Bon, je sais que j'avais dit samedi, mais j'ai craqué, alors voilà le chapitre. Il me regardait du fond de mon pc avec ses grands yeux de Patmol battu, j'ai rien pu faire. Donc voilà, en avant-première mondiale rien que pour vous : le chapitre 2 !
Tout le monde applaudit.
Je tiens par ailleurs à remercier les premières revieweuses (est-ce qu'il y a au moins un seul mec sur ce site ?), vous m'avez fait chaud au coeur. J'étais un poil déçue parce qu' Une curiosité scientifique avait fait un meilleur démarrage, mais disons ce qui est, les snarry attirent bien plus de monde que les snacks.
Donc, moi contente.
Je pense aux reviews parce que je viens de jeter un oeil au nombre de reviews du dernier OS de Celebony, j'en reviens toujours pas, plus de cent en deux jours, dont facile 85 le premier jour (et moi j'ai reviewé en cinquième, nananèreuh). Mon OS le plus reviewé en a quelque chose comme 15, et je trouve que c'est beaucoup pour vous dire.
Donc les anglophones, filez lire Celebony, c'est une déesse. Tiens, je vais relire Recnac Transfaerso pour la peine.
Bonne lecture, et à mardi ! Et n'oubliez pas les reviews, sinon je vous envoie mon armée de singes ailés mutants !
Sirius Black
« Et au fait, il nous faudrait peut-être une date ? » C'est drôle comme quand j'ai une grande idée je le sais tout de suite, mais que les détails m'échappent totalement. C'était le boulot de Rémus à l'époque, et maintenant c'est celui de Sév.
Je peux quand même pas tout faire.
Alors forcément, pour penser à ce détail il m'a fallu un peu de délai, c'est sûr. Trois semaines c'est plutôt un bon score, je trouve.
Sév relève la tête de sa tasse et me regarde avec ses yeux noirs qui me disent clairement d'aller me faire foutre. Je précise que Sévérus n'est pas fonctionnel ni même complètement humain avant sa troisième tasse de café. Mais sinon, il m'adore.
Si, je vous jure, il est juste introverti c'est tout.
« Une date. Tu sais, pour le mariage. » Je parle lentement, fort et j'articule bien. Je tiens à faire passer le message tant que j'y pense, quand même. La réponse arrive une tasse et demi plus tard.
« T'auras qu'à aller déposer les bans au ministère pendant que je serai à Poudlard. Albus a encore insisté pour une réunion de pré-rentrée. J'enseigne depuis presque vingt ans mais noooon, j'ai encore besoin qu'on m'explique ce que je dois faire... »
Il est trop chou quand il s'énerve.
« Ca me dit pas quelle date choisir. »
« On s'en fiche, n'importe quand... » Il lui manque encore une demi tasse. « Tiens, pose le calendrier contre le mur, là. »
Je déplace d'un coup de baguette notre calendrier à motif 'petits chats malicieux dans panier d'osier' jusqu'au mur face à lui. Il change sa cuiller en fléchette et la lance sans cérémonie contre le carton.
« Voilà, seize décembre. En plus c'est le deuxième jour des vacances, c'est parfait. Pas besoin d'annuler de cours. » C'est tout lui ça, pragmatique jusqu'au bout. Bof, après tout c'est une bonne date, suffisamment loin pour qu'on puisse se préparer et suffisamment près pour que je me lasse pas d'attendre.
J'ai quelques soucis avec la perception temporelle depuis que le voile m'a recraché.
Personne n'est sûr de pourquoi il a fait ça d'ailleurs. La meilleure hypothèse (concoctée en tandem par Hermione et Rémus) serait que le voile est un passage vers un plan accessible uniquement aux morts, aux esprits et tout les autres trucs désincarnés.
Oui, je connais le mot désincarné.
Bref, comme je suis passé vivant, corporel et tout ça, ça a créé une espèce de paradoxe inter-dimentionnel ou je ne sais quoi, et pour éviter Armageddon le voile m'a juste réexpédié d'où je venais deux heures après que je sois tombé.
Bien sûr c'est pas la seule hypothèse qui circule. Sév, par exemple, il est persuadé que ce qui se trouve derrière le voile a pas supporté l'idée de passer l'éternité avec moi et m'a éjecté dès que je suis devenu trop chiant.
C'est triste à avouer, mais les deux hypothèses sont aussi plausibles l'une que l'autre.
Sév prend la poudre de Cheminette jusqu'au bureau de Dumbledore et je me retrouve tout seul dans la maison comme un con. J'ai horreur d'être tout seul. Autant partir tout de suite alors.
Trois secondes plus tard je suis devant une cabine téléphonique miteuse que je n'avais plus utilisée depuis vingt ans et j'essaye d'éviter l'hyperventilation. Je n'ai plus posé les pieds au ministère depuis la fin de mon procès, et le souvenir que j'en garde est moyennement agréable.
Passer ses journées enchaîné à une chaise devant un tribunal à deux doigts de vous cracher dessus pendant une semaine peut avoir ce genre d'effet.
Bref, pensons à autre chose. Positivons, positivons.
Je descends et me dirige vers le poste de sécurité. Le garde ne relève même pas la tête quand je viens me planter devant lui.
« Nom et raison de la visite ? »
« Sirius Black, paperasse inutile à remplir. »
Ca, par contre, ça le fait réagir. Il relève la tête tellement vite que je suis prêt à parier qu'il s'est fait mal et il me regarde avec de grands yeux de veau qui aurait perdu sa maman.
Franchement, ça fait trois ans que j'ai été innocenté, il devrait le savoir que je suis pas un psychopathe depuis le temps.
Je suis profondément incompris, mon coeur saigne, bouhouhou.
La vache, Sévérus déteint sur moi dites donc.
Le Veau finit par tendre la main pour prendre ma baguette, mais il ne referme toujours pas la bouche.
« Vingt-huit centimètres, ébène et nerf de coeur de dragon, en usage depuis trois ans ? »
Je hoche la tête et récupère ma baguette d'un geste qui manque de tendresse. Je suis resté tellement longtemps sans baguette que je suis un poil possessif avec, maintenant.
Je tourne trois quart d'heures pour savoir où je dois aller jusqu'à attraper au vol une secrétaire qui passait là. C'est dingue, il y a un panneau pour le service de Régulation des Nuisibles de Jardin tous les sept mètres mais pas moyen de mettre la main sur l'état civil.
Finalement je pousse la bonne porte, et en voyant qui est derrière le bureau la seule chose que j'arrive à dire est :
« Bordel de merde ! »
Jusqu'à présent je ne l'avais vue qu'en photo, mais c'est pas faute d'en avoir entendu parler.
« Je peux vous aider ? » Elle a l'air d'être habituée à ce type de réaction, mais en même temps quand on passe de sous-secrétaire d'état à secrétaire tout court on doit être capable d'endurer l'humiliation. Cela dit pour avoir osé se mettre ces machins dans les cheveux je doute qu'elle sache ce qu'est la honte.
Je m'approche de son bureau en essayant d'oublier que Harry a toujours les cicatrices de sa putain de plume et lance mon plus beau regard méprisant à la plaque de cuivre sur son bureau.
Dolores Ombrage, Heureux événements, unions et trépas
Tiens, quand j'étais venu avec James déclarer la naissance de Harry ça s'appelait 'Cigognes, anneaux et sapin'. Ca a dû changer avec la campagne 'Soyons Politiquement Corrects' de Fudge de 1987.
« Je viens pour une publication de bans de mariage. Si vous pouviez faire vite, je n'ai pas que ça à faire. »
C'est Sévérus qui m'a appris cette technique. Traiter les gens comme des merdes au lieu de leur hurler dessus. Je dois dire que ça fait tout autant de bien, et on risque moins de se faire arrêter.
« Bien, vous devez remplir ce formulaire, et celui-ci, et celui-là, et ramener celui là chez vous pour le faire signer par la deuxième partie, il sera envoyé automatiquement dès qu'il sera rempli, pas la peine de revenir. Et vous devrez signer là, là et là. » Elle a l'air comme un poisson dans l'eau à me donner des ordres et à me regarder marquer mon adresse cinq fois.
« Vous devrez passer une annonce officielle dans un des périodiques de cette liste - elle me tend un petit papier rose – mentionnant le noms des deux parties et la date de la cérémonie trois mois avant. » Je lui rend la liasse de formulaires, que je suis assez fier d'avoir réussi à remplir sans avoir eu à montrer l'étendue de mon vocabulaire argotique, et elle me jette un regard haineux accompagné d'un grand sourire d'écolière à couettes.
Et laissez-moi vous dire que le mélange fait assez peur.
Elle fait une copie carbone de tout le bazar et me les tend. J'ai à peine posé la main dessus qu'un petit feu d'artifice vert et or éclate au-dessus et une voix enjouée s'exclame 'Le Ministère de la Magie vous souhaite une union longue, heureuse et prolifique !'
Prolifique, bien sûr. Je vais suggérer de porter un bébé à Sévérus, il va être ravi. Enterrez-moi dans un joli endroit quand même.
Minerva Mc Gonagall
Sévérus Rogue vient de débarquer, la réunion va pouvoir commencer, il ne manquait plus que lui.
Je me demande s'il se rend compte qu'il est toujours en chaussons.
Il s'assied dans le fauteuil libre et lance un regard noir à tout le monde, Dumbledore le premier. Il n'est pas le seul d'ailleurs, tous les professeurs présents ont une longue expérience, même celui de DFCM.
Hilde von Hartbern, ancienne professeur à l'Académie Magique de Jeune Filles de Vladivostock. Rien qu'à la regarder on sait qu'elle n'aura aucun mal à maintenir ses classes calmes. Elle n'aurait même aucun mal à maintenir un grizzly calme.
Comme d'habitude personne n'écoute le discours du directeur et tout le monde refuse ses sucreries en faisant semblant d'être très intéressé, alors que personnellement je suis assez concentrée la recette de petits choux à la crème bavarois que m'a donnée Hilde (za se brononçeu h aspiré Hildeu) hier.
Je me demande s'il me reste assez de cannelle pour les faire directement après la réunion...
Ah, Albus a arrêté de parler. Donc, soit il m'a posé une question, et là en général répondre « Vous êtes le directeur, pas moi. » fonctionne bien, soit il a fini son discours et on peut s'en aller. J'attends de voir si quelqu'un se lève.
Bibine souhaite une bonne journée à tout le monde et part à grand pas, Merlin la bénisse. La salle se vide rapidement et bientôt il ne reste plus qu'Albus, Sévérus, Auriga Sinistra et moi.
Sinistra ne fait pas exactement partie de notre cercle amical mais elle adore papoter, et personne n'a le coeur de la repousser. La pauvre fille n'a pas beaucoup d'amis, j'en ai peur. La conversation s'engage bientôt, Albus a toujours eu un don pour ça.
Après une demi-heure passé à discuter du dernier numéro de 'Maison et Travaux' (Albus est très friand des patrons de tricot, je n'ai jamais bien compris pourquoi) le directeur se retourne vers Sévérus qui n'a toujours pas décroché un mot.
« Et vous mon garçons, vous devez bien avoir quelques ragots pour nous. » Sévérus Rogue qui joue les concierges, bien entendu, et moi je suis championne du monde de marelle.
« Je vais me marier. »
Dans le silence qui s'ensuit je suis quasiment sûre d'entendre un criquet chanter au loin. Finalement c'est Sinistra qui nous sauve tous avant que l'atmosphère choquée ne perdure trop longtemps.
« C'est vrai ? Félicitations ! C'est pour quand ? »
« Les vacances de Noël. »
Je remarque qu'il ne donne pas la date exacte, ce qui doit signifier qu'au moins un d'entre nous n'est pas invité. J'espère que c'est Auriga. Je demande si c'est lui ou Sirius qui a fait la demande.
« Il est sorti de la salle de bains en caleçon et m'a demandé si je ne trouvais pas que nous marier serait un bonne idée. J'ai répondu que si. »
Si je m'attendais à une demande avec fleurs, chocolats et Black à genoux avec une bague de fiançaille tendue devant lui c'est raté. En même temps avec ces deux là on ne sait jamais à quoi s'attendre. Pas que je critique ou quoi que ce soit, mais il font quand même une paire bizarrement assortie.
« Pas exactement romantique. » commente Sinistra. Vous ai-je dit que cette fille est une idiote ?
« Le romantisme me fait vomir. »
« Et Sirius ? » demande-je avec curiosité. Il était un bourreau des coeurs étant jeune, je ne peux pas m'empêcher de me demander si c'était uniquement grâce à son physique où s'il y mettait aussi le décorum.
« Je doute qu'il connaisse le concept. »
C'est bien ce que je pensais. Je veux dire, Sirius Black est un très gentil garçon, mais vous l'imaginez offrir une boîte de pralines en forme de coeur à Sévérus ? Moi non plus.
« Vous vous êtes échangés des bagues de fiançailles ? » demande Sinistra avec des yeux pleins d'étoiles. A croire qu'elle n'a pas la moindre idée d'à qui elle s'adresse.
Au bout de onze ans on pourrait croire qu'elle assimilerait le concept qu'est Sévérus Rogue, mais non. Je me suis demandée plus d'une fois comment elle avait obtenu autant de diplômes en étant aussi évidemment bécasse.
Sans vouloir offencer la gent aviaire.
Sévérus tire discrètement sur sa manche pour cacher sa main et répond que non du ton qu'il réservait à Neville Londubas du temps où il était encore élève. J'ai du mal à croire que ça fait trois ans déjà (enfin cinq pour Sévérus, le pauvre garçon n'a jamais atteint le niveau ASPIC en Potions), le temps file à une vitesse...
Sinistra pose encore quelques question affligeantes auxquelles Sévérus répond aussi grossièrement qu'il peut, et Albus les regarde faire avec l'air serein et les yeux pétillants. Sachant que je travaille avec lui depuis plus de quarante ans je peux vous dire avec certitude qu'à l'intérieur il est en train de hurler de rire et de se rouler par terre.
Sévérus finit par se lever gracieusement de son fauteuil. Avec un au revoir bref il repart à grand pas vers la cheminée. Le 'flof flof' de ses chaussons qui frôlent le sol gâchent un peu l'effet habituel, mais il garde de la prestance.
Il va rentrer chez lui retrouver Sirius. Retrouver son fiancé.
Merlin, ces mots sonnent bizarre même dans ma tête. En tout cas une chose est sûre, tels que je connais les deux gaillards, je ne veux pas rater ce mariage.
J'ai bien besoin de rire dans mon grand âge.
