Chapitre
2
À travers une mémoire sans souvenir.
Déjà plus de 10 mois que son oreille avait ouï la mélancolique, mais tellement exquise voix de Christine Daaé, une jeune ballerine fort talentueuse. Et dire qu'il l'avait prise sous son aile… Geste noble ou pathétique ? Ça seule l'histoire que voici pourra y répondre, chers lecteurs. C'est, au bout de centaine d'heures de dur labeur, qu'Erik s'était donné corps et âme à cette jeune femme qui avait, de son charme et de sa grâce, réussi à toucher aux lauriers de ce cher ange. Vulnérable à sa protégée, il ne pouvait que l'admirer sous un œil bienveillant. Et plus le temps passait, plus son sentiment grandissait en lui, l'anéantissant petit à petit… Devait-il se lancer ou bien rengainer toutes ses idées si délicieuses ?
Ange de musique, Erik était devenu, aux yeux de la petite cantatrice, un si tendre ami… De sa voix, elle le remerciait de ce qu'il faisait pour elle, de ses mots, le soulageait de ses sombres songes et d'une légère caresse, faisait s'envoler tous ses soucis. Son père lui avait promis un ange… un ange de musique et voilà qu'en un instant, un simple instant, il lui était apparu tel un miracle venu directement du ciel ! Cela ne pouvait-il pas être un simple signe de son feu père qui lui était si cher ? C'est donc en se laissant totalement à la merci de son cher Maestro, qu'elle devint, en un temps record, la nouvelle vedette de l'Opéra Garnier, s'attirant la gloire et l'acclamation des foules mais aussi, les foudres de La Carlotta et d'autres chanteurs, mais notre petite ingénue n'y voyait que du feu…Et dire que ça, elle le devait à son charmant professeur, qui n'avait jamais osé se montrer à elle sous son vrai jour...mais les anges avaient-ils réellement une apparence ? Et bien, elle pouvait bien avouer en toute cécité que tout ce qui importait était son cher ange…rien que lui…
Mais comme vous vous en doutez, chers liseurs, Christine avait beau être dévoué à son protecteur, son cœur lui, se mit à battre pour un tout nouveau venu…peut-être pas si nouveau que ça. Raoul de Chagny, nouvellement promu vicomte, avait déjà fait quelques petites apparitions dans la vie de la jeune Daaé. Liselotte… telle était son surnom, et Raoul ne put résister à la vision enchanteresse qu'inspirait la chanteuse…Comment avait-il pu l'oublier si longtemps ? Tant de souvenirs, de jeux et d'anciens murmures des temps passés… Il devait la revoir. C'est donc en entendant la fin de la représentation d'Hannibal que le Vicomte se rendit à la loge de la protégée de notre Fantôme. Bouquet en main, Raoul avait bien pris soin de prendre le plus beaux de tous, évidemment ! Et après avoir franchi la foule d'admirateur qui lorgnait la porte de la jeune soprano avec envie, sans plus attendre d'invitation, Raoul entra dans la pièce. Et C'est à ce moment précis que tout avait chaviré… À Cause de Raoul De Chagny !
Serait-ce par à cause de l'arrivée de Raoul qu'Erik décida de se révéler à Christine ? Bien sûr, il aurait aimé le savoir lui-même, malheureusement pour lui, à l'époque, notre pauvre archange ne se doutait pas qu'à trop jouer avec le feu, on finit par s'y brûler. C'est donc avec insouciance et aveuglé par son brasier de passions, que le soir même de l'arriver de Chagny, alors que Christine devait allée retrouver son galant, qu'Erik l'attira dans ses filets. Emmêlée dans cette brume de toiles, la petite araignée n'y avait vu que du feu… C'est donc en entraînant sa protégée dans ses catacombes que le Fantôme pu réellement l'apprivoiser, ne serait-ce qu'une simple petite partie…et un simple petit moment…
Car oui, bien évidemment, cette petite soirée, qui s'était avérée merveilleuse, se transforma rapidement en un vrai cauchemar ! Le masque en était la cause…ce damné masque qui cachait tant de chose, un passé, un présent et probablement, un futur. Même si Christine avait toute confiance en son cher Maestro, cela n'empêchait pas sa curiosité d'intervenir à travers leur relation. Que dissimulait donc ce si frêle ornement ? Qui était donc cet ange de musique ? Si Christine n'avait commis aucune erreur jusque là, omis celle d'être tombé sous le charme de Chagny, elle s'apprêtait à faire la pire gaffe qui allait, à son insu, changer le courant de sa vie…
À pas de loup, La Daaé s'était approchée de son maître de chant. Assis à l'orgue, Erik sentit à peine la présence de sa protégée jusqu'à ce que celle-ci décide de déposer, avec une tendresse et une douceur qui lui était tellement commune, sa main et de laisser flâner ses doigts le long de la joue d'Erik. Celui-ci, attendrit par ce touché si peu conventionnel, se laissa affectueusement faire jusqu'à ce que… Sans crier garde… que Christine retire son masque, dévoilant son abominable visage déconfit, à la fois squelettique et cadavérique inspirant la terreur à quiconque osait croisé cette si détestable face...
La suite, n'était pas bien belle à voir puisque dès que Christine découvrit son visage… il était hors de question de la laisser s'enfuir…Et dans son élan de rage et de fureur Erik la condamna ! Malheureusement, ce qu'Erik était très loin de se douter, était que ce cher Vicomte, avait bel et bien entendu la voix du Fantôme au moment même où celui-ci s'adressait à sa petite protégée… Un résultat inévitable : les directeurs avaient été au courant de la disparition de leur nouvelle Diva…
Mais où était Christine ? Que se tramait-il ? La foule ne réclamait qu'elle et elle avait disparu ? C'était une calamité ! Il devait la retrouver coûte que coûte, mais à une condition… la cécité du publique était imminente…pas question que les spectateurs apprennent la disparition de leur nouvelle petite préférée…
