Chapitre 2 : Do you live, do you die, do you bleed
For the fantasy
In your mind, through your eyes, do you see
It's the fantasy

Naruto resta pantois devant la porte. Il l'observa, de longues secondes, l'air totalement déconnecté. Enfin, il toqua. Il se mordit les lèvres. Et s'il avait tapé trop haut ? Et s'il s'était mis dans la tête un objectif hors d'atteinte ? Et s'il devenait fou ?

-Entrez, dit une voix lointaine derrière la massive porte.

Naruto ne se fit pas attendre et obéit. Une fois à l'intérieur, ses yeux vifs et curieux regardaient à droite et à gauche. C'était une salle de conférence, aux vitres teintées. Il y avait une grande table au milieu. Les murs remplis d'affiches étaient d'un blanc parfait et la fenêtre large et interminable du fond donnait une vue intéressante sur la métropole. Devant cette grande baie vitrée, il y avait un homme. Et cet homme, c'était…

-Uchiwa-sama, murmura Naruto.

Itachi se tourna lentement. La lueur au dehors empêchait de voir distinctement les traits de son visage. Naruto s'empressa de se courber, immédiatement. Il lui semblait bien ne jamais avoir eut à se courber de cette manière là. Avec autant de respect, et de soumission. Il ferma les yeux, attendant une réaction de la part de son potentiel nouveau patron. Il lui sembla entendre des pas. Enfin, il se redressa doucement. Itachi était devant lui.

-Bonjour, dit-il simplement.

Naruto sentit sa gorge se nouer. Il pensait Itachi Uchiwa bien plus vieux. Sa voix grave et agréable l'avait vraiment secoué.

-Bonjour Uchiwa-sama, répondit avec précipitation.

Itachi s'avança vers la table de conférence.

-Asseyez-vous.

Naruto obéit, mais scruta Itachi. Celui-ci s'était penché à côté de son fauteuil. Lorsqu'il posa une bouteille sur la table, le potentiel secrétaire tenta de paraître le moins déconcentré possible. Mais, ce n'était pas évident. Le comble de l'étrangeté se fit sentir lorsqu'Itachi pressa une télécommande sur ce qui s'avérait être une chaîne-hi fi high-tech. Une voix de femme résonna.

-Lascia Ch'io Pianga, dit doucement le patron en se servant un verre de champagne.

Il se leva, et posa un verre devant Naruto. Il fit couler le breuvage au cœur du verre, lumineux et fragile. Enfin, Naruto leva les yeux vers lui. Il ne bougea pas, totalement figé. Se pouvait-il, au final que cet homme soit…

Dingue ?

- Connaissez-vous l'opéra d'Haendel, Rinaldo, monsieur ?

Itachi posa la bouteille. Il gagna sa chaise, de l'autre côté de la table et scruta Naruto. Celui-ci se sentait tellement gêné qu'il ne savait s'il allait réussir à sortir un seul mot. Cet entretien d'embauche ressemblait d'avantage à un dîner. Naruto fit un signe négatif de la tête.

-Si vous voulez travailler avec moi, il va falloir connaître cet opéra. D'ailleurs, il va falloir connaître beaucoup d'autres opéras.

Il bu quelques gorgées de son champagne, et posa le verre.

-Votre nom ?

Naruto, paniqué à l'idée de ne pas avoir dévoilé son identité se sentait de plus en plus mal.

-Naruto…Uzumaki Naruto.

Il avait réussit à le dire clairement. Il se félicita intérieurement. Itachi resta silencieux quelques secondes.

-C'est un charmant patronyme.

Naruto ne dit rien. Cette fois-ci, il en était sûr, il ne pourrait plus jamais s'exprimer de sa vie. La voix puissante de la femme continuait de chanter.

-Pourquoi devrais-je vous prendre ? demanda alors Itachi.

-Je…Je…

-Parlez plus fort, s'il vous plaît, Naruto.

-Je suis vraiment déterminé à travailler pour vous, Uchiwa-sama. C'est…Devenu une obsession pour moi, de travailler pour vous.

Sa voix tremblait. Pourtant, il sourit.

-J'en deviendrais même malade, de ne pas travailler pour vous.

-Et, si je ne vous choisis pas, avez-vous une porte de secours ?

Naruto déglutit avec difficulté.

-Oui. Mais, ce serait une porte de facilité. Vous savez, j'ai quitté la firme familiale. Nous sommes plutôt influents en Europe. J'aurais pu choisir d'y rester. Mais, je ne l'ai pas fait. Monsieur. Uchiwa-sama. Je veux travailler pour vous.

Itachi laissa ses oreilles, enveloppées par la mélodie parfaite et envoûtante, bercées par les paroles de ce jeune homme.

-Vous devez avoir à peine vingt ans…

-Je ferai bien plus que ce qu'un homme de vingt ans mon aîné pourrait faire pour vous.

Itachi haussa les sourcils.

-Vous êtes frimeur.

Naruto paniqua. Il se souvint ce que cette femme lui avait dit, avant d'entrer ici. Il rougit, et tenta de garder une respiration calme. C'était un défi complètement fou, étant donné l'état de nerf dans lequel Uzumaki s'était emporté.

-Mais, peut-être êtes-vous réaliste.

Itachi finit son verre. Il avait bu assez vite. Naruto n'avait même pas touché à son verre.

-Peut-être avez-vous raison. Peut-être ferez-vous…Tout pour moi. Peut-être serez-vous le secrétaire de mes rêves. C'est vrai. Mais…Qui pourra me le confirmer ? Vous prendre serait une bonne idée. Seulement, il y a sûrement une centaine d'autres hommes, tels que vous. Tout aussi ambitieux, et tout aussi qualifiés qui me diront la même chose.

-Mais je ne suis pas ces hommes ! cria Naruto.

Il s'était levé, et la musique atteignait son paroxysme du lyrisme. Il tapa du poing sur la table.

-Uchiwa-sama. Personne, personne, m'entendez-vous ? Personne ne vous sera aussi dévoué que moi dans ce pays !

Itachi croisa les jambes. Il en profita pour extraire une cigarette hors d'un long paquet. Il l'apporta à ses lèvres, et l'alluma tout en fixant la silhouette du jeune Naruto, emportée et nerveuse.

-Donnez-moi une preuve. Montrez-moi que, ce que vous avancez est vrai.

Naruto se figea. Il s'approcha lentement d'Itachi, et ce dernier le suivait du regard. Naruto, une fois à la hauteur d'Itachi resta silencieux. Il se plongea dans son regard impérieux. Il s'agenouilla devant l'homme. Son regard bleu parfait s'écrasant contre la force de ces deux pupilles rouges.

-Ma parole est la seule preuve dont je dispose à l'heure actuelle. Prenez-moi…Par pitié, prenez-moi Uchiwa-sama…

-Je n'ai aucune pitié à vous accorder, Naruto-kun.

Naruto sentait sa gorge se nouer. Il avait envie de pleurer. Il comprit alors aussitôt la jeune femme, de tout à l'heure.

-Approchez-vous, demanda Itachi.

Naruto s'exécuta. Il se redressa, sans se lever, toujours à genoux devant l'homme. Itachi leva le visage de Naruto, d'un doigt vers le siens.

-Vous êtes la seule personne, aujourd'hui à s'être retrouvée à genoux devant moi.

Il murmurait, et les instruments se firent plus doux. La voix de la femme s'éteignait lentement.

-J'apprécie votre geste, Naruto. Et je ne pense pas qu'il fut utile. Cependant, j'ai très envie de vous prendre.

Les yeux larmoyants de Naruto frémirent. Itachi Uchiwa était en train de caresser ses joues.

-Retenez-moi ces larmes, et vos chances dédoubleront.

Naruto souffla calmement. Il baissa le regard, et Itachi éloigna sa main du visage du jeune homme.

Il fuma, et un nuage s'échappa de sa gorge. Itachi baissa les yeux vers Naruto.

-Je vous communiquerai la réponse d'ici la semaine prochaine, Naruto-kun. Partez tranquille. Faites perdre tout espoir à tous les hommes qui s'apprêtent à passer après vous. Soyez déjà mon secrétaire, avant même que vous n'en ayez la réponse. Négative. Ou positive.

Naruto se redressa. Il hocha la tête.

-Merci, Uchiwa-sama.

Il ne se courba pas, cette fois-ci. Il tourna alors les talons. Il observa sa coupe de champagne, remplie. Il se retourna vers Itachi. Naruto bu d'un trait le contenu de son verre, sous le regard imperturbable d'Itachi. Sans une parole, le jeune homme s'évapora de la salle de conférence, et Itachi esquissa un faible sourire.

Madara entra dans son propre bureau. Il ôta ses lunettes de soleil.

-Il est déjà là ? demanda t-il à un homme aux cheveux roux et aux piercings visibles, sur tout le visage.

Ce dernier hocha la tête, positivement.

-Je lui ai déjà dit, pourtant que je détestais qu'on se pointe à mon bureau sans que j'y sois.

Il poussa un grognement de mécontentement et poussa la porte de son bureau. Il était déjà là en effet. Et plus que jamais. Il avait même pris sa propre place dans son fauteuil rouge. Outrage…

-Hidan, s'exclama t-il, ça veut dire quoi exactement ?

L'homme à la chevelure plaquée en arrière, grise et soignée lui décrocha un sourire impeccable.

-Ne fais pas le gêné sensible. A ma place, t'aurais fait pareil.

Il rit, sans aucune retenue. A ses côtés se trouvaient un homme à l'apparence douteuse et intrigante. Son regard émeraude, intense et inexpressif avait le don de le rendre totalement hostile. Une partie de son visage était soigneusement cachée. Dans l'ombre de son patron, il ne disait rien, les bras croisés. Il fixait Madara.

-Bon, dit Hidan, tu ne vas pas tirer la gueule sans raison valable, hein ? En plus, je viens t'apporter des cadeaux. C'est dégueulasse ça ! La prochaine fois que tu viendras me voir, j'ferai pareil tiens. Je ferai l'homme insatisfait et frigide.

Madara haussa les sourcils, et esquissa un sourire arrogant.

-Tu n'as pas besoin de le faire. Le rôle de l'homme prétentieux et ridicule te va parfaitement bien.

L'homme au visage caché tourna la tête vers Hidan, comme pour attendre un ordre de sa part. Mais, rien. Hidan se contenta même de rire de la moquerie de Madara.

-Pain ?

L'homme aux piercings leva la tête.

-Apporte donc les cadeaux ! ordonna Hidan en faisant un geste théâtral de la main.

Madara se tourna vers Pain. Ce dernier passa la porte de son propre bureau. De longues secondes s'écoulèrent quand l'homme revint sur ses pas, accompagné de deux personnes.

-J'espère qu'ils te plaisent. Tu m'en avais parlé la semaine dernière, j'ai pas résisté.

Madara contempla les deux hommes qui accompagnaient Pain. Il les observa attentivement, l'un et l'autre. Chaque recoin de leur corps avait été soigneusement fixé. Enfin, il tourna la tête vers Hidan.

-Tu fais très bien l'homme incroyable et extraordinaire, aussi.

Hidan parut fortement satisfait. Enfin, Madara caressa le visage du premier homme.

-Comment s'appellent-ils, tous les deux ? demanda Madara avec envie.

-Sasori et Deidara.

Madara parut enchanté.

-En Birmanie, ils voulaient les vendre aux chinois. Mais ces connards ne savent pas prendre soin des prostituées…

Hidan se passa la langue sur les lèvres, croisant les bras. En véritable spectateur, il savourait sa victoire, et celle de Madara.

- Crois-moi, Hidan. J'en prendrai grandement soin….