CHAPITRE SECOND

Kate Beckett passa la porte du petit bistro. La soirée était encore jeune et calme; il y avait peu de clients.

Elle marcha lentement afin de cacher son handicap, elle avait laissé la canne exprès dans sa voiture. Elle avait également pris soin d'enlever le carton lui reconnaissant le statut d'handicapé afin de bénéficier des places de stationnements réservés. Nul besoin d'en rajouter; la canne était déjà assez humiliante! Par contre, elle s'était tout de même munie d'espadrilles au lieu de ses traditionnels talons aiguilles.

Elle se rendit directement au bar. « Avez-vous vu cet homme, s'il vous plaît » demanda-t-elle en sortant une photo de Castle et son badge.

« Vous venez de le rater, ma jolie » Le bartender lui fit un signe de tête vers le fond de la pièce.

Un employé était en train de ranger du matériel. Une gigantesque affiche taille réelle de l'auteur « Numéro un du New-York Times' Best-Sellers » était encore debout. Lorsque Kate Beckett se retourna, l'homme lui sortit un tract pour explication.

Spéciale Soirée HEAT;
Richard Castle, lecture d'extraits.
Venez en grand nombre.
Autographes à la fin de la séance à 22h.

Une soirée pour son livre comprit-elle. Elle avait oublié qu'avec la sortie de son deuxième livre de la série HEAT dans les prochains mois, les petites soirées de ce genre devaient être courantes pour l'auteur.

Elle regarda sa montre; 21h24.

« Que s'est-il passé? Demanda-t-elle. La soirée devait durée encore une demi-heure, non?

- M. Castle a reçu un appel, il s'est excusé et est sorti. Lorsqu'il est revenu, il s'est excusé à nouveau et à interrompu la séance. Puis il a quitté. Raconta l'homme en nettoyant des verres.

- Comment vous a-t-il semblé?

- Préoccupé; il était blanc lorsqu'il est revenu. Et puis, à la vitesse à laquelle il est partit, s'avait l'air important.

- À part cet évènement avez-vous noté autre chose; des clients bizarres?

- Non, c'était plutôt tranquille, les gens ont justes été très déçus de ne pas avoir d'autographes à la fin. Apparemment, ce n'était pas la première fois que cela se produisait. Une cliente m'a dit qu'elle n'avait pu avoir d'autographes non plus au début de la semaine lors d'une soirée semblable …

- Qu'a-t-elle dit d'autre?

- Rien d'autre. Je lui ai offert un verre pour la réconforter, elle a refusé et est sortie.

- Vous savez où je peux la trouver?

- Non, je suis désolé, c'était la première fois que je l'a voyait, d'après moi elle fait le tour des soirées dans l'espoir d'avoir un autographe, la pauvre. Il rit pour lui-même.

- Où est allé M. Castle pour répondre à son appel?

- Hum … à l'avant, il y a une petite ruelle sur le côté, j'imagine qu'il est allé parler là pour plus d'intimité.

- Avez-vous une idée d'où il a pu aller en sortant d'ici?

L'homme fit signe que non d'un air désolé.

- Merci pour votre aide. Vous sauriez me décrire la cliente dont vous m'avez parlé?

- Bien sûr.


Beckett inspecta la petite ruelle indiquée par le bartender. C'était très à l'étroit, des sacs poubelles agrémentais l'air frais de la nuit. Elle sortit sa lampe de poche et parcouru l'espace de son faisceau. Les yeux jaunes d'un chat s'illuminèrent à son passage. Elle sursauta.

Elle composa le numéro de Castle.

Elle avait essayé de le rappeler sur son portable plus tôt, mais jamais elle n'avait réussit à le joindre. Elle avait réessayé avec le numéro inconnu; s'était une cabine téléphonique; celle au coin de la rue un peu plus haut. C'est de cette façon qu'elle avait remonté sa trace jusqu'au bistro.

Maintenant, quelque chose lui disait que l'auteur avait balancé son téléphone et qu'il devait encore être dans ces poubelles.

Son portable sonna en attendant que celui de Castle ouvre la ligne. Elle cessa de bouger pour mieux entendre. N'entendant toujours rien, elle ouvrit une bine à ordure et écouta à nouveau. Rien.

Kate s'appuya contre le mur; sa jambe se fatiguait.

Elle composa un second numéro. Elle n'allait pas passer le reste de la soirée à faire les poubelles!

« Re-bonsoir Tony, tu peux me rendre un autre service, s'il te plaît? Oui, je garde la ligne.»

Quelques flocons descendirent du ciel et vinrent se poser sur son nez alors qu'elle attendait.


Assise dans la voiture, elle ouvrit le coffre à gants et y prit un flacon d'analgésique. Elle sortit deux comprimés qu'elle enfouie au fond de sa paume avant de les envoyer dans le fond de sa gorge d'un geste vif. Elle prit une gorgée d'eau et avala.

Elle appuya sur le bouton de la radio et démarra le moteur.

Cindy Laupers termina sa chanson Girls Just Want to Have Fun, puis l'animateur meubla l'interlude.

Beckett ajusta la température de l'habitacle;

« C'est très froid ce soir dans les rues de New-York … » Commenta la radio. « Présentement, un petit et timide 4 degré sur la métropole avec quelques flocons par endroit. On attend, 5 à 10 cm de neige en intermittence avec de la pluie verglaçante pour cette nuit. Et qui dit pluie verglaçante, dit rues glissantes. Restez très prudents sur les routes. Il est maintenant 21h56 et vous écoutez … »

Son téléphone sonna. Kate fit taire la radio en voyant le numéro sur l'afficheur.

« Bonsoir, Martha. Est-il rentré? » Elle attendit la réponse puis ajouta « Vous avez retrouvez son horaire de la semaine? Génial. Je vous écoute. »

Elle sortit son calepin et nota ce que lui dicta Martha Rogers, la mère de Castle.

« Ne vous inquiétez pas, j'ai deux mots à lui dire également. Je vous rappelle plus tard. » Conclu t-elle avant de raccrocher.


Note de l'auteur : Je sais, ce chapitre n'est pas très palpitant … pour me faire pardonner, je vous mets la suite (bien plus palpitante!) bientôt, bientôt …