Spoiler : Nope.
Commentaires : Un graaand merci pour les reviews ! :)
Quand vous aurez lu la fin du chapitre, vous pourrez éventuellement râler un peu ( mais juste un peu ).
Bonne lecture ! :)


House enleva avec précautions les morceaux de gaze qui entouraient les jambes de Cuddy.

« Tu aimais tellement mes jambes... » dit-elle en soupirant.
« Je les aime toujours. »
« Non... Elles sont pas belles. »

L'épiderme avait disparu sur des surfaces plus ou moins grandes mais espacées, laissant ainsi le derme à vif. Malgré le début de la cicatrisation, les plaies n'étaient pas jolies à voir.

« Mais elles sont toujours là. Toi aussi, tu es toujours là. Tu as eu... »
« Beaucoup de chance, je sais, tu n'arrêtes pas de me le répéter. N'empêche que la chance elle fait sacrément mal ! »
« Ça commence à cicatriser. Dans deux semaines, tu n'auras plus rien. »
« Mais en attendant, tu ne peux plus les caresser, les embrasser, les... »
« Non, mais je peux toujours te mettre la fessée si t'es pas sage. »

Cuddy réussit à sourire, peu convaincue tout de même.
Il versa de l'antiseptique sur un coton et l'appliqua sur ses plaies. La doyenne était assise au bord du lit, il la vit agripper convulsivement le matelas et se mordre la lèvre. Il n'insista pas et changea ses pansements.

« J'aurais dû mourir. Ça aurait fait moins mal. »
« Ça suffit maintenant ! »

House se releva en s'aidant de la commode, et manqua de s'étaler. Sa cuisse le faisait soudainement souffrir, mais il ne laissa rien paraître.

« Arrête de raconter des conneries ! Qu'est-ce-que je ferais si tu étais morte, moi, hein ! Tu y penses, à ça ? »

Cuddy baissa la tête, honteuse. Il souffrait tous les jours, depuis tant d'années... Et elle, elle se plaignait pour des blessures qui allaient se résorber.

« Pardon... » murmura-t-elle avant de fondre en larmes.

Lui aussi, il avait connu ce genre de situations après son infarctus. La douleur était tellement intense qu'il avait eu envie de s'injecter une dose mortelle de morphine. Quand il regardait Cuddy dormir dans ses bras, il se disait qu'il avait bien fait de résister. Même s'ils avaient mis beaucoup trop de temps à se retrouver, ça en valait la peine.

Il s'avança et la serra contre son ventre. Elle cala sa tête contre son flanc droit et entoura sa taille de ses bras.

Cette fois, c'est lui qui allait devoir être plus fort.

xxx

Il fut réveillé par Cuddy qui tremblait dans ses bras. Il jeta un œil au réveil : à peine 3 heures du matin.

« Lisa... »

Il lui caressa la joue. Elle ouvrit péniblement les yeux.

« Ça va ? »
« C'est rien, j'ai... J'ai juste un peu froid. »
« En plein mois d'août ? »

Elle s'empressa de le rassurer.

« Je sais à quoi tu penses... Ce n'est pas de la fièvre, ce n'est pas une infection. J'ai froid, c'est tout. »

House se leva, ramassa un pull qui trainait au pied du placard, et aida Cuddy à l'enfiler. Elle se recroquevilla sous la couette et respira longuement le vêtement qu'il lui avait prêté.

« Ça sent bon. »
« Je ne sais même plus depuis combien de temps il est là, je crois bien que ça remonte à avant l'accident et que je ne l'ai pas lavé... »
« Mais c'est ton odeur. » insista-t-elle. « Alors ça sent bon. »

Il sourit, s'allongea sur le dos.

« J'ai peur de m'endormir. » dit Cuddy d'une voix faible.

House ne sut pas répondre, et se contenta de tendre le bras pour qu'elle y pose sa tête. Il se sentait inutile. Ses blessures l'empêchaient de la serrer à l'en briser, et il se sentait affreusement démuni face à sa détresse. Il savait qu'il n'était pas à la hauteur. L'accident était arrivé par sa faute, il en payait les conséquences : Cuddy n'était plus la femme forte qu'elle était avant.

Il cessa de chercher ses mots pour réconforter la doyenne quand il se rendit compte que cette dernière s'était endormie en lui tenant sa main gauche, le nez dans son pull.

Mais lui était condamné aux insomnies.

xxx

Elle le regardait faire les cent pas devant le lit, en se tenant la cuisse. Il n'utilisait pas sa canne, de peur que le frottement du bois contre le tapis ne la réveille. Elle s'en fichait, elle ne dormait plus depuis longtemps. Mais quand il tournait la tête vers elle, elle faisait semblant d'être dans les bras de Morphée.

Elle le regardait réfléchir. Elle se demandait à quoi il pouvait bien penser, et pourquoi il était resté dans la chambre. Peut-être qu'il voulait la surveiller... Oui, c'était surement ça.

Elle appréciait le fait qu'il soit aux petits soins pour elle, même si elle souffrait d'être trop faible pour pouvoir lui rendre la pareille. Elle voulait le prendre dans ses bras, lui dire que tout irait pour le mieux parce qu'elle était là. Mais comment faire si elle n'était pas convaincue elle-même ?

Il fallait qu'elle marche. Qu'elle se dégourdisse les jambes. Sinon, elle allait devenir folle.

Elle s'étira, interrompit le flot de pensées du diagnosticien. Elle posa les pieds sur le sol, enfonça ses poings dans le matelas pour trouver un appui.

House accourut.

« Non, tu... »
« Tiens-moi. »

Il soupira et finit par tendre les mains. Elle saisit ses avant-bras, prit garde à son poignet fracturé, se leva tout doucement en inspirant un grand coup.

Pas de douleurs pour l'instant.

Elle avança un pied hésitant. Le posa sur la moquette. House recula. Elle ignora les picotements qui partaient de sa cheville et se propageaient jusque dans ses cuisses et tenta un deuxième pas. Elle sentit ses genoux la trahir, ses jambes se fléchir. House la rattrapa immédiatement et la serra contre lui.

« Attends encore un peu. Tu vas vraiment te faire mal. »

Elle acquiesça d'un petit hochement de tête. Au mois, elle avait essayé...

« Il faut que je prenne une douche. Tu... Tu peux m'aider ? »
« Bien sur. »

Il avait dit ça d'une voix posée, rassurante, ne montrant aucun signe de lassitude ou d'agacement. Quelque part, cela permettait à Cuddy de penser qu'ils s'en sortiraient. S'ils faisaient des efforts, tout était possible.

xxx

Il l'aida à s'asseoir sur le bord de la baignoire, s'y laissa glisser et se mit à genoux derrière elle. Cuddy eut un frisson quand l'eau chaude tomba sur son dos, rapidement apaisé par les mains de House qui savonnèrent amoureusement ses frêles épaules. Il descendit jusqu'à ses fesses, dans des gestes qui ne pouvaient s'empêcher de devenir de tendres caresses. House rinça le dos de Cuddy, puis l'embrassa dans le cou. Ses mains plongèrent vers sa poitrine lorsqu'elle lui demanda entre deux gémissements :

« Qu'est-ce-que tu fais ? »
« Je me disais que quelques endorphines te feraient du bien. »
« Mais tu... »
« Ça ira. »

Son pouce titilla longuement un téton dressé, sa main libre descendant sur son ventre. La doyenne bascula sa tête en arrière, l'appuya sur l'épaule de son amant, laissant ainsi sa gorge s'exprimer librement. House effleurait maintenant son bas-ventre, tandis qu'il comblait sa poitrine. Malgré ses petites réticences, Cuddy écarta les cuisses. Le diagnosticien les caressa dans une infinie douceur, arracha un profond soupir à son amante lorsqu'il aborda enfin sa vulve humide. Son pouce pressa subtilement son mont de Vénus, avant d'y décrire de petits cercles, jouant avec son impatience. La main de Cuddy saisit la sienne et la dirigea vers son antre. Il fit mine de ne pas comprendre pour la pousser à bout.

« S'il te plait... » implora-t-elle d'une voix rauque. « Viens, je te veux, viens... »
« Guide-moi. »

Elle obéit et le fit entrer en elle dans un long râle. Il exécuta les mouvements lui-même, d'abord lentement pour faire monter la pression, puis alla de plus en plus profondément.

C'est là que Cuddy se rendit compte qu'il lui manquait quelque chose.

Il était derrière elle, elle ne le voyait pas, c'était à peine si leurs corps se touchaient !

D'accord, c'était peut-être la position la plus confortable, compte tenu de leurs blessures respectives. Mais tout de même... Elle s'était réveillée après une semaine de coma, avait veillé sur lui pendant deux jours, et avait encore attendu deux jours avant qu'ils puissent enfin récupérer leur intimité. Elle voulait partager ça avec lui, et elle ne savait pas ce qu'il ressentait. Il lui faisait l'amour pour l'apaiser, mais qu'en était-il de lui ?

Elle pensait trop... Forcément, maintenant, il commençait à lui faire un peu mal... Merde ! Comment avait-elle pu en arriver là ?

Cuddy laissa échapper un gémissement, pas de plaisir mais de douleur. House se retira.

« Pardon, je t'ai fait mal. »
« Non... C'est moi qui... »

Elle avait envie de pleurer de frustration. C'est ce qu'elle fit, d'ailleurs. Ils allaient si mal que ça ?
Elle sentit une fraicheur dans sa nuque. House pleurait aussi. Elle posa ses mains sur les siennes, croisées sur son ventre.

Elle avait de plus en plus de mal à croire en eux.


TBC...