Commentaire d'auteur :
Hello mes loulous :) Comment ça va ? Moi pas trop mal, j'essaie de ne pas déprimer à la reprise dès lundi, mais ce n'est pas une franche réussite, ahah! x) Quoi qu'il en soit, nous voici déjà me voici déjà de retour pour un nouveau chapitre ! :) Il aurait dû arriver dimanche mais je suis trop pressée de vous le faire découvrir dès maintenant, alors le voilà en ce début de week-end :)
Ensuite, je voudrais remercier tout ceux qui ont laissé une première review et ont lu ce premier chapitre, ça fait vraiment plaisir et j'espère que la suite vous plaira tout autant! :) Je pensais faire dans les six chapitres mais je commence déjà à m'attacher énormément à cette histoire, ce qui n'était pas arrivé depuis "The Wolf side of me" (fanfic de 12 gros chapitres qui était au début un OS! XD) donc je pense qu'elle sera plus longue, on va rester un moment ici! :D
Contrairement au premier qui avait un peu difficile à écrire j'ai fait celui-ci d'un seul coup en une poignée d'heures, j'étais vraiment inspirée et j'ai adoré l'écrire, en particulier certains passages que vous allez, je pense, beaucoup apprécier :) Je n'en dis pas plus et je vous souhaite une bonne lecture pour l'instant!
Aussi, j'ai écrit ce chapitre en écoutant la soundtrack du jeu Beyond Two Souls, si jamais vous voulez être un peu dans la même ambiance :)
PS : Je viens juste de finir ce chapitre je ne l'ai donc pas vraiment corrigé, des petites fautes doivent se balader! x)
Chapitre 2 : Le mouton
La première chose dont réussit à se persuader Tony fut de ne pas paniquer en remarquant qu'il avait réussit à retourner dans le temps, presque quarante ans en arrière, fixant le visage aimant de sa mère penché sur lui comme dans un état de semi-conscience, incapable de prononcer le moindre mot, alors que ses lèvres murmuraient les mots d'une voix douce, bercée par la lumière chaleureuse de la lampe de chevet sur le côté, son exemplaire un peu corné du Petit Prince entre les mains.
- Le Petit Prince me confia encore : « Je n'ai alors rien su comprendre ! J'aurais dû la juger sur les actes et non sur les mots. Elle m'embaumait et m'éclairait. Je n'aurais jamais dû m'enfuir ! J'aurais dû deviner la tendresse derrière ses pauvres ruses. Les fleurs sont si contradictoires !... » lisait Maria en caressant distraitement le visage de son fils, repoussant quelques mèches brunes du bout des doigts.
- «...Mais j'étais trop jeune pour savoir l'aimer. » termina Tony à sa place, de sa petite voix redevenue fluette, alors que le barrage dans son coeur s'écroulait et que les larmes envahissait son visage d'enfant, assaillit par cette vision qu'il ne pensait plus voir un jour ailleurs que dans ses vieux souvenirs qu'il tentait d'enfouir tant ils étaient douloureux.
- Mon chéri, ça ne va pas ? questionna sa mère en fronçant les sourcils d'un air inquiet, posant son livre un peu plus loin pour se pencher sur lui, le fixant d'un regard soucieux.
Le brun était devenu incapable de s'arrêter, hoquetant misérablement alors qu'il la fixait, ne pensant pouvoir la revoir un jour. Son coeur lui semblait être sur le point de déborder et il pleurait, totalement désemparé mais également plus heureux qu'il ne l'avait été depuis bien des années. Son corps tremblait de manière incontrôlable et celle qui l'avait mis au monde finit par s'approcher, le prenant dans ses bras en repoussant la couverture tandis que Tony serrait toujours l'ourson aux couleurs de l'Amérique contre lui sans s'en rendre compte.
- Oui, ça va, ne t'inquiète pas, répondit-il au bout d'un moment, un sourire traversant son visage strié de larmes chaudes, et lorsque la lecture qu'il venait de terminer, connaissant l'histoire sur le bout des doigts, lui revint en tête, il ajouta : Je t'aime.
- Moi aussi, mon ange, répondit-elle, le visage dans les cheveux de son fils, caressant tendrement le sommet de son crâne et le berçant contre elle en espérant pouvoir le calmer et faire disparaître la peine inconnue qui l'animait.
Ils restèrent un long moment ainsi, blottis l'un contre l'autre, et Tony finit par demander d'une même petite voix:
- Tu peux continuer l'histoire ?
Maria baissa les yeux sur lui, adressant un beau sourire en séchant le reste de ses larmes avec ses doigts, l'aidant à se recoucher pour le border une seconde fois, attendrie devant la vision de son fils coincée sous l'épaisse couverture, serrant contre lui son ourson auquel il tenait tant, et récupéra le livre pour continuer sa lecture, d'une voix encore plus douce et légère que précédemment, si tant est que ce fusse possible.
C'est à peu près à ce moment-là que Tony se rendit compte avec stupeur que si on lui avait en cet instant proposé de revenir dans son époque...
Il n'étais pas sûr qu'il aurait accepté.
Malheureusement, aucun choix ne lui fut laissé, comme cela avait été le cas si souvent depuis sa naissance, depuis Howard, depuis Iron Man et toutes ces choses qui constituaient tant bien que mal sa vie, et il sentit son estomac être tiraillé vers un extérieur qu'il ne voyait pas, regardant les contours de son souvenir s'estomper comme une brume humide aux couleurs de la lumière d'un jaune orangé de la chambre, et le temps d'un battement de paupières, il se retrouva de nouveau assit sur son lit, le livre entre les mains, la page légèrement froissée et mouillée de quelques dernières larmes tombantes.
Il lui fallut quelques secondes pour se reprendre, respirer un bon coup et essuyer les traces de ses dernières larmes, les faisant disparaître au monde d'un geste négligé de la main, poussant un soupir un peu tremblant.
- Jarvis, combien de temps je suis parti ? demanda-t-il finalement en direction de l'IA, prenant son visage entre ses mains d'un air fatigué.
- Près de trois minutes, monsieur.
Le brun acquiesça d'un air distrait. C'était effectivement à peu près le temps qu'il avait dû y passer, bien que ce soit déjà beaucoup trop court selon lui. Néanmoins, une question venait de lui sauter directement au visage, plus qu'intrigante : si, en remontant le temps il s'était retrouvé dans son corps d'enfant, que se passait-il s'y remontait à une époque où il n'était pas encore né ? S'éparpillerait-il ? Cela serait-ce seulement possible ?
Cela lui fit penser au bouclier de Steve, et il se demanda instantanément où cela l'emmènerait s'il tentait de se concentrer sur ce dernier. Peut-être qu'il valait mieux qu'il n'essaie pas tant qu'il était aussi incertain du résultat : il devait en savoir plus et faire des recherches, et surtout, surtout, ne pas tenter de se noyer dans de vieux souvenirs qu'il allait être capable de visiter à sa guise, bien qu'il soit fatigué après un tel voyage.
- Jarvis, montre moi absolument tous les résultats de tes dernières recherches, demanda-t-il finalement, laissant son IA afficher toutes les pages web et les documents plus ou moins secrets qu'elle avait piraté au passage sur les divers écrans de son atelier, se préparant pour une séance de lecture intensive.
Le reste de la journée Tony ne bougea pas de son atelier, se nourrissant à base de café et se contentant de se renseigner sur son nouveau pouvoir comme il aurait déjà dû le faire plus tôt, tentant de démêler le vrai du faux dans toutes les informations dénichées par Jarvis, réalisant des dossiers pour les choses s'avérant déjà vraies et vérifiées, celles incertaines et enfin, celles qui n'étaient rien d'autre que des idioties totalement inventées - soit parce que c'était trop évident, soit après des tests du brun qui était d'ailleurs, totalement exténué et avait à peine la force d'utiliser son pouvoir tombé à plat. Il lui semblait que c'était comme des batteries qui pouvaient se vider et avaient besoin de se recharger, et il allait devoir être prudent avec ça, car son pouvoir n'était pas infini.
Il avait trouvé pas mal de choses concernant le voyage qu'il venait de faire ce matin, et il ne comprenait pas vraiment tout, mais il lui semblait que s'il était revenu dans sa propre époque, c'est parce qu'il avait apparemment rien modifié de plus, et que, si on en croyait certains textes un peu louches, son corps et son esprit étant rattachés à son époque, ils finissaient par y être attirés pour y revenir s'il restait trop longtemps dans le passé. C'était un peu farfelu et tiré par les cheveux, néanmoins cela ne semblait pas impossible pour Tony, et il décida que c'était la vérité qu'il accepterait, dû moins s'il n'en trouvait pas une mieux ou expliquée de façon scientifique.
A vrai dire, il n'avait pas encore osé commencer à lire tout ce qui concernait l'effet papillon et le fait de changer le passé, et ce pour une raison simple : s'il lisait cela, il finirait par croire qu'il pouvait effectivement le faire en faisant attention, et il le savait, il finirait par faire une erreur. Tout le monde le savait, cette théorie comme quoi un battement d'ailes de papillon -d'où le nom de la théorie - pouvait provoquer un cataclysme des années plus tard dans le futur. Si un simple papillon comme cela pouvait changer le monde pour le pire, de quoi pourrait être capable Tony, qui cumulait les erreurs depuis des années ? Non, il ne souhaitait pas le savoir, c'est pour cette raison qu'il ne se renseignait pas sur le sujet, ainsi, il ne serait pas tenté d'essayer.
- Monsieur, je dois vous rappeler que vous êtes sensé rejoindre le capitaine Rogers pour préparer le repas de ce soir, l'interrompit soudain Jarvis alors qu'il était en pleine lecture sur les voyages temporels dans la littérature.
- Mince, déjà ? Il est quelle heure ? demanda l'ingénieur en se redressant sur sa chaise, le dos douloureux après être resté aussi longtemps immobile devant son écran.
- Non loin de dix-neuf heures, monsieur.
- Merde ! jura le milliardaire, se redressant soudainement.
Il avait passé autant de temps à lire ? Plus que surpris, il se redressa totalement et éteignit les écrans, s'étirant en faisant craquer ses os en grimaçant. Jetant un regard à son atelier, il rangea un peu puis décida de remonter en direction du salon également cuisine, surpris en voyant le blond déjà devant une planche à découper qu'il venait de poser sur la table.
- Je pensais presque que tu avais changé d'avis, fit remarquer Steve en l'entendant arriver.
- Pas du tout, j'étais juste occupé et si Jarvis ne m'avait pas prévenu je crois que j'aurai loupé l'heure, avoua le brun en approchant de son camarade avant d'ajouter d'un air faussement accusateur : tu aurais pu venir me chercher.
- Je ne voulais pas te déranger si tu bossais sur quelque chose d'important, répliqua le soldat en sortant des aliments du gigantesque réfrigérateur de Tony.
Ce dernier se demanda distraitement d'où provenait toute cette nourriture, se rappelant alors qu'il avait décidé de laisser les vengeurs se servir de l'une de ses nombreuses cartes de crédit, donnant l'occasion au blond de remplir le frigo qui semblait à présent plein à craquer.
- Que va-t-on préparer ? demanda-t-il d'un air intrigué, s'accoudant sur le plan de travail en fixant son camarade.
- Souris d'agneau confites, répondit ce dernier.
- Rassure-moi, c'est le mot agneau qui est important, pas souris, n'est-ce pas ? interrogea l'ingénieur d'un air presque anxieux.
Il sursauta brusquement lorsque le rire du blond envahit la pièce, lui faisant écarquiller les yeux de surprise avant de sourire malgré lui. Il n'était peut-être pas si compliqué de parler normalement sans avoir besoin de remonter le temps. De toute manière, il n'avait pas vraiment le choix, son pouvoir étant presque à plat avec tous les tests qu'il avait fait toute la journée. Quoiqu'il en soit, il regarda le soldat secouer la tête, désignant une zone entre son tibia et sa cuisse, juste derrière sa jambe :
- C'est cette partie-là de l'agneau, on l'appelle la souris parce que c'est un morceau très tendre.
Tony acquiesça, un peu perdu lorsqu'il ne s'agissait pas de technologie si compliquée comme il l'aimait, se demandant comment il en était arrivé là, à faire de la cuisine alors que le blond le laissait s'installer devant la planche à découper, déposant les légumes dont il allait devoir s'occuper juste à côté de lui.
- C'est un plat compliqué, non ? Je pensais que tu faisais ça de temps en temps, pour le plaisir mais tu as l'air de vraiment t'y connaître, fit-il remarquer en attrapant le couteau de cuisine, jetant un regard en coin à son camarade.
Ce dernier était en train de s'occuper des oignons sur une planche plus petite, un sourire un peu nostalgique aux lèvres. Il sembla avoir oublier à qui il avouait cela lorsqu'il dit :
- C'est ma mère qui m'a appris cela, elle était tellement douée en cuisine ! Elle avait un énorme livre de recettes où elle écrivait toutes ses idées, et on passait des soirées entières à faire cela avant qu'elle ne tombe malade.
Steve sembla soudain se rendre compte que c'était à Tony qu'il avouait cela, avec qui il s'entendait encore comme chien et chat à peine deux jours auparavant, et lui jeta un regard un peu effrayé, comme s'il avait peur de la réaction de ce dernier. Le brun s'appliqua à le regarder sans faire preuve du moindre sarcasme ou quoi que ce soit d'autre que son coéquipier aurait pu mal interpréter, se contentant de sourire le plus gentiment qu'il pouvait -c'était difficile- et de répondre :
- C'est dommage que tu n'ai plus ce livre de recettes. Tu devrais en constituer un de ton côté.
Steve le fixa sans un mot, finissant par sourire un peu, le regard fuyant en murmurant :
- Oui, pourquoi pas...
Ils continuèrent à cuisiner dans le silence par la suite, Steve se contentant de donner les instructions à l'ingénieur, l'aidant lorsqu'il le voyait tenir son couteau de la mauvaise manière où expliquant comment émincer et toutes ces choses si importantes en cuisine. Ils étaient assez efficace et le silence n'était pas gênant, mais encore une fois, Tony se sentit obligé de le combler - il savait pourquoi il faisait toujours cela, combler les vides, et ne préférait pas y penser - et s'exclama soudainement :
- Que ferais-tu, si tu avais le pouvoir de remonter le temps, et même de le modifier ?
En voyant le regard que releva Steve vers lui, à mi-chemin entre la stupeur et la douleur remontée à la surface comme une ancre sortie des eaux, Tony regretta immédiatement ses paroles, pensant immédiatement à remonter le temps, avant de se rappeler de ses "batteries temporelles à plat" et déglutit avec difficulté, prêt à affronter la tempête et assumer ses paroles. néanmoins, il fut surpris lorsque le blond perdit son regard dans le vide, semblant véritablement réfléchir à la question.
- Je pense que je reviendrais pour revoir des gens que j'ai perdu il y a longtemps...mais le modifier ?
Steve ne répondit plus rien à cela mais le milliardaire devina, ce n'était pas si difficile : il aurait trouvé le moyen de rester à son époque, et de ce fait de ne jamais les connaître. Parce que le brun n'était pas naïf à ce point : Tony, c'était beau comme prénom, deux jolies syllabes qui glissent hors de la bouche avec un y à la fin qui sonnait bien, mais ce n'était pas aussi bien que Peggy et Bucky, deux syllabes et y présents mais bien plus importants qu'il ne le serait jamais, et cela lui arracha le coeur bien malgré lui. Il ne savait pas pourquoi c'était si douloureux. Peut-être parce qu'il souhaitait être important aux yeux de quelqu'un, après avoir été plus ou moins abandonné par tout le monde et même Pepper, et qu'alors qu'il avait jeté son dévolu sur Steve, il se rendait compte qu'il n'avait pas la moindre chance face à ces figures tout droit jaillies du passé.
Fermant les yeux, il reposa son couteau sur la table, souhaitant remonter le temps, effacer ce passage, et même s'il s'en souviendrait, au moins Steve n'aurait jamais prononcé ces mots dans cette nouvelle réalité. Malgré tout, son pouvoir à plat protesta et il s'obstina jusqu'à avoir la tête qui tourne et sa vision refusait de devenir floue, il avait seulement envie de vomir, avant de s'effondrer sur le côté, perdant connaissance et basculant de sa chaise jusqu'à se cogner le visage contre le sol.
- Tony ?! Tony ! appelait une voix non loin de lui, totalement affolée.
Le concerné grogna dans son sommeil, sentant une douleur lancinante à l'arrière du crâne qui lui arracha un gémissement pathétique, tentant d'ouvrir les yeux pour voir ce qu'il se passait exactement, tombant comme dans un rêve sur deux lacs azur penchés vers lui, reflétant une lueur d'inquiétude sincère.
- Steve ? releva-t-il sans comprendre, totalement perdu.
- Oh merci ! Tony, est-ce que ça va ? demanda le soldat en l'aidant à s'asseoir, le soutenant dans le dos.
Le brun faillait faire remarquer qu'il avait juste envie de lui vomir dessus mais se retint, se contentant de marmonner dans sa barbe, vraiment mal en point.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? questionna-t-il finalement, les sourcils froncés.
- Je ne sais pas, tu as perdu connaissance d'un seul coup et tu t'es effondré, et puis oh merde, ton nez !
En entendant la voix paniqué du blond, l'ingénieur porta une main à son nez, écarquillant les yeux en sentant ses doigts rencontrer un liquide poisseux qu'il identifia immédiatement comme étant du sang. Le soldat réagit au quart de tour et attrapa un torchon propre pour le poser sous son nez et éviter de mettre du sang partout, avant de foncer récupérer des glaçons dans le frigo pour les enrouler dans un autre bout de tissu.
Le cerveau de Tony avait dû mal à reconnecter avec la réalité, mais il était sûr d'une chose à présent : s'il forçait sur son pouvoir, il ne lui arriverait rien de bon du tout, et il ne valait mieux pas retenter l'expérience.
Steve revint vers lui quelques instants plus tard, échangeant les torchons pour qu'il prenne celui avec les glaçons. Il avait toujours cette mine inquiète, et c'était peut-être stupide mais cela rassura un peu le brun après la discussion qui venait de lui revenir à l'esprit tel une tornade dévastatrice.
- Ça va aller, assura-t-il à ce dernier avec un sourire un peu faible. J'attends juste que ça s'arrête et on continue à cuisiner.
- Certainement pas, répliqua le captain d'un ton sans réplique, l'aidant à se lever avant de l'obliger à aller vers le salon. Tu m'aideras à cuisiner un autre jour mais là, tu te reposes. On devrait peut-être appeler Bruce pour qu'il t'examine...
- Non ! s'écria Tony.
Le blond le regarda d'un air suspicieux, surpris de la véhémence dont il avait fait preuve, un refus catégorique plus qu'étrange.
- Tout va bien, tenta de le rassurer à nouveau Tony. Je ne dors pas assez, c'est tout, ça ira mieux après une bonne nuit de sommeil ce soir.
Steve le fixa encore quelques instants, pas l'air totalement convaincu, mais il sembla deviner que le brun ne lui dirait jamais la vérité, et se contenta de soupirer en le laissant aller s'asseoir dans le salon pour se reposer un peu.
Le reste de la soirée se passa sans encombre, Tony finissant par somnoler à moitié sur son canapé gigantesque et hors de prix tandis que Steve finissait le repas, gardant un oeil attentif sur son camarade au cas-où, mais tout semblait aller mieux et son nez avait arrêté de saigner, les glaçons fondus ayant détrempé le torchon à présent posé sur la table basse, laissant apparaître une flaque humide sur le verre de cette dernière. Ce fut Bruce qui fut chargé de réveiller le milliardaire gentiment pour qu'ils puissent manger tous ensembles et Tony le suivit sans protester, la fatigue brusquement envolée comme s'il était une véritable pile électrique, alors que les douleurs qu'il avait un peu partout ne faisaient que confirmer qu'il avait toujours besoin de sommeil. Foutues insomnies.
S'installant à table, il laissa Steve le servir lui et les autres, presque déçu en repensant à la séance de cuisine avortée, mais le blond lui murmura entre deux bouchées où il discutait avec Thor : « - On cuisinera un autre jour, ce n'est pas grave. » et Tony lui en fut immédiatement reconnaissant.
- Monsieur, le capitaine Rogers se trouve à votre porte, l'avertit Jarvis quelques heures plus tard, alors qu'il était non loin de deux heures du matin et qu'il était assis au bord de son lit, la tête toujours entre les mains, relevé de sous les draps puisque le sommeil ne semblait pas vouloir l'entraîner dans son sillage.
Tony lâcha un soupir à fendre l'âme, se demandant ce que le blond pouvait bien lui vouloir à une heure pareille, et il se redressa un peu pour ne pas avoir l'air totalement misérable alors qu'il répondait à son IA :
- Tu peux lui ouvrir.
La porte se déverrouilla et Steve se glissa à l'intérieur, repérant immédiatement son camarade assis sur son lit, la lumière de la lampe de chevet et du réacteur visible à travers son marcel jouant jusqu'à former des ombres sur son visage. L'air incertain, le soldat s'approcha et finit par s'installer à ses côtés, entre lui et la table de chevet, bien qu'il semblait tout à fait mal à l'aise, se demandant sûrement lui-même ce qu'il lui passait par la tête exactement.
- Pourquoi n'arrives-tu pas à dormir ? demanda finalement ce dernier.
Tony pinça les lèvres, refusant de répondre, jouant distraitement avec le bout de couverture coincé entre ses doigts, les ombres sur son visage semblant s'étirer en monstres terrifiants qui hantaient ses nuits parfois. Le blond savait déjà pour ses cauchemars par rapport à New York et Ultron, puisque lorsque Pepper avait décidé que c'était finit, elle n'avait pas manqué de faire remarquer ce "détail", se souciant peu d'être entendue par le reste de l'équipe. Une autre humiliation - non, trahison - à son actif. Mais il n'allait pas lui avouer qu'à présent, ces cauchemars en comptaient un de plus, une vision terrifiante d'une arme faisant exploser le coeur d'un soldat aux couleurs de l'Amérique sur le champ de bataille.
- Insomnies, se contenta-t-il de répondre, muselant ses véritables pensées.
« - Menteur ! » aurait voulu s'écrier Steve, mais il n'était décidément pas du genre à forcer les gens à avouer la vérité, d'autant plus que leur nouvelle amitié, si tant est qu'il puisse appeler cela ainsi, était beaucoup trop précaire pour qu'il se le permette. Contrairement à Tony, ses paroles étaient toujours réfléchies, pensées à l'avance, et c'était peut-être pour cela que ça allait encore à peu près entre eux deux.
A la place de tout cela, il se pencha légèrement vers la table de chevet et récupéra le livre du Petit Prince toujours posé sur cette dernière depuis ce matin, et ouvrit une page au hasard avant de lire à haute voix, intrigué :
- « Quand je réussis enfin à parler, je lui dis :
« Mais...qu'est-ce que tu fais là ? »
Et il me répéta alors, tout doucement, comme une chose très sérieuse...»
- « S'il vous plait...dessine-moi un mouton...» termina à Tony à sa place, un sourire nostalgique prenant immédiatement place sur ses lèvres.
Steve se tourna vers lui, semblant détailler ses traits. Le brun hésita à son tour mais sa voix s'éleva à nouveau et il répéta, comme une question muette qui n'en était pas une :
- Dessine-moi un mouton.
Le blond le fixa, se demandant si c'était bien ce qu'il pensait que c'était mais Tony ne bougeait pas, l'énigme qu'était Tony ne semblait pas décidé à lui donner plus d'informations sur la marche à suivre, se contentant de le regarder, comme dans l'expectative de quelque chose qui lui semblait immensément important, alors il se pencha à nouveau sur la table de chevet, ouvrit le tiroir et fut pas plus surpris que cela d'y trouver du papier et un crayon. Il ne se demanda pas pourquoi c'était là, pas plus que pourquoi ses mains tremblaient légèrement alors qu'il récupérait tout cela, s'appuyant sur sa cuisse pour dessiner avec difficulté un mouton, privé de surface plane pour faire les magnifiques dessins dont il était capable mais si modeste, avant de finir par tendre la feuille à Tony sans oser le regarder.
- Non ! Celui-là est déjà très malade. Fais-en un autre, réclama l'ingénieur, fixant la feuille.
Steve sentit une boule se coincer au fond de sa gorge, se demandant à quel point le brun connaissait cette histoire par coeur, et si ce qui semblait être un étrange rituel avait été instauré par Pepper, des années auparavant, pour aider le milliardaire d'une manière qu'il ne parvenait pas à comprendre pour l'instant. Parce qu'il reconnaissait ces mots, c'était les mêmes que ceux du livre, et il s'en souvenait car il l'avait lu alors qu'il était au front, le roman venait juste d'être publié et il avait réussit à en avoir une copie en entendant son succès auprès des enfants à cette époque, les années quarante, où un peu de rêve ne pouvait faire de mal à personne, même à lui.
Les mains toujours tremblantes, touché par ce qui était en train de se passer sans comprendre de quoi il retournait pour autant, il s'empara d'une autre feuille et reprit le crayon, dessinant le prochain mouton, se rappelant à quoi il était sensé ressembler pour ne pas briser la suite de l'histoire que Tony souhaitait raconter à voix haute. Une fois finit, il lui donna sa seconde feuille, et ce fut sans surprise que le brun s'exclama :
- Tu vois bien...ce n'est pas un mouton, c'est un bélier. Il a des cornes...
Steve prit une troisième feuille, la lumière de la lampe jouant sur leurs deux visages et il se demandait encore ce qu'il était en train de faire, totalement bouleversé alors que sa main traçait d'un geste tremblant sa troisième tentative du mieux qu'il pouvait pour qu'il ressemble à celui de l'histoire, et le glissa vers Tony, n'osant toujours pas le regarder, tenter de croiser son regard couleur d'orge grillée qui se confondait avec la lueur de la lampe.
- Celui-là est trop vieux. Je veux un mouton qui vive longtemps.
Un sourire étira les lèvres du soldat, merde, il ne comprenait rien à ce qui était en train de se passer mais il continuait de manière automatique, terrifié à l'idée de ce qu'il pouvait arriver s'il s'arrêtait maintenant. Il prit une quatrième feuille et s'appliqua, la glissant vers le brun. Il se pencha légèrement vers ce dernier, envahit du parfum qu'il dégageait et murmura doucement :
- Ça c'est la caisse. Le mouton que tu veux est dedans.
Et en effet, il avait dessiné une caisse toute simple, un peu rectangulaire, avec trois trous pour permettre à l'animal de respirer, le même croquis que l'auteur lui-même avait réalisé et qui se trouvait dans le petit livre corné reposant sur la table de chevet.
- C'est tout à fait comme ça que je le voulais ! répondit Tony, et sa voix se faisait un peu plus endormie à présent, les feuilles se froissant entre ses doigts abîmés par des heures de travail, la tension de ses épaules évaporée, ces dernières pendant misérablement vers le bas.
Steve croisa finalement son regard, troublé de le voir humide, comme s'il semblait sur le point de pleurer, et il finit par voir ses lèvres remuer sans qu'il ne comprenne, mais ça ressemblait fortement à un merci chargé d'émotions, et le brun finit par glisser jusque sur son épaule, tombant dans un sommeil paisible par la même occasion.
Avec le plus de délicatesse possible, le blond le coucha dans son lit et replaça la couverture sur l'ingénieur, encore troublé de voir comment ils en étaient venus à se hurler dessus à...ça. Dans sa tête, il se demanda un instant combien de fois Pepper avait dû faire cela pour le calmer et l'aider à dormir. En avait-elle eut assez ? Avait-elle été lassée de dessiner un mouton malade, un bélier, un vieux mouton et une boîte à trois trous ? Avait-elle décidé d'abandonner face à ce rituel plus qu'improbable ? Parce que si c'était pour aider son ami, Steve se dit soudain qu'il accepterait de le refaire autant de fois qu'il serait nécessaire, parce que malgré tous leurs différents, personne ne devait avoir à rester seul dans une telle détresse le soir, et que si ça pouvait l'aider, rien qu'un peu, alors il le ferait.
- Merci, capitaine Rogers, intervint soudain Jarvis d'une voix basse, souhaitant ne pas réveiller son créateur.
- Es-ce...est-ce que il a besoin de cela souvent ? demanda le soldat, incertain.
- Lorsqu'il a été très affecté émotionnellement durant la journée, oui.
Steve se demanda un instant ce qui avait pu mettre Tony dans un tel état aujourd'hui, mais il ne savait pas, ne pensant pas que leur séance de cuisine y était pour quelque chose - à quel point il avait tord, il ne le savait pas non plus. Finalement, il demanda à l'IA :
- Pourras-tu me prévenir, me réveiller s'il le faut, à chaque fois que Tony a besoin de faire ça ?
- Je n'y manquerais pas, monsieur, répondit Jarvis.
Et le soldat fut presque certain d'entendre une profonde reconnaissance dans la voix robotique, alors qu'il éteignait la lumière sans un bruit et quittait la pièce en refermant derrière lui.
Le lendemain matin fut plus qu'étrange pour les deux super-héros, à vrai dire. Lorsque Tony était entré dans la cuisine le matin, d'assez bonne humeur et semblant reposé, Steve avait été incapable de croiser son regard, persuadé que ce dernier lui en voudrait pour hier - après tout, il avait fait quelque chose sûrement réservé à Pepper auparavant, et il était loin de la remplacer pour le milliardaire - leur relation était loin d'être la même, et il n'y comptait pas non plus. Néanmoins, à la place, il avait été surpris lorsqu'en observant son camarade à la dérobée, ce dernier le fixait ouvertement, et il pouvait lire une seule et même question au fond de ses prunelles vives : « Pourquoi ?»
Et bon sang, il était bien incapable de répondre à cette question, cherchant toujours la réponse de son côté, en vain. Cette tension étrange entre eux le rendait maladroit depuis que le brun était arrivé, et il manqua de renverser son café sur Natasha, cette dernière l'observant avec une attention qui lui fit froid dans le dos. bien déterminé à ne rien laisser passer, il l'ignora et arrêta de jeter des coups d'oeil à son camarade, agitant normalement en sa présence, lui proposant même de le servir.
Le blond allait s'attaquer à nouvelle tartine lorsqu'il entendit son téléphone se mettre à sonner sur la table non loin de lui, diffusant une chanson des années trente inconnue de ses camarades. Intrigué, il attrapa ce dernier et y jeta un coup d'oeil, haussant un sourcil avant de décrocher :
- Fury ? releva-t-il, se demandant quel problème pouvait-il y avoir pour que le directeur du SHIELD ne les contacte aussi tôt.
- Captain, on a un problème dans le quartier du Queens, lâcha l'homme d'un air qui semblait particulièrement furieux et agacé.
Sans se poser davantage de questions, le chef d'équipe plaça le téléphone sur haut-parleur - Clint lui avait montré comment faire quelques mois plus tôt lorsqu'il avait obtenu l'appareil - et demanda des précisions.
- L'arme que nous avons récupéré il y a trois jours, celle qui fait exploser les coeurs en accélérant leurs battements...elle nous a été volée et est utilisée en ce moment-même en ville.
- Pardon ? releva Clint, plus que choqué. Comment vous avez réussit à vous la faire piquer ? Le SHIELD est pas sensé être putain de sécurisé ?!
- Il semblerait qu'on ait des taupes parmi nous, agent Barton. Certains ont déjà été reconnus comme appartenant à Hydra et ont été arrêtés, mais ce ne sont sûrement pas les seuls. De plus, d'autres ont finit par arriver dans le Queens, ils sont énormément nombreux : vous devez y aller immédiatement ! termina Fury avant de raccrocher.
Il n'en fallut pas plus aux Avengers pour abandonner leur petit-déjeuner - à regret, bien entendu - pour sauter sur leurs tenues et leurs armes. Laissant Thor et Tony s'y rendre à l'avance, les autres foncèrent ensuite en direction du jet pour se rendre sur les lieux le plus vite possible, espérant que leurs camarades pourraient contenir le flot des attaques meurtrières en attendant leur aide.
Tony fut le premier à arriver en compagnie de Thor, et les lieux n'étaient pas beau à voir. ils se trouvaient sur l'une des avenues principales, la circulation totalement bloquée. La plupart des gens avaient fui en voyant les hommes habillés de noir, décorés de l'hydre rouge à tête de mort, mais certains n'avaient pas eut cette chance et le coeur était déjà en morceaux, éclaté et éparpillé sur les pare-brises des voitures alentours. Si l'ingénieur ne s'inquiétait pas de Thor qui pouvait sûrement encaisser l'attaque vu la foudre qu'il contrôlait, et que lui-même possédait son armure, ce n'était ne revanche pas le cas pour le reste de ses amis et il espérait qu'ils parviendraient à arrêter le massacre avant d'avoir besoin d'eux. Même s'il possédait son pouvoir, moins il s'en servait et mieux c'était.
Se jetant dans la bataille à corps perdu, il distribua coup sur coup, choqué du nombre affolant d'ennemis qui semblaient arriver de partout, se pressant à ses côtés pour l'empêcher d'atteindre celui qui manipulait l'éclate-coeurs. Il savait que cette organisation maléfique qui semblait suivre le captain comme son ombre depuis des décennies était puissantes, mais il ne pensait pas voir autant de gens ralliés à cette cause - et ils n'arrêtaient pas de débarquer d'entre les rues, lui donnant la tâche difficile.
- Derrière vous, homme de métal ! prévint soudain Thor, le faisant se retourner au dernier moment.
Pas assez rapide, un violent coup s'abattit sur son crâne à 'laide d'une large barre de fer, se répercutant dans tout son casque et son crâne, faisant danser des étoiles sous ses yeux et lui donnant envie de vomir. Désorienté, il expulsa son adversaire d'un rayon d'énergie, tentant de se reprendre, voyant par la même occasion le jet des vengeurs arriver, plus ou moins soulagé en sachant que ses amis allaient donc être exposés face à l'arme si dangereuse dont Steve l'avait protégé quelques jours plus tôt - enfin, avant qu'il ne change le passé.
Tous les autres se jetèrent dans la bataille à leur tour et bientôt il fut difficile de tout discerner autour d'eux, les combats faisant rage dans la rue principale du quartier d'Astoria, jusqu'à ce que Tony entende un hurlement de douleur, reconnaissant parfaitement la voix. se débarrant d'un autre adversaire, il se retourna brusquement et vit parfaitement Natasha, une balle enfoncée au niveau de l'abdomen, une main plaquée sur ce dernier pour tenter de juguler le flot de sang.
Sans hésiter, il leva une main, se concentrant en laissant les alentours s'effacer, devenir flous et incertains tandis que le monde reculait d'une poignée de secondes - faisant malheureusement se relever leurs ennemis déjà vaincus ou morts par la même occasion - et arrêta ensuite, laissant le temps reprendre son cours. Sans hésiter, il se rapprocha de l'espionne jusqu'à repérer celui qui s'apprêtait à lui tirer dessus - sur la seconde fois sans le savoir - et l'envoya dans le décor d'un simple rayon d'énergie, soulagé.
- Tony, tu es capable de résister au ondes de l'arme, essaie de la récupérer ! s'exclama la voix du captain dans son casque.
- Je vais essayer Cap ! s'exclama le milliardaire, cherchant l'utilisateur de l'éclate-coeurs des yeux, bien décidé à en finir au plus vite avant que l'un d'eux ne soit blessé.
Une fois ce dernier repéré, il tenta d'avancer dans sa direction mais il était sans cesse gêné par d'autres ennemis qui se mettaient volontairement sur son chemin pour le ralentir et il devait prendre le temps de se débarrasser d'eux, jurant et râlant sans qu'il ne puisse faire grand-chose d'autre. Plusieurs fois il dû abandonner de récupérer l'arme pour remonter le temps et sauver ses amis d'attaque vraiment dangereuses, et bien qu'ils étaient doués, cela lui fit prendre conscience d'à quel point la vie de chacun d'eux ne tenait qu'à un fil, à quel point il ne manquait pas grand-chose pour qu'ils basculent définitivement de l'autre côté.
- Tony, où est l'autre avec son arme ?! s'écria Steve dans son micro d'une voix affolée.
Le concerné regarda autour de lui, commençant à paniquer en voyant que l'arme et son utilisateur avaient disparu, tout comme la plupart des agents d'Hydra qui s'éclipsaient à travers les rues et s'enfuyaient, tant et si bien qu'il restait de moins en moins de monde sur l'avenue. Surpris de les avoir vu détaler de la sorte, l'Iron Man chercha l'éclate-coeurs des yeux, mais rien. Jurant, il frappa d'un coup de pied dans une tôle de voiture arrachée, inquiet à l'idée qu'une telle arme ne se retrouve entre les mains de cette organisation si malfaisante. Il aurait pu trouver cela stupide d'utiliser l'arme à peine volée et se faire remarquer de la sorte, mais il avait remarquer certains agents semblant faire d'étranges relevés à côté de l'utilisateur de l'éclate-coeurs, et tout cela n'avait sûrement été qu'une sorte de test en plein air...les enfoirés.
Regardant arriver ses camarades vers lui, Tony enleva son casque, le tenant à bout de bras tandis qu'il s'autorisait à respirer l'air, grimaçant à l'odeur du sang qui se glissa dans son nez, n'étant plus filtrée par son armure. Le brun fixa les autres et sursauta légèrement lorsqu'il vit Steve retirer son casque avec brusquerie, le jetant à terre en lui jetant un regard furieux, arrivant bien trop vite dans sa direction.
- Je peux savoir ce que tu foutais, Stark ?! rugit-il d'un air furieux.
Tony déglutit avec difficulté en remarquant qu'il employait à nouveau son nom de famille, et cela n'annonçait rien de bon, néanmoins il ne voyait pas ce qu'il avait de mal cette fois.
- Quoi, qu'est-ce qu'il y a ? questionna-t-il finalement, les sourcils froncés.
- Je t'avais demandé de t'occuper de cette arme au lieu de nous! Maintenant, Hydra la détient à nouveau et ils n'hésiteront pas à l'améliorer pour faire encore plus de dégâts! s'exclama le soldat en se plantant devant lui avec un regard de glace.
- Je ne faisais que vous protéger ! protesta Tony avec véhémence, furieux de voir qu'il se faisait engueuler pour avoir tenté de bien agir.
- On peut se débrouiller bon sang, nous sommes aussi capables que toi !
Tony faillit protester mais se retint de peu. Il n'en était pas si sûr, vu le nombre de fois affolantes où il avait remonté le temps pour leur épargner des blessures plus ou moins sérieuses. néanmoins, aucun d'eux n'était au courant pour cela alors il garda la bouche close, et se contenta de défier le regard de Steve, qui secoua la tête d'un air las - et déçu, ce qui lui fit immédiatement perdre son air arrogant et il du contenir tant bien que mal une grimace.
- Je m'en rappellerai la prochaine fois que tu seras en danger de mort, ne compte pas sur moi pour sauver ton cul bordé d'étoiles, capitaine invincible ! murmura Tony d'un ton plein de venin.
Il regretta presque aussitôt ses paroles en voyant le regard encore plus déçu que lui renvoya Steve, comme s'il avait définitivement perdu foi en lui, et il voulut immédiatement remonter le temps. Fermant les yeux devant le blond, il tenta de se concentrer mais cela lui donna seulement mal de tête et il souleva à nouveau les paupières, surpris. Il tenta encore jusqu'à sentir son nez se mettre de nouveau à saigner, et il s'arrêta avant de tomber dans les pommes, sous le regard surpris de Steve qui ne comprenait rien à la situation.
Il avait trop utilisé son pouvoir pour leur sauver les fesses, résultat, il ne pouvait revenir sur sa parole. Déglutissant avec difficulté et cachant la nouvelle grimace qui voulait s'étaler sur son visage, il se contenta d'essuyer son nez d'un geste de la main avant de s'envoler vers la tour sans les attendre, furieux contre le soldat et contre lui-même.
Jarvis l'avait avertit, un fois son armure enlevée dans son atelier et son nez soigné avec un peu de glace, que le directeur Fury souhaitait le voir pour le débriefing et il l'avait royalement ignoré, se contentant de s'enfermer à double tour dans son atelier après avoir récupéré de quoi manger pour tenir jusqu'au soir.
Du côté de Steve, ce dernier n'en menait pas large. Ses autres camarades lui avaient fait remarquer la dureté de ses paroles, alors que Tony souhaitait seulement les protéger,et il ne savait pas s'il devait se racheter auprès du milliardaire, et si c'était le cas, de quelle manière. La journée était passée avec lenteur sans savoir exactement quoi faire, et en rentrant à la tour, ils n'avaient pas vu l'ombre du brun.
Le soldat quant à lui était bien déterminé à dormir encore une fois ici. C'est vrai qu'il n'avait pas accepté la proposition de Tony, il y a des mois plus tôt alors qu'ils s'entendaient horriblement mal - c'est-à-dire, pire qu'aujourd'hui, bien qu'il se demanda comment c'était possible - mais après les évènements de la journée, il s'était demandé si Tony allait avoir besoin de son rituel.
Il ne se trompa pas lorsque Jarvis le réveilla à presque quatre heures du matin, l'informant que Tony avait quitté son atelier, grignoté un peu et pris une douche et tenté, en vain, de s'endormir avant de s'asseoir à nouveau sur son lit. Encore plus hésitant, sachant comment il avait parlé à Tony ne matin même, il finit tout de même par se lever et se diriger vers la chambre de ce dernier, jusqu'à frapper contre la porte.
- Tony ? C'est Steve, je sais que tu ne dors pas. S'il te plait, laisse-moi entrer.
Le blond tenta de prendre le manque de réaction de son camarade pas trop mal, sachant qu'il devait être furieux après lui, et frappa à nouveau en l'appelant encore, sans réponse. Hésitant, il finit par remarquer les ombres sous la porte, lui signifiant que l'ingénieur devait se trouver derrière, hésitant sûrement à ouvrir. Sans hésiter, il s'assit par terre et prit l'une des feuilles qu'il avait apportée ainsi qu'un crayon de papier et prit un temps rapide pour dessiner le mouton malade, plus appliqué que la veille, et finit par le glisser sous la porte, attendant d'entendre Tony ouvrir pour lui citer le livre et quémander le second dessin. A la place, la seule chose qu'il reçut fut une feuille blanche, blanche de tout dessin mais pas de mots, et il y en avait quelques uns d'inscrit dessus, faisant passer un message plus que clair et douloureux, dirigé tout contre lui :
« - Va-t'en. »
Alors Steve pinça les lèvres, ne cachant pas la déception et l'étrange douleur qui lui compressait la poitrine, et récupéra la feuille d'une main peut-être un peu plus tremblante qu'elle n'aurait dû, retournant dans sa chambre tandis que derrière sa porte, Tony s'adossait à cette dernière, en proie à une crise de panique grandissante à l'intérieur de lui qu'il était seul pour gérer. Pas de Pepper, pas de Steve, adieu les moutons et le Petit Prince quémandeur qui venait de repousser le renard par des mots griffonnés avec violence sur une feuille de papier vierge.
Commentaire d'auteur :
Et voilà, j'espère que vous aurez apprécié ce chapitre ! :) Si vous avez le Petit Prince chez vous, essayez de ne pas foutre le feu à votre livre de désespoir, c'est tout ce que je vous demande! :D
Si vous vous posez la question, oui ce livre sera important de cette manière dans l'histoire. Il me rappelle à moi-même pas mal de souvenirs vieux comme récents et je suis ravie de pouvoir le combiner à mon histoire. C'est assez poétique par moments, plus que ce dont j'ai l'habitude mais ça me change agréablement!
Tant que j'y pense, je sais qu'on ne voit pas l'italique sur la version mobile du site, manière dont je fais ressortir les passages cités du Petit Prince, et je voudrais savoir si vous les voudriez aussi en gras pour être sûr de les repérer, car ce ne sera pas toujours évident et pourtant très important, mais je n'en dis pas plus :)
Pour cet espèce de rituel qu'utilise Tony pour se calmer, je dois avouer que l'idée m'est venue totalement comme ça ce matin en commençant à écrire le chapitre et je n'en suis pas mécontente car j'ai adoré l'écrire, un vrai bonheur :)
Avec toute cette histoire de petit prince, ne vous inquiétez pas, on garde tout de même le voyage dans le temps au centre de l'histoire, c'est juste que cela aussi aura une grande importance au fil des chapitres :) En parlant de ça, il y a aussi le voyage dans le passé de Tony qui était pas mal important et sera un déclencheur pour pas mal de choses!
Aussi, comme on peut le voir, ça ne sera pas toujours parfait entre nos deux héros, même avec la possibilité de remonter le temps. A voir comment les choses vont s'arranger!
Je pense avoir fait le tour de ce que j'avais à dire...pour le prochain chapitre, sachant que je reprend le boulot ça va être un peu plus dur de trouver le temps, je vais tenter de faire comme pour EXTRA Heart, un chapitre toutes les deux ou trois semaines, un mois d'attente grand max, j'espère ne pas mettre trop de temps :)
Cette fois-ci c'est fini, j'espère vraiment que ce chapitre vous aura plu, laissez donc une petite review en passant et à très vite je l'espère ! :)
