Ce texte a été écrit dans le cadre de la 13e Nuit du Fof. Selon les contraintes du jeu, il a été écrit en une heure et avait comme thème de départ "Alcool" Le Fof est un forum d'entraide et de discussion autour de la fanfiction. Si vous voulez en savoir plus, n'hésitez pas à aller voir le lien dans ma liste d'auteurs préférés.
Bonne lecture éventuelle!
*Alcool a brûlé*
La nuit qui tombe sur la ville s'insinue dans la vieille bâtisse par toutes les fentes. Le liquide ambré dans son verre fait penser à la lumière d'un réverbère dans une rue nocturne. Il est assis près de la cheminée du salon. Il n'a pas fait de feu dans l'âtre parce qu'on est au mois d'Août et la chaleur étouffante de la journée laisse son empreinte dans l'air même après le coucher du soleil.
En plus, un feu de cheminée évoque immanquablement toute une série d'images idylliques et chaleureuses : les réunions de famille crépitant de rires enfantins, les confidences amicales parsemées des étincelles d'harmonie absolue entre-aperçues dans des cœurs grand ouverts les uns aux autres, les étreintes amoureuses, brûlantes jusqu'à la douleur.
Lui n'a pas connu grand-chose de tout cela. Sa famille est devenue son pire ennemi et il n'a jamais eu le temps d'avoir une véritable relation amoureuse. Même les souvenirs liés à ses amis lui sont pénibles. James est mort par sa faute et, lorsqu'il pense à Peter, il voit un puits d'immondice sans fond et sans nom. Quant à Remus, il sent qu'un mur s'est élevé entre eux à tout jamais, le mur de la haine passée nourrie par son camarade et dont le souvenir n'est pas moins virulent malgré le fait Remus connaisse maintenant la vérité.
Ainsi, Sirius n'a pas de feu. Il a seulement son verre d'alcool sur la table devant lui. C'est vrai que l'alcool brûle aussi. Mais sa flamme est bleue ; elle dévore sans réchauffer vraiment. Elle corrode dans une illusion de chaleur pour ne laisser que le vide. Mais, pendant un instant au moins, il goûte à la chimère : l'espoir de participer à la lutte contre Voldemort au sein de l'Ordre, celui de se rapprocher de Harry et rattraper avec lui le temps perdu.
Cependant, il sait que le mirage se dissipera comme les vapeurs d'alcool et il se retrouvera à la clarté du matin, seul et froid. Une brise d'été soulèvera le rideau et il apercevra par la fenêtre la grande ville grise qui se réveille à peine et les réverbères qui s'éteignent les uns après les autres.
