Merci à Tidoo-chan pour la correction
Merci à kateford, Yasu-chan, Dydy-chan et Olie12 pour leur review sur
Merci à Mi-chan, Carol-Ann et cagalli-yula-athha pour leur commentaire sur
Désolée pour le temps mis à écrire :s
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Chapitre 2 : Tristes souvenirs
5 ans plus tôt
POV Asuran
« J'ouvre la porte de l'appartement et j'y entre. Je suis surpris que Meyrin ne soit pas venue m'accueillir avec un charmant sourire comme elle le fait habituellement. J'ai été absent trois semaines et il semblerait que je ne lui ai pas trop manqué. Loin de là peut-être… Je veux bien reconnaitre que depuis trois mois nos relations de couple se détériorent peu à peu : disputes, reproches et besoin de nous isoler sont devenus des problèmes quotidiens. J'espère que cette séparation aura été bénéfique à notre couple. J'aime imaginer que nous sommes toujours amoureux comme au début. Mais après trois ans de relation passionnée, il semblerait que notre couple arrive à sa fin…
Pourtant j'aime toujours Meyrin… Elle reste la femme de ma vie, mon unique et vrai amour.
Trois ans ! Cela fait déjà trois ans que nous sommes un couple et deux ans que nous vivons ensemble, considérés par beaucoup de nos amis comme le couple parfait et exemplaire. Je me rappelle notre rencontre sur le campus universitaire parfaitement : elle portait un tailleur rouge et je l'ai involontairement bousculée. Par politesse, je l'ai aidée à ramasser ses affaires et en relevant la tête nos regards se sont croisés. Elle m'a alors offert un magnifique et chaleureux sourire… Pour me faire pardonner et complètement sous son charme, je lui ai proposé de venir boire quelque chose à la cafétéria du campus… Et nous ne nous sommes plus quittés ou presque… Un an après, ayant obtenu brillamment mon diplôme et un emploi confortable dans l'entreprise familiale, je lui proposais de vivre avec moi. Elle a accepté avec une joie indescriptible… c'était l'époque tendre, passionnée et amoureuse. Toute séparation créait un manque affreux en nous. Nous nous aimions et partagions tout. Meyrin représentait ma vie, ma raison d'être. J'en étais éperdument amoureux.
Aujourd'hui je l'aime toujours, mais la passion s'est un peu éteinte. Elle reste néanmoins ce que j'ai de plus précieux…
Et puis les choses se sont dégradées lentement entre nous, jusqu'à en arriver à ressentir un besoin d'éloignement… Mais au fond, je sais que nous pouvons sauver notre couple et que nous nous aimons encore…
Je pénètre dans le salon où je la trouve. Comme à son habitude, elle est habillée de manière classique et sexy, ses cheveux tombant souplement sur ses épaules. Elle lit un magazine. Meyrin relève la tête quand j'arrive à son hauteur. Nos regards se croisent et s'aimantent un peu. Je lui adresse un sourire avant de m'asseoir dans le fauteuil près du sien, tendant ma main pour frôler la sienne. Elle replie son magazine et le dépose sur la table basse.
« Bonsoir… » Murmure-t-elle en me regardant avant de m'offrir un beau sourire.
« Hum… bonsoir… » Je réponds.
Le silence s'installe pendant de longues minutes dans la pièce.
« As-tu fait un bon voyage ? » me questionne-t-elle d'une voix douce.
« Hum, ça a été… Le contrat a été signé comme prévu. » Je lui explique avec un air surpris devant son intérêt pour mon travail ; « et toi ? »
« Moi ?!? Et bien… » Hésite-t-elle « j'ai été malade pendant ton absence et j'ai vu le docteur hier… »
« Le médecin ?!? » je reste étonné. Elle ne m'a même pas prévenu par téléphone.
« Oh ce n'est rien de grave, juste des nausées qui m'ennuyaient. C'est pour cela que je ne t'ai pas dérangé » Rétorque-t-elle face à mon air étonné.
« Oh… indigestion ? » je lâche, rassuré que celle que j'aime aille bien.
« Non… Asuran je… » Elle s'arrête et fronce les sourcils. Elle semble réfléchir à ce qu'elle va dire. Son air est plus que sérieux à ce moment précis.
« Oui ?!? » je me contente de murmurer suspendu à ses lèvres.
« Je suis enceinte de 2 mois… » Finit-elle par dire en relevant la tête pour me fixer droit dans les yeux. Elle semble inquiète de ma réaction. Je reste figé quelques minutes, la bouche ouverte avant de réagir. Je souris à ma tendre Meyrin et je m'agenouille devant elle. Je dépose un chaste baiser sur ses lèvres et pose mon front contre le sien.
« C'est la meilleure nouvelle que tu pouvais m'annoncer… » Je murmure contre sa peau fraiche. « Je t'aime… »
« Moi aussi je t'aime… » Me répond-elle avant de glisser ses bras autour de mon cou et de se blottir contre moi. »
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POV Cagalli
« Cela fait une semaine que je vis ici, dans cet appartement luxueux. Je n'ai même pas été travaillé au restaurant, de toute manière mon sauveur ne semblait pas d'accord, dès le départ pour que j'y aille. Ensuite, j'ai passé mes journées ici, et j'avoue qu'elles furent plus que bien occupées ! Les trois premiers jours, Asuran était constamment là, surveillant mes expressions et actions. J'ignore s'il avait peur que je fasse une grosse bêtise ou juste parce que j'étais une étrangère. Dès le premier jour, je fus adoptée par Sakura, qui ne me laissa pas une minute de solitude, m'empêchant de m'appesantir sur mon accident. Elle a sauté sur mon lit le matin, me demandant si je voulais jouer avec elle et ne m'a quittée qu'au moment d'aller se coucher. Asuran s'est excusé du comportement de sa fille, mais je ne l'avais pas mal pris. J'aime beaucoup Sakura, c'est une enfant gentille et intelligente. Avec elle, ces derniers jours, j'ai fait plein de choses : préparer les repas pour nous deux ou pour son père, ranger sa chambre ou encore l'aider à prendre son bain et à s'habiller. Puisque je suis restée ici, sur invitation du maitre des lieux, j'ai voulu me rendre utile en faisant certaines choses dont notamment la cuisine et le ménage, toujours secondée par la fillette, qui trouvait ces nouveaux jeux très amusants ! Au bout de trois jours, Asuran m'a confié la garde de sa fille pendant quelques heures pour cause d'affaires urgentes à régler. Et ce matin il me l'a laissée pour la journée, à ma plus grande surprise. Mais il m'a expliqué en embrassant sa fille avant de partir, qu'il avait remarqué combien Sakura et moi nous entendions bien. Il a aussi ajouté que j'arrivais à me faire obéir mieux que certaines baby-sitters ou gouvernantes. J'ai accepté d'un hochement de tête alors qu'il m'effleurait la joue de ses lèvres pour me dire au revoir, déclenchant la rougeur instantanée de ma peau pâle. Il me salue toujours ainsi, parce que les amis ça se fait la bise comme a déclaré Sakura lors de notre premier déjeuner commun. Et pour ne pas susciter trop de questions chez la petite, nous jouons aux amis de longue date.
« Cagalli, tu rêves ? » Questionne une petite voix fluette à mes côtés.
« Euh, non je pensais ma puce… » Je réponds en offrant un sourire d'excuse à la fillette qui me fixe.
Nous sommes assisses sur le tapis à jouer avec ses poupées Barbie. Avant cela nous avons épousseté le salon, préparé le souper qui attend le retour de son père pour être cuit et je lui ai donné son bain. Ensuite pour patienter j'ai accepté de m'amuser avec elle au salon où elle avait transporté ses jouets. Je m'occupe d'habiller selon ses directives les Barbie et de les coiffer. Elle a une collection impressionnante de jouets de toute sorte…. Mais elle trouve plus amusant de faire le ménage. Je lui rends le mannequin miniature que je viens d'affubler d'une longue robe de soirée bleu nuit et de coiffer d'une queue haute. Sakura m'en tend une autre avec un joli sourire, et regarde parmi les habits qu'elle possède encore dans sa petite boite de rangement et me tend un pantalon imitation jeans et une blouse verte. J'essaie d'enfiler le vêtement à la poupée rigide, pendant que Sakura installe celle que je lui ai donnée dans une voiture miniature.
« Bonsoir Mesdemoiselles ! » Déclare une voix masculine grave et suave dans mon dos.
Je sursaute légèrement et rougis un peu, de manière incompréhensible comme à chaque fois qu'il est proche. Mes mains tremblent légèrement et mon cœur bat plus vite. Il m'a surprise, mais je doute que cela soit la seule raison de mon état physique du moment. La fillette, elle, saute sur ses pieds avec un cri de pure joie et s'élance dans les bras de son père. Il la soulève du sol et l'embrasse tendrement sur le front, tandis que Sakura passe ses bras autour de son cou et le serre contre elle. Comme à chaque fois que j'assiste à cette scène je souris attendrie…. Si seulement je pouvais espérer un jour avoir une fille ou un fils… mais je sais que cela est impossible et irréversible. Je baise la tête vers les poupées et les rangent rapidement pendant que Sakura énumère pour son père nos activités du jour. Je me relève la boite en main et me dirige vers l'escalier en silence sans les regarder. Je sens le regard d'Asuran peser légèrement sur mon dos. Je continue jusqu'à la salle de jeu où je dépose le tout, près de la maison de poupées. C'est à ce moment-là que je sens quelques larmes coulées sur mes joues… Un souvenir triste et pour moi douloureux m'assaille et refuse de me quitter. Je ramène mes mains devant ma figure essayant de ne pas sangloter, de mettre fin à mes pleurs…
Mon plus grand rêve a toujours été de fonder une famille, d'avoir des enfants. C'est pour cela qu'à 19 ans, quand Ahmed, mon ex-époux, m'a proposé le mariage j'ai accepté. J'ai mis de coté mes études que je jugeais inutiles vu que je voulais juste être épouse et mère. Malheureusement j'ai vite déchanté… car mon époux n'était pas aussi tendre que je le croyais, ni autant amoureux que je pensais, et que son impatience à avoir un enfant l'a rendu violent au fil des mois, puis des années. Après 18 mois sans avoir pu tomber enceinte, et sur la demande expresse d'Ahmed, j'ai consulté un médecin. Et la sentence est tombée, brisant mes rêves à jamais. En plus d'être diabétique, j'étais stérile… je n'aurais donc jamais d'enfant. Je me rappelle avoir passé des jours à pleurer, roulée en boule sur mon lit. Le comportement de mon époux a radicalement changé à partir de là et le divorce fut inévitable. Ensuite je me suis retrouvée seule ….
« Cagalli, est-ce que ça va ? » demande une voix près de moi alors qu'une main se pose sur mon épaule, me sortant de mes souvenirs douloureux.
« Euh… oui, je pensais désolée… » J'essuie discrètement mes larmes et offre un pauvre sourire, « Sakura a été impeccable, c'est une enfant charmante ! »
« On me le dit souvent… Heureux que tout se soit bien passé pendant mon absence. » Rétorque-t-il respectant mon choix de ne pas dire ce qui me fait mal.
« Bon, je vais aller cuire le repas, tu dois avoir faim… » Je murmure en me relevant et étirant un peu mes membres engourdis par ma longue station assisse au salon. Quand je parle comme cela, je me dis qu'on dirait que l'on forme une famille, mais au fond de moi je sais que c'est un leurre. Et cela me pince le cœur à chaque fois que l'idée m'effleure.
« Tu t'en sors merveilleusement avec ma fille… Tu as un vrai don avec les enfants, je pense. » Continue-t-il en me suivant dans le couloir. Je me mords violemment les lèvres pour ne pas de nouveau pleurer sur mon sort. Après autant de temps, je devrais avoir accepté que je ne serais jamais une mère.
« Mer… Erm… Merci » je finis par répondre. Une main me saisit délicatement le bras et me force à me retourner. J'entends vaguement la télévision en bas, et je comprends qu'il a mis sa fille devant un dessin animé pour l'occuper le temps que le repas soit totalement fini. Je finis par planter mon regard dans le sien, de toute manière je doute qu'il me lâchera avant d'avoir dit ce qu'il a à dire.
« Cagalli, si quelque chose ne va pas tu peux me le dire… As-tu eu un problème aujourd'hui ? Je sais combien Sakura peut être envahissante quand elle aime quelqu'un, surtout si elle sent qu'elle peut le perdre… » M'explique-t-il calmement.
« Non, non … elle est adorable… tout s'est très bien passé… » Je réponds avec un pâle sourire. « Elle a déjà perdu quelqu'un ? »
« Tu détournes la conversation … alors qu'est-ce qui ne va pas ? » me renvoie-t-il. Il commence à me connaitre …
« Rien... c'est … euh … c'est personnelle… et je ne pense pas … » je balbutie en abaissant la tête.
« Très bien, comme tu veux… Et pour te répondre, oui, Sakura a déjà perdu des gens qui auraient dû l'aimer ou qu'elle aimait. Premièrement sa mère, qui l'a abandonnée après sa naissance. Heureusement elle ne peut s'en souvenir. Et ensuite une gouvernante qu'elle adorait, mais qui nous a quittés, quand elle s'est mariée. » Me coupe-t-il d'une voix calme mais plus distante et me lâchant le bras par la même occasion.
« Sa mère l'a abandonnée… » Je répète d'une voix plus qu'étonnée, mes yeux se perdant dans le vide. Instinctivement, je pose une main sur mon ventre. Comment peut-on laisser derrière soi sans regret un enfant qu'on a porté ? Ignore-t-elle la chance qu'elle a eu d'avoir une fille ? Et elle est partie sans regret, sans s'en occuper… Comment a-t-elle pu faire cela ? Moi je donnerais n'importe quoi pour que mon ventre mort puisse me donner la joie d'avoir un enfant de l'homme que j'aime… Je n'arrive pas à comprendre.
« Cagalli… aurais-tu… » Sa voix hésitante me fait sortir de mes pensées, « aurais-tu avorté ? »
« Pardon ?!? » je suis totalement revenue sur terre. Sa question est indiscrète, personnelle et embarrassante au plus haut point. Comment peut-il penser cela ? Je remarque alors que son regard est fixé sur la main, qui est toujours posée sur mon ventre. Un pincement au cœur me fait grimacer. Pourquoi ne puis-je vivre avec cette réalité ? Pourquoi ne puis-je l'avouer à voix haute ? Ce n'est même pas moi qui l'ai dit à l'époque à Ahmed mais le médecin… Je n'ai jamais su dire à haute voix que je n'aurais jamais d'enfants.
« Excuse-moi. Je suis indiscret et cela ne me regarde pas. Mais tu réagis bizarrement à ce que j'ai dit avant sur la mère de Sakura. Alors, je me demandais si tu n'avais pas dû, toi, renoncer à une grossesse. » M'explique-t-il sur un ton qui laisse clairement comprendre qu'il est contre l'avortement. Il me regarde plus froidement que d'habitude, et je me sens jugée, comme une coupable sous les yeux d'un juge qui a arrêté un avis… Il me dépasse pour descendre l'escalier. Je ne lui dois aucune explication, je le sais. Pourtant je n'arrive pas à empêcher les mots de passer mes lèvres.
« Je suis stérile… » Je sursaute à ma voix clame et neutre, qui lâche cette vérité qui me semble être ma plus grande tare, celle qui fait qu'aucun homme ne pourrait vouloir de moi. Pourtant lui avouer fut facile, peut-être parce que quelque part, au fond de moi, je sais qu'il acceptera mieux cela qu'une interruption volontaire de grossesse.
« Ce fut le motif de mon divorce… » Je finis par dire me tournant pour voir où il est. Asuran se tient debout en haut des marches, les yeux écarquillés d'étonnement. Il ne s'attendait surement pas à ce genre d'aveux.
« Pardon. J'ai été indiscret et j'ai manqué de tact. » Finit-il par articuler.
Je baisse les yeux lentement pour fixer mes pieds, me contentant d'hocher vaguement la tête pour toute réponse. Je viens de dire à voix haute mon pire secret, celui qui fait que je ne suis point une femme… enfin une vraie femme. Ce sont les mots mêmes de mon ex-époux et de sa mère. Je sursaute légèrement quand deux bras m'enlacent pour me coller contre un torse ferme. Asuran caresse délicatement mon dos, comme si il désirait me consoler. Ma tristesse est-elle si palpable ? Je frisonne un peu : c'est la première fois depuis la nuit de notre rencontre que je me retrouve dans ses bars. Je ferme les yeux et me blottis un peu contre lui, profitant du réconfort qu'il m'offre. Le même que celui que Lui m'aurait offert si Il avait su tout cela. Nous restons un moment sans bouger… »
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4 ans plus tôt
POV Asuran
« Je regarde le petit être qui dort dans mes bras paisiblement. Un sourire empli de tendresse se dessine sur mes fines lèvres. Elle est belle ma fille et je suis heureux de constater qu'elle me ressemble plus qu'à Meyrin. Meyrin… Je grimace en pensant à elle… Je ne pourrais surement jamais lui pardonner sa décision. Comment a-t-elle pu faire ce choix ? Et pourtant quand elle m'a annoncé qu'on allait avoir un enfant, j'ai cru que notre couple retrouverait un nouveau souffle. Nous allions fonder une famille. Au début, elle aussi semblait emballée par l'idée, et puis elle a changé. Son humeur s'est dégradée et elle ne semblait plus heureuse. Au fond, cette grossesse n'était pas un nouveau départ pour notre couple mais juste un baume qui a retardé la séparation. Je me doute aujourd'hui que celle-ci était inévitable. Il y a un mois, ma compagne m'a annoncé qu'elle ne désirait pas cet enfant, qu'elle ne voulait pas d'une vie de femme et mère au foyer. Elle se considérait emprisonnée, trop jeune pour mettre fin à sa vie de plaisirs nocturnes. Elle a décidé de me quitter puisque je semblais, moi, devenu un « vieux ». Je n'ai pas vraiment argumenté pour qu'elle reste, parce qu'à ce moment-là, j'ai compris que notre couple était mort. Je pouvais toujours l'aimer, mais ça ne suffirait pas. Moi, contrairement à elle, j'étais prêt à fonder une famille, à me marier. Et j'aimais déjà mon enfant, je ne désirais pas le perdre. Quelques jours plus tard, Meyrin m'a déclaré qu'elle accoucherait et puis partirait. J'étais libre de m'occuper de l'enfant ou non, elle ne se sentait pas plus concerné que cela par son avenir. De toute manière, si je n'avais été si emballé par l'idée, elle m'a avoué qu'elle aurait avorté. Sur le coup, j'ai cru qu'elle détestait l'être qu'elle portait et qu'elle me haïssait pour l'avoir mise enceinte. Après réflexion, j'ai décidé que j'élèverais mon enfant seul. Avant qu'elle ne parte ce matin, je lui ai conseillé de ne jamais revenir pour voir ma fille. De toute manière, je ferais le nécessaire pour la déchoir de ses droits maternels.
« Asuran, est-ce que ça va ? » murmure la voix de ma mère à mes côtés.
« Très bien… Ne t'inquiète pas pour moi. » je lui offre un sourire avant de reporter mon regard attendri vers ma fille.
« Et comment va-t-on surnommé cette magnifique princesse ? » m'interroge-t-elle tout en caressant du bout du doigt la joue du bébé.
« Sakura. J'aime beaucoup ce prénom. » Je réponds à voix base.
« C'est très joli. Me voilà donc grand-mère ! Oh ?!? J'ai l'impression d'avoir 25 ans de plus ! » Déclare-t-elle m'arrachant un léger rire.
« N'exagère pas maman ! Tu es encore jeune. » Je lui réponds quand j'ai maitrisé mon rire. « Tu sais je suis heureux. Et j'espère un jour trouver une vraie mère à Sakura. » »
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POV Cagalli
« Je termine de remplir le lave-vaisselle avec les assiettes et couverts du souper. Asuran et Sakura sont au salon comme chaque soir. J'ai cru comprendre qu'il prenait toujours le temps de discuter avec elle et de lui lire une histoire avant de la mettre au lit. Je souris tendrement, cela me rappelle quelques souvenirs tendres de mon enfance : mon père adoptif prenait toujours le temps de nous lire une histoire à mon frère et moi, le soir. C'était un rituel auquel nous tenions, un moment de calme que l'on passait à trois. Je mets l'appareil en marche et range ce qui doit encore l'être dans la cuisine. Avec un soupir de lassitude, je m'étire un peu, essayant de détendre mes muscles crispés. Tout compte fait c'est fatiguant d'être une femme au foyer ! Enfin, je n'en suis pas une. C'est plutôt ma manière et le seul moyen que j'ai de le remercier pour son aide et de m'héberger. Mais pour combien de temps, suis-je encore ici ? Je pense qu'il serait temps d'envisager un départ… j'ai déjà trop abusé de sa gentillesse.
« Cagalli ?! ? » la voix fluette de Sakura me sort de mes pensées.
Elle se tient dans l'embrasure de la porte et me fixe de ses grands yeux verts. Elle ressemble terriblement à son père. Ils ont la même peau blanche, les mêmes pupilles émeraude ainsi que les mêmes cheveux, si ce n'est que la fillette les a très longs comparés à son père. On ne peut pas douter en les voyant qu'ils sont de la même famille. Je me demande à quoi ressemble sa mère… Je lui offre un sourire et me dirige vers elle. Elle me tend la main. Curieusement, Sakura recherche souvent un léger contact physique, visuel ou auditif avec moi. J'ai pu remarquer que c'était le cas avec toutes les femmes qu'elle connait, embrassant et papotant avec la femme de ménage ou la concierge de l'immeuble, qui apporte le courrier. Je suppose que c'est parce qu'elle n'a pas d'autres figures féminines qu'elle recherche un tel contact avec le peu de femme qu'elle côtoie. Je lui prends la main et la laisse m'entrainer vers le salon, où son père attend assis dans le divan. Il relève la tête en nous entendant. J'offre un vague sourire et détourne les yeux. Depuis notre conversation de tout à l'heure, je me sens mal à l'aise en sa compagnie. C'est peut-être aussi pour cela que je pense qu'il est temps pour moi de les quitter. La petite me tire vers le divan et me demande de m'asseoir. Involontairement je me tends et j'hésite. En général quand ils parlent, je m'éclipse dans ma chambre pour me doucher, histoire de leur laisser un peu de temps à deux. Et si je reste je me mets dans le fauteuil le plus éloigné pour ne pas les déranger. Je laisse toujours une distance entre eux et moi, pour ne pas totalement m'imposer dans leur vie. Ma résistance ne passe pas inaperçue cependant.
« Tu ne veux pas t'asseoir ? » Questionne l'enfant avec un regard intrigué et curieux.
Les yeux d'Asuran se posent sur moi, insistants. Il doit attendre de voir comment je vais répondre à sa fille. Je lance un regard vers lui puis reporte mes yeux vers la petite. Je me voie mal lui expliquer pourquoi je pense que ma place n'est pas juste à côté de son père. Même si elle est intelligente, je doute qu'elle comprenne. J'évite de soupirer et finis par m'asseoir à côté de son père. Sakura sourit triomphante et grimpe entre nous deux, s'installant de son mieux. Je sens toujours les yeux de mon voisin posés sur moi et je tourne la tête vers lui. Pourquoi me fixe-t-il ? Il m'offre un sourire avant de poser les yeux sur sa fille qui gesticule entre nous deux, cherchant comment se mettre pour être à l'aise et obtenir ce qu'elle veut. Je baisse aussi la tête vers elle, curieuse de ce qu'elle essaie de faire. Elle change plusieurs fois de position, avant d'arrêter de bouger. Elle sourit avec un air victorieux. Elle semble avoir trouvé la position adéquate, c'est-à-dire parfaitement entre nous deux et appuyée contre moi et son père.
« Et voilà » Lâche-t-elle toute contente.
« Et qu'essaies-tu de faire ? » Questionne son père d'une voix amusée.
« Bah, être entre vous deux ! » Répond la gamine avec un air sérieux et sur un ton qui sous-entend que c'est une évidence. « Comme ça on est comme une famille ! »
Mon cœur manque un battement à la fin de sa phrase et je perds mon sourire attendri, mes yeux se perdant dans la contemplation du tapis. J'essaye de ne pas penser du tout. Le silence s'est installé dans la pièce et il se fait lourd. Je sais que Sakura a été directe comme peut l'être une enfant de son âge. Elle n'a sûrement pas pensé à mal ou compris ce qu'elle disait. Je relève la tête et regarde vers la fillette, elle joue avec le bord de sa robe distraitement, comme si elle réfléchissait à quelque chose d'important. Je tourne légèrement la tête pour observer Asuran et nos yeux entrent en contact. Il m'obverse attentivement une étrange lueur dans le regard. Je détourne les yeux à nouveau, le cœur battant un peu trop vite, et me décide à faire quelque chose. Je tends la main et dégage les cheveux de Sakura, j'y passe les doigts pour les démêler un peu avant de commencer à les tresser pour la nuit. Je me force à ne penser qu'à mes mouvements. Il est hors de question que je laisse la souffrance m'envahir maintenant. C'est l'enfant qui brise à nouveau le silence lourd.
« Papa est en congé demain, on va pouvoir aller se promener à trois ! » me dit-elle en tournant la tête vers moi. Elle semble très heureuse.
«À trois ?!? » J'ai laissé la question franchir mes lèvres sans vraiment y réfléchir, perdue dans mon travail de tressage de longs cheveux raides.
« Bah voui, tu vas venir avec nous… » Rétorque la gamine mais sur un ton où perce l'incertitude et la peur.
« On dit : oui. » je corrige automatiquement « et je ne sais pas si… »
Je m'interromps. Il faut que je leur dise que je compte partir demain matin. Il est temps, avant que Sakura ne soit vraiment attachée à moi, et que mon départ lui fasse mal. Et avant que moi je ne souffre aussi. Je lance un regard vers Asuran, le suppliant silencieusement de m'aider à m'expliquer. Mais il se contente de me regarder surpris par ma réponse. Imaginait-il que j'allais dire oui ? Je me mordille la lèvre inférieure, cherchant désespérément en moi la force de le dire et aussi les bons mots. Malheureusement, il semblerait que mon cerveau soit aux abonnés absents… zut, zut et re zut ! Comment vais-je m'en sortir ? J'inspire profondément avant de reprendre la parole, en balbutiant.
« En fait, je pensais… euh… peut-être que… Il est peut-être temps que je … »
« J'ai une proposition à te faire » Me coupe soudainement Asuran, attirant l'attention de sa fille et la mienne.
« Ah …. » Je murmure surprise. Sakura se contente d'observer attentivement son père.
« En fait, je me demandais si tu accepterais de rester encore un peu avec nous. » Commence-t-il à expliquer. « J'ai remarqué combien Sakura et toi vous entendiez bien. Et il me semble qu'elle t'obéit. Je cherche une gouvernante pour elle, mais le contact ne passe pas toujours bien avec les postulantes ou alors elles refusent de rester parce qu'elle juge ma princesse trop exigeante. Alors accepterais-tu de vivre ici et d'être sa gouvernante ? »
Ma bouche s'est ouverte d'étonnement toute seule mais aucun son ne sort. Par contre l'enfant pousse un cri de joie et saute au cou de son père pour l'embrasser, avant de venir me serrer contre elle. Les yeux d'Asuran sont rivés aux miens et je n'arrive pas détourner le regard. Je rends son câlin à la fillette. Se rend-il compte de ce qu'il propose ? Sait-il combien ce sera dur après pour moi de retourner à la rue ? Peut-il imaginer la souffrance que me séparer d'eux me coûte déjà ? Ce qu'elle me coûtera si je reste plus longtemps ? Mais après réflexion, ce n'est qu'un emploi temporaire qu'il m'offre, pas de partager leur vie. Mais serais-je capable de ne pas m'investir émotionnellement ?
« Alors tu vas rester avec nous ??? » Demande Sakura quand elle me lâche. Je n'ai pas le courage de répondre non. J'abdique devant le regard empli de joie et d'espérance de la fillette.
« Oui avec plaisir ma puce. » je finis par dire.
« Bon dans ce cas-là, demain ce sera promenade en ville et shopping. Tu as besoin de nouveau vêtements, je crois. » Me déclare Asuran avec un léger sourire. »
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Fin chapitre 2
Et voilà après plus d'un an, j'ai enfin écrit (ou plutôt fini) ce chapitre. La majorité ayant été écrite en moins de 24 heures ! Je suis fière, ça faisait longtemps que je n'avais pas été aussi inspirée sur une histoire. Mais j'ignore ce que cela vaut vraiment.
J'attends vos commentaires ;-)
