First Part: Of Champagne and Bookstore

Cette période de l'année était à nouveau arrivée. Les fêtes approchées et toutes les banques étaient surchargées de travail. Un travail qui pour une fois n'avait rien à voir avec l'argent et les profits - ou pas? Rokudo Mukuro ne put que ricaner pour lui-même en pensant cela - en tant que propriétaire d'une banque, il savait mieux que personne que…


Minute, minute, minute! coupa Mukuro en agitant une main.

Hum? Je viens juste de commencer, papa! grogna Yuzuru.

Banquier? Tu m'imagines en banquier? s'indigna l'illusionniste.

Pourquoi pas? répondit l'enfant avec un haussement dpaule.

Pas de banquier.

Papa! C'est censé être ma rencontre imaginaire, tu sais?

M'en fiche, pas de banquier! répéta fermement le gardien. Je sais pertinemment que je suis la personnification même de la plupart des péchés capitaux - si on oublie la paresse que je laisse à Kyouya et ses siestes de chatOù est-ce que je voulais en venir? Ah oui - je ne suis pas avare, même dans un monde imaginaire! Si je ltais, tu n'aurais pas toutes ces reliques du moyen-âge français dans ta chambre, Hibari Yuzuru!

Hn, grogna celui-ci en se renfrognant légèrement. Bon d'accord, pas de banquier. Je recommence - et on n'est plus à la fin de l'année mais au printemps. Otousan refuse toujours de sortir aux alentours du nouvel an.

KufufuN'oublie pas les sakura


Hibari grogna en resserrant sa cravate, comme-ci il cherchait à s'étouffer lui-même pour s'enfuir de cette situation. Mais il n'était pas un de ces pitoyables herbivores alors non, ce n'était pas le but de son geste - après tout, s'il s'enfuyait, ce serait avec la dignité qui lui était due, c'est-à-dire en passant par la grande porte; ça ne s'appellerait alors plus « s'enfuir », ce qui irait très bien pour lui car le grand Hibari Kyouya ne s'enfuyait pas, jamais. Même quand il était jeté tête la première dans une salle de réception remplie d'herbivores bon à mordre à mort et qu'on lui refourguait la boisson qu'il haïssait le plus au monde - du champagne. Quelqu'un pouvait-il lui rappeler pourquoi il avait accepté de venir?

⁃ Kyouya! appela une tête blonde en venant vers lui.

Ah oui ça y est, il se souvenait…Hibari serra tellement fort sa flûte de champagne que quelques craquelures apparurent dans le verre le temps que Dino arrive à sa hauteur. Le blondinet se dépêcha de lui prendre la boisson des mains quand il remarqua cela.

⁃ Fais pas cette tête, Kyouya, tenta Dino en se frottant le crâne d'un air penaud. Dis-toi que c'est pour tes livres que tu le fais!

Hibari Kyouya avait beau être encore jeune, il était déjà reconnu comme l'un des meilleurs auteurs de romans policiers de son temps. Il avait une façon d'écrire qui vous transportait directement dans son univers; c'était comme-ci vous étiez dans un film où vous jouiez tous les personnages, les sentiments et sensations de chacun tellement bien décrits que vous les faisiez votre avant même de le savoir. Chacun de ses livres étaient destinés à devenir un best-seller avant même qu'il n'y ait mis le point final.

Qu'y-avait-il donc de plus à espérer tire de ses œuvres? Kyouya ne le savait pas et s'en fichait - Dino avait toujours le chic pour le perdre avec des explications sans queue ni tête qui finissaient à chaque fois par l'énerver et lui faire prendre des décisions peu réfléchies. Sa présence à cette soirée organisait par sa maison d'édition en était le dernier exemple en date.

⁃ Huh. Je ne vois pas en quoi ma participation à cette mascarade apportera quoi que ce soit à mes livres, grogna finalement l'auteur en enfonçant ses mains dans ses poches.

⁃ Oh, tu ne sais pas à quel point les apparitions en public peuvent être importante pour un auteur! s'exclama Dino avant de sourire de toutes ses dents en lui mettant une tape dans le dos. Au moins, ça démentira les rumeurs comme quoi t'es un vampire mal acclimaté aux humains!

⁃ …Il fait nuit, herbivore, fut la seule réponse de l'auteur.

⁃ …Ah.

⁃ Hibari-san! Dino-san!

Avant que le blondinet ne puisse étaler un peu plus sa bêtise, un petit groupe de personnes rejoignit les deux hommes. Hibari ne se gêna pas pour grogner - ce qui lui valut un regard noir de la part de Gokudera, loyalement comme toujours posté aux côtés de son patron. Tsuna ne put que déglutir nerveusement alors que Yamamoto rigolait doucement, pour ne pas changer.

⁃ Hibari-san, je suis content que tu aies accepté de venir! s'exclama finalement le brun avec un sourire reconnaissant. Je ne sais pas ce que Reborn m'aurait fait si tu avais refusé, rajouta plus pour lui-même le jeune homme avec un air terrifié.

⁃ Hn.

⁃ Je sais que tu n'aimes pas ce genre d'endroit mais-ah! Hibari-san!

Kyouya ne tourna même pas la tête, disparaissant comme une ombre dans la foule d'invités. Tsuna sentit la crise de panique pointer - il avait l'impression d'avoir lâché un loup dans l'enclos aux moutons! Il espérait vraiment qu'aucun incident ne se produirait, sinon Reborn aurait sa peau! Et il ne voulait même pas songer à toutes les moqueries que les éditeurs de la section Varia lui lanceraient sur un plateau doré (plateau avec!) - Xanxus avait vraiment une dent contre lui.

⁃ A-ha…, soupira Tsuna en s'affaissant sur lui-même.

⁃ Fais pas cette tête, Otōto-bun*! sourit Dino en lui ébouriffant les cheveux. Je me charge de Kyouya alors tu n'as pas à t'inquiéter!

⁃ Dino-san! couina le plus jeune, des larmes de reconnaissance dans les yeux. Je ne sais vraiment pas ce que je ferai sans toi, merci!

The Vongola Edition House était une grande maison d'édition qui avait des branches un peu partout dans le monde entier. La succursale avait il y a peu été démangée d'Italie jusqu'au Japon par le dernier PDG en date, Giotto - cousin de Tsuna qui, qu'il le veuille ou non, avait été choisit pour hériter de l'affaire; d'où le déplacement dans le pays natal du petit Sawada. The Vongola était une grande maison qui publiait de tout - que ce soit des manga ou des romans en passant par des magazines et des revues d'informations. L'entreprise était divisée en plusieurs section pour faciliter l'organisation des choses. Tsunayoshi était à la tête de la 10th Section (personne n'avait jamais compris le nom) qui était spécialisée dans la publication de romans policiers - d'où le fait que Hibari Kyouya était sous leu responsabilité.

Il y avait eut tout un débat à une époque pour savoir si oui ou non l'auteur ne devrait as plutôt être confié à la section Varia, elle aussi experte en romans policiers mais ceux plus sombres, plus gores, plus…dérangeants et dérangés que les livres habituellement traités par la 10th Section. Celle-ci s'était battue de longs mois avec les Varia sur le cas de Hibari - après tout, ni l'un ni l'autre ne voulait de cette bombe à retardement chez eux! Parce que Kyouya avait beau être une poule aux oeufs d'or, personne n'était assez suicidaire pour être son éditeur, pas même chez les Varia - et on parle bien du groupe où vous pouviez trouver un requin argenté armé d'une épée, un prince au rire psychotique dansant avec des couteaux, et…je vous passe le reste, vous aurez compris le tableau. Hibari était craint de tous les éditeurs (TOUS, peu importe ce que Gokudera ou Xanxus vous dirons!) depuis qu'il avait envoyé à l'hôpital plus d'une personne qui avait eut la bêtise de suggérer un quelconque changement dans un de ses bouquins - tout le monde avait été surpris de voir que les tonfa étaient encore utilisés de nos jours…mais passons!

Tsuna avait été au bord de la rupture mentale après des mois à s'occuper à tour de rôle de l'auteur sociopathe avec l'aide des éditeurs sour ses ordres - et même l'extrême Sasagawa Ryouhei et le calme Yamamoto Takeshi avaient eut l'air au bord du rouleau après tant d'effort; le brun ne voulait même pas penser à Hayato qui avait littéralement nagé dans les mégots de ses cigarettes durant ces mois d'horreurs. C'est alors que la 10th Section avait vraiment été à un pas de l'implosion que leur sauveur divin était arrivé monté sur un poney - littéralement! Tsuna ne savait toujours pas ce que Dino faisait sur le dos de l'animal au cinquième étage de l'immeuble mais il ne voulait pas y penser - le blond était de la section Enzio, spécialisée dans les magazines sur les animaux; cela suffisait au jeune homme comme explication. Après tout, il voulait garder une image à peu près intacte de l'homme qui l'avait sorti de son désespoir - le brun savait que c'était peine perdue à chaque fois qu'il repensait au jour où Dino avait officiellement annoncé qu'il devenait l'éditeur de Hibari. Couvert de sang et l'oeil enflé, Tsuna n'avait put que venir à la conclusion que Dino n'avait pas compris le message que Kyouya avait voulu lui faire passer…si message ses tonfa contenaient vraiment. Enfin bref!

⁃ Juudaime, Byakuran vient d'arriver! annonça soudain Gokudera, tirant effectivement le brun de ses pensées.

⁃ HIIII! paniqua tout de suite le patron en entendant le nom de l'autre auteur à problèmes de sa section - mais c'est une autre histoire.

⁃ Bon, le boulot m'appelle!

Une histoire dont Dino n'avait nullement l'intention de se mêler si sa retraite stratégique voulait dire quoi que ce soit.


Kyouya devait se faire violence pour ne pas laisser son aura meurtrière se propager à toute la salle. Dino l'avait retrouvé alors qu'il profitait de la seule chose intéressante de la soirée - le buffet. Et à peine le blondinet avait-il repéré sa charge qu'il l'avait traîné à sa suite pour aller saluer une personne importante (sûrement) - il n'avait même pas laisser le temps à Hibari de finir son steak!

⁃ Allez Kyouya, un dernier effort après je te laisse tranquille, plaida Dino après une énième conservation à sens unique entre son auteur et un grand réalisateur de cinéma. Les représentants de la chaîne de librairie dont je t'ai parlé viennent d'arriver et…!

⁃ Je ne bougerais pas d'un pouce, grogna Hibari en s'appuyant obstinément contre un mur.

Dino sembla prendre sa phrase dans un tout autre sens que celui voulu car son visage s'illumina soudain, faisant à nouveau grogner son vis-à-vis.

⁃ Bien, très bien! Parfait! s'exclama le blond en commençant déjà à s'éloigner. Je file les chercher!

Hibari dut serrer ses mains sur ses bras croisés pour s'empêcher de se frapper le front - qu'est-ce qui le retenait déjà de se débarrasser une bonne fois pour toute de cet herbivore de poney? Ah oui, c'est vrai - même six pieds sous terre, Dino trouverait le moyen de venir l'aveugler de son sourire inutilement éclatant! Le jeune homme soupira pour lui-même en se forçant à se détendre, yeux fermés et posé sur son mur. Si l'éditeur ne revenait pas dans la minute qui suivait, il partirait et lui réserverait un coup de tonfa digne de ce nom pour la prochaine fois qu'il passerait prendre son manuscrit. Au souvenir de son livre en cours d'écriture, Hibari arriva finalement à bloquer toutes ces présences désobligeantes autour de lui et à se concentrer sur quelque chose qui en valait la peine.

HumOù est-ce que j'en étais déjà? pensa distraitement l'auteur.

Kyouya s'était totalement immergé dans son univers et dans la tête de son dernier personnage principal quand il sentit soudain sa concentration le quitter. Comme dans un labyrinthe, il repassa plusieurs fois un passage sans même s'en rendre compte ou ne serait-ce pourvoir se souvenir de ce qu'il avait imaginé. C'est avec un air clairement agacé que l'auteur finit par ouvrir les yeux, prêt à mordre à mort qui que ce soit qui ait osé le déconcentrer. Il n'eut pas à chercher longtemps, ses sens soudain agités lui indiquant par de grosses flèches lumineuses la source de son ennui. Hibari ne put s'empêcher d'hausser un sourcil…

Un homme se tenait à quelques pas de lui. Tourné vers la salle, il semblait totalement pris par son observation des gens, amenant distraitement un verre de champagne à sa bouche. Il était habillé d'un simple pantalon noir assorti à une chemise blanche par-dessus laquelle il avait enfilé une veste sombre qui lui tombait plus bas que ses reins. Kyouya laissa son regard couler sur cette silhouette, s'arrêtant de longues secondes sur ces longues mèches de cheveux bleus qui taquinaient le bout de son par-dessus avant de remonter, toujours plus haut - il essayait de comprendre ce qui avait put le tirer de ses pensées mais il ne voyait pas…Jusqu'à ce que ses yeux ne s'accrochent à un regard bi-colore soudain posé sur lui. L'auteur sentit son souffle se couper de lui-même, comme-ci on lui avait donné un coup de pied dans le ventre.

⁃ Un problème? demanda avec un sourire charmant le bleuté.

Kyouya ne comprit pas ce qui le prit d'un seul coup mais il était content de n'avoir aucun verre dans la main - parce que sinon, il l'aurait explosé dans la seconde sans même le vouloir! C'était quoi, cette soudaine envie de meurtre qui lui avait tordu l'estomac quand son vis-à-vis lui avait sourit? Il n'avait jamais autant ressenti l'envie d'exploser la tête de quelqu'un qu'il avait rencontré i peine quelques secondes - la coupe en ananas peut-être, songea l'auteur en jetant un oeil à la touffe de cheveux bleus qu'il n'avait pas remarqué plus tôt. Son regard revint vite au visage de l'homme qui venait de faire un pas vers lui - il n'avait pas rêvé ce sourire de chat Cheshire qui avait eut vite fait de disparaitre des lèvres du bleuté, n'est-ce pas?

⁃ Vous m'avez l'air tendu, fit remarqué la tête d'ananas alors qu'il était maintenant à même pas à mètre de son interlocuteur. Vous voulez boire une verre? Ça vous fera du bien.

Disant cela, il tendit sa propre coupe à l'auteur en penchant légèrement la tête sur le côté, son sourire agréable de retour. Il le faisait exprès, ce ntait pas possible! ne put s'empêcher de penser Kyouya en tuant littéralement le verre du regard. C'était comme tendre un pistole à un meurtrier chronique - peut-être que l'ananassé avait des envies suicidaires?

⁃ Monsieur? appela le jeune homme, cherchant à capter son regard encore posé sur la flûte. Vous…

⁃ Pas de boisson, grogna finalement Kyouya en repoussant le verre du dos de la main.

⁃ Oh! Vous n'êtes pas très champagne, donc, conclut le bleuté, toujours aussi aimable.

⁃ …

⁃ Rokudo Mukuro, se présenta finalement celui-ci entendant sa main au lieu de sa coupe.

Hibari regarda les doigts qui lui étaient offerts mais ne fit rien pour les prendre. Quelques secondes de silence passèrent - et la main était toujours là. Ce fut un regard aiguisé que l'auteur releva vers le visage de ce Mukuro - qui, il en était certain maintenant, avait des yeux brillants d'espièglerie et d'intérêt. Kyouya accueillit ce défi muet avec autant d'intensité que si cela avait été une invitation au combat.

⁃ Hibari Kyouya, répondit-il enfin avec toute la dignité qu'était la sienne.

Le bleuté baissa la main alors qu'un de ses sourcils se hausser légèrement. Hibari sentit ses dents grincer quand l'ombre d'un sourire en coin apparut sur les lèvres de Mukuro.

⁃ Hibari…

⁃ Kyouya! le coupa soudain Dino en émergeant de la foule.

L'auteur lui jeta à peine un regard du coin de l'oeil avant de revenir sur Mukuro. Les deux hommes semblaient engagés dans un concours de regard aux règles très mal définies - enfin, c'est ce que laissait penser les yeux gris meurtriers perdus dans les pupilles hétérochromes rieuses.

⁃ Ouf, tu n'es pas parti, souffla le blondinet qui n'avait pas encore remarqué la situation. Ça m'a pris plus de temps que - euh…je dérange? demanda-t-il finalement en prenant l'atmosphère en compte.

De l'électricité parcourait littéralement l'air entre les deux hommes - mais l'éditeur n'arrivait vraiment pas à décrypter la nature de cette tension. Heureusement, il n'eut pas à la supporter très longtemps.

⁃ Mukuro-sama? s'étonna une petite voix derrière Dino.

Et juste cette intervention inattendue suffit pour que les deux jeunes hommes sortent de leur bulle électrique. Si Hibari posa un regard plus que blasé sur la jeune femme maintenant aux côtés de son éditeur, Mukuro, lui, ne put que cligner des yeux de surprise.

⁃ Oya, oya, ma chère Chrome! roucoula presque le bleuté en venant lui tapoter la tête. Que fais-tu ici? Je pensais pourtant que tu étais allée saluer nos partenaires avec Chikusa et Ken.

⁃ C'est ce que je faisais, Mukuro-sama, répondit presque sur le ton de la justification la petite Chrome. Je discutais avec Verde-san de la section Arcobaleno quand Dino-san est venu pour-Mukuro-sama! se coupa-t-elle soudain, clignant de son unique oeil visible comme-ci elle venait de se rendre compte de quelque chose. Je ne savais pas que vous connaissiez Hibari Kyouya-sensei!

⁃ Kufufu…Oh mais je ne le connais pas, la rectifia le bleuté avec un ricanement discret. Pas encore…

Soufflant cela, Mukuro s'était à nouveau tourné vers l'auteur, son sourire amusé étirant finalement ouvertement ses lèvres. Kyouya dut se retenir de lui répondre par un grognement qui aurait découvert ses dents.

⁃ Et bien si j'avais su, intervint à son Dino en se postant aux côtés de son auteur, je n'aurai pas traversé toute la salle à la recherche de cette chère demoiselle.

⁃ Herbivore?

⁃ Kyouya, je te présente Rokudo Mukuro, le PDG des librairies Kokuyo. On n'avait pas été prévenu de votre présence ce soir, continua le blondinet en direction du bleuté. Dino Cavallone, de la section Enzio, enchanté!

⁃ Moi de même, répondit avec un sourire Mukuro en serrant la main qu'il lui tendait. Je n'avais pas prévu de passer. Mais un de mes représentants est tombé malade alors je me suis dis pourquoi pas.

⁃ Je suis sincèrement désolée, Mukuro-sama, murmura Chrome d'un air dépité.

⁃ Oya, oya. Ce n'est pas de ta faute si Fran a eut une indigestion à cause d'un flanc en trop. Il ne peut s'en prendre qu'à lui-même…

ce batracien déguisé en pomme. Mukuro s'était retenu de ne serait-ce seulement penser cette insulte mais bizarrement, il savait que l'alouette devant lui avait deviné ses pensées même non formulées. Un sourire carnassier manqua bien de lui échapper mais il réussit à se contenir, si on oubliait la lueur malicieuse dans son regard.

⁃ Alors c'est donc vous, le célèbre Hibari Kyouya-sensei? reprit Mukuro en direction du sus-nommé. Quelle merveilleuse coïncidence, j'espérais justement vous rencontrer. Je voulais depuis longtemps vous remercier de remplir les rayons de mes magasins de telles oeuvres! Je suis un de vos grands fans!

⁃ Hn, fut la seule réponse de Kyouya qui plissa les yeux d'un air presque méfiant.

⁃ C'est nous qui vous remercions de si bien vendre les livres de Kyouya! sourit Dino en essayant de motiver d'un regard Hibari à se comporter de manière civilisée - il hésita même à lui mettre un coup de coude…mais il tenait à son bras. Les librairies Kokuyo sont toujours celles qui les vendent le mieux!

⁃ Nous ne vendons que de la qualité, si je puis dire.

Et alors que le blondinet rigolait à la petit blague de Mukuro, Hibari claqua de la langue avant de se détourner. Il avait décidé qu'il en avait eut assez pour la soirée - il était temps de rentrer! Ce qu'il fit immédiatement, partant sans même un mot d'au revoir.

⁃ Ah-Kyouya! se consterna Dino.

⁃ Kufufu…Ce fut un plaisir…Kyouya…

Et même s'il avait eut l'intention de partir sans plus faire attention à la présence du bleuté, Hibari ne put s'empêcher de jeter un simple regard par-dessus son épaule avant de disparaitre dans la foule. Accompagné d'un ricanement caractéristique…

⁃ Ah-cha…, soupira Dino en se frottant la tête d'un air résigné. Il ne faut pas le prendre personnellement surtout! Kyouya est comme ça avec tout le monde!

⁃ Vous m'avez l'air d'incroyablement bien le connaître, fit remarquer Mukuro en se tournant vers son interlocuteur.

Are? C'est moi où la température a baissé de quelques degrés? pensa le blondinet en clignant des yeux. Ah, oui, et bien je suis tout de même son éditeur alors…

⁃ Alors que vous êtes de la section Enzio? pointa le PDG avec un haussement de sourcil.

⁃ Je pensais que Hibari Kyouya-sensei était un auteur de la 10th Section? fit doucement Chrome en jetant un regard curieux à son patron.

⁃ Ah, Kyouya est sous la responsabilité de la section de Tsuna! assura précipitamment Dino. C'est juste que…On va dire que spécialement pour Kyouya, j'ai deux casquettes - personne à part moi ne semble capable d'en tirer quelque chose; même les éditeurs de la section Varia ont abandonné, c'est pour dire! Ahaha…

⁃ Hum…

Le rire du blondinet mourut vite dans sa gorge devant la réaction de Mukuro. Oh, le bleuté avait toujours son sourire charmant sur les lèvres, oui - mais ses yeux, eux, ne riaient pas du tout! Devant ce regard plus froid que jamais qui semblait promettre un aller-simple pour l'enfer, Dino ne put que déglutir bruyamment. Qu'est-ce qu'il avait encore fait?!


Kusakabe ne savait pas quoi penser de la scène qui se déroulait devant lui. Il connaissait Hibari depuis plus de 10 ans et travaillait pour lui depuis tout aussi longtemps et c'était bien la première fois qu'il voyait son patron dans une telle situation. Pour une fois habillé d'autre chose qu'un yukata, Kyouya se tenait debout dans la cours à l'avant de chez lui, bras croisés et un regard meurtrier sur le visage. A ses pieds, Dino se relevait difficilement pour la énième fois, une trace de chaussure clairement imprimée sur la joue.

⁃ Tu peux t'entêter autant que tu veux Kyouya mais tu viendras avec moi!

Et disant cela, l'éditeur se jeta à nouveau sur son protégé, mains tendus prêtes à le traîner n'importe où et au-delà. Ce fut sans ciller que Hibari assomma d'un nouveau coup de pied le blondinet, l'envoyant pitoyablement rouler parterre.

⁃ Je ne te savais pas aussi pressé de te trouver une tombe, herbivore, grogna l'auteur avant de claquer de la langue d'agacement.

La force du désespoir peut-être mais Dino avait réussit à suffisamment se relever pour s'accrocher à un de ses bras, le forçant effectivement à les décroiser. Légèrement penché en avant, Kyouya baissa les yeux pour tuer du regard le blondinet - il ne put s'empêcher de tiquer devant l'expression sérieuse, presque grave que son éditeur lui rendit.

⁃ Et je ne savais pas que ta carrière comptait aussi peu pour toi que tu la balancerais par la fenêtre au moindre désagrément.

⁃ Qu'est-ce que t'essayes de dire par là?

⁃ Kyouya, est-ce que tu sais à quel point de bonnes relations avec les librairies qui le vendent sont vitales pour un auteur? Tu t'es littéralement tiré une balle dans le pied avec ton attitude de l'autre soir!

Hibari serra les dents au souvenir de cette fameuse soirée - il n'avait pas besoin du regard sérieux de Dino pour se rappeler ce qui s'était passé, encore moins qui il avait rencontré. Rien que d'y repenser, il avait envie de grogner, sa bête intérieur assoiffée de sang.

⁃ Kyouya! répéta l'éditeur de celui-ci en se relevant finalement sans pour autant lâcher son bras. Le plus tôt sera le mieux: viens avec moi empêcher de quelconque dégâts!

⁃ …Pas question, cracha l'auteur après de longues secondes à grincer des dents.

⁃ Kyouya! s'indigna Dino - il avait vraiment l'impression d'avoir à faire à un gamin de 5 ans.

⁃ Qu'est-ce que ça peut bien me faire si mes livres se vendent moins?

⁃ Tu n'es pas le seul concerné par tes ventes, si?

La température tomba d'un seul coup sur le petit jardin. Dino sentit un frisson lui remonter la colonne vertébrale alors qu'il se retenait de déglutir bruyamment - il ne devait pas flancher; s'il montrait ne serait-ce qu'un signe de faiblesse, il se ferait mordre à mort…violemment. L'éditeur n'avait pas voulu avoir à en arriver là - vraiment, se servir d'un tel moyen pour arriver à ses fins revenait à signer son arrêt de mort, surtout quand on avait en face de nous un Hibari Kyouya plus assoiffé de sang que jamais. Mais il était trop tard pour reculer, se dit le blondinet en songeant aux trop courtes années de sa tout aussi risible vie. Il était temps de continuer à creuser la tombe qu'il avait lui-même commencé…

⁃ Kyou-san…

…ou pas! Dino ne put vraiment pas s'empêcher de tourner des yeux brillants de reconnaissant vers Kusakabe Tetsuya - le bras droit de l'auteur au tempérament volatile avait accepté de son plein grès de se jeter dans les crocs acérés de son patron, que tous les dieux de ce monde le bénissent. Et le blondinet ne put que le penser encore plus fort quand l'homme à la banane ne flancha même pas devant le regard qui promettait mille et une souffrances s'il s'avisait de dire ne serait-ce qu'un mot en trop de Hibari.

⁃ Kyou-san, reprit Kusakabe du pas de la porte - distance de sécurité, tout de même. Namimori-chuu a envoyé hier une lettre de remerciement pour votre dernier don. Ils disent qu'ils s'en serviront pour rénover la bibliothèque et prévoient tout un rayon pour vos romans.

Le silence qui suivit la déclaration de Tetsuya sembla durer une éternité. Le collège Namimori, l'endroit qui devait le plus compter aux yeux de Kyouya - l'établissement avait été sa deuxième maison durant bien plus longtemps qu'il n'aurait dut, l'ancien préfet ne pouvant se résoudre à s'en éloigner. Mais alors qu'il avait finalement accepté de continuer sa route sans rester physiquement encré à cette ville qui était sienne, Hibari n'avait put forcer son coeur à couper tous les liens - il s'était promis que même si physiquement il ne pourrait plus assurer la paix et la tranquillité à Namimori et plus spécialement à son collège, et bien il le soutiendrait de la façon la plus efficace qu'il soit - avec de l'argent…C'est sans exagération aucune que l'on peut dire que la moitié des revenus de l'auteur sur tous ses livres était directement versée au petit établissement qui en avait bien besoin. Et cela, Kyouya le savait très bien…trop bien…

⁃ Kusakabe Tetsuya, prépare la voiture, ordonna finalement Hibari après de longues minutes de réflexion.

⁃ Pas la peine, Kyouya! lança le blondinet en venant lui passa une main autour des épaules, un sourire éblouissant sur les lèvres.

Le réflexe de Hibari de mettre son point dans la figure de cet herbivore insouciant fut coupé par un trousseau de clef pendouillant soudain devant son nez.

⁃ Ma voiture est garée juste devant, annonça fièrement l'éditeur.

Ohー! Comme Dino allait regretter de ne pas avoir laissé Kyouya prendre sa voiture…et je ne parle pas que du coup qu'il s'était au final tout de même reçu…

Libreria Nebbia était une petit librairie qui se trouvait tout juste à l'entrée du centre-ville, ce qui faisait qu'elle était aussi fréquentée qu'elle ne l'était pas - il fallait vraiment choisir le bon moment pour y aller si on voulait éviter la horde d'adolescents et autres choses bruyantes qui y passaient après une journée en cours ou ailleurs. En tant qu'éditeur d'un auteur particulièrement agoraphobe pour ne pas dire sociopathe, Dino connaissait les heures de creux de toutes les libraires dans lesquelles Kyouya était susceptible de se rendre. The Vongola avait comme politique que « l'entreprise est une grande famille où les éditeurs sont les parents et les auteurs les enfants » - les parents prennent toujours la responsabilité pour leur enfant, toujours! Le blondinet ne voulait vraiment pas risquer de devoir à nouveau s'excuser auprès des autorités pour une libraire détruite et des clients à l'hôpital - mais surtout…il voulait absolument éviter une autre « leçon » avec Reborn, son cher mentor. C'est pourquoi il avait envoyé un planning détaillé à la minute des libraires à Kusakabe avec pour consigne de tout faire pour empêcher Hibari de partir en quête de références au moment il ne fallait pas. Quoi qu'il en soit…

Quand la voiture s'arrêta devant la Libreria Nebbia, celle-ci était aussi vide qu'un parc un jour de pluie. Mais malgré ce détail, l'expression renfrognée de Kyouya n'avait pas l'air de vouloir le quitter. Bras croisés et tourné ver la fenêtre, l'auteur semblait littéralement incendier du regard la pauvre boutique.

⁃ Euh…Kyouya? hésita Dino en coupant le moteur.

⁃ Herbivore…Tu peux m'expliquer en quoi visiter une quelconque librairie de cette entreprise peut améliorer une relation dont l'utilité est des plus risibles?

⁃ Kyouya, soupira l'éditeur devant la fin de sa phrase. Je le répèterai autant de fois que nécessaire: ce n'est pas risible!

Débouclant sa ceinture, le blondinet descendit de la voiture. Il attendit de se retrouver sur le trottoir à côté de son protégé toujours aussi ronchon (pour absence de meilleur mot) à ses côtés pour expliquer le plan d'attaque qu'il avait préparé.

⁃ L'affaire est très simple, commença Dino en enlevant ses lunettes. Déjà, ce n'est pas une librairie quelconque - de toutes les librairies Kokuyo, celle-ci est toujours celle qui vend le plus tes livres!

⁃ Oh?

⁃ Premier point! Deuxième point: tu as une notoriété assez grande pour que même un simple vendeur se sente obliger de rapporter la nouvelle de ta visite à son patron qui le rapportera à son patron qui - bref! Ça remontera toute la chaine jusqu'au PDG en moins de 24h!

⁃ Et? claqua Hibari.

Il ne voyait vraiment pas à quoi bon se casser la tête pour un résultat si minime. Qu'est-ce que ça pouvait faire à cet herbivore s'il mettait les pieds dans une de ses librairies? Argh, rien que de penser à cette personne dont il ne nommerait même pas la coiffure lui donnait de ses envies de meurtre - une intensité qu'il n'avait encore jamais ressentit, pas même quand des élèves avaient fait explosé un laboratoire au collège…

⁃ ET! répéta avec tant d'enthousiasme Dino qu'il réussit même à tirer son auteur de ses pensées qui n'allaient pas tarder à devenir sanglantes. Le monde des relations professionnels est plus simple qu'il n'en a l'air - un cadeau par-ci, une flatterie par-là et hop! Le tour est joué! Allez viens! pressa le blondinet en allant vers la porte. Tu n'as rien à faire à part rester là et être beau - n'oublie pas de sourire!

⁃ …

Le regard de Hibari disait tout ce qu'il y avait à savoir.

⁃ Bon ok, pas de sourire. Mais range l'aura meurtrière le temps d'un quart d'heure alors!

Kyouya ne put que rouler des yeux alors que son éditeur ouvrait la porte et entrait, accompagné du bruit de cloche caractéristique d'une boutique. Le jeune homme le suivit en oubliant effectivement la bête qui lui rongeait l'estomac - puisqu'il était là, autant en profiter et faire le plein de livre…avec le porte-feuille de Dino, bien sûr.

⁃ Bienvenu, salua une voix oh! trop reconnaissable.

Il avait pourtant réussit à mettre cette fameuse aura de côté, vraiment…Il suffit d'une simple seconde pour qu'elle revienne deux fois plus sanglante.

⁃ R-Rokudo Mukuro-san?! s'exclama Dino, complètement pris de court.

⁃ Oya? Si ce n'est pas Dino Cavallone et…kufufu…

Tournant son regard hétérochrome vers un Hibari Kyouya prêt à mordre, Rokudo Mukuro laissa échapper un petit rire ravi si sincère que l'alouette sentit un frisson le parcourir - un frisson de quoi? Il ne saurait dire…


*Otōto-bun - "frérot"