écouter crier le nom de Castiel dans le bureau de ton propre patron.
Dean releva aussitôt la tête vers lui en fronçant les sourcils. Il ne pouvait décemment pas être en train de sous-entendre ce que le jeune homme pensait. Benny lui adressa un énième sourire avant de lui lancer un clin d'oeil et d'incliner la tête sur le côté en le regardant intensément. Dean recula alors d'un pas. Benny ne pouvait pas être en train de lui faire une proposition de ce genre. Il n'avait aucune idée de la manière de gérer ce genre de choses. Il ouvrit la bouche pour protester. Pour dire quelque chose … n'importe quoi. Mais Benny éclata une nouvelle fois de rire avant de lui donner un petit coup de poing dans l'épaule.
- Je plaisante vieux … c'était juste pour me venger. Tu m'as fait passer un sale quart d'heure et je voulais simplement te rendre la pareille. Ne t'en fais pas … je n'ai nullement l'intention de renouveler cette expérience.
Dean ne put s'empêcher de soupirer de soulagement. Il donna à son tour un coup de poing dans l'épaule de son futur collègue.
- Ne recommence surtout jamais ça … où je pourrais retirer ma proposition de te faire monter dans ma voiture.
Benny se massa l'épaule en grimaçant. Dean savait parfaitement qu'il ne lui avait pas fait mal. Son futur collègue était taillé comme un body builder et le jeune homme ne l'était définitivement pas. Il était musclé certes et il n'avait aucun complexe à ce sujet. Mais il n'était pas franchement dans la même catégorie que Benny.
- Oh ne sois pas aussi cruel … c'est moi qui ait été traumatisé … pas toi. Alors s'il y en a un qui a le droit d'être revanchard, c'est bel et bien moi !
Dean savait qu'il aurait droit à ce genre de réflexions pendant encore quelques temps. Il ne pouvait pas en vouloir à Benny. Il l'avait bien cherché. Il soupira une énième fois puis hocha la tête.
- Ok, ok, je m'excuse une nouvelle fois. Mais est-ce qu'on pourrait arrêter d'en parler et se mettre au boulot ?
Benny sembla réfléchir pendant une seconde avant d'acquiescer à son tour.
- Ca marche pour moi … mais attends-toi à en entendre parler à nouveau … et à nouveau et à nouveau. Je veux dire … Dean … vieux … tu étais dans le bureau de ton patron … et ton patron c'est Rufus … je l'adore mais franchement … je doute qu'il fasse parti de tes fantasmes inavoués.
Dean secoua aussitôt la tête. Il aimait beaucoup Rufus mais il ne voulait pas imaginer que son patron puisse avoir eu un jour des relations sexuelles. Il était devenu pour lui un peu comme un père de substitution. Ce qui impliquait qu'en ce qui le concernait, Rufus était un être asexué.
- Ok, on s'y met ? Lança alors Dean sans même relever la dernière remarque de son futur collègue.
Ce dernier hocha la tête à nouveau et le jeune homme le conduisit à travers le garage jusqu'à la prochaine voiture sur laquelle ils devaient travailler. Il ouvrit le capot et se pencha au dessus du moteur pour expliquer à Benny ce qui clochait et ce qu'il restait à faire. Il avait toujours les joues rouges et son corps vibrait toujours après l'orgasme incroyable qu'il avait eu. Mais il était temps pour lui de se concentrer sur son travail et pas sur Castiel. Il avait toute la soirée pour repenser à ce qui c'était passé.
Dean avait réellement l'impression que tout était en train de changer pour lui. Il avait un nouvel appartement, bientôt une nouvelle voiture et un nouveau petit-ami qu'il aimait comme un dingue. Il n'aurait jamais cru avoir ne serait-ce que la moitié. Et pourtant, il avait aujourd'hui tout pour être parfaitement heureux.
Dean ne pouvait pas rêver de mieux. Bien sûr, il gardait quelques craintes et quelques doutes. Il lui arrivait de redouter le moment où tout s'effondrerait inévitablement. Mais quand ces doutes apparaissaient dans son esprit, il se tournait vers Castiel ou vers Chris et Steve. Il appelait parfois Sam. Il les écoutait lui dire que tout était normal et qu'il avait parfaitement le droit de flancher à certains moments. Et tout recommençait alors à aller mieux. Il retrouvait le sourire et sa joie de vivre. Et il fonçait tête baissée dans ce futur qui semblait enfin vouloir lui sourire.
Rien n'était parfait mais Dean avait la sensation qu'il n'en faudrait pas beaucoup plus pour que cela le soit. Il avait Castiel et ce soir, il l'appellerait pour réitérer leur petite expérience de ce midi. Il pouvait déjà sentir son corps réagir à cette perspective. Il fit tout de même en sorte de chasser une nouvelle fois ces idées de sa tête.
Pour le moment, il devait travailler sur cette voiture et la réparer pour que le client puisse la récupérer en fin de journée. Il allait ensuite profiter de son temps libre pour avancer sur sa voiture. Et il disposait de plusieurs heures pour tisser des liens avec Benny. Dean sentait déjà qu'il finirait par devenir ami avec lui. Ils avaient des caractères similaires et malgré les plaisanteries que son futur collègue semblait décidé à lui faire, il était persuadé qu'ils allaient réellement bien s'entendre. Et c'était une nouvelle chose qui étonnait le jeune homme. Il se faisait régulièrement des amis. Il ne redoutait plus le regard des autres et il assumait pleinement son homosexualité. C'était aussi cela qui lui donnait confiance en l'avenir et confiance en sa capacité à faire en sorte d'être heureux pendant encore longtemps.
Et avec Castiel à ses côtés, un garçon extraordinaire qui le soutenait quotidiennement et qui ne portait aucun jugement sur lui, il ne voyait réellement pas ce qui pourrait mal se passer. Dean avait toutes les raisons d'être heureux. Et le simple fait qu'il en soit conscient était sans nul doute le plus grand de ses progrès.
