Et voilà le chapitre 2 ! :)

Bonne lecture et n'hésitez pas à me donner votre avis, comme toujours ;).

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De longs cheveux blonds, de grands yeux bleus, une peau laiteuse… Une vraie gueule d'ange et un caractère de démon. On a touché le gros lot avec celle là… Draco Malfoy, plongé dans ses pensées, se dirigeait vers la salle de bains des préfets à pas mesurés, comme toutes ses actions d'ailleurs. Depuis la fin de la guerre, il avait appris à se montrer discret voir complètement transparent. Cette situation ne lui convenait pas spécialement mais elle ne le dérangeait pas non plus. Sa mère était sous la surveillance étroite des Aurores, assignée à domicile et son père avait été enfermé à Azkaban. Leur survie à tous les deux dépendait de son comportement. Encore. Trop méchant pour être gentils, trop gentils pour être méchant. Le monde était-il donc manichéens à ce point pour qu'il n'ait sa place nulle part ? Des pas pressés se firent entendre derrière lui et il accéléra le pas inconsciemment.

« Draco attend !

- Pansy... Qu'est ce que je peux faire pour toi ?

- Ne soit pas si froid ! Permet moi de te rappeler que ma famille est l'une des seules à soutenir encore la tienne… Même les Nott et les Zabini vous ont abandonnés. Je te trouve bien discourtois…

- Excuse-moi. Que puis-je faire pour aider ma merveilleuse fiancée ?

- Hum… Et bien je me demandais simplement où tu comptais aller…

- A la salle de bains des préfets pourquoi ?

- Je me disais juste que je pourrais… T'accompagner…

- Mais avec plaisir. »

Pansy lui fit son plus beau sourire, que Draco trouva légèrement effrayant. Il avait l'impression d'être un morceau de viande devant un bulldog affamé. Et le cauchemar était loin d'être terminé. Il allait avoir toute la vie pour le savourer. Le soutien des Parkinson était essentiel. Sa famille ne pouvait définitivement pas s'en passer. Sinon, ce serait la faillite totale, le déshonneur complet, la ruine définitive des Malfoy. La famille de Pansy était leur seule porte de sortie. Il poursuivit donc son chemin, Pansy accroché à lui comme si elle avait l'intention de lui arracher le bras, avec le sentiment d'être le condamné qu'on mène à la potence.

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Hermione savourait avec délice un bain bien mérité. La journée avait été éprouvante pour une première journée en temps que préfète en chef. Et apprendre qu'elle remplirait ses fonctions avec Malfoy comme partenaire ne l'avait définitivement pas arrangée. Elle soupira. Cette fille sortie de nulle part allait être un problème. Elle pouvait sentir arriver les ennuis de très loin, question d'expérience. 7 ans aux côtés du survivant lui avaient forgé un sixième sens très développé pour tout ce qui était menace pour tout un monde, une population, une école… Et cette fille empestait les ennuis et le danger. De très loin. Et elle qui avait osée penser, ô naïve qu'elle était, qu'elle aurait enfin une année tranquille à Poudlard. Une année d'étude et de longues balades amoureuses avec son homme… Homme qui avait bien pris la peine de lui préciser que, si elle avait vraiment voulut une année tranquille, elle ne se serait pas présentée au poste de préfète en chef avec Malfoy. Elle poussa un énorme soupire d'agacement mêlé de déception. Comme si elle avait pu le deviner ! Elle était brillante, certes, mais tout de même… Et puis cette fille était vraiment étrange. Elle n'arrivait pas à déterminer si c'était elle le danger où si c'était le danger qui rôdait autour d'elle. Bien sûr, l'incident du matin lui donnait une légère idée de la réponse, mais étrangement, Hermione en doutait. Question d'instinct. Instinct qui la trompait rarement. Cette Shin cachait quelque chose d'autre, ce qui s'était passé ce matin n'était qu'une infime partie de l'iceberg. Restait à savoir quoi. La rouge et or se permit un léger sourire. Trouver ce qui était caché, déjouer les énigmes et fourrer son nez un peu partout… Ca, c'était son rayon. Elle s'apprêtait à sortir de la piscine qui servait de baignoire aux préfets lorsqu'elle entendit quelqu'un entrer. Poussée encore une fois par son instinct, elle décida de se cacher derrière l'immense statue qui trônait au centre du bassin d'eau dans lequel elle se baignait. Ce qu'elle regretta immédiatement en voyant entré Monseigneur le Prince des Serpantard et sa douce fiancée. Ils entrèrent tout deux dans l'eau et la jeune fille dû faire preuve de tout ses talents d'auto persuasion pour ne pas s'enfuir en courant. Elle se plaqua dos contre la statue, se forçant au plus grand silence et à la plus parfaite immobilité. S'ensuivit un supplice de trois quarts d'heures pour la jeune femme, qui, bien que sans le voir, n'avait pas besoins de sa puissance intellectuelle pour deviner ce qui se passait. C'est donc après trois quarts d'heures de gloussement parfaitement irritant, de couinement insupportable, de grognement tout a fait charmant et d'un autre quart d'heure d'attente pétrifié et légèrement traumatisée qu'Hermione sortit – enfin, de la salle de bain des préfets. Pour tomber sur Harry et Giny. « Ah non ! S'écria-t-elle au plus grand désarroi des deux autres, trop, c'est trop ! ». Et au fond de lui-même, Harry se demanda avec admiration et une pointe d'étonnement jusqu'où s'étendait le pouvoir de déduction de son amie… Avant de conclure que 7 ans de galère et de danger de mort à ses côtés avaient fini par venir à bout d'une partie de sa raison.

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Draco se dirigeait à nouveau vers sa salle commune. Pansy l'avait quittée à la sortie des bains, évoquant d'obscurs devoirs préfectoraux. Le tableau s'écarta devant lui. Blaise n'était plus là mais Théo n'avait pas bougé.

« La nouvelle s'est bien intégrée ?

- Je ne dirais pas ça comme ça.

- Et tu dirais ça comment ?

- Je dirais qu'elle est bien trop folle pour s'intégrer un jour.

- Folle ?

- Folle.

- Tu pourrais développer un peu s'il te plaît ? insista le blond avec une pointe d'agacement.

- Elle voulait voir le professeur Rogue.

- Et ?

- Et je lui ai dis qu'il était mort.

- Et ? repris Draco de plus en plus agacé

- Et elle est sortit en courant. Elle a même semé le vieux Rusard.

- Oh vraiment…

- Ouais. »

Il haussa les épaules. Après tout ce n'était pas son problème. Il n'allait pas risquer des ennuis juste pour réconforter cette… fille. Mais en même temps, c'était son devoir de faire respecter les règles aux élèves de l'école… Le jeune homme laissa échapper un juron et ressortit à grand pas, contrarié. Elle a pas fini de m'emmerder celle là ! S'énerva-t-il tout en sortant dans le parc du château. La tombe de son parrain était là, spectrale, luisant faiblement sous les rayons de la lune. Une forme sombre était affalée dessus. Immobile. Un peu trop peut être… Instinctivement, il accéléra le pas jusqu'à courir presque. Il s'agenouilla près de la forme. C'était elle. Ses yeux était entre ouverts mais elle ne bougeait pas. Sa peau se confondait presque avec la pierre tombale tellement elle était pâle. Il la secoua, chercha son pouls, mis sa main devant la bouche de la jeune fille mais rien. Pas un battement, pas un souffle. C'était impossible. Les gens ne mourraient pas comme ça ! Il tenta de la soulever, quelque chose de poisseux entra en contacte avec sa main. Du sang. Sa blessure à l'abdomen s'était rouverte. Draco avala sa salive avec difficulté. Elle avait pourtant été soignée par madame Pomfresh… Mais en même temps elle avait tapé un sprint de plusieurs centaine de mètre à peine rétablie… Les choses se bousculaient dans son esprit et c'est dans un état second qu'il apporta la jeune fille à l'infirmerie. Les morts avaient cet effet là sur lui. Depuis la fin de la guerre, ils lui faisaient perdre les pédales, il ne les supportait plus.

Draco se laissa lourdement tomber sur son lit. Les autres seraient surement soulagés. Cette fille était assez effrayante, c'était peut être une bonne chose… Mais il ne parvenait pas à l'oublier. Ce visage d'albâtre, ce regard vide, ses lèvres entrouvertes et la dureté et la froideur de sa peau. Il ne pouvait pas les enlever de son esprit. Puis, épuisé par le choc et par ses réflexions, il plongea dans un sommeil inquiet, peuplé de carcasses vides et d'un homme aux allures de serpent qui tenait dans ses bras le cadavre d'une jeune fille blonde, un rictus horrible sur sa face pâle et inhumaine.

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Théodore regarda son ami avec circonspection. Il avait mal dormis. Non. Il avait passé une nuit affreuse. Assez pour le rendre d'une humeur massacrante et trop pour qu'il ai la force de l'exprimer. Son teint était crayeux et des cernes violets trônaient sous ses yeux. Il avait l'air de dormir éveillé et son front se rapprochait de plus en plus des œufs brouillés installés dans son assiette presque par hasard. Enfin, bien sûr, seul ceux qui connaissait bien Draco pouvait remarquer tout ces faits qui sembleraient d'infimes détails pour tous les autres. La blondinette a dû lui en faire voir de toutes les couleurs hier… Songea-t-il un brin narquois. Un mince, très mince sourire étira ses lèvres. Et les deux opales d'un gris acier qui le foudroyèrent soudains ne suffirent pas à le faire disparaître.

« Salut mon vieux. Dis moi t'as une mine affreuse aujourd'hui. Pansy, tu devrais vraiment avoir honte ! Même notre Prince à besoins de dormir… Cette dernière foudroya le nouveaux venu du regard, évidement pas à l'origine de l'insomnie de son fiancé et contrariée que ça ne soit pas le cas.

- Bonjours Blaise.

- Salut Théo ! Dites moi personne n'a encore vu la nouvelle aujourd'hui ? Personnellement je la trouve trèèèès mignonne. J'aimerais bien faire une connaissance plus… approfondie… A moins que… Mais tu n'aurais pas osé… Pas vrai mon cher Draco ?

- Blaise ?

- Mon cher ?

- Ferme-la ou tu va faire une connaissance approfondie avec l'assiette de ton petit déjeuné.

- Te vexe pas mec. Je blaguais.

- Oh vraiment…

- Ouais. Termina Théo.

Sur ce, un murmure inquiet et craintif se répandit dans la grande salle. Puis il se tu et chacun retourna à ses propres préoccupations. Shin venait de s'assoir à côté de lui. Théo lui jeta à peine un regard, mais il remarqua que Draco la fixait avec un air ahurit presque comique. Les yeux bleus de la jeune fille rencontrèrent les yeux gris du garçon et découvrant son expression, un de ses sourcils s'éleva légèrement sur son front dans une mimique pourtant très malfoyenne. Théo ne fit aucun commentaire mais il se demanda bien ce qui avait pu se passer cette nuit entre ces deux là. Puis, en apercevant la mine furieuse de Pansy, il se dit que finalement, il ne se le demandait pas tant que ça… Ou tout du moins, il ne voulait pas le savoir. Ne jamais s'interposer entre le bulldog et sa proie. Jamais. Le petit déjeuné pris fin dans un calme relatif si on considérait la tension presque palpable déclenché par l'arrivé de Shin, qui avait l'aire de s'en foutre royalement. Décidément, Théo aimait bien cette fille… Elle était largement plus intéressante que la moyenne… Mais il ne se doutait pas encore à quel point…

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Draco hallucinait. Il était devenu fou. C'était impossible. Elle était morte. Il l'avait constaté lui-même. Il avait vu, touchée, sentit la mort qui s'était emparé de son corps. Sa blessure s'était rouverte. Elle était morte d'anémie. C'était certain et pourtant elle était là, devant lui. Elle marchait, respirait et bien que sa peau resta pâle, ses joues étaient légèrement rosie par le sang qui circulait dans ses veines. Sang mis en mouvement par les battements de son cœur. Elle était en vie. La tête du garçon tournait un peu et il chancela. Puis, comme une soudaine prise de conscience, son esprit rationnel reprit le dessus. Il y avait forcément une explication. Cette fille cachait quelque chose et il allait trouver quoi. Ses pas se firent plus assurés, la fatigue s'estompa un peu sur son visage et c'est déterminé que le prince des Serpantard se dirigea vers son premier cours de potion.