Chapitre 2 : La blonde

—Non mais ça ne va pas vous ? Vous savez ce que vous avez fait ? Mais il est inconscient, stupide.

Réveille-toi Edward, elle te parle. Elle attaque ? Je riposte.

—Je vous ai sauvé la vie.

Je lui offre mon premier sourire.

—Car vous pensez que je ne peux pas me défendre seule? Alalala encore un touriste, il va falloir que je m'en occupe.

—À vrai dire j'ai quelques doutes. Je m'appelle Edward et je viens de m'inscrire en auditeur libre au lycée.

—Quelle idée ! Dire que je fuis le lycée. Vous ne devriez pas vous balader tout seul ici, ce n'est pas prudent du tout.

Cela elle peut le dire vue dans quel état je suis. Je crois que je pourrais la saigner à blanc en quelques minutes. Continuons la conversation le plus naturellement possible.

—Je vous retourne la remarque.

—Bon assez parlé je vous escorte chez vous. Où habitez-vous ?

Elle veut m'escorter ? Elle veut escorter le monstre qui rêvait de lui lécher le dessous de son menton, de s'en faire son repas. Je crois que je suis tombé sur une folle. Soyons gentils avec elle et testons mon sourire enjôleur sur elle. Il faut que je la garde en vie.

Il faut que je le garde en vie.

Me garder en vie ? Moi ? Quelle ironie !

—Non mademoiselle, je veux profiter de cette belle nuit pour me balader.

—Ben voyons ! Personne ne se balade par ici la nuit, il faut être inconscient.

Je suis un grand garçon, je vais attaquer autrement.

—Si vous avez peur pour ma sécurité je peux rester avec vous, sauf si bien sûr vous avez peur de moi.

Maintenant le sourire et...

—D'accord si ça vous chante.

... bingo. Bon reprendre la conversation.

—Que fait vous de beau de vos nuits ?

—Je me balade comme vous.

—Je vois. Est-il normal qu'on se balade maintenant dans un cimetière ?

—Oh ça ? Ici nous avons plein de cimetières.

—Intéressant.

Oui intéressant, enfin bref, pas vraiment. En tant que vampire on fréquente rarement ces lieux-là, en plus qu'y ferions nous ? Dormir dans un cercueil caché du soleil ? Par contre, ça semble une bonne planque pour attaquer les visiteurs nocturnes. J'en ai les mains qui tremblent, ce séjour va me mettre à rude épreuve, je relève le défi. Étrangement cette fille me donne envie de rester avec elle.

Il faut que je me débarrasse de ce mec pour pouvoir travailler tranquillement. Je crois que la nuit est foutue, n'empêche qu'il est plutôt mignon. C'est bizarre comme il semble fort. Je sens que je vais tout compte fait prolonger la balade.

Que ces humains sont bizarres, leur vie tient qu'à un seul fils et ils vont au devant du danger. Je crois que je ne les comprendrais jamais. Et dire que dans mon ancienne vie je rêvais d'aller faire la guerre en Europe. Ce qui confirme bien que les humains soient incompréhensibles.

—Vous êtes bien pâle pour vivre en Californie? me demanda-t-elle.

—Oh ça, je souffre d'une maladie de peau. C'est pour ça que j'évite le soleil et que je me balade la nuit.

—Ah oui ! Comme Mickael Jackson ?

—Pas tout à fait, mais ce n'est qu'un détail.

C'est la première fois qu'on me la faisait celle là. D'un autre côté je l'ai bien cherché. L'esprit de cette fille est vraiment dérangé. Elle ne pense qu'à des monstres. Je me demande quel gout avait ce démon bleu, c'est peut-être comestible. Ouah elle se voit même les combattre. Je crois que je suis tombé sur le pompon.

—Rentrons, me dit-elle.

Changeons de sujet.

—Vous vivez ici depuis longtemps ?

—Quelques années, je vis ici avec ma mère. Mes parents sont divorcés et je vois très rarement mon père. Je vais lui faire mon sourire enjôleur.

Voudrait-elle me draguer ? C'est mal barré, même si je l'aime bien.

—Tu sais qu'il fait soleil 364 jours par an, tu ne vas pas t'amuser beaucoup.

—Ne vous inquiétez pas pour moi, j'ai tout prévu. Vous devriez aller vous coucher il est tard et je présume que vous allez au lycée demain.

Voilà il suffit qu'elle aille faire dodo et moi je continue ma visite.

—Oh je ne dors pas beaucoup et je dois te ramener.

—Je rends les armes, j'habite dans la maison d'hôte à côté du cinéma.

—Tu as eu droit au questionnaire de la vieille folle ? Allons-y.

—Je n'emploierais pas ces termes, mais je suis arrivé à couper court à ses questions.

Nous voilà maintenant devant le perron de la porte, elle est la devant moi se balançant d'une jambe sur l'autre, les mains dans le dos. Ses cheveux au vent, le sang aux joues, le ... STOP. Je lève la main et lui fait un petit signe.

—Au revoir mademoiselle, à bientôt.

—Au revoir Edward. Pourvu que bientôt soit rapide. D'un autre côté que dirait-il s'il savait ? Tiens et si j'allais lui faire une visite surprise.

Ces humains sont in-co-ri-gi-bles, je vais rentrer par la porte, sortir par la fenêtre et la suivre. Moi ici, il ne lui arrivera rien. Et je la laisserais une fois qu'elle aura rejoint les bras de son amant. J'aimerais rester l'Edward Cullen super héros au moins pour mon séjour ici.

Rien de bien compliqué à suivre, surtout avec une telle odeur. Il faut seulement que je me concentre et éviter que mon esprit divague. Je vais passer par la voie aérienne, de branche en branche. Et la voilà, dans un cimetière ? Encore ? Affolant cette ville. C'est le bouquet elle rentre dans une crypte. C'est moi qui suis censé y vivre. C'est vrai quoi ! Dans les livres ce sont les vampires qui vivent dans ce genre d'endroit pas les poupées blondes. Je vais me mettre à l'affut et la guetter

23 h 00

Elle est toujours à l'intérieur. Je vais faire un petit coucou à ma sœurette.

—Merci de donner le code secret.

—Je ne suis pas un agent secret Alice.

—Ah bon ? Tu n'es pas parti en mission ? Alors, comment ça se passe ?

—Ça se passe. Les nuits sont calmes ici on dirait que les gens se barricadent chez eux dès la nuit tombée.

—Je vois, tu m'appelles car tu t'ennuies. Et ta quête ?

—C'est un peu trop tôt. Et non je m'ennuie pas, je me suis trouvé une occupation.

—Encore une brune ?

—Non une blonde. Intéressante, mais sans plus. J'essaye de la garder en vie.

—Je vois. C'est si dangereux que ça ?

—Disons que l'atmosphère me donne des pensées plutôt sanglantes, mais je me maitrise.

—Attention Edward Anthony Masen Cullen.

—Tu prends ça trop au sérieux. Dit à tout le monde que je pense à eux.

—Pas de problème. N'oubliez pas d'effacer vos traces derrière vous, agent Cullen.

—Très drôle mon lutin, à bientôt.

—Reviens-nous vite sans aggraver le nombre de tes meurtres.

Voilà une bonne chose de faite.

Allons voir quels animaux se cachent dans les parages ! La petite blonde devrait arriver à survivre pendant mon absence.

L'aube.

Elle est toujours à l'intérieur. Ma chasse avait été très bonne, j'avais trouvé un joli puma dont je m'étais abreuvé. Au retour j'avais croisé un ours noir, je pense que je vais le garder pour la prochaine chasse. J'avais toujours aimé ce moment, juste avant l'aurore. La nature semble se taire quelques instants comme pour accueillir ce jour nouveau. Accueillir le soleil source de chaleur et de vie. Aujourd'hui le temps semble tourner à la pluie. Je vais rentrer et me changer pour profiter de cette journée pluvieuse.