Notes : Bonjour à ceux qui sont là ^^ ! Voici le chapitre suivant. Je pense vous en mettre un par jour jusqu'au "4", ensuite, ça sera au fur et à mesure de la "production"... Alors, bonne lecture et à bientôt ;) .


Mon arrivée au Bayern s'est passée aussi bien que je l'avais espéré. D'abord, je débarquais à Munich avec toute ma famille, ensuite, j'étais attendu là-bas comme le messie.
...enfin, façon de parler. Plus sobrement, disons que peu de personnes regrettaient que le club ait financé mon transfert.

Et comble du bonheur pour un joueur qui ambitionne de remporter tous ses matches : je n'étais pas le seul à intégrer les rangs du Bayern cette saison-là. Deux vieilles connaissances – dont une qui m'avait déjà donné du fil à retordre sur un terrain (ce qui est un compliment venant de moi) – s'y joignaient en même temps : Stefan Levin et Shunkô Sho. Il ne manquait plus que Genzô se décide enfin à suivre mon exemple et tout serait parfait.
...malheureusement de ce côté-là, il aura fallu attendre que cette tête de mule ait des problèmes avec Hambourg pour qu'il daigne enfin étudier de plus près la proposition que je lui faisais depuis des mois !


Concernant mon parcours « professionnel », durant les trois années qui ont suivi mon départ de Hambourg, tout s'est déroulé pour le mieux. Vainqueur en championnat, en Coupes, régulièrement cité parmi les meilleurs joueur du Vieux Continent, franchement, tout évoluait pour moi à merveille.
Bien entendu, tout cela n'est pas arrivé avec un simple claquement de doigt – j'en ai passé des heures à suer sur le terrain à travailler mes tirs ; des heures en salle pour me forger un corps qui me permettrait de tenir bien plus que quatre-vingt dix minutes ou encore devant les enregistrements de matches pour décortiquer les tactiques adversaires.

« Me lasser de tout ça ? ». Ah non, certainement pas ! Parce que quand on aime le foot comme je l'ai toujours aimé, on trouve toujours un nouveau but à atteindre une fois qu'on a obtenu ce qu'on voulait juste avant. Et de toute façon, les saisons ont beau se succéder, il n'y en aura jamais deux de semblables. Car loin d'être un éternel recommencement, elles m'ont toujours offert un plaisir incroyable à découvrir sans cesse de nouvelles et belles choses.
...un peu comme les filles, en fait.


Hé oui ! Parce que concernant mon parcours « privé », j'avoue que là aussi, durant ces trois années, il y eut de quoi dire – et peut-être même parfois plus que sur mes dribbles et autres actions footballistiques.
Tiens ! Ça a d'ailleurs été l'une des principales raisons qui m'ont rapidement motivé à prendre mon appartement. Non pas que la vie de famille ne me plaisait plus ou que mes parents se languissaient que je déguerpisse. Non, non. C'est venu de moi.

Par respect pour mes parents et ma sœur justement, je n'ai jamais considéré le domicile familial comme un moulin – et en ayant très rapidement eu les moyens de me payer de jolies suites dans de grands hôtels, ça ne fut pas un problème.
...oui, parce que je tenais aussi à préserver la quiétude de mon petit chez moi. N'y allait pas qui voulait.

Mais même si je n'ai jamais imposé de défilés à ma mère ou mon père, ceux-ci se tenant un minimum informés sur mes différents exploits (quel qu'en soit la nature) et n'étant malheureusement pas aussi dupes que je l'espérais, il est arrivé un moment où la petite réflexion - voir carrément, la grosse leçon de morale - à la fin de chaque repas est devenue difficile à supporter.

- Karl ?, commençait toujours ma mère calmement, l'air de rien, une fois son dessert terminé. Tu as vu les journaux cette semaine ?
- Lesquels ?, répondais-je immanquablement d'une voix polie et curieuse, la tête dans mon pot de yaourt, en sachant pourtant pertinemment ceux auxquels elle faisait allusion.

Je détestais quand elle allait chez le coiffeur ! C'était le seul endroit qu'elle fréquentait où traînaient des magasines de presse people (dont, entre parenthèse, je me suis toujours royalement foutu) – genre de publication qui faisait que j'y avais droit à chaque fois qu'elle se présentait à nous avec un volumineux brushing.

- Devine, soupirait alors mon père en jetant avec lassitude sa serviette sur le table, le tout sous le regard brusquement intrigué de ma sœur qui en oubliait souvent de finir de manger.

Il a toujours fallu qu'ils me fassent leurs petites remontrances devant elle. À croire qu'ils le faisaient exprès !

- M'man, je t'ai déjà dit que je ne faisais pas attention à ce que ces torchons publiaient – et entre nous, tu devrais en faire de même, lui répondais-je en relevant la tête. J'ai ma vie. Elle me plaît comme elle est. Je ne fais de mal à personne – bien au contraire...
- Karl ! Enfin, ta sœur !, s'offusquait ma mère en me jetant un regard réprobateur comme si je venais de dire une insanité.

Ils n'avaient qu'à pas me parler de ça devant elle, après tout !

- Quoi « ma sœur » ? Comme si elle croyait encore aux cigognes peut-être, ma sœur ! Et puis, c'est pas moi qui ai commencé à en parler, je vous signale.
- Non, en effet, embrayait généralement mon père...

C'est fou ! Ils étaient devenus d'une synchronisation depuis qu'ils s'étaient remis ensemble, tous les deux.

- ...mais je ne pense pas non-plus que nous serions obligés de t'en parler si souvent si tu avais une vie un peu moins...dissolue.
- P'pa ! C'est bon quoi ! J'ai vingt ans ! Je ne suis pas marié ni père de famille et je vous le répète : je ne fais aucun mal.
- Mais enfin, insistait à chaque fois ma mère...

Ah oui ! Vous dire quand même que ces discussions-là n'étaient qu'un éternel recommencement.

- ...ça ne te dérange pas de passer pour un Casanova auprès de la population ?
- Non.
- Et éventuellement qu'on puisse raconter n'importe quoi sur toi ?
- Non-plus, disais-je tranquillement. Je ne prends même pas la peine de tenir ce genre de magasine entre mes mains. Donc je ne risque pas de savoir si ce qu'ils y écrivent est vrai ou pas. De toute façon, les gens ne viennent pas me voir jouer au stade pour essayer de repérer ma dernière petite-amie en date, mais plutôt pour me voir marquer des buts. Alors...Et puis franchement, vous devriez plutôt être soulagés que je ne prenne pas la mouche chaque fois que l'un de ces gugusses s'amuse à aller me mitrailler dans le recoin le plus indiscret qui soit. Parce que celui qui s'arrête à tout ça aurait de quoi devenir dingue. Mais pas moi !

Et là, grand sourire satisfait.

- Ah ! Donc bientôt, il faudra qu'on te félicite pour le détachement salutaire dont tu sais faire preuve, c'est ça ?, ironisait mon père.
- Et tu as l'intention que cette vie-là dure encore longtemps ?, s'inquiétait ma mère.
- Hum...voyons voir, m'amusais-je alors. Au moins le temps que je finisse de remplir mon carnets d'adresse de « Jeunes filles abandonnées ».

Réflexion qui faisait éclater de rire ma sœur et exaspérait mes parents au possible. Mais d'un autre côté, mis à part m'enfermer dans une chambre en me posant une ceinture de chasteté ou m'envoyer en cure de désintoxication sexuelle (Nooon ! Je plaisante, je n'en étais quand même pas arrivé à ce point là !), ils savaient qu'ils n'avaient que leurs paroles de parents pour essayer de me faire changer de comportement.
Fort heureusement, je n'étais pas non-plus un sale gamin. Ça finissait donc très souvent par des paroles rassurantes.
...enfin, tout du moins, un peu rassurantes.

- Ça va, je plaisante ! Non, sérieusement, je peux vous garantir que le jour où je rencontrerai quelqu'un de bien, qui me plaira vraiment et avec qui j'aurai envie de passer du temps et partager des choses et pas seulement...enfin, vous m'avez compris, je pense que tout ça s'arrêtera sans même que je m'en rende compte.
- Hé bien, dans ce cas, tout ce que je te souhaite mon chéri, y répondait ma mère, c'est que tout ce bon temps que tu prends maintenant ne la fera pas fuir au triple galop, cette qui sera « si bien »...et dont tu seras finalement tout simplement amoureux.

Donc oui, c'est vrai, j'ai bien profité et eu beaucoup de petites-amies. Et soyons clairs, malgré les discussions plus ou moins plaisantes que cela engendrait, ou encore les avertissements de ma mère, je ne le regrette pas. Ce que je pourrais éventuellement regretter, c'est la façon dont j'ai pu gérer une situation en particulier.
...mais on en parlera plus tard.

C'est vrai aussi que ce n'est pas parce que j'avais du succès auprès des filles, que j'étais obligé d'en changer tous les trois jours - ou de sortir avec plusieurs à la fois. Tout ça est une question de tempérament – et un peu d'entourage aussi. Mais comment vous dire ? À cet âge-là – et surtout avec tout ce qui m'arrivait en même temps – je ne me posais pas les questions qui doivent davantage nous turlupiner à la trentaine, lorsqu'on aspire à une vie de famille seine et durable. En fait, je crois qu'à vingt ans, on ne se pose aucune question - et lorsqu'on nous en pose, on part vite en courant histoire de ne pas avoir à chercher de réponse !

Donc, des interrogations, je n'en avais pas ! J'étais jeune, beau, insouciant, célèbre, riche, populaire...
*je vous ai prévenus que question modestie, ça n'est venu que plus tard, hein !*
...les filles me couraient après, je n'étais pas un gros timide qui refusait d'aimer quelqu'un d'autre que ma mère, elles savaient à quoi s'en tenir en sortant avec moi et moi, je savais relativement bien ce que j'allais trouver auprès d'elles. Alors, dans ces conditions, où est le mal ? Moi, je ne recherchais pas le grand Amour et étais simplement désireux de profiter de la vie.
Au moins, avec ce système, tout le monde était content.
...même si certaines ont pu être quelque peu déçues de voir en même temps que notre relation se terminait avec plus ou moins de rapidité et de délicatesse qu'elles n'étaient pas celles qui réussiraient à me passer la corde au cou.
Elles, elles pouvaient alors parader à mon bras et aller dans des endroits qui leur seraient probablement toujours restés interdits (même si d'autres en revanche y avaient facilement accès parce qu'étant de la « bonne société ») et moi, je vivais comme je l'entendais, au jour le jour, au gré de mes envies, avec toute l'insouciance qu'apportait mon statut. Quand ça allait, c'était très bien ; quand ça n'allait plus, je disais au revoir. Hors de question de me prendre la tête pour une fille !

« Pas très romantique ? ». Oui...Je ne dirais pas le contraire et j'assume. Mais comme je n'avais alors jamais cherché à vivre l'Histoire non-plus...
Après, attention ! Changer régulièrement de petites-amies et faire (aux dires de mes parents) n'importe quoi de mon...de ma vie privée, ne m'ont pas pour autant transformé en goujat ! Non, non ! Je vous assure, c'est faisable.


« Et Anja dans tout ça ? ». Ben, vous savez, Anja, jusqu'à ce que je la revois, je n'y pensais plus trop – pour ne pas dire : plus du tout. On aurait pu me parler d'elle que je m'en serais probablement souvenu, mais même si son père avait, à ma grande et plutôt bonne surprise, débarqué par un beau matin à Munich pour s'occuper de la pelouse du stade, je n'y avais pas vu là un lien avec sa fille, mais plutôt un avec mon ancien club.
...oui, je sais, je suis irrécupérable.
Non, je ne savais même pas ce qu'elle était devenue. Certainement étudiante. Mais où ? Dans quoi ? Aucune idée. Car malgré d'avoir trop de petites-amies, la seule chose qui comptait vraiment pour moi à cette époque, c'était le foot et rien que le foot. En saison, le week-end, durant les trêves, je n'avais que mon ballon rond dans la tête et le cœur.

Et le plus beau, c'est que c'est grâce à ce sport que je l'ai tout d'abord connue, mais c'est aussi grâce à lui que je l'ai revue et ai pu vivre quelque chose de plus intense encore qu'une finale de Coupe du Monde.