{Sous les Etoiles.}


Toujours pour la science, que le génie sort de sa boîte. Comment écrire un dû qui est fait ?

Comment soustraire ses idées aux belles valeurs de la vie ?

La question se posait grandement dans le grand esprit du jeune homme ainsi affalé sur la table de son supérieur.

Supérieur Hiérarchique qui n'avait que faire de ses réflexions planétaires mais qui plutôt empoignait avec fermeté le fait qu'il était bien là où il était.

« - Ah... Ah...! »

Le jeune homme se demandait tout de même encore comment il pouvait penser à toutes sortes de choses, alors qu'il n'avait qu'un seul désir en tête. Un désir qu'il partageait d'ailleurs, sans vraiment le savoir, avec beaucoup de femmes de la région et bien d'autres encore sans doute...

Un désir de chair et de passion qui lui broyait les cuisses à cet instant et qu'il l'écrasait chaleureusement de son poids contre la table. Ce n'était pas sauvage, et ce n'était pas douloureux. C'était sensationnel, et c'était désirable.

« - ...Hm! Ah !! »

Il fronça les sourcils, bien que son regard soit caché sous ses paupières closes. Une pensée venait de le traverser. Est-ce qu'à cet instant, il tenait réellement une conversation avec son génie ou bien était-il en train de se positionner par rapport à son désir. Il ne savait ni ne comprenait pourquoi son corps s'exprimait à sa place, en lui ordonnant sans qu'il ne sache bien pourquoi, à gémir comme un soldat blessé alors qu'en fait il y avait plus de bien que de mal. Ou était-ce le stylo plume qu'il ressentit contre la chair de son bras droit en serrant fermement l'extrémité du bureau en bois ?

Il ne savait dire.

La réponse lui vint de son supérieur, dont la main gauche lui chatouilla le nombril et dont les lèvres vinrent emprisonnées les siennes. De nouveau le jeune homme exprima son bien-être en gémissant, sentant couler en lui la flèche qui, sans en connaître tactiquement la grandeur et la largeur , il en était certain, appartenait à la vague de chaleur contre lui.

Cette vague se souleva de nouveau dans un rythme bien réfléchit et retomba sur lui comme une mélodie rapide. Un va et viens de plus en plus passionné qui rendait ses jambes à l'état de coton. Mais il ne s'en plaindra jamais. Ça, non !

« - ...Aaah ! OuuH.. »

Il aurait aimé dire quelque chose d'autre tout de même, mais son cerveau avait été remplacé par une antenne tactile. Dès qu'une partie de son corps était touchée, il sentait que son désir grandissait. Pas que le sien visiblement, car son supérieur semblait se surmener pour ne pas le renverser (Pour connaître la conjugaison de se mot, vous pouvez remplacer « renverser », par « prendre » !) par terre. Cette fichue table était, non pas désagréable, mais le bord commençait sérieusement à devenir gênant !

Au bout de quelques minutes, la flèche atteint sa cible.

C'est dans un crescendo que se termina cette mélodie rythmique et que le jeune homme ainsi allongé sur la table retrouva ses mots. Il pencha la tête en arrière, et soupira d'aise. Ce n'était déjà pas facile d'y voir dans une pénombre pareille alors que la Lune rongeait le ciel, mais la tête à l'envers ce fut plus difficile encore d'arriver à lire l'heure sur la grande horloge qui trônait en haut de la fenêtre centrale. C'est dans la stupeur qu'il vit les deux aiguilles se croiser sur le huit inscrit en gras et ce fut ainsi qu'il serra fermement les jambes autour de la taille de son supérieur. Relevant la tête vers celui-ci, il lui hurla presque dans les oreilles;

« - Ça fait dix minutes qu'on devrait y être ! Dépêche-toi de t'habiller, tu dois être ponctuel à ta propre soirée ! »

Mais son supérieur ronchonna contre ses lèvres avant de se redresser comme un mal réveillé. Le jeune blondinet sous lui le libéra de son emprise et se leva à son tour pour remonter son pantalon à son nombril. La tête lui tourna légèrement, mais il n'y prit pas garde, surmonté cette fois ci par leur retard commun. Pour lui, ce n'était pas bien grave alors qu'il n'avait jamais été à l'heure de toute sa vie, mais pour son amant, les dix minutes qui le séparait de cette soirée devenaient affreusement pénibles. Lui, le nouveau Généralissime, allait rater l'occasion de faire sa jolie rentrée en scène.

Mais connaissant Roy Mustang sur le bout des lèvres, il ne s'étonnerait même pas de le voir lever les rideaux sur son retard comme une jupe.

Ils se croisèrent pour la dernière fois vers la porte du bureau et s'embrassèrent passionnément avant de partir chacun d'un couloir différent. Ils ne leur restaient plus qu'à descendre les escaliers du QG de Central et d'ouvrir la porte du réfectoire, ainsi métamorphosé en salle des fêtes. L'arrivée de Roy ne fut effectivement pas raté, avec ses quelques mèches brunes rapidement coiffés et les plis soupçonneux de son pantalon. A par cela, il restait présentable, comme tout bel homme. Il ne s'attarda donc pas, et chercha un verre de champagne à ce mettre sous la main et le mythique micro qui l'attendait au centre de la pièce. Il tapota dessus comme un enfant avant de le saisir puis aiguisa son plus beau sourire;

« - Bonsoir. Bonsoir à tous, mesdames et messieurs... »

Et pendant qu'il récitait son discours maintes fois clamé, une petite tête blonde se faufila derrière la porte du réfectoire pour rentrer dans une douceur presque lente. Son regard doré croisa des cheveux de la même texture que les siens bien que lui soit trop petit pour être vu, il reconnu tout de même là, la signature biologique d'Hoheineim et donc, Alphonse Elric. Il leva le nez pour observez son cadet qui ne l'avait pas encore vu. Heureusement. Mais à ses côtés, une frêle et belle jeune femme tourna ses orbes bleutés dans sa direction et l'attrapa du regard.

« - Merde ! Susurra le petit blondinet en se baissant encore. »

Mais trop tard, quand Winry Rockbell trouvait un amuse-gueule à se mettre sous la dent, s'en était fini des supplices...

Elle tapota discrètement l'épaule d'Alphonse et lui murmura dans l'oreille sa belle trouvaille. C'est ainsi qu'il tourna la tête et croisa le regard paniqué de son ainé et qu'il s'éloigna de la mécanicienne.

Ce fut à grands pas qu'il atteint la petite tâche rouge, cachée sous une table.

« - Qu'est-ce que tu fais, Ed ? »

Ledit Ed resta soigneusement sous la table et répondit à son frère par une bouille enfantine;

« - Ta copine me fais peur. Elle a un radar à la place du cerveau ! »

Alphonse gloussa puis tendit la main pour aider son frère à se relever. Finalement, Edward accepta de se relever à condition qu'une limite soit respectée entre lui et la jeune blonde.

« - ...Buvons à notre santé en ce jour de fête. Demain c'est congé, mes amis ! »

Roy délaissa le micro et trinqua dans le vide avant de boire une gorgée de son champagne. La foulée l'imita avant que la musique ne vienne se joindre à eux.

Finalement, leur retard commun passa inaperçu et la soirée se déroula comme un tapis rouge. Le ciel scintillait des milles et une étoiles qui semblaient veiller sur les deux amants, sagement séparés l'un de l'autre, adoptant une attitude normale, posée, sereine...

Roy Mustang usait de ses bonnes paroles en présences des dames et Edward Elric empalait chaque apéritif sur son cure-dent pour en faire une brochette. Quoi de plus normal ?

Mais l'ambiance, bien que chaleureuse, pesa énormément pour le jeune blondinet qui préférait milles fois la solitude à ce trop de monde...

Emportant avec lui une armada d'apéritifs et son verre de champagne, il emprunta la sortie puis alla s'asseoir sur les escaliers nocturnes de dehors.

Rapidement rejoint par son cadet, ils parlèrent sous les étoiles, comme au bon vieux temps.

« - ...Et alors, pourquoi tu es arrivé en retard ? »

Edward termina de mâcher (comme un chameau) son énième saucisse apéritif, et se tourna vers Alphonse:

« - Je me suis endormis. »

Le plus jeune ne fit aucune réflexion même si ses lèvres tremblaient quelque peu, signe qu'il se retenait de rire. Mais au lieu de s'attarder sur le teint soudainement tomate de son grand frère, il claqua dans ses mains en se levant de la marche où il était assis;

« - Moi et Winry, nous rentrons à Resembool. Tu es toujours certain de ne pas vouloir nous accompagner ? »

Edward hocha la tête et leva son regard vers son cadet;

« - Chertain, répondit-il la bouche pleine, t'inquiète pas que je viendrais après. Je te l'ai promis. En attendant, faites pas de bêtise ! »

Alphonse rigola de bon cœur et tout en s'éloignant, il répondit;

« - Toi non plus surtout, Bonne soirée ! »

Il se retrouva de nouveau seul quand la porte se referma sur son petit frère, mais ce fut de courte durée lorsqu'il sentit l'auréole de lumière traverser son dos quand la porte s'ouvrit encore derrière lui. Il s'attendait à ce que Alphonse ai oublié de lui dire quelque chose et il se tourna donc, pour finalement voir que c'était Roy qui arrivait vers lui.

Le Corbeau de Flamme vint s'asseoir à côté de lui, remuant son champagne comme un vulgaire vin de campagne. Il semblait préoccupé. Mais ce ne serait pas naturel de la part du blondinet de demander ce qui n'allait pas. Il attendit donc que Roy prenne la parole. Ce qu'il fit.

« - Les étoiles sont merveilleuses ce soir... »

Ce n'était certes, pas très instructif, mais ceci donna envie au plus jeune de redresser la tête pour le constater de ses yeux. Il but une gorgée de champagne et se frotta les mains des miettes de ses apéritifs.

« - Est-ce ton souhait, Edward... Est-ce ton souhait de rester dans l'armée ? »

Cette question subite surprit quelque peu le jeune homme qui s'attarda à observer curieusement son supérieur.

« - Bah... Ce n'est pas vraiment un souhait...Mais j'ai pas vraiment le choix. Puis maintenant que je suis majeur, rien ne m'interdis d'y rester, pourquoi ? »

Roy délaissa les étoiles et se tourna vers son subordonné;

« - ...Ne crois-tu pas que trouver du travail te ferais du bien ? J'ai cru comprendre que Alphonse avait trouvé, lui...

- Oui. Dans la Boucherie de notre Maître à Dublith. »

Roy esquissa un sourire qui se voulait sans doute, discret et suppliant.

« - Pourquoi n'irais-tu pas avec lui ?

- Parce que la-bas c'est pire qu'ici. Je risque de me faire tuer au moindre paquet de viande non vendu...Et puis ça ne me plaîs pas.

- Mais ici non plus ça ne te plaira pas d'avantage. »

Edward posa enfin son regard sur son amant caché et le questionna du regard avant de l'exprimer;

« - Où voulez vous en venir, Général ? »

L'alchimiste de flamme baissa les yeux sur le béton des marches et son visage se heurta à une glace. Son expression devint grave et sa voix, triste;

« - Des rebellions... Des guerres civiles...Et tous ça pour quoi ? Une poignée de protestants qui croient encore que les homonculus peuvent leur apporter l'utopie... Je pensais qu'en montant les échelons, je pouvais arrêter tout ça... Mais le temps des mots est révolus. J'ai tenté maintes fois de les arrêter sans la force...Mais ils ne veulent rien entendre et ils propagent la mort. Alors nous n'avons pas d'autre choix que d'utiliser notre dernière carte... »

Edward croisa les bras et le regarda d'un air farouche;

« - Mais les homonculus sont tous morts, alors pourquoi est-ce qu'ils croient encore à...

- Des rumeurs disent qu'il y en a encore un dans les parages, et qu'ils cherchent à en creer d'autres...

- Quoi ?!! »

Edward, effaré, décroisa les bras et scrutait son supérieur comme s'il avait la peau verte.

« - Attendez... »

Il baissa la tête, caché par ses mèches blondes et ferma le poing. D'une poigne d'acier, même si c'est phalanges étaient bien osseuses. Il ferma les yeux et claqua de la langue;

« - … Tu veux m'éloigner..., murmura t-il »

Roy ne répondit pas directement à la question et garda les yeux fixes sur l'horizon, sentant dans son dos la présence de Riza Hawkeye. Elle écoutait. Et elle n'était pas la seule.

« - Les protestants sacrifient des personnes innocentes pour créer la Pierre... Pour créer des Homonculus... Nous devons les arrêter. Aujourd'hui sera pour beaucoup d'entre nous, la dernière fête... Le Calme avant la Tempête. Le Jour avant la Nuit. La Vie avant la Mort. »

Il inspira longuement avant de poursuivre sous le regard peu convaincu d'Edward;

« - Tu est jeune. Tu n'a jamais vécu la guerre. Tu as encore le temps avant de vivre ça. Et je ne veux pas que tu y participes. »

Edward hurla presque, absolument paniqué par la situation qui lui échappait;

« - Mais je peux vous être utile ! Vous le savez parfaitement. Vous éliminez consciemment de vos rangs un alchimiste d'état qui ne peut que vous êtres favorable ! »

Le corbeau de flamme le fixa durement;

« - Non...Je choisis mes prédécesseurs avant de partir, au cas où je ne revienne pas... »

Bouche bée, Edward ne rajouta rien de plus. Il regarda Roy se lever et s'éloigner vers la porte du réfectoire. Mais avant de disparaître à l'intérieur, il lança un regard vide à son petit amant;

« - Ne m'obliges pas à te virer. Écoute mon ordre pour une fois. »

C'était presque un supplice dans son regard qui se forma, mais le jeune homme ne le remarqua pas. Il regarda son supérieur disparaître dans la salle des fêtes et se leva, révolté par les mots.

Son esprit assimilait mal. Son cœur aussi.

Il ne pouvait se résigné à le voir partir, seul. Et peut-être ne plus revenir.

Mais il y avait aussi Alphonse...

Il ne savait plus par quel bout s'y prendre. Il laissa donc ses idées submerger son corps tout entier. Son corps qui réagissait à présent très mal aux souvenirs des caresses de son amant. Il avait chaud, et il avait l'impression de brûler sur place. Il devait rentrer maintenant... Ou bien ses pleurs silencieux ne viendront jamais à sortir.


Voilà pour la réécriture de ce premier chapitre ! Dites-moi donc ce que vous en pensez, avant que je ne fasse la suite. Car si vraiment il ne vaut pas la peine, faut pas continuer xD

Comme vous pouvez le constaster, je suis toujours aussi douée avec les débuts et les fins ("Huhuhu, quelle ironie ! XD)

Mais bon... Voilà ^^