Chapitre II : RENCONTRE AU CLAIR DE LUNE.

Tiens mais qu'est que je fais dans la grande salle moi ? Enfin heureusement je ne suis pas en nuisette comme dans mon rêve. Non mais attends ma vieille…si tu es en nuisette ! Ha ! L'horreur ! Ce n'était pas un rêve, c'étaient juste deux secondes de lucidité !!! Merlin, qu'ai-je donc bien pu te faire pour mériter ça ? Je suis une gentille fille moi ! Oh ! mais qu'est-ce que j'ai avalé ? j'ai envie de vomir … Pourquoi elle me regarde comme ça elle ? Ha oui, c'est vrai : je suis en nuisette.

« Ça va Loona?

- Heu…oui, très bien. Merci. Pourquoi ?

- Et bien, tu en es à ton troisième bol de chocolat, tu as enfourné au moins 10 croissants et qui plus est, tu ne dis rien... En quoi vas-tu te déguiser ? »

Me déguiser ? Mais de quoi elle parle ?

« Moi je vais me déguiser en dragon ! Mais dis-moi : c'est quoi cette tenue ?

- J'essaie de lancer une nouvelle mode. Selon un sondage effectué par un des journalistes du Chicaneur, cela fait trente ans que la mode sorcière n'a pas évolué. Il est grand temps que ça change ! »

Bon, il n'y a plus qu'une solution pour ne pas perdre la face : rester habillée ainsi toute la journée ! Je vais me les cailler… Mais pourquoi est-ce toujours les réponses les moins pratiques qui me viennent à l'esprit ? Bah ! avec la robe de sorcier ça ira mieux. Pourvu que j'ai le temps d'aller la chercher avant le début des cours. Quelle heure est-il ? 8h45… C'est jouable. Bon allons-y calmement. Mais qu'est-ce qu'ils ont tous à parler de bal et de déguisements ?

Drago faisait sa ronde nocturne comme tous les soirs une semaine sur deux depuis ce début d'année. Ce soir là, la lune était pleine, il s'en était aperçu en passant devant une fenêtre du second étage. Il n'avait pas été facile de se mettre d'accord avec Granger au sujet de l'organisation de ces rondes. Et de tout le reste d'ailleurs. Ils avaient finalement opté tous les deux pour la solution qui les mettait le moins souvent en contact. Bien que fréquentant tous les deux la même salle commune, ils ne communiquaient que par l'intermédiaire d'un tableau « véléda », une invention Moldue que Granger avait installée là ; ou bien ils s'insultaient. Il était même étonnant selon l'avis de plusieurs personnes à Poudlard qu'ils ne se soient pas encore étripés mutuellement. Il avait bien essayé, mais elle lui avait lancé un sortilège d'amuïssement et il n'avait pas pu prononcer la formule entièrement. Il devait trouver un moyen de se venger : on n'humilie pas un Malefoy impunément. Et d'ailleurs en théorie, un Malefoy ne se laisse jamais humilié. Il était en train d'élaborer un stratagème de séduction des plus sadiques pour qu'elle ne puisse pas respirer sans penser à lui ni, penser à lui sans pleurer… Ça, ce serait la première étape, ensuite il faudrait qu'elle panique de l'état dans lequel elle se trouverait, qu'elle vire paranoïaque… Granger, je vais t'offrir un aller simple pour Sainte Mangouste ! Niark niark niark . Il en était là de ses délicieuses réflexions (que de joies en perspectives !) quand il percuta quelqu'un de plein fouet.

« Hé ! Mais qu'est-ce que tu fiches ici ? Tu es de quelle maison ? » Tiens, c'est la fille de tout à l'heure…

« Je suis allée cueillir des marguerites. Il faut les cueillir de nuit si on veut qu'elles restent fraîches plus de trois jours.

- Et en plus tu te fiches de moi?! 10 points en moins pour Serdaigle ! »

Haaa ! qu'il aimait ça ôter des points !!! Mais cela dit, il aurait préféré coincer un Griffondor, de préférence un première année. La semaine précédente, celui qu'il avait croisé avait été tellement terrorisé, qu'il en avait souillé son caleçon. Le problème quand ils avaient trop peur, c'était qu'ils ne recommençaient pas et ça faisait des punis potentiels en moins. Heureusement, il y aurait toujours Potter ! Bon alors tu vas dégager ! Pourquoi ne bouge-t-elle pas?

« Où est ton dortoir ?

- …

- Qu'est-ce qu'il se passe ? Tu as laissé ton cerveau avec tes vêtements ? (Loona était à nouveau en nuisette). Tu dors ?

- … »

C'est alors qu'un doute subit vint à l'esprit de Malfoy Junior : puisqu'elle avait pris son petit déjeuner en dormant, elle pouvait très bien marcher en dormant. Plus il y pensait et plus il trouvait qu'en fait, il était même plus facile de marcher en dormant que de manger en dormant. Par conséquent, la possibilité qu'elle soit encore endormie, n'était pas à exclure. Pour s'en assurer il passa une main devant les grands yeux noisettes (tiens, il y'a un peu de vert aussi) de la jeune fille. Pas de doute : elle dormait. Il en tombait les fesses dans le chaudron : il venait de la percuter, lui-même, athlète accompli, avait failli tomber à la renverse, et elle ne s'était même pas réveillée !!! C'était presque une insulte à son sex-appeal : n'importe quelle autre fille aurait tenté de le violer sur place : il faisait toujours ses rondes en peignoir de soie. Non mais pour qui se prend-elle ? Bon d'abord la réveiller, ensuite lui passer le savon de sa vie. Des marguerites ! et pourquoi pas des fleurs d'oranger ! Il s'apprêtait à exécuter son projet quand le professeur Rogue l'air particulièrement furieux apparu au coin du couloir. Après avoir entendu les explications de son filleul, il lui dit d'un ton plus sec encore qu'à l'ordinaire, du ton qu'il utilisait avec Potter :

« Ne la réveille surtout pas : ça pourrait la tuer. Reconduis la doucement à son dortoir » et de s'en aller.

Il en avait de bonnes ! Comme s'il savait où se trouvait le dortoir des Serdaigles ! Il décida donc de la mener à l'infirmerie. Après tout : il semblait évident qu'elle avait besoin d'être soignée. Il la prit par la main et prit le chemin de l'infirmerie, mais elle résistait. Il se retourna et constata que ses yeux étaient emplis de larmes. « Ça y'est, elle pleure maintenant!!! » Non, mais pourquoi pleurait-elle ? Merlin en avait vraiment après lui ! Il vit deux grosses larmes qui coulaient le long de ses joues. Mais son visage n'était pas crispé. Les larmes coulaient juste. Elle pleure comme pleurent les anges… Whohoho ! Stop Drago : c'est une tarée qui dort debout ! C'est tout. Il entreprit néanmoins de la mener chez Madame Pomfresh avec plus de douceur.

Après quelques accidents de parcours (elle se mit a hurler « au feu », puis s'exclama: « whaou quel charmant popotin! » devant la porte des appartements du professeur McGonagall, ce qui bien sur réveilla celle-ci...), ils arrivèrent (enfin) à l'infirmerie. Là, il la fit asseoir sur un lit et alla toquer à la porte de la chambre de l'infirmière. Celle-ci lui apparut en longue chemise de nuit en coton froufrouteuse et coiffée d'un bonnet de nuit assorti. « Ha ! Grand-mère mais que faites-vous là ?! » fut la première phrase qui vint à l'esprit de Drago, mais il sut heureusement se retenir et expliqua pourquoi il était là. Ensuite il retourna se coucher. Il n'avait pas fini sa ronde, mais tant pis. Si quelqu'un avait décidé de sauter de la tour d'astronomie cette nuit, c'est qu'il avait sans doute de bonnes raisons de le faire.