Fandom : Soul Eater (Tous les personnages sont la propriété de leur auteur ; excepté les Soeurs Yokai qui sont une de mes créations.

Genre : Famille – Angst

Rating : T (enfin je pense...)

Disclaimer : Tous les personnages utilisés ci-après sont la propriété de leur auteur.


Chapitre Deux : Entre de mauvaises mains

Nuit de Mardi 18 au Mercredi 19.

C'était dans les fins fonds d'une construction glauque que les sœurs Yokai avaient établi leur repaire. Elles ne l'avaient pas trouvé toutes seules. Les deux femmes étaient loin d'être des lumières et devaient leur salut et leur existence à un puissant bienfaiteur. Ce dernier avait découvert les deux femmes alors qu'elles étaient des gamines, qu'elles ne savaient se débrouiller dans la vie et qu'elles étaient menacées par des humains qui voulaient leur mort. Car Thelma (la blonde) et Louise (la brune) étaient nées démons et attaquaient les hommes et les femmes depuis des années pour assurer leur survie. Si elles ne venaient pas à manger des âmes dans les temps, elles se flétrissaient telles des momies et risquaient de finir réduites en poussière. La personne qui les avait pris sous son aile les aidait en leur donnant des idées de victimes potentielles, tout en leur évitant d'être repérée.

Elle leur avait conseillé de restreindre le choix de victime sur les jeunes hommes célibataires. Le fait qu'ils soient seuls permettait de laisser leur absence inaperçue pendant un laps de temps plus long que pour un époux ou un père de famille. De plus, elles étaient d'une beauté suffisante pour attirer les pauvres victimes masculines dans leur filet. Leur physique et leur comportement n'attiraient que la méfiance des autres femmes, des enfants et des hommes mariés. Jusqu'à présent, ça avait bien marché. Et même si cette gamine bizarre avait failli les mettre au régime ce soir-là, elles avaient finalement réussi à ramener une âme avec laquelle se restaurer. Le fait de s'attaquer à des hommes était un défi en soi, étant donné qu'ils possédaient une force physique plus imposante. Mais de toute façon, ils n'avaient aucune chance face à elles : Thelma était un démon dont le sang était composé de métal. Elle possédait une force phénoménale. Louise avait le réseau sanguin parcouru par toute sorte de poisons. Les paumes de sa main pouvaient dégager certaines substances selon les situations, comme des dérivés du chloroforme ou même des poisons mortels.

Il était tard lorsqu'elles arrivèrent dans leur domicile en sous-sol, et déposèrent sur un tapis rouge et noir le corps inanimé de leur victime. Bientôt, elles arracheraient l'âme de son enveloppe corporelle. Leur bienfaiteur leur avait toujours dit qu'il valait mieux qu'elles se débarrassent définitivement des encombrants hommes dépourvus de leur essence, (des marionnettes dont on avait coupé les fils) mais elles trouvaient amusants de croiser leurs anciens repas dans Death City, errant sans but, le regard vide. Et dans quelques secondes, cela serait le tour du Rouquin qui était allongé devant elles.

Thelma glissa sa main au niveau de la poitrine de Spirit Albarn. Elle frissonna de gourmandise. « Sens-moi cette âme, Louise ! Elle vibre avec une telle force ! Avec ça, nous aurons l'estomac plein pendant plus d'une semaine ! Voire même un mois….On a remporté le Jackpot… »

Louise s'approcha de l'homme allongé et plaça sa main pareillement. Elle eut la même réaction de vibration. Elle afficha un grand sourire et se lécha les lèvres comme un enfant devant un gâteau au chocolat. Elle approcha sa main de la poitrine lorsqu'elle reçut une violence frappe sur les doigts de la part de sa soeur.

« Heyyy ! » protestait Thelma. « Je te signale que c'est moi qui ai mangé le moins de nous deux, la dernière fois. C'est moi qui dois passer en premier ! » La brunette fronça les sourcils avant d'afficher un petit sourire en coin. « Seulement je suis l'ainée et je vieillis plus vite. J'ai plus besoin d'âme que toi. » Les deux femmes se disputaient toujours leur nourriture. Mais cette fois, la victoire était primordiale : cette âme serait un plat de gourmet.

Thelma étira ses lèvres d'un sourire en coin avant de faire une proposition vaseuse pour les départager. « On va faire cela au bras de fer. »

« Ben voyons, Petite Idiote ! Tu sais d'ores et déjà que tu vas gagner, avec ta force de gorille. Non, je propose de faire cela à pierre, papier, ciseau ! » se défendit Louise, qui avait déjà sa petite idée. Thelma accepta à contrecoeur. Elles se concentraient, leur regard convergeant vers celui de leur adversaire respectif, comme si elles espéraient voir la réponse dans leurs pupilles.

« Pierre… »

« Papier… »

« Ciseau… »

Thelma tendit la main face à sa sœur, l'index et le majeur formant les deux lames d'un ciseau, en affichant sur son visage un air de triomphe. Louise, plus maline, avança le poing avant d'obliquer son bras. Elle plongea sa main dans le corps de Spirit Albarn, profondément endormi par son poison. Cette incursion ne créa pas de blessure dans le corps de Spirit : on avait l'impression qu'elle avait enfoncé son bras dans une étendue d'eau, autour duquel se formaient des petites vagues, des ondes de matière. C'est pour cela que les victimes de Thelma et Louise, qui avaient été retrouvées par les autorités, ne présentaient aucune trace de violence. Le retrait de l'âme se faisait sans détériorer l'enveloppe corporelle.

La main de Louise s'enfonçait dans le torse de Spirit, tandis que Thelma fulminait en jurant comme un charretier. Quand soudain…Sa sœur se mit à hurler de douleur et retira vivement sa main. Louise constata avec horreur qu'elle avait subi des dégâts conséquents: on aurait dit qu'elle avait plongé sa main dans de l'acide sulfurique : la peau était fondue ; lorsqu'il en restait encore, elle était couverte de cloques, comme lors d'une brûlure grave. Thelma se mit à ricaner. « Bien fait pour toi ! Il t'a rejeté, espèce de vieux pruneau ! »

Elle profita alors que Louise se soit levée en hurlant pour plonger sa main à son tour à la recherche de l'âme. Mais lorsqu'elle y parvint….Elle sentit une chaleur intense qui devenait bientôt insupportable. Son sang bouillonnait tellement qu'elle avait l'impression d'avoir de la lave dans les veines. Elle extirpa sa main de l'âme plus rapidement qu'elle ne l'avait enfoncée, et poussa un cri analogue à celui de sa soeur ainée. La douleur était vive et semblait ne pas vouloir s'apaiser. C'était la première fois que ça leur arrivait. Bon sang, que se passait-il ? Pourquoi ça ne marchait pas ? Étaient-elles arrivées à leurs limites ? Elles ne pouvaient plus manger d'âmes ni même les toucher ? Thelma n'y croyait pas. Et malgré la souffrance, elle plongea à nouveau sa main…Le même sort arriva et de nouveau la main fut brûlée vive. Les cris ne faisaient que s'enchainer dans le repaire des deux femmes.

Elles quittèrent en courant leur refuge souterrain en courant, traversèrent de longs couloirs et tapèrent du pied une porte massive en bois, qui se trouvait au milieu de nulle part. La porte s'ouvrit toute seule, donnant sur une immense salle ronde, avec un dôme en guise de toit. Des frises en forme de flèches noires se dessinaient sur les murs. Au bout de la pièce était assis, à même le sol, le protecteur des soeurs Yokai. Ou devrait-on plutôt dire la protectrice. Medusa était son nom. Sorcière de talent particulièrement difficile à détruire, elle avait usé de procédés fort peu honnêtes pour utiliser des gens et les mettre à son service. De cette manière, elle avait fait de son enfant, Chrona, un être démoniaque portant en lui une arme diabolique. Elle faisait du chantage auprès de Elka Frog, une grenouille-sorcière, menaçant de la tuer si elle l'obéissait pas. Autrement dit, le qualificatif de « bienfaiteur » était des plus ironiques pour une personne qui connaissait la capacité de manipulation de la Sorcière Serpent ; mais pour les soeurs Yokai, c'était ainsi qu'elles la voyaient.

En entendant le grand boucan qu'elles faisaient en hurlant et en courant dans les couloirs sombres de l'immense cachette de Medusa et ses complices, la Sorcière fronça les sourcils. Particulièrement agacée, elle leur jeta un regard mauvais, qui ne parvint cependant pas à les calmer.

« Ahhh, Médusa-sama, Médusa-sama ! » beuglaient-elles.

« Que se passe-t-il ici ? » Répondit-elle d'une voix glaciale mais calme. Elle n'avait pas haussé le ton et pourtant, elle avait pu obtenir le silence des bruyants démons.

Louise avala sa salive avant d'expliquer ce qu'il s'était passé. « Et nous n'arrivons pas à attraper son âme ! Nous avons totalement brûlé ! »

Médusa se fichait totalement que les deux femmes se brûlent, se cassent la cheville ou avalent de travers. Tout ce qu'elle voulait d'elles, c'était qu'elles puissent servir en combat au moment voulu. Même si elle leur avait demandé de la discrétion pour les enlèvements d'hommes, elle se moquait de savoir qui elles avaient mangé et combien. Tant qu'elles n'empiétaient pas sur ses plans, elle les laissait faire. Pourtant, elle était assez intriguée par ce qu'il s'était passé : une âme n'avait jamais fait ça auparavant. Qu'est-ce qu'elles avaient bien pu dégoter pour faire une chose pareille ? Sans dire un seul mot, laissant les deux filles dans l'expectative, elle partit devant et prit la direction des appartements de Thelma et Louise. C'est là qu'elle découvrit la raison de tout cela.

« Bon sang, vous êtes vraiment des idiotes. Je vous avais conseillé d'attaquer uniquement les hommes seuls !"

« Mais…Mais il était seul ! Il n'avait personne avec lui et ….il nous l'a dit ! » se défendit Thelma.

Medusa leva les yeux au ciel. « Et vous l'avez cru sur parole ? Les hommes mentent mieux que les femmes quand ils s'en donnent la peine, et "IL" est excellent en la matière." Les deux soeurs restaient perplexes : Medusa connaissait donc ce type ? "Ce n'est pas étonnant que vous n'ayez pas pu attraper son âme, "ajouta la sorcière. "Il s'agit de Death-Scythe, l'Arme en titre de Shinigami-sama. Son âme est très puissante et elle n'est pas commune. Vous n'arriverez jamais à le manger… »

Les deux femmes voyaient leur repas s'envoler et regardèrent Medusa avec désespoir. Elle allait leur proposer de se débarrasser de lui quand soudain, une idée germa dans son esprit. Un sourire dément déforma son visage.

« Je vais m'en occuper. Allez chasser ce que vous voulez mais cette fois-ci, faites attention à votre choix. »

Les Soeurs Yokai ne demandèrent pas leur reste, mais avant de manger, elles prirent soin de soigner leurs brûlures.

Quand Spirit reprit conscience, il mit du temps à revenir à la réalité. Il se souvenait qu'il était dans un bar et là….Maka l'avait surpris. Il l'avait suivi pour tenter de s'expliquer mais … après c'était le vide total. On avait essayé de le retenir, puis il y avait eu ce parfum...C'est alors qu'il réalisa qu'il lui était arrivé quelque chose d'anormal. Il ouvrit doucement ses yeux. Sa tête était douloureuse comme un lendemain de gueule de bois. Tout était sombre autour de lui. Lorsque ses yeux s'habituèrent à l'obscurité, il put prendre conscience du décor autour de lui. C'était une salle fermée par une porte de bois, une salle sans fenêtre, semblable aux cachots du Shibusen, quoique la pièce était plus grande. Il voulut se lever mais sa tentative fut vouée à l'échec. Il s'écroula lourdement dans un bruit de métal. Il regarda tant bien que mal derrière son dos pour voir que ses mains étaient emprisonnés par des bracelets de métal montant depuis le bas des poignets jusqu'à une bonne partie des avant-bras. Les deux cylindres étaient reliés entre eux par une chaine épaisse. L'ensemble retenait le jeune homme au sol par un long lien métallique relié à même le parquet. Il poussa un soupir mais le bruit qu'il fit était comme étouffé. Il réalisa qu'on l'avait bâillonné avec du tissu.

Malgré sa situation des moins enviables, Spirit ricana intérieurement. Il lui serait facile de s'enfuir. En tant qu'arme, il pouvait se métamorphoser en faux. A ce moment-là, tous ces liens glisseraient à terre (l'arme en question était aussi épaisse d'un bâton) et en reprenant forme humaine, il serait libre. Franchement, celui qui avait commis l'erreur de le kidnapper était un fieffé imbécile ! Il laissa faire son corps, et pouf !, il se transformerait en arme.

Il essaya à plusieurs reprises de transformer son corps de chair en faux de métal. Mais il eut beau insister, il ne parvenait pas à se métamorphoser ! C'était impensable ! Après ce constat, il ne riait plus ; au contraire, la situation n'était vraiment pas réjouissante. Il luttait furieusement contre ses liens quand la porte s'ouvrit brutalement, éblouissant Spirit avec la lumière de l'extérieur. Il aperçut une silhouette qui se détachait dans la lumière et même s'il ne distinguait pas les détails, il reconnut instantanément Medusa. Celle-ci avait guetté sa première réaction et échappa un petit rire méprisant.

« Toi et Stein aviez pensé m'avoir réduite en poussière. Je suis vraiment navrée de devoir t'annoncer que vous vous trompiez. Pour le moment, j'ai un corps de substitution, car vous m'avez vraiment fait très mal. En attendant d'en trouver un plus stable...ça me permet de survivre. »

Elle s'approcha de lui et vit qu'il avait les joues rosées et ses cheveux roux en bataille. Il s'était débattu. Son sourire s'étira encore plus sur ses lèvres. « J'ai pris des précautions, tu t'en doutes bien. Les longs cylindres de métal qui encerclent tes poignets portent un sceau qui t'empêchent de te transformer en arme, sauf ….si je t'y autorise. Tu auras beau te débattre, il te sera difficile de m'échapper, très cher. »

Elle s'accroupit pour mettre son visage à la même hauteur que celui de son prisonnier, qui exprimait de tout son être une haine incommensurable pour la sorcière. Elle passa un de ses longs doigts fins sur les lèvres de Spirit (il ne put réprimer un frisson de répulsion) avant d'ajouter « Tu ne m'en voudras pas de t'avoir muselé, mais tu es tellement bavard que tu ne m'aurais pas laissé placer un mot. »

Spirit protesta mais tous les sons qu'il proférait étaient étouffés par le tissu. Vaincu, sans pouvoir réagir de quelque façon que ce soit, il évitait de regarder Medusa, détournant ses yeux vers le mur. LA Sorcière n'en avait cure et au contraire, elle se moquait de lui et de ses réactions.

« Tu sais, Spirit-kun, tu n'as pas eu de chance ce coup-ci. Tu es tombé sur les deux soeurs démons les plus idiotes qu'il puisse exister. Je suppose d'ailleurs que tu te doutais de leur identité quand tu les as abordé…sinon, tu ne leur aurais pas caché l'existence de Maka. Je me trompe ? En fait, tu enquêtais sur ces enlèvements et tu as décidé de te faire passer pour une victime potentielle. Tu vois, ton plan a bien fonctionné : Tu es à notre merci, à présent. »

Spirit continua de l'ignorer superbement. Medusa continua son discours. « Ton statut de Death Scythe t'a sauvé du vol de ton âme par les soeurs Yokai. Mais tu joues de malchance : je suis leur…comment disent-elles déjà ? Bienfaitrice ! » Elle échappa un ricanement mauvais. « Mais vois-tu, en ce qui te concerne, c'est plutôt le contraire. »

Elle marqua une pause. Elle se releva et contourna son prisonnier. Une fois arrivée derrière lui, elle passa ses bras autour des épaules du rouquin. Une de ses mains glissa sous la chemise de Spirit. Loin de ressentir du bien-être, il redoubla de colère et se débattit. Pour obtenir le calme, elle planta ses ongles directement dans la peau de son détenu. Sous l'effet de la douleur, les pupilles de Spirit se dilatèrent et il poussa un petit gémissement.

« Allons, du calme, Spirit-kun. J'ai un grand projet pour toi. Au départ, j'en ai voulu à ces deux sottes de t'avoir amené ici. Mais finalement, cela pourrait tourner à mon avantage. Bientôt, l'arme de Shinigami Sama sera à moi. »

Spirit réclama la parole en tentant de s'exprimer derrière le tissu en soie noire. Elle dégagea le bâillon de la bouche de Spirit, sans cependant en dénouer le noeud. Il était trop beau parleur, elle devait pouvoir le faire taire à n'importe quel moment.

Il tourna la tête vers Medusa, toujours située dans son dos, et tout en la dévisageant avec dégoût, prit enfin la parole. « Jamais, sois-en sûre. »

Medusa laissa son rire dément emplir la geôle avant de reprendre la parole : « tu es tellement prétentieux. Pourtant ta présence ici devrait te donner une sacrée leçon d'humilité, tu ne crois pas ? Tu pensais avoir tout prévu en enquêtant sur les soeurs Yokai, mais ça s'est retourné contre toi. »

Spirit baissa les yeux vers le sol pendant une petite seconde, repensant à Maka et au mal qu'il avait fait à sa fille. Il n'avait jamais dit cela pour la blesser, juste pour pouvoir démasquer les soeurs. Il aimait bien trop son ex-femme et sa fille, malgré sa fâcheuse manie de jouer les Don Juan. Au contraire, il disait à qui voulait l'entendre (ou même à qui ne voulait pas l'entendre), à quel point Maka comptait pour lui.

Il se dépêcha d'interrompre ses pensées négatives. Pas question de laisser l'opportunité à Medusa d'utiliser Maka contre lui. Ses yeux flamboyants ne quittaient pas ceux de la Sorcière.

« C'est tout ce que tu me dis ? » dit Medusa d'un ton faussement contrarié. Ca ne valait pas la peine que je t'enlève ceci. » Elle repositionna le tissu entre les lèvres de Spirit avant de se relever et de se replacer en face de lui. « On va aller rendre visite à un vieil ami…. »

Elle commença à effectuer quelques gestes avec ses mains, tout en récitant des litanies. Le lien de métal qui retenait le rouquin au sol s'ouvrit. Les deux bracelets métalliques entourant ses poignets exercèrent une pression sur les membres de son corps, l'obligeant à mettre ses mains sur le devant de son corps. Malgré la force qu'il possédait, Spirit ne pouvait rien faire pour lutter ; les bracelets scellaient vigoureusement tous ses pouvoirs. Frustré, il regardait la sorcière qui rattachait les deux poignets ensemble, puis y accrochait une longue chaine qui faisait office de laisse. Medusa tira brutalement sur cette chaine pour le forcer à se lever et à la suivre. Ils marchèrent pendant de longues minutes, en silence, à travers de lugubres couloirs. Ils s'enfonçaient dans la cachette, dans ce labyrinthe, comme pour atteindre le centre de la montagne. Au bout d'un minuscule couloir, ils parvinrent à un immense hall avec une multitude de colonnes. On aurait dit une salle de trône dans un palais royal. Ce n'étaitpas faux en soi : à l'extrémité de cette salle se trouvait une estrade haute. En haut de ce podium, un homme était assis en tailleur. Il était très maigre, ne portait qu'un pagne en guise de vêtement. Et surtout, on ne pouvait pas voir son visage ; sa tête était cachée par une espèce de turban couleur peau, sur lequel étaient dessinés trois grands yeux de couleur noire.

Medusa tira fortement sur la chaine, et Spirit tomba à genou juste devant la première marche de l'estrade. Il savait déjà qui était cet être en face de lui, mais la Sorcière-Serpent se chargea des présentations, dans le but de provoquer son captif.

« Spirit-kun, tu vas bientôt faire la connaissance du Kishin, grand Dévoreur d'âme, Ashura-sama ».